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ANCHIENNES
CRONICQUES
D'ENGLETERRE
TYPOGRAPHIE DE CH. LAHURE ET C"
Imprimeurs du Sénat et de la Cour de Cassation
rue de Vaugirard, 9
ANCHIENNES
CRONICQUES
D'ENGLETERRE
PAR
JEHAN DE WAVRIIV
SEIGNEUR DU FORESTEL
CHOIX DE CHAPITRES INÉDITS
ANNOTÉS ET PUBLIÉS
POUR LA SOCIÉTÉ DE l'hISTOIRE DE FRANCE
PAR IH"" DUPONT
TOME PREMIER
A PARIS
CHEZ M«^ V^ JULES RENOUARD
LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DE l'hISTOIRE DE FRANCE
RUE DE TOURNON, N" 6
M. DCCC. LVIII
DR
130
t./
f^ef.v/
^u.>
EXTRAIT DU REGLEMENT.
Art, ik. Le Conseil désigne les ouvrages à publier, et choisit
les personnes les plus capables d'en préparer et d'en suivre la
publication.
Il nomme, pour chaque ouvrage à publier, un Commissaire
responsable, chargé d'en surveiller l'exécution.
Le nom de l'Éditeur sera placé à la tête de chaque volume.
Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société
sans l'autorisation du Conseil , et s'il n'est accompagné d'une dé-
claration du Commissaire responsable, portant que le travail lui a
paru mériter d'être publié.
Le Commissaire responsable soussigné déclare que V Édi-
tion des Anchiennes Chroniques d Engleterre , préparée
par Mlle Dupont , lui a paru digne d'être publiée par la
Société de l'Histoire de France.
Fait à Paris ^ le 8 mai 4 8 38.
Signé RAVENEL.
Certifié ,
Le Secrétaire de la Société de l'Histoire de France ,
J. DESNOYERS.
PROLOGUE.
S'ensieult le Prologue gênerai de l'acteur de ceste présente
euvre du recueil des Cronicques et anchiennes histoires de
la grant Bretaigne, à présent nommée Engleterre.
Comme il soit notoire que par toutes escolles se li-
sent de jour en jour acteiu's, composez en mètres, des
vyes et faictz des Troyens, Grecz, Rommains, Affricains
et aultres nations, par quoy il est et sera perpetuelment
d'iceulx mémoire; comme pareillement, en France et
régions voysines, y ait eu et a encores de présent roys
et princes de grant renommée ou proesse, desquelz les
vyes et faictz sont dignes d'estre mys en mémoire per-
petuele ;
Hauit et puissant mon très honnouré et doublé
seigneur, monseigneur Waleran, seigneur de Wavrin ',
i. Était fils fie messire Gilles, seigneur de Berlettes , et de Béatrix de
Wavrin, fille unique de Robert, seigneur de Wavrin. L'une des con-
ditions du mariage fut que le seigneur de Berlettes prendrait le nom et
les armes de Wavrin. (Bibl. imp., CMnet du Saint-Esprit. ) Ce seigneur
était mort des le mois de février 142 7, laissant des enfants mineurs. (Arch.
imp., Section judiciaire , Accords, année 1427. ) Walerand est nommé
par lettres patentes du duc de Bourgogne, « données à Bruges en avril
4444, capitaine gouverneur et conducteur gênerai de quatre galees que
monseigneur le duc avoit au port de Venise , pour, avec le grand nave
et autres galees que ledit seigneur avoit au dit port et fait armer, aller
contre les infidèles et mescrcans. » (La Barre, II, 205.) Il vivait encore
ie 13 juin 1469. (Arch. imp., Section judiciaire , iu^és, reg. 100,
fol. 204 verso.)
I * 1
2 CROx^ICQUES D'ENGLETERUR.
de Lillers, Malaiiiioy et Saint Venant , comme il soil
ainsyque, aprezvostre retour que darrainement feistes
de Constantinoble, où vous avez esté commis et en-
voyez comme capitaine gênerai de pluiseurs galees et
navires, armées et garnies de grant nombre de gens
d'armes et de trait, par l'ordonnance et commande-
ment de très bault et très excellent et puissant prince
Pbelipe, duc de Bourgoingne *, de Brabant et de Lem-
bourg, conte de Flandres, d'Artois et de Bour-
goingne, etc., es mers de Levant et de Grèce, pour
obvier et résister à l'encontre des entreprises des infi-
dèles turcs , par pluiseurs fois vous pleut prendre voz
devises à moy toucbans de pluiseurs belles et an-
cbiennes histoires, entre lesquelles encommencastes à
parler de ce très noble et ancliien royaulme de la grant
Bretaigne, paravant nommée l'Isle d'Albion, qui à pré-
sent se nomme Engleterre, où par cy devant a eu de
très baulx , très excellens et puissans roys et princes ,
par lesquelz icellui noble royaulme a esté gouverné
puissannnent jusques aujourd'buy,et aussy a esté tous-
jours bien garny de noble chevalerie qui en leur
temps ont entreprins et achevé maintes haultes be-
songnes par leurs grans proesses, dont, en vous devi-
sant à moy, ne poviez estre assez esmerveillié comme
nulz clercs d'icellui royaulme ne s'estoient avanchiez
à descripre les vyes et faictz d'iceulx roys et princes,
(ors seulement en aulcuns pelis livres de chascun roy à
part soy : moy doncques, ayant le bon voloir de vostre
1. Philippe le lion, duc de Bourgogne, Gis de Je;in sans Peur et de
Marguerite de Bavière, né le 30 juin 1396; marié i" à Michelle, fille de
Charli's VI; i° à Bonne d'ArtoLi; 3" à Isabelle de Portugal. Mon le
IS juin HO?. (Anselme, I, 210.)
PROLOGUE. 3
noble désir, moyennant d'avoir vostre bonne ayde el
conseil, qui à ceste matere m'a esté bien séant, ay ozé
entreprendre ceste paine et labeur de recueillier, ad-
jouster et ramener en quatre volumes de livres, au
plus près que j'ay sceu ne peu, tous les haulx faictz
d'iceulx roys, de leurs proesses et de leurs vyes, et
coomient par leur noble chevalerie, le temps de clias-
cun durant, ledit royaulme a esté gouverné. Pourquoy,
mon très honnouré seigneur, moy Jehan de Wavrin ,
chevalier, seigneur du Forestel, fils inlegitisme de
vostre grant père, monseigneur Robert de Wavrin ',
jadis chevalier et seigneur des terres et seignouries de
Wavrin, Lillers et Malannoy, lequel mourut en la ba-
taille d'Asincourt ^, où à ce jour j'estoye, sentant en
1. Robert, seigneur de Wavrixi, conseiller et cliambellan du duc de
Bourgogne : ce prince « voulant reconuoître les services que son père
et lui avoient reçu de messire Robert, seigneur de Wavrin, cheTalier, le
retint pour son conseiller et chambellan aux gages de 80 livres par mois,
par lettres données à Douai le 16 juillet 1403. » (La Barre, II, 121 ; Bil)l.
imp., Cabinet du Saint-Esprit.) Il avait épousé, le 27 août 1390, Jeanne
de Gaucourt. (^Compte rendu des séances de la commission royale de Belmnue
t. III, 276; et Arch . imp., Section judiciaire, Accords, année 1427.)
C'est à tort que le P. Anselme (VI, 705) lui donne pour femme Jeanne
de Créquy.
2, Le frère de Wavrin périt aussi dans la même journée. Il fut in-
humé avec son père, en l'abbaye de Han, proche Lillers, et l'épitaphe
suivante fut placée sur leur tombe :
« Cy gistent messire Robert, seigneur de Wavrin, de Lilers et de
Malannoy, chevalier, et messire Robert de Wavrin , son fils et héritier,
chevalier, et trespasserent ensemble à la bataille d'Azincourt, qui fut
l'an mil un » et xv, le xxv* jour du mois d'octobre. Priez Dieu pour
leurs âmes et de tous les trespassez. Et feist ceste lame faire madame
Beatrlx, dame desdits Ueux de Wavrin, de Lillers et de Malannoy, fille
et seur desdits trespassez, priez Dieu pour eulx. » (Bibl. imp., mss.,
Épitaplies, vol. XXVII, fol. 171 recto.) C'est le fils qui s'était marié
avec Jeanne de Créquy, restée veuve après six semaines de mariage, et
qui prit une nouvelle alliance avec Guillaume de Lalain. [Chronique de
J. de Lalain^ chap. i. )
k CROIVICQUES D'E^'GLETERRE.
îiioy que fort aprochoye de viellesse et que plus ne
povoye sievir ne fréquenter les armes, ne faire longz
voyiages, comme aultresfois ay fait avec vous et aussy
en la compaignie d'aultres pluiseurs princes et che-
valiers, dont, par le plaisir de Dieu, Nostre Seigneur,
suis party sans affolure ou villaine reproche , et aussy
affin de fuir huyseuse, mère de tous vices, environ
l'an mil quatre cens chinquante et chincq me ingeray
de voloir emprendre et achever ceste euvre jusques
au couronnement du roy Edouard Y ^ de ce nom.
Doncques, mon très honnouré et doubté seigneur, je
vous supplie humblement, et à tous ceulx qui liront
ou orront lire ce recueil des cronicques et histoires du
royaulme d'Engleterre , que se fluité et trop grant ha-
bundance de langaige y est trouvé, ou que aulcunement,
par trop petite diligence, je l'aye peu à plain déclarée,
leur plaise supléer mon ygnorance et avoir regard à
l'enlendement de l'histoire plus que à l'ordonnance et
faclion de ceste euvre; et aussy se en ce, mon très
honnouré seigneur, compredez ou trouvez chose qui
puist tourner ou pourfiter à l'amplication el recom-
uîandation de voslre noble personne, il le vous plaise
retenir à la loenge de Noslre Seigneur Jhesus Crist, en
ayant par vostre grâce mémoire de vostre humble ser-
viteur.
1 C'ist Edouard IV qu'il faudrait lire; M. P. Paris, qui donne en
entier ce Prologue (I, 89 ) , introduit dans son texte celte rectification
que ne comporte aucun des exemplaires des Chroniques.
ANCHIENNES
CRONICQUES D'ENGLETERRE
PAR JEHAIV DE WAVllIIV,
SEIGNEUR DU FORESTEL.
PREMIÈRE PARTIE.
LIVRE PREMIER.
1. Cy commence le premier volume des Anchiennes cro-
nicques (TEngleterre, lequel contient en soy six livres
particuliers desquels le premier prent son commence-
ment à dame Albinej et dure ce présent volume jusques
au vaillant roy Edouard de Windesore, auquel roy le
second volume se commence, comme vous orrez et ver-
rez en poursievant ceste matere. Et premiers s'ensieult
un petit prologue pour plus clerement donner à entendi e
ceste euvre sequente. ChaDitre 1.
Inédit.
2. Cy s'ensieult un préambule convenable, à manière de
thernne. II.
Inédit.
3. Cy parle du cruel et énorme conseil que dame Al])ine
donna à ses seurs. ill.
Inédit.
C CROINICQUES D'ENGLETERRE.
4. Comment Albine et ses seurs coperentles gorges à lems
maris, excepté la plus josne d'elles qui pour lors les
racusa. IV.
Inédit.
5. Cy devise comment dame Albine et ses seurs arrivèrent
en une isle laquelle elles nommèrent Albion, pour Al-
bine. Et depuis, par Bructus qui la concquist, eut non
Bretaigne la Grand. Et a présent se nomme Engleterre,
pour Englist. ^ •
Inédit.
Cy prent fin le premier livre- de ce premier volume des Cronic-
ques d'Engleterre.
PRE:vIIÈRE PAMIE, LIVRE II, i-v.
LIVRE IL
6. Cy commence le deuzieme livre des Cronicques d'Engle-
terre qui contient en soy lx chapitres, ouquel , comme
vous orrez, il traitte des Bretons qui régnèrent en la
grant Bretaigne depuis le tempz Bructus, le nepveu Asca-
nius, fils de Eneas, jusques longtempz après l'incarna-
cion de Nostre Seigneur Jhesus Crist. Et parle ce premier
chapitre des proprietez de l'Isle de la grant Bretaigne.
Chapitre I.
Inédit.
7. Cy commence un petit préambule, par manière de thernne,
sur la translation du livre de Brust d'Engleterre. II.
Inédit.
8. Comment troys générations principaulz se partirent de
Troye, après la destruction d'icelle, et peuplèrent plui-
seurs royaulmes, et habitèrent en maintes terres et di-
verses régions. III.
Inédit,
9. Comment Eneas arriva au port de Carthage, et comment
la roine Dido le recupt ; et comment il se partist sans
prendre congié d'elle, pourquoy elle s'en en occist de
deuil. " IV.
Inédit.
10. Comment Eneas et sa compaignie arrivèrent en Cecille
et là fist une cité, où il laissa grant partie de sa gent.
8 CRONICQUES D'ENGLETERRE.
Et comment, après, il se partistde là, et naga tant qu'il
vint en Ytalie, au port du Tibre, près de Laurence, où
demouroit le roy Latin. V.
Inédit.
11. De la première bataille qui fut entre Eneas et Turnus ;
et comment Eneas ala quérir secours au roy Evander
contre le dit Turnus qui le vouloit bouter hors d'Yta-
lie. , VL
Inédit.
12. Comment Turnus demanda trêves de xii jours à Eneas.
Comment ils acorderent bataille corps contre corps.
Comment Eneas Toccist, et la cause pourquoy. VU.
l'iédit.
13. Comment après ce ([ue Eneas eutespouzee Laurine, ne
demoura pas grandement que le roy Latin niorut, et puis
Eneas, aprez ce qu'il eut tenu le royaulme quatre ans. VUE
Inédit.
14. Comment Bructus fut nez. Comment il tua son père et
sa mère. Sy fut exillié et s'en fuist en Grèce. Et com-
ment il vint depuiz à grant honneur. IX.
Inédit.
15. La teneur des lettres que Bructus envoya au roy Pan-
drasus. IX bis^ .
Inédit,
16. Comment le roy Pandrasus s'esmerveilla de ce que les
Troyens se vouloient rebeller contre lui : sy manda ses
barons. El comment Bructus le desconiist. X.
Inédit.
17. Comment Bructus et les siens destruisirent la seconde
foiz le roy Pandrasus, et fut prins par Bructus dedens sa
tente, devant le chastel de Scparcnlin quil avoit asse-
gie. Xi,
Inédit.
\ Cr chnpitre u'a pa< de numéro dans 1*- manusciil.
PREMIERE PARTIE, LIVRE H, vi-xvii. 9
18. Comment Bructus departist tout le gaing à ses compai-
gnons. Et comment le roy Pandrasus s'accorda à Bruc-
tus par tel condition , qu'il habandouna à tous les Troyens
qui estoient en son pays d'aler où ils voldroieut, et, avec
ce, bailla à Bructus trois cens nefz bien garnies, avecques
giant foyson d'or et d'argent. XII.
Inédit.
19. Gomment après ce que Bructus et Cormeus, avec leurs
gens, eurent séjourné vin jours au bout de Loirre, se
mysrent en leurs nefz et nagèrent contre mont l'eaue
tant qu'ilz trouvèrent un lieu convenable pour eulz ai-
zier, où ils fichèrent leurs herberges. Et comment ilz des-
confirent le roy Gauffier d'Acquitaine. Xlll.
Inédit.
20. Comment le roy Gauffier ala quérir secours en
France. Et comment il fut de rechief desconfist par les
Troyens. XIV.
Inédit.
21. Comment Bructus se partist delà terre du roy d Acqui-
taine et s'en ala en Albion. Sy descendist illec à terre,
lui et ses gens, et occirent tous les geans qu ilz y trouvè-
rent, fors Geomagon. auquel Cormeus le fort luitta. XV.
Inédit.
22. Comment Bructus et Cormeus départirent ensamble la
terre d'Albion. Et comment après ce que Bructus eut
régné xiiii ans, et ediffyé la cité de Londres avec plui-
seurs chasteaulz, il mourut et laissa troix filz qui après
lui rengnarent grandement. XVI.
Inédit.
23. Comment Cormeus, après la mort Bructus, vint parler
au roi Lotrin et lui fist espouser sa fille, volsist ou non.
Et comment Lotrin laissa sa femme, après la mort de
Cormeus son beau père. Et comment depuis elle le des-
confist en bataille, où il mourut. Et après régna gran-
10 CRONICQUES D'ENGLETERRE.
dément et desconfist en son tempz le roy Gesius d'Ir-
lande. XVII.
Inédit.
24. Comment Maddam, filz du roy Lotrin, fut couronné.
Comment Malins, son filz, régna mauvaisement et tua
son frère : et comment il fut devouré de lous esragiez
en la forest où il chassoit. XVIII,
Inédit.
25. Cy parle du règne du roy Ebrot et de ses faictz. XIX.
Inédit.
26. Des règnes de quatre roys : c'est assavoir de Bructus
Vert Escu, de Leir, de Rahudibras et de Bladus. XX.
Inédit.
27. Cy parle du règne du roy Leir. Comment il esprouva ses
trois filles, et comment Agornozille et Regnault le de-
cheurent, et Cordeille lui dist la vérité. XXI.
Inédit.
28. Comment le roi Belinus desconfist son frère Bremus et
prinst le roy Gurlat, de Dannemarce, et la femme de son
frère Bremus en Northumbellande. Et comment Bremus
eschappa : sy s'en ala en Gaulle. Et des chaussées que le
roy Belinus fist faire. XXII.
Inédit.
29. Comment Bremus espouza la fille au duc de Sens, et
puis passa en Engleterre avec grant ost, pour recouvrer
son pays, et fist la paix sa raere de lui et de son frère
Belinus, qui tout le royaulme tenoit. XXIII.
Inédit.
30. Comment les deux frères Belinus et Bremus mysrent eu
leur obeyssance toute Gaule jusques aux monts de Mont
Scnis. Et comment ilz passèrent oultre en Lonibar-
die. XXIV.
Inédit.
3 1 . (Comment, après ce que les deux princes et les Rom-
mains furent accordez ensamble, les Rommains rompi-
PREMIÈRE PARTIE, LIVRE II, xviii-xxxi. 11
rent leurs aliances. Gomment Belinus desconfist les con-
sulz et, par conséquent, comment ilz firent prendre les
hostaiges des Rommains, puis prindrent et destruireut
toute la cité de Romrae. XXV.
Inédit.
32. Comment, après ce que les deux frères eurent Homme
destruite et departy les gTOS bustins , Belinus retourna
vers Bretaigne et Bremus demoura, et comment Camil-
lus le desconfist, puis repara la cité de Romme. XXVI.
Inédit.
33. Comment, après la mort Belinus, Gragius, son filz, régna
puissamment ; car il desconfist le roy de Dannemarce et
constraingnist de lui payer tribu. Et comment il peupla
Zelande. Et de la mort de Bremus. XXVII.
Inédit.
34. Comment Guicelin et sa femme régnèrent après Gra-
gius. Et du règne SiliusRomarus etDanus. Et comment
le roy Morbidus ait transglouty du monstre marin qui
Belue estoit appelle. XX VIII.
Inédit.
35. Des royaulmes Gorboman, Argal et Helidus. Et com-
ment Argal fut depposé et Helidus, son frère, couron-
né. Et comment Helidus se déposa, pour la pitié qu'il
eut de son frère Argal. XXIX.
Inédit.
36. Comment depuis la mort du bon roy Helidus tous les
roys qui après lui régnèrent, jusques ou tempz du roy
Lud qui Londres ferma, ne firent chose qui riens ou pou
vaillist. XXX.
Inédit.
37. Comment le roy Lud fist clore Londres de tours et de
fortes murailles devers les parties d'Orient, Occident et
Septentrion. XXXI.
Inédit.
42 CRO>'ICQUES D'ENGLETERRE.
38. Comment Julie César fut envoyé en Gaulle pour la
concquerre et mettre soubz la seigneurie des Rommains,
et toutes les parties d'occident. Et comment icellui Cé-
sar envoya en la grant Bretaigne , et de la responce que
les Bretons lui firent. XXXII.
Inédit.
39. Comment Julie Gesar passa en Bretaigne avec son ost.
Et comment il fut desconfy et chassie hors par le roy
Cassibellant et ses aydans. XXXtII.
Inédit.
40. Comment Nemnus, frère du roy Cassibellant, moment de
la plaie que César lui avoit faicte. Et comment les Fran-
çois se volrent rebeller contre Julie César. XXXIV.
Inédit.
41. Comment César retourna la seconde fois en Bretaigne,
où il retourna et fut de rechief desconfy et chassie
hors plus honteusement que la première fois n'avoit
esté. XXXV.
Inédit.
42. Comment le roy Cassibellanus, après ce qu'il eut victo-
rieusement rebouté les Rommains la seconde fois, fist
faire ung solempiiel sacrefice à ses dieux. Et du discord
qui s'esmeutentre lui et Androgeus, sonnepveu. XXX\ I.
Inédit.
43. La teneur de la lettre tramise par le duc Androgeus à
Julie César, empereur rommaiu. XXXMl.
Inédit.
44. Comment Julie Ccsar respondist au messagier. Et com-
ment, par le moyen Androgeus, il subjuga les Bretons et
fist tributaires aux. Rommains. XXX\ III.
Inédit.
4.5. Comment la paix fui faicte entre les Rommains et les
Bretons par l'ayde et moyens de Androgeus. Et comment
PRE^llÈRE PARTIK, LIVRn II, xxxii xlvi. i3
César s'en retonrna en Gaulle, et emmena le duc Andro-
geus avecques lui. XXXIX.
Inédit.
46. Comment l'empereur Claudien ala en la grant Bretai-
gne contre les Bretons qui lui avoient refusé à payer
treu. Et de la mort du roy Guider. XL.
Inédit.
47. Comment Maurrius, filz de Arviragus, desconfist le roy
des Piz, qui Rodrit avoit à nom; et de la perche qu'il
fist drechier ou champ en signe de sa victoire. XLL
Inédit.
48. Comment Luces fut le premier roy crestien ou royaulme
de la grant Bretaigne. Comment il fist baptisier les Bre-
tons, et des grans biens que il leur fist. XLIT.
Inédit.
49. Comment Aeller et Gallus furent envoyez de Romme en
Bretaigne pour gouverner. Et comment les Bretons firent
roy Asclepidos, et desconfirent les Bommains. XLIII.
Inédit.
50. ComiTient Constant vint en Engleterre, et espousa He-
laine, la fille du roy Choel. De la nativité Constantin.
Comment il enchâssa l'empereur Maxence. Et comment
Helaine trouva la croix. XLIV.
Inédit.
51. Comment le roy Ostones envoya quérir Maximiei: pour
espouser sa fille. Et comment il gaigna le royaulme de
Armoricque, dont il fist roy Conan. XLV.
Inédit.
52. Comment Conan, roy de la petite Bretaigne, envoya à
Jonet, roy de la grant Bretaigne, de par l'empereur
Maximien, pour avoir Ourselles, sa fille, en mariage, et
aussi pour avoir grant nombre de pucclles du règne
pour donner à ses hommes et peuplci- sou pays. XLVI.
Inédit.
ik CROMCQUES D'KNGLETERRÎ::.
53. Comment Gavianus et Melga retournèrent en la grant
Jîretaigne et cassèrent le fort mur que les Rommains
avoient faict. Et comment les Rommains ne volurent plus
aydier les Anglois. XLVII.
Inédit.
54. Comment le tirant \ortlgier fist copper les testes aux
Picz qui, de son propre consentement couvert, avoient le
roy Constant occy, et usurpa le royaulme. Et comment
il retint les Saxons de sa court, par la puissance desquelz
il obtint victoire alencontre des Picz et Estotz. XL\ III.
Inédit.
55. Comment Englist deceupt le roy Vortigier par sa ma-
lice. Comment il se fist donner par le roy une forte place
en laquelle il ediffia le cliastel de la Couroye. Et des
Saxons qu'il fist venir. Et comment Vortigier espousa sa
fille Ronixe, qui estoit payenue. XLIX.
Inédit.
5G. Comment Saint Germain d'Auxerre et Saint Leu de
Troyes vindrent en la gi-ant Bretaigne, et de la multipli-
cation des Saxons en icelle. Et comment le roy Morchi-
mer fut couronné. L.
Inédit.
57. Comment la roine Ronixe fist empoisonner le bon roy
Norcuner. Et comment il conforta ses barons au lit de la
mort. Et de ses ordonnances. Ll.
Inédit.
58. Comment Vortigerius fut reslevé en la dignité royal,
et comment, par Tadmonnestement de sa femme Ronixe,
il remanda Englist par lequel les Bretons furent des-
truiz. LU.
Inédit.
59. Comment le roy Vortigier prinst conseil à ses devincurs
de sa misérable vyc. Et de la tour (ju'il/ lui conseillie-
rent à ediffier pour soy saulver. LUI.
Inédit.
PREMIERE PARTIE, LIVRE II, xlvii-liv. ir;
60. Comment les messaiges du roy Vortigier emmenèrent
Merlin, qu'on disoit l'enfant sans père; et des choses
qu'il dict au loy Vortigier, au grant reproche de ses de-
vineurs, de 1 eslahlete des fondemens de sa tour*. LIV.
Inédit.
1. En insérant dans sa compilation des anciennes chroniques d'An-
gleterre une traduction du Xnve de Brtist (c'est le titre qu'il donne * à
l'ouvrage composé en latin par Geoffroy de Montmoutli } , Wavrin ne
nous fournit aucun renseignement sur le translateur anonyme dont il
adopte la version , sur sa patrie , sur le temps auquel il a vécu. Peut-être
n'en savait-il rien; peut-être bien était-ce chose trop connue de ses con-
temporains pour qu'il fût nécessaire de le leur dire. Quoi qu'il en soit ,
nous ne croyons pas inutile de signaler, dans ce présent chapitre et dans
ceux qui vont suivre, quelques passages contenant une partie des détails
que notre chroniqueur a passés sous silence. Geoffroy de Monlmouth ,
dans son Histoire des Bretons , se borne à recueillir les célèbres prophé-
ties de Merlin. Son interprète les traduit, à son tour, de latin en français ;
mais il fait plus : il les commente , il indique les applications qu'on en
peut faire aux événements accomplis. C'est dans cette parlie, apparte-
nant en propre au translateur, que nous trouvons çà et là quelques
phrases qui révèlent le nom de sou pays et dans quel temps il écrivait.
Un prologue, placé en tête des prophéties, nous apprend qu'il est né
dans le Bourbonnais. Malgré , dit-il , son insuffisance et la rudesse de son
natif langaige bourbonnais ^ il entreprend de mettre « icelles en francois
legier et eutendible , par exposition clere et évidente , là où la sentence
est obscure. » Voilà pour la patrie. Quant à l'époque où il vivait, les
réflexions que lui suggèrent certaines interprétations et sentences servi-
ront à la déterminer ; ainsi, après l'énoncé d'une prophétie**, il désigne
le prince de Galles et les grans seigneurs de France , lesquelz il fit tous
trembler en belle batlaille de Poictiers ; car, ajoute-il, « certainement il
n'eut à doubte, en tout le royaulme de France, cité, ville, etc., qu'il
n'en tremblast,si comme ie Vay aulresfoiz oy recorder Je porroye
escripre pluiseurs choses quy me font souvent mal en ma teste ; caryV ne
voy aujourd'hui, en ce présent royaulme (de France), synon désolation et
desconfort, rapines, calamité/, ; et Justice y est morte, Droict s'en est
fuyz , Raison dort , uulz ne cure ne ne pense du bien public que fort à
le exterminer et destruire par plourables misères :... chascun se taist et
fuict sillence , nul n'ose dire Vérité s'en est allée, et quant est de moy,
■* Voy. ci-dessiis, rlmp. 7.
** Chap. CI.
iC CRONICQUES D'ENGLKTERRE.
61. Comment maistre Gauffroy Monemutensis, qui cestiu
livre compila de langue brete en latin, se excusa sur la
translation des prophéties Merlin Ambroise, disant en
teste manière. L\.
Inédit.
62. Cy après parle des prophéties Merlin qu'il denoncha
au roy Vortigier. Et parle premièrement de la signif-
iiance des deux dragons qui yssirent des pierres du lacq
expuissye, comme dict est cy dessus. LVI.
Inédit.
63. Cy après s'ensieult la seconde cause des prophéties
Merlin le prophète. L\ll.
Inédit.
64. Comment Merlin prophétisa au roy "Vortigier l'advene-
je croj fennemenl que pluiseiirs nolilcs chevaliers , escuyers et aultres
gens de conseil quy, pour leur avarice et par les proufis qu'ilz ont du
rov ou d'aulcuns aultres, ne osent ou ne veullcnt dire vérité.... Puys dyst
Merlm que , en icelliiy temps, que le rond sera f'iici demy ; c'est à dire que
la monarchye du ren^^ne , qui est rond par une vrave obéissance ou
souverain seigneur du royaulme , sera fait deniy par cause de divisions ,
car la playe de la guerre civile les disjoindra et divisera le d^ adesme royal
en deux couronnes ou royaulmes » Une autre prophétie * le fait
s'écrier ; « Hé Dieu ! nous avons une prophétie quy dist que le royauluie
de France en vygour durera , tant comme justice y rengnera, et quant
elle y fauldra , le règne à néant tournera; laquelle chose je prye à Uieu
que n'adviengne , jasoit ce qu''il y ait grant commenc.ment , car ja la per-
nicieuse sédition et division civile est entre nous , car nous sommes mainte-
nant tous Gucrfes et Guibelins comme les Lombars. ï
En parlant de la division du diadème en deux couroimes ou ro\aumes,
notre translateur désigne évidemment les funestes démêlés d'entre
Chai les VII et Henri V. Il vivait donc vers la milieu du xv' siècle. On
objectera , pcul-ètrc, que Wavrin , tout en s'appropriant le travail d'un
autre, peut y avoir introduit certaines modifications, et que ce que
nous attribuons ici au translateur bourbonnais est une interpolation de
Wavrin. A cela nous répondrons qu'indépendamment de la copie que
nous eu fournissent les Ânchienufs cronicques d^Engleterre , il existe plu-
PREMIÈRE PARTIE, LIVRE II, lt-lix. 17
ment des deux filz du roy Constant. Et de sa misérable
vye. Et aussi la mort de Englist le Saxon. LVIII.
Inédit.
65. Comment tous les Bretons de la grant Bretaigne, nobles
et non nobles, qui eschapez estoient des mains des
Saxons, sceu l'advenement des enfans du roy Constant,
leur vindreut au devant, en leur portant grant honneur.
Et comment ilz assesierent \ortioier et Fardirent en sa
tour, sy comme Merlin l'avoit divine paravant. LIX.
Inédit.
Cy prent fin le second livre du premier volume des Cronicques
d'Engleterre, et s'ensieult le tiers.
sieurs manuscrits * de la traduction de VHistoire des Bretons absolument
semblables , et qu'il ne paraît pas admissible que ces ouvrages ne soient
qu'un démembrement de l'œuvre de Wavrin, tandis que tout porte à
croire qu'il s'est approprié, ici comme ailleurs, ce qui était à sa con-
venance.
* La Bil)liotbèque impériale, entre autres , en possède trois :
1" Ancien fonds fnincais, n. 8387. Cronicques des Bretons^ contenons les gestes
d'iceulx depuis Brutus jusques à Van v* ni"' et vill. Cette traduction diffère un
peu de celle de Wavrin, mais elle lui est conforme pour les chapitres qui com-
prennent les prophéties de Merlin.
2» et 3° Fonds Saint-Germain des Prés, n. 93, et Fonds Colbert, n. 10210="^
Histoire d'' Angleterre. La traduction que renferment ces deux manuscrits est con-
forme à celle de Wavrin. Citons aussi, puisque l'occasion s'en présente : 1° Sup-
plément français, n. 67 : Compillation des Croniques et Ystoires des Bretons, jiar
Pierre Le Baut, secrétaire de Jehan, sire d'Erval. Le Baut abrège beaucoup, pu
général, l'œuvre de Geoffroy de Montmouth, et quant aux prophéties de Merlin,
en particulier, il les supprime complètement a pour cause de briefveté et mesnies
pour l'ambiguité du stille exquis, qui est difficile à ung cbascun entendre. »
2° Ancien fonds français, n. t02t I . h'Istoire de Brutus, premier roy de Bretaigne,
a présent dicte Angleterre, et ses successeurs. Traduction anonyme, qui diffère de
celle de Wavrin et de celle de Le Baut : les prophéties y sont rapportées en latin.
On trouve enfin au British Muséum (bibliothèque Lansdovrne, n. 214) une qua-
trième version de l'histoire des Bretons. « Chi fine, dit Vexplicit, le Hystore des
Bretons, extraite du latin en rouman à la requeste de mon très redoublé seigneur
Mgr de Croy et de Jacotin le Contois, son receveur gênerai : et fut translaté par
ung bourgeois de Mons en Hainault, nommé Jehan Vauquelin, en l'an de Nostre
Seigneur iiicens xlv, le xxv jour de juillet, » Cette traduction est encore différente
des autres.
18 CROMCQUES D'ENGLETERRE.
LIVRE III.
66. Cy commence le tiers livre de ce premier volume, le-
quel contient en soy lui chapitres , desquelz le premier
contient comment le Saxon Englist garnist ses forteresses
quant il sceut la mort Yortigier. Et comment le noble
rov Aurelien le desconfist avec tout son ost, où il avoyt
bien deux cens mille Saxons. Chapitre I.
Inédit.
67 . Cy parle de la mort et comdempnation de Englist le ti-
rant; et comment Cocta, son filz, et tous les nobles jo-
venceaulz des Saxons, atout chascun une chaîne en leurs
mains, se misrent en la mercy du roy Aurelien. II.
Inédit.
68. Comment le roy Aurelien reforma son royaulme en
bonne meurs et fist rediffier les églises, citez, villes et
forteresses destruites par les Saxons : et de la cause pour
laquelle il tramist querre Merlin, et du conseil que ledict
Merlin le prophète lui donna sur sa demande. III.
Inédit.
69. Comment le ducUtherpendragon, après ce qu'il fut atout
Merlin et son ost arrivé en Hybernie, desconfist Gillo-
mith, le roy de celle région. Et comment Merlin, par sa
soubtillelé, (ist emporter les pierres en Bretaigne, où il les
drescha en leur ordre, par le commandement du roy Au-
relien. IV.
Inédit.
PREiMlËRE PARTIE, LIVRE III, i-x. 19
70. Comment Pascent, fil/, du roy Vortigerius, excista les
Germaniens contre le bon roy Aurelien, à moult grant
ost, et furent desconfiz. Et comment après il se ralia au
roy Gillomith, de Hybernie, lequel il fist passer à grant
. ost en Bretaigne. Et comment, par venin et trayson, il fist
finer le crestien roy Aurelien. V.
Inédit,
71. De l'exposition que fist Merlin au duc Utherpendragon.
Et comment il desconfist ses ennemiz Gillomith et Pas-
cent, puis retourna à Gumtonye pour célébrer les ob-
sèques du roy Aurelien, son frère. VI.
Inédit.
72. Du couronnement du duc Uther, qiii sournommé fut
Pendragon, et des deux batailles qu'il eut alencontre de
Gocta, filz de Englist, et Orsus, son cousin, lesquelz le
desconfirent en la première bataille. Mais aprez furent
ilz destruictz en la seconde assamblee. VII.
Inédit.
73. De la court que tint le roy Utherpendragon en la cité
de Londres. Et comment il meut la guerre au duc
- Gorlois à cause de sa femme, de laquelle il fut amou-
reux. VIII.
Inédit.
74. De la mort au duc Gorlois et prinse de sa forteresse
asseglee par l'ost Britonnicque en l'absence de Utherpen-
dragon. Et comment il espousa Igerme. Et de la venue
de l'ost Saxonnicque, à l'esmouvement de Cocta et Or-
sus qui s'en fuyrent ou eschapperent de la prison. IX.
Inédit.
75. Comment le roy Utherpendragon, très griefvement ma-
lade, se fist porter en l'ost, où il blasmu moult aigrement
ses princes. Et comment il fut porté en sa litière en la
bataille, où les Saxons Cocta et Oise furent morts, et tout
leur ost desconfy. X.
Inédit.
20 CROINICQUES D'E?iGLETERRE.
76. Comment les tirans saxons, proditoirement , firent
mourir le roy Utherpendragon par la fontaine dout il
beuvoit l'eaue, qu'ilz empoisonnèrent. XI.
Inédit.
77. Du couronnement de Artus, filz du roy Utlierpendragon,
par Dubritius, arclievesque de Legionne. Et comment il
desconfist G(jlgrinus, duc des Saxons, et tout son ost, et
l'assega à Eboraclc, sa cité. XII.
Inédit.
78. Comment le roy Artus laissa le siège de Ebroith et ala
à Londres pour soy conseillier, et tramist messaiges en
Armoricque au roy Hoclus, sonnepveu, pourquerre se-
cours. ■ XIII.
Inédit.
79. Comment le roy Artus desconfist les payens saxons à
Kaerlindeoth, la cité qu'ilz avoient assize. Et comment
ilz lui jurèrent, en la forest de Calidonienne, de lui ren-
dre treu et en baillierent hostaiges, mais ilz se parjurè-
rent : sy furent leurs hostaiges cruellement acraveu-
te/. XIV.
Inédit,
80 . Comment Dubritius enliorta les Bretons de eulx fièrement
combatre contre les payens ; et comment ilz les desconfi-
rent par la proesse de leur roy Artus. XV.
Inédit.
81. Comment le duc de Cornubie tua le duc Tbederic, et
piinsi ses nefz et ses gens en dedition. XVI.
Inédit.
82. Comment le noble roy Artus desconfist les Escots en
lisle d'ung estang, et le roy de Hybernie aussi, qui les
vint aydier et S( courir XVII.
Inédit.
83. (Comment le noble roy Artus de Bretaigne fist refaite
les églises que les mauldictz payens avoient inhumaine-
ment destruictes. XVIIl.
Inédit.
PREMIERE PARTIE, LIVRE III, xi-xxvi. 21
84. Comment le roy Artus mist le pays d'Escoche en son
anchienne liberté. Et comment il espousa Genevieie ,
qui estoit de noble lignaige de Romme et la plus belle
de tout le pays de Bretaigne. XIX.
Inédit. _
85. Comment le roy Artus, après ce qu'il eut reposé long-
tempz en grant félicité, passa la mer et concqulst Nor-
guegyedace, Neustrie et tous les pays de Gaulle. XX.
Inédit.
86. Cy parle de la grant feste que célébra le noble roy Ar-
tus en la cité de Legionne, Et comment il y vint moult
de grans princes et barons. XXI.
Inédit.
87. Comment les princes qui venuz estoient à la court que
tint le roy Artus furent festoyez. Et comment lui et la
royue sa femme portèrent couronne le jour de lasolemp-
nité. XXII.
Inédit.
88. Comment le roy Artus créa pluiseurs archevesques et
evesques, et de l'advenement des legatz envoyez de
Romme. XXIII.
Inédit.
89. S'ensieult l'oraison du roy Artus à ses princes sur la
sentence de la lettre à lui tramise de par l'empereur
romraain. XXIV.
Inédit.
90. S'ensieult l'oraison du roy Hoclus, de Armoricque, en
persuadant la guerre contre les Rommains. XXV.
Inédit.
91 . La délibération Agnoleselh, aultrement dict Angélus, au
roy d'Albanie. XXVI.
Inédit.
22 CRONICQUES D'ENGLETERRE.
92. De la responce que fist le roy Artus aux legatz, loni-
mains. Et comment ses barons s'appareillierent atoute
dilligence. XXVII.
Inédit.
93. Cy devise comment le proesseux roy Artus se combatist
vaillamment à un» grant géant à la roche du Mont Saint
Michiel. XXVIII.
Inédit.
94. Comment le roy Artus ala au devant des Rommains.
Et comment ses legatz commencierent premiers la ba-
taille. XXIX.
Inédit.
95. Comment les Bretons, qui conduisoient leurs prison-
niers vers Paris , à xv mille hommes armez desconîirent
XX mille Rommains qui les guettoient en une em-
busce. XXX.
Inédit.
96. Comment l'empereur rommain degueipist ses tentes
pour aler à Ostun. Et comment le roy Artus lui viiit au
devant eu une vallée, où il ordonna ses batailles. XXXJ .
Inédit.
97. Comment Artus admonesta sagement ses chevaliers de
bien combatte pour dcffendre leur pays et liberté. XXXII.
Inédit.
98. Comment l'empereur rommain ordonna ses batailles,
après une oraison exortative faicte à ses chevaliers pour
les encoragier. XXXIIl.
Inédit.
99. De la bataille merveilleuse d'entre les Rommains et les
Bretons. Et de la noble victoire que obtint le roy Ar-
tus. XXXIV.
Inédit.
100. Comment le noble roy Artus, après ce qu'il eut eue
PREMIERE PARTIE, LIVRE III, xwh-nlui. 23
victoire des llommains, fist ensepvelir les corps de ses
barons et de ses hommes. XXXV.
Inédit.
101. Comment le noble roy Artus se combatist la première
fois au desloyal tirant Mordreth, et le desconfist à grant
perte des siens. XXXVL
Inédit.
102. Cy parle des deux batailles que eut le roy Artus alen-
contre de Mordreth. Et de la manière de la fin d'eulx
deux. XXXVII.
Inédit.
103. Comment le roy Constantin occist les deux enfans
Mordreth. Et comment son nepveu le tua, qui fut cou-
ronné après lui. XXX VIII.
Inédit.
104. Des faictz des roys Vortiporius et Molgo le Bel, qui
succédèrent, Tun après l'aultre, ou royaulme delagraist
Bretaione. XXXIX.
Inédit.
105. Des gestes au roy Cathericus et des guerres civilles qui,
par sa cruaulté, vindrent en son tempz en Bretaigne. Et
des grans maulx que les Saxons y firent. XL.
Inédit.
106. La complainte de 1" acteur sur la destruction du royaulme
de Bretaigne, par quoy les Saxons en furent première-
ment seigneurs, dont les Anglois sont yssuz. XLI.
Inédit.
1 07 . Comment les Bretons esleurent à roy Caduanth, et de la
paix que il ferma avecques le roy Eldefride. XLIl.
Inédit.
108. Du parlement que les deux compaignons royaulx firent
faire sur le fleuve du Glas, et du conseil que donna Bria-
nus à Cadnalus, son oncle. XLIII.
Inédit. o
24 CRONICQUES D'ENGLETÉRRE.
109. Comment le roy Gadnalus fut desconfy de Ediinus, à
qui il avoit faulsé compaignie. Et comment il s'en fuit au
roy Sallemon. XLJV.
Inédit.
110. La responce que fist le roy Sallemon de Armoricque
Bretaigne au roy Gadnalus, qui son ayde lui reque-
roit. XLV.
Inédit.
111. S'ensieult Toraison regratiatoire que fist le roy Gadna-
lus au roy Sallemon ; et comment Brianth passa en la
grant Bretaigne, où il occist Pellicus, Tingromantien de
Edninus. XLVI.
Inédit.
112. Gomment le roy Gadnale leva le siège de devant Exoine,
où il desconfist l'ost du roy Peandatli. Et comment il
occist Edninus , Offride son filz, et Godbotli, avecques
leur grant ost. XLYII.
Inédit.
113. Gomment le roy Gadnale occist le roy Offrid en ba-
taille, avecques tout son ost. Et de la victoire Ozimath
contre le roy Peandatli, c[ui après aussi desconfist le
roy Gadnale de puis. . XLVIII.
Inédit.
114. Gomment, par l'admonnesteinent de Alflird, filz au no-
ble roy Ozimath, le roy Peandatli prie au roy Gadnale,
par fraude, qu'il esmeut guerre contre le roy Ozimath,
son oncle. XLIX.
Inédit.
115. Gomment le roy Peandatli fut desconfy parle roy
Ozimath, après ce qu'il eut fait foizon de maulx enNor-
thambrle. Et de la fin du roy Gadnale de Bretaigne. L.
Inédit.
116. (ùommontGadwalladreih,filz au roy Gadnale, fut cou-
PREMIERE PARTIE, LIVRE III, xliv-liii. 25
roniié ; et de la guerre civille des barons de Bretaigne,
par laquelle il sourdist grant famine et mortalité très
rible. Ll.
Inédit.
117. Comment Alain, roy de Armoricque Bretaigne, receupt
benignement le royCadwaladrcth. Et comment les Saxons
obtindrent paisiblement le royaulme de la grant Bre-
taigne. LU.
. Inédit.
118. Comment Tangele s'aparut au roy Cadwaladreth pour
le faire désister de la guerre qu'il vonloit commciicier.
Et des prophéties qu'il lui denuncha. LUI..
Inédit.
Cy prpnt fin le tiers livre de ce premitr volume des Cronicques
d'Engleterre et s'ensieult le iv*.
26 CRONICQUES D'ENGLF/iERRE.
LLVRE IV.
119. Cy commence le Ilir^ livre de ce premier volume qui
contient en soy lvi chapitres , ou premier desquelz il
traicte la venue des deux enfans du bon roy Cadwala-
dretli, et du roy Oza qui rengna en Kent. Chapitre I.
Inôdit.
120. Comment le roy Ozehridi de Northumberlande prinst
par force la femme d'un grant baron, appelle Buerne
Bocart, et de ce qu'il en advint. II.
Inédit.
121. Comment les Danois arrivèrent en la grant Bretaigne,
où ilz prindrent la cité de Werwic et occirent le roy
Ozebrith. ni
Inédit.
122. Comment le roy P'ile fut occis des Danois. IV.
Inédit.
123. (Comment les tirans danois martirisierent Saint Ed-
mond. »•
Inédit.
124. Comm.ent les Danois prindrent la ville de Rcding. VI.
Inédit.
125. Comment le bon roy Alvred se combatist aux Danois
et les desconfist. Et comment, par son sens et vaillance,
il les subjvigua et mist à mercy. ^' H-
Inédit.
PREMIERE PARTIE, LIVRE IV, i-xvii. 27
126. Comment les Danois f'uulserent leurs foyz, au roy Al-
vrede, et de la mort Huble et Cuerne Bocart. VIII.
Iiaédit.
127. Comment Hugar fut occis et les Danois mis sy au bas
qu'ilz furent constrainctz de faire venir le roy de Dane-
marce, appelle Godrin, lui et ses barons, recepvoir le
saint sacrement de baptesme. IX.
Inédit.
128. Cy devise comment grant foyson de Danois, qui estoient
passez en France avec le roy Gormond d'Auffricque, re-
tournèrent en Engleterre. Et de la mort du bon roy Al-
vred. X.
Inédit.
129. Cy commence à parler du roy Edouard, filz du bon
roy Alvred. XL
Inédit.
130. Cy parle du roy Adeston. XII.
Inédit.
131. Cy parle dti roy Emond, frère du bon roy Adeston.
Comment il desconfist deux roy s de Danemarce et les
enchâssa hors de son pays. XIII.
Inédit.
132. Cy parle du roy Edret. XIV.
Inédit.
133. Cy parle du roy Edvin. XV.
Inédit.
13 i. Cy parle du roy Eadgar, lequel régna sur tous les
roys qui estoient en Escoclîe et en Galles. XVI.
Inédit.
l3o. Comment le roy Eadgar espoasa Estrild, après la «nort
Elflewould, et sy estoit sa commère. XVII.
Inédit.
.^■^«iKfisv';^ ■
28 CRONICQUES D'ENGLETERRE.
136. Comment la royiic Estrild. fist meltie à mort son fil-
lastre, lequel eut nom Saint Edouard le Martir, affinque
Eldret, son filz, feust roy. XYIII.
Inédit.
137. Cy parle du roy Eldret et comment le roy Suvvin, de
Danemarce, tintEngleterre. Et comment la royne Estrild
s'en fuist en Northmandye, pour ce qu'elle estoit dure-
ment haye à cause de la mort du noble roy Saint
Edouard le Martir. XIX.
Inédit.
138. Comment le roy Eldret revint de Northmandie. Gom-
ment Kenoult le Danois régna, et de la guerre de lui
et de Emond Yrensit. XX.
Inédit.
139. Cy parle du roy Kenoult. XXI.
Inédit.
140. Comment le roy Emond Yrensit feut traytreusement
occis par Edrith, imy hault baron du pays, parent et
hoinme llege du dit roy Emond. XXll.
Inédit.
141. Comment le roy Kenoult envoya les deux enfans du
roy Emond en Danemarce pour les faire momir. Et com-
ment ilz furent saulvez. XXIII.
Inédit.
142. (>y parle du roy Kenould. Comment il concquist Nor-
"vveaue. Comment il monta en or^mt oijjueil. Et comment
depuis il devint débonnaires. XXIV.
Inédit.
143. Cy parle du roy Harolt, qui plus ama aler à pie que
à cheval. XXV.
Inédit.
144. (^y parle du roy Hardekenoult. XXVI.
Inédit.
PREMIÈRE PARTIE, LIVRE IV, xtiu-xxxiv. ^9
145, Cy parle de la grant villonnie que les Danois firent
aLix Anglois, pour laquelle cause oucques depuis Danois
ne fut fait loy en Engleterre. XXVII.
Inédit.
146, Comment les nobles d'Engletene envoyèrent en North-
mandie vers le duc Guillaume pour avoir ses deux cou-
sins, Alvred et Edouard, frères, qui demouroient avec-
queslui. XXVII f.
Conférez ce cliapltre avec le chapitre cini des Croniques de Nor-
me
ndic
147. Cy devise comment Alvred arriva en Engleterre, et
comment le traître comte Godewine le fist martirisicr
avec tous les barons , chevaliers et escuyers de sa com-
paignie. XXIX.
Cf. Cron. de N., cli. civ.
148. Cy parle de saint Edouard confez, frère de Alvred.
Comment il fut roy d'Engletene. XXX.
Cf. Cron. de N., cli. civ.
149. Cy parle de la première especialité que Dieu fist pour
ce bon Saint Edouard i^oy. XXXI.
Inédit.
150. Cy dict comment le comte Godviae revint en Engle-
terre et fist tant, par sa soubtillité, qu'il eut sa paix au
roy Edouard de la mort Alvred son l'rere, lequel roy lui
rendit sa terre et espousa sa fille. XXXfl.
Cf. Cron. de N., cli. cv. '
151 . Cy paile du veu que fist le bon roy Edouard. XXXIil.
Cf. Cron. de N., ch. cxiii.
152. Comment le roy Saint Edouard veit visiblement le
roy Suvvin de Danemarce noyer en la mer, droict à
l'heure du sacrement de la messe que on chantoit devant
lui. XXXIV.
Cï. Cron. de N., ch. cv.
30 CRONICQUES D'EKGLETERRE.
153. Comment le roy Edouard d'Engleterre fist son lioir
le duc de Nor'dimandie, appelle GuillaïuTie le bastard.
XXXV.
Cf. Cron. de N., cli. cxiv.
154. La manière comment Hérault fist serment au duc
Guillaume. XXXVl.
Cf. Cron. de jY., cli. cxv.
155. Comment Tanel que le roy saint Edouard avoit donné
à saint Jehan TEvangeliste, qui demandé lui avoit en
guise de pèlerin, lui fut rapporté. XXXVII.
Inédit.
156. Comment le roy Saint Edouard mourut le jour de la
Typhanie, comme saint Jehan lui avoit mandé par les
pèlerins. XXXVIil.
Cf. Crvri. de N., ch. cxvi.
157. Comment Hérault le parjure, tilz du comte Godvinc,
fut faict roy d'Engleterre. XXXIX.
Cf. Cro/i. de jY., cli, cxvii.
158. Cy devise comment le duc Guillaume le bastard fut
covu'oucié quand il sceut que Hérault s'estoit faict cou-
ronner roy d'Engleterre, contre le serment que faict lui
avoit à Bayeux. XL,
Cf. Cron. de A'.j c!i. cxvir.
150. Cy parle de Tassemblee que fist le duc Guillaume pour
aler en Engleterre. XLI.
Cf. Cron. de A'., ch. cxvm-cxix.
160. Comment toutes manières de gens s'offrirent au duc
Guillaume le bastard pour aier en Engleterre avecques
lui. XLII.
Cf. Cron. de N'., cli. cxx.
PREÎMIERK PARTIE, LIVRE IV, xxxv-liii. 31
161. Comment le corps de monseigneur Saint Valleri fut
porté hors de son église. XLIiï.
Cf. Cron. de N., ch. cxxi.
162. Comment le duc Guillaume fit effondrer et ardoir ses
vaisseaulx. Et du roy Hérault qui occist sou frère, appelle
Costi. XLIV.
Cf. Cron. de JV., ch. cxxii-cxxiii.
163. Comment le roy Hérault fut adverty que Northmans
estoient desccnduz en Engleterre. XLV.
Cf. Cro7i. de N., ch. cxxiv.
164. Cy parle du message au duc Guillame. XLVI.
Cf. Croti. de N ., ch. cxxt.
105. Cy parle du messaige du roy Hérault. XLVii.
Cf. Cron. de N., ch. cxxvi.
166. Cy parle du second messaige que le duc Guillaume
envoya devers le roy Hérault. XLvlO.
Cf. Cron. de A'., ch cxxvii.
167. Comment le duc Guillaume ala pour semondre le roy
Hérault. XLIX.
Cf. Cron. de N., ch. cxxvii. ,-.
168. Comment les Northmans ordonnèrent de leurs con-
sciences. ^■
Cf. Cron. de N., ch. cxxviii-cxxx.
169. Comment le duc Guillaume ordonna ses gens en trois
batailles. ï^^-
Cf. Cron. de N., ch. cxxxi.
170. Comment le roy Hérault ordonna ses batailles, et
comment il admonnesta ses gens. EH.
Cf. Cron. de N., ch. cxxxii -cxxxin.
171. Comment les Northmans assaillirent les Anglois. Eili.
Cf. Cron. deN., ch. cvxxiv.
Si CRONICQUES D'ENGLETERRE.
172. Gomment le duc Guillaume concquist, à force d'armes,
le fort où estoient logiez le roy Hérault et toute la puis-
sance d'Engleterre. LIV.
Cf. Cron. de JY., ch. cxxxv.
173. La descoufiture des Angiois, et de la manière des sé-
pultures. LV.
Cf. Cron. de N., ch. cxxxvT-cxxxvil , cxxxix.
174. Gomment le duc Guillaume fut esleuà roy d'Engleterre
par les Angiois qui à lui se rendirent. LVI.
Cf. Cron. de IV., ch. cxl.
Cy prent fui le quatriesme livre de ce premier volume.
PREMIÈRE PARTIE, LIVRE V, i-vi. 33
LIVRE V.
175. Cy commence le V" livre de ce présent volume,
lequel contient en soy quatre vingz et v chapitres ,
au premier desquelz il fait mention du couronnement
Guillaume le bastard, et comment, après ce qu'il eut
reconcillié le royaulme , il fist fonder une abbaye
droict en la place où la bataille avoit esté, laquelle fut
appellee et est encores l'Abbaye de la bataille. Ghap. I.
Cf. Cron. deN.^ cli. cxli.
176. Comment le roy Guillaume retourna en Northmandie
après sa concqueste dEngleterre , et comment il vainc-
quist les Danois. II.
Cf. Cron. de N.. cli. cxlii-cxliii.
177. Cy parle du trespas de la royne d'Englelerre et du dis-
cord qui fut entre le roy de France et Robert et Henri,
enfans du roy Guillaume. III,
Cf. Cron. de iV., cli. cxliii.
178. Cy parle de la responce que le roy Guillaume fist au
roy de France touchant Thommaige dEngleterre. IV.
Cf. Cron. de N., cli. cxliv.
179. Cy parle du testament du roy Guillaume le Bastard. V.
Cf. Cron. de N., ch. cxlv.
180. La manière du testament du roy Guillaume ie Bas-
tard. VI.
Cf. Cron. de N., ch. cxLVi.
I S
34 CRONICQIIES D'ENGLETERKE.
181. Cy fait mention du couronnement Guillaume le Roux,
second filz du roy Guillaume le Bastard. VII.
Cf. Cron. de N., cli. cxlvii-cxlyiii.
182. Cy parle de Tempruut que le duc Robert fist à Henry,
son frère. VIIÏ.
Cf. Cron. de N'., ch. cXLix.
1 83. Comment le duc Robert fist mettre Henry, son frère, en
prison. IX.
Cf. Cron. de N., ch. cl.
184. Comment il piinst voullenté au duc Robert d'aler
oultre mer par grant dévotion. X.
Cf. Cron. de N., cli. cli.
185. Comment le roy R.oux vint au Mans pour secourir
ceulx qui estoient assegiez en la tour, laquelle le roy
Guillaume le Bastard, son père, avoit faict faire. XL
Cf. Cron. de N., ch. cli-clii.
186. Comment le roy Roux fist faire le chastel de Gisors.
xn.
Cf. Croi2. de N., ch. CLiii.
187. Cy parle de la mort du roy Guillaume le Roux. XIII,
Cf. Cron. de N., ch. cliv-clv.
188. S'ensieult le couronnement du roy Henry, frère du
roy Roux. XIV.
Cf. Cron, de N., ch. clvi.
189. Comment Guillaume et Richard, enfans du roy Henry,
périrent en la mer. XV.
Cf. Cron. de N., ch. clvii.
190. Comment Robert Courteliouse, duc de Northmandie,
se partist d'Engleterre pour retourner en son pays. XVI.
Cf. Cron. de N., ch. clvui.
191. Comment le duc Robert passa, lui xii'', en Engleterre.
XVIL
Cf. Cron. de N., ch . CLIX.
PREMIERE PARTIE, LIVRE V, vu xxvii. SN
\9'2. Cy parle du nouvel discord qui fut enti^e les deux
frères. XVIII.
Cf. don. delV., ch. ci,x-ci,xi.
193. Cy parle de Faccord faict entre le roy Loys de France
et le roy Henry d'Engleterre, XIX.
Cf. Cron. de N., ch. clxii-clxxiii.
1 9 i . Comment l'empereis Mehavilt ou Maud revint en En-
gleterre, et comment elle fut depuis espousee à Gauffroy,
conte d'Anjou. XX.
Cf. Cron. de jV., cli. clxxiii-clxxiv.
195. Comment Estienne, filz de la seur au roy Henry, fut
couronné roy d'Engleterre. XXI.
Cf. Cro/i. de JV., ch, ci.xx\-clxxyi.
196. Comment l'empereys s'en ala à Wincestre, puis ala à
Ozenford, dont elle eschappa, comme vous orrez, et s'en
fuist à Woliugueford. XXII.
Cf. Cron. de N., ch. clxxvi.
197. Comment Gauffroy, conte d'Anjou, rendist à Henry
son filz, qu'il avoit eu de Mehault, la ducié de Nortli-
m an die. XXIII.
Cf. Cron. de N., ch. clxxvi.
198. Comment le roy Henry, filz de l'empereis, fut cou-
ronné, ouquel tempz saint Thomas fut martirisié. XXIV,
Cf. Cron. de N., ch. CLXxvir.
199. Cy faict mention du discord qui fut entre le roy Henry,
père, et le roy Henry, le filz. XXV.
Cf. Cron. de N., ch. clxxvii.
200. Comment le roy de France et Richard de Poictiers
furent contre le roy Henry d'Engleterre. XXVI.
Cf. Cron. de N., ch. CLXXVin.
201. Cy commence le parler des faictz du roy Richard
d'Engleterre. XXVH,
Cf. Cron. de N., ch. clxxix. .
36 CRONICQUES D'ENGLETERRE.
202. Cy devise les ordonnances du sacre au roy Richard
d'Enoleterre. XXVIII.
o
Cf. Cron. de N., cli. clxxx.
203. Cy parle du serment que fist le duc Richard. XXIX.
Cf. Cron. de N., cli. clxxxi.
204. Cy parle de Toccision des Juifz. XXX.
Cf. Cron. de N., cli. clxxxii.
205. Comment il fut ordonné que Tarchevesque Dcuroit
seroit soubz Cantorbie, XXXI.
Inédit.
206. Comment le roi Phelippe de France ft le roy Richard
d'Engleterre s'esmeurent pour aler oultre mer. XXXII.
Cf. Cron. de N., ch. CLXxxrii.
207. Comment le roy Richard guerroya les citez que Salha-
din tenoit sur la mer. XXXIII.
Cf. Cron. de Ti ., cli. clxxxiv.
208. Comment le roy Richard racheta les sainctes relicques
au soubdan Salhadin. XXXIV.
Cf. Cron. de N., ch. cr.xxxv.
209 Comment le roy Richard assist le chastel du Darou.
XXXV.
Cf. Cron. de 3'., cli. clxxxvi.
210 Comment le roy Richard se combatist contre Salhadin
XXXVI.
X.
à Japh>
Cf. Cron. de N., ch. clxxxvii.
211. Comment le roy Richard d'Engleterre retourna d'oul-
tre mer. XXXVII.
Cf. Cron. de N., ch. CLXXXVin.
212. La prinse du roy Richard d'Engletei^e. XXXVIII.
Cf. Cron. de N., ch. CLxxxrx.
213. Du ménestrel qui trouva le roy Richard. XXXIX.
Cf. Cron. de I\\, ch. cxc.
PREMIÈRE PARTIE, LIVRE V, xxviii-u. 37
214. Comment on traicta la raenchon au roy Richard. XL.
Cf. Cron. de N., ch. cxci.
215. La mort Salhadin. \TJ.
Cf. Cron. de y., ch. cxcn.
216. Comment le roy Richard arriva en Engleterre. XUI.
Cf. Cron. de J\"., ch. cxcin-cxcTn.
217. Comment le roy Richard octroya le roy d'Espaigne.
xmi.
Cf. Cron. de N., ch. cxcTin.
21S. Cy parle du conseil que eut le roy Ferrant d'Espaigne
alencoutre du roy Richard d'Eugleterre. XLIV,
Cf. Cron. de X., ch. cxcrx.
219. Comment les deux roys d'Engleterre et d'Espaigne se
combatirent emsamble. XLV.
Inédit.
220. Comment le roy Richard fut occis d'ung vireton d'ar-
balestre devant Chastel Gaillard. XLVL
Cf. Cron. de N., ch. cc-ccn.
221. Cy commence l'histoire du roy Jehan d'Eugleterre,
duc de Xortlmiandie : et parle , premiers , comment le
roy de France et lui creanterent paix entreulx. XLTII.
Cf. Cron. de N., ch. ccnr.
222. Coimiient le Chastel Gaillard fut prins par les Fran-
çois. XLVIir.
Cf. Cron. deN., ch. ccm-ccrv.
223. Cy paile du couroux du roy Jehan d'Eugleterre quant
il eut perdue sa ducié de IS^ortlmiandie. XLIX.
Cf. Cron. de xV"., ch.ccnr-ccrT.
224. Comment le royaulme d'Eugleterre fut entredy, pour
la désobéissance que le roy Jehan fit au pape. L.
Cf. Cron. de J\'., ch. ccm-ccrr.
225. Comment Tarchevesque de Cantorbie vint en Engle-
terre par mandement du pape. LI.
Cf. Cron. de N , ch.ccm-ccrr.
38 CRONICQUES D'ENGLETERRE.
226. Cy, eu ce présent chappiti e , sera faicfce meuliou du
discord et de la guerre que les Yrois esmeurent au roy
Jeban d'Eugleterre, et comment il destruisist l'Ordre de
Cysteaulz. Et de la venue des legatz papaulz en Engle-
terre. LU.
Inédit en partie. Cf. Cron. de N ., eh. cciir-cciv.
227. Comment Pandolf délivre uug clercq , faiseur de la
mounoye du roy, mesmement en la présence du roy. LUI.
Cf. Cron. de N., cli. cciti-cciv.
228. La lettre obligatoire que le loy Jehan fist au pape de
Rommc , pour quoy le denier saint Pierre est donné
parmi Engleteire, LIV.
Inédit.
229. Gomment les exilliez furent rappeliez, et de l'absolu-
tion du roy Jeban. LV.
Cf. Cron. de N., oh. ccrv.
230. Comment l'interdit fut relessie, et du discord qui s'es-
meut entre le roy Jeban et ses barons. LVL
Cf. Cron. de A^., ch. cciv.
231. Comment Loys, filz du roy de France, vint en Engle-
terre pour estre roy. LVIL
Cf. Cron. de N., ch. cciv-ccv.
232. De Swalo le légat, et de la mort du roy Jeban. LVIIL
Inédit.
233. Cy commence à parler de Henry, filz du roy Jeban ,
lequel, en jeune eage, fut couronné à Clocestre. LIX.
Cf. Cron. de jV., ch. ccvil.
234. Comment Loys, filz du roy de France, s'en retourna
vers son père. Et de la confirmation de la cbartre du
roy Jeban. LX.
Cf. Cron. de N., ch. ccvii.
235. De la xv* part des biens (|ui fuient accordez pour
PREMIERE PARTIE, LIVRE V, lii-i.xx. 39
les nouvelles chartres et de pourveanoe de Oxem-
fort. LXI.
Inédit.
236. Du siège de Tremlworth et comment les déshéritez,
par le commun accord du royaulme , furent remis eu
possession de leurs terres. LXII.
Inédit.
237. Prophétie Merlin du roy Henry, filz du roy Jehan.
Lxm.
Inédit.
238. Du couronnement du roy Edouard, filz du roy Hen-
ry. LXIV.
Inédit.
239. Comment Ydoine, la fille Lewelin, prince de Galles,
et sire Anner, frère du comte de Montfort, furent prins
sur mer. LXV.
Inédit.
240. Comment Lewelin, par l'enhort et conseil de David,
son frère, fist de rechief guerre au roy Edouard d'En-
gleterre. LXVI.
Inédit.
241. Comment David, frère du prince de Galles, fut mis
à mort. LXVn.
Inédit.
242. De la justice que le roy d'Engleterre fist à ses clercz
et à ses justiciers pour leur grant faulsete. Et comment
il condempna les Juifz hors d'Engleterre. LXVHl.
Inédit.
243. Comment le roy Edouard fut saisy de la souveraineté
d'Escoce. LXIX.
Inédit.
244. Comment messire Jehan de Bailloel , roy d'Escoce ,
desdist son hommaige qu'il avoit faict au roy d'Eugle-
terre: et de Ihomas de Thombelineuc. LXX.
Inédit.
40 CRONICQUES D ENGLRTERRE.
245. Du concquest de Berewic. LXXI.
Inédit.
246. Comment le roy Edouard, de sa grâce, délivra les che-
vetains d'Escoce qu'il tenoit prisonniers. Et comment ilz
s'alyerent aux François par le conseil et advis de Wil-
liam Wales. LXXIl.
Inédit.
247. Comment Willame Waleis fist mettre à mort sire Hu-
gue de Trissimghin, et de la bataille de Foucke. LXXIII.
Inédit.
248. Cy parle du darrain mariaige du roy Edouard de
sa tierce alee en la terre d'Escoce, LXXIV.
Inédit.
249. Du siège de Strumelin. LXXV.
Inédit.
250. De Traille Baston. LXXVI.
Inédit.
251 . De la mort de Willame Waleis. LXXVII.
Inédit.
252. Comment les Escotz vindrent au roy Edouard pour
amender ce que meffaict lui avoient. LXXVlll.
Inédit.
253. Comment Robert le Brus callenga Escoce. LXXIX.
Inédit.
254. Comment sire Jehan de Commin contredist le couron-
nement de Robert le Brus. LXXX.
Inédit.
255. Comment messire Jehan de Commin fut occis . LXXXI .
Inédit.
256. Comment le [roy] Edouard adouba xiin" chevaliers
à Westmoustier. LXXXII.
Inédit.
PREMIERE PARTIE, LIVRE V, lxxi-lxxxv. 4J
257. Comment Robert le Brus fut desconfy en la bataille.
Et de la mort Simon Frisel. LXXXlll.
Inédit. *•
258. De la mort du bon roy Edouard d'Engleterre. LXXXIV.
Inédit.
259. Prophétie Merlin , déclarée pour le roy Edouard , filz
du roy Henry darrain. LXXXV.
Inédit.
Et atant fine le chincquiesme livre de ce premier volume.
<t2 CRONICQUES DENGLETERRE.
LIVRE Vf.
260. Cy commence le VP et denenier livre de ce premier
volume , lequel contient en soy lx chapitres , ouquel
premier cbapittre il parle du roy Edouard de Carna-
renan, filz du bon roy Edouard. Chapitre 1.
Inédit.
261. Comment Robert le Brus revint en Engleterre et as-
sembla grant puissance pour faire guerre alencontre du
roy Edouard. 11.
Inédit.
262. Comment la ville de Bervic fut prinse par traison , et
comment deux cardinaulz furent desrobez. III.
Inédit.
263. Comment les Escotz roberent le pays de Northumber-
lande. IV.
Inédit.
264. Comment les Escots ne se volrent abstenir de parseve-
rer en la destruction de Crestienneté, pour quoy Escoce
fut interdite et tenue ennemye de tous loyaulz cres-
tiens. ^' •
Inédit.
26d. Comment sire Hugues Despensier, le filz, fut fait
chambrelenc du roy d'Englelerre. Et de la bataille de
Mithoan. VI.
Inédit.
PREMIÈRE PARTIE, LIVRE VI, i-xv. 43
266. Cy dist comment le roy Edouard faisoiilout ce que sire
Hue le Despensier vouloit ordonner; et comment il ne
uzoit que par son conseil. VII.
Inédit.
267. Comment sire Hues Despensier, le père, et sire Hues,
le filz, furent bannys du royaulme d'Engleterre. \III.
Inédit.
268. Comment le roy Edouard exilla le comte Thomas de
Lenclastre et tous les barons de son aliance. Comment
les Mortemers se rendirent au roy en délaissant leurs
aliés. Et du siège de Ledes. IX.
Inédit.
269. Du siège de Tilzlnllis *. X.
Inédit.
270. La description de Burbigue. XI.
Inédit.
271. Comment le comte Thomas de Lenclastre fut décollé
en son chastel de Pontfret , et chincq haulz barons trai-
nés et pendus. XII.
Inédit.
272 . Comment le roy Edouard ala en Escoche tout eschauffé,
atout cent mille hommes armés, où il n'exploita riens . XIII .
Inédit.
273. Comment sire Andrieux de Harcla, nouvel comte de
Cardoel, fut prins et mys à mort. XIV.
Inédit,
274. Des miracles que nostre Seigneur demonstra pour le
bon comte Thomas de Lanclastre. Et comment le roy
fist clore le huys de l'Eglise du prioré de Pontfret, affin
que nuUuy n'y feist offrande. XV.
Inédit.
4. Voy, ci-après, p. G2 , noie 1 , un assez long passage extrait de ce
chapitre.
44 CROINICQUES D'ENGLETERRE. [1325]
275. Comment la roine Isabel et sire Edouard, son filz,
passèrent la mer et s'en alerent à refuge devers le roy
de France, frère à la ditte roine Ysabel. XVI.
Cf. ce chapitre avec les Chroniques de Froissart, Uvre I, part. I,
ch. VI.
276. Gomment la roine Isabel d'Engleterre conta au roy
Charles de France, son frère, la cause de sa venue. XVII.
Cf. Froissart, livre I, part. I, ch. vii.
277. Comment le roy Charles de France resconforta saseur
en lui promettant ayde. Et comment elle acquist l'amis-
tié de pluiseurs seigneurs qui lui promirent ayde et con-
fort. XVIII.
Cf. Fr., livre I , part. I, ch. vin.
Après avoir dit, comme Froissart, que le roi de France reçut
avec amitié la reine d'Angleterre , sa sœur, et lui fist délivrer par
la Chambre aux deniers tout ce qu'il lui failloit pour elle et son
estât entretenir, Wavrin ajoute :
Depuis ne demoura giieres de temps que , sur cest
estât , le roy Charles ' envoya ses messages devers le
roy Edouard ', mandant qu'il venist reprendre de lui
la ducié de Guienne , comme aultreffois les roys d'En-
gleterre ses predicesseurs avoient fait , ou aultrement
il la metteroit en sa main. Surquoy ledit roy ne voult
venir ne comparoir, n'en rendre responce : par quoy
le roy de France en adherita et fist duc son nepveu
Edouard ^ Sy fut nommé duc de Guienne, et lui dist :
« Beau nepveu , en lieu de ce que nostre beau frère ,
vostre père , ne nous est venu faire hommage , nous
1. Charles IV, sacré roi de France le 21 février 1321. Mort le 2 de
février 1327. (Anselme, I, 95.)
2. Edouard II, monté sur le trône en 1302. ( H. Nicolas, 378.)
3. Edouard III succéda à son père le 25 janvier 1327. Mort le 21 juin
1377. (H. Nicolas, 347-3i8.)
[132.%] PREMIÈRE PARTIE, IJVRE VI, xvi-xix. 45
VOUS faisons duc de Guienne. )) Duquel don la rovne '
sa seur, et son nepveu le jeune Edouard, moult de foy
l'en reraercverent.
278. Comment le roy Edouard banny la roine Yzabel , sa
femme, et sire Edouard son filz, du royaulme d'En-
gleterre. XIX.
Quant le roy Edouard oy dire que le roy de France
avoit donné la ducié de Guienne sans son consente-
ment , et que son fdz l'avoit saisy en sa main , il s'en
couroucha moult fort. Sy manda par lettres*, à la roine
sa femme et à son fdz, que tost et hastivement retour-
nassent en Engleterre et venissent vers lui sans faire
séjour.
La royne Yzabel et sire Edouard , son fdz , ayant
recheu les lettres du roy, se doublèrent moult des eau-
telles et mabces des Despensiers' et du desloyal cban-
celiier*; sy n'ozerent venir au mandement du roy;
1. Isabelle, fille de Philippe IV, roi de France, mariée en 1308
à Edouard II, roi d'Angleterre : morte le 21 novembre 1357. (Anselme,
1,91.) Elle était passée en France afin de négocier la paix entre les deux
royaumes. Les faits sont inexactement rapportés par Wavrin. Des actes
authentiques prouvent que le roi de France ne put adresser à son beau-
frère le message dont il vient d'être pai'lé , puisqu'il était convenu entre
les deux puissances qu'on s'assemblerait à Beauvais , où le roi d'An-
gleterre devait rendre hommage à Charles de Valois pour le duché de
Guyenne. Edouard s'étant dispensé de faire ce voyage, transmit à son fils
Edouard, du consentement du roi Charles, tous ses droits au comté de
Ponthieu et duché de Guyenne, et l'envoya vers le roi de France pour
lui prêter foi et hommage. (Rymer, II, partie II, p. 137, 141-143.)
2. Les deux premières lettres du roi sont datées des 1" et 2 décembre
1325. (Rymer, II, partie II, U8.)
3. Hugh Despt-nser ou Spenscr, senior, créé comte de Winchester le
10 mars 1322. Décapité, en présence de son fils, en octobre 1325. Hugh
Despenser junior, décapité en mai 1326. (Dugdale, I , 390-39-i. )
i. Robert de Baldock , mort le 28 mai 1326. (Th. Carte, II, 378)
kO CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1325]
(lonl il fut moult courouchié quant il vey que, pour
ses lettres, sa femme et son filz ne retournoient. Pour-
quoy il fist crier parmi Londres que, se la roine Isabel
et sire Edouard son filz ne retournoyent briefment en
Engleterre , qu'il les tenoit pour ennemys de la cou-
ronne ; mais , nonobstant ce , ne furent ilz mye con-
seilliés de y retourner , pour la doubtence (|ue ilz
avoient du roy et de ceulx de son conseil ; pour la-
quelle désobéissance le roy les fist bannyr ' et exillier
de son royaulme, dont la roine Ysaljel, quant elle
sceut les nouvelles , se doubta fourment et eult grant
paour que les traîtres Despensieis n'eussent, par leur
malice, controuvé [sur elle] aulcune charge.
Quant ceulx qui avoyent esté de la querelle du bon
comte Thomas de Lanclastre* sceurent que la roine
Isabel et sire Edouard, son filz, estoient bannys hors
du royaulme d' Engleterre , ilz s'en \indrent vers eidx
en France : cest ascavoir, sire Rogier de Mortemer,
seigneur de Wiguemorant', sire W illarae Trussel *, qui
fut avecq le bon comte de Lanclastre, sire Thomas
Kochelin% sire Jehan de Cruelle", et, avecques euix,
1. Le roi d'Angleterre écrivit au pape ( 15 avril 13:26) pour démentir
le bruit qui courait de ce bannissement , et l'assurait qu'il n'en avait ja-
mais eu la pensée. (Rymer, II, part. II, 153.)
2. Thomas de Lancaster, petit-lils de Henri 111, décapité en mars
1323. (Dugdale, I, 779-78-2.)
3. Roger de Mortiiner, seigneur de Wigmorc. Décapité le 29 novem-
bre 1330. (Dugdale, I, 144-146.)
4. William Trussel, procureur du parlement. Le 24 août 1337, le roi
lui ordonne de prélever des subsides, dans les comtés de Warvick et
de Leicester, pour la guerre qui se prépare avec la France. (Rymer,
II, part, m, 187.)
5. Thomas RosceUn. Voy. el-après, p. 68, note 5.
6. Jean de Crumbwelle. Il était le seul baron de la suite de la reine
dans ce voyage. Mort vers 133") on 1336. (Dugdale, II, îij. )
[132bJ PREMIÈRE PARTIE, LIVRE VI, xix xxvi. 47
pluiseurs aiilties chevaliers et esciiiers; lesquelz tous
emsamble, d'un assenlemeiit, s'en alei ent en France à
la court du roy, où la roine estoit et son filz Edouard.
279. Comment les seigneurs et barons d'Engleterre man-
dèrent, secrètement, à la royne Isabel qu'elle et son
filz retouruassent en Eugleterre atout mille hommes
d'armes. XX.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. ix.
280. Comment le roy de France et tout son conseil fut cor-
rompu par sire Hue Despensier, adfin qu'il ne renvoyast
point la royne, sa seur, et sire Edouard son fil/, à puis-
sance en Engleterre. XXI.
Cf. Fr., livre I, jDart. I, ch. x.
281. Comment le roy de France fist dire à la roine d'En-
gleterre, sa seur, qu'elle widast son royaulme. XXII.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. xi.
282. Comment la roine d'Engleterre se parti de Paris, pour
paour qu'elle ne feust prinse de son frère et renvoyé en
Engleterre : sy s en ala en l'Empire. XXIII.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. xii.
283. Comment messire Jehan de Henault vint à Buigincourt
alencontre de la roine Izabel d'Engleterre. XXIV.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. xiii.
284. Comment messire Jehan de Henault proinist à la roine
d'Engleterre , et à sire Edouard sou filz , qu'il ne leur
fauldroit jusqucs aumorir. XXV.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. xiv.
285. Comment la roine se parti de Buigincourt, et comment
elle fut honnourablement recheue du conte et de la con-
tesse de Henault. XX\I.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. xv.
286. Comment messire Jehan de Henault fist sa semonce
48 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1325]
de geiiâ d'armes, pour la roine d'Engleterre et son filx
rcmener en leur royaulme. XXVII.
Cf. Fr., livre I, part. T, ch. xvi.
287. Comment messire Jehan de Henault prinst congié à son
frère le comte Guillame pour remener la royne Yzabel et
Edouard, son jeune filz, en Engleterre. XXVIII.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. xvii.
288. Comment messire Jehan de Henault se parti du conte
son frère et s'en vint en la ville de Durdreth. XXIX,
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. xvii.
289. Comment le roy Edouard d'Engleterre fist garder les
portz de la mer, et fist crier que toutes gens d'armes
et archiers s'appareillassent. XXX.
Tantost vindrent nouvelles au roy d'Engleterre que
la roine Ysabel , sa femme, et sire Edouard, son fdz ,
s'appareilloient pour venir en Engleterre à tout granl
nombre de gens d'armes et de trait , adcompaigniés
des exilliés ses rebelles ; pourquoy il se doubta moult
de perdre sa couronne. Sy fist garnir ses cliasteaulx ,
villes et forteresses de gens, vivres et artillerie, tant en
Galles comme en Engleterre , et sy fist garder les
rivages et costieres de la mer.
En oultre, il ordonna que gens d'armes, ayans trait,
sy fussent mys en certains passages et sur aulcunes
montaignes , tant à pie comme à cheval , par centa-
niers et trenteniers, ayans tous regard devers la mer,
adfin que, s'ilz povoyent perchevoir le signe de ceulx
des gardes des portz ou costieres de la mer, ilz feus-
sent prestz poiu' aler celle part, et que, tantost comme
ilz oroyent crier ou huer*, ilz se meissent ensamble,
i . (aHo manière d'arrêter les criminels s'appelle en anglais Uite and
fl325] PREMIÈRE PARTIE, LIVRE VI, xxvii-xxx. 49
sy alayssent alencontre de ceulx qui lui voulioierjt
oster son royaiilme.
Âncores de rechief fist le roy publier, eu chascuue
marche d'Englelerre, que, se aulcuns yenoient à ba-
taille contre ses ennemys , que ilz preissent la roine
Ysabel et son filz Edouard et le conte de Kent' sau-
vement , sans euix en riens meffaire de leurs corps ,
et que tous aultres de leur compaignie feussent occys
sans mercy ; et que cellui porroit bien dire soy estre
heureux, qui raporteroit la teste sire Rogier 3Iortemer
de Winghem, car il auroit cent livres d'estrelins '.
En oultre, il commanda et ordonna par sa commis-
sion de faire feux sur les pignacles des haultes raon-
taignes, près des rivages de la mer; et, en bas pays,
faire guérites de mairien, affui que chascun feust ad-
verti de son affaire, et que, s'il advenoit que ses
ennemys y entrassent de nuyt, les feux fussent tantost
boutez par tout , affin que le cry et la liue s'eslevast
comme cy dessus est dit.
cry . « By tlie okl law of England, if any theft or robbery be donc, if
lie tbat is robbecl or he that seeth or perceiventu that any man is
robbed doe levie hue and crie, that is to say, doe ciy and call for avde,
and say that a theft or robbery is donc contrary of tbe princes peace
and assurence ; tbe constable of îbe -village of whom hee doth corne,
and so make crie, ought to raise tbe parisb to aide bim and seeke tbe
iheefe , and if tbe theefe be not found in tins parisb , to goe to tbe
next and raise that constable and so still by tbe constables and tliem
of tbe to parisb on aftcr another. Tbis bue and cry from parisb t;>
parisb is carried^ tlU tbe theefe or Tobbes be found. i (Th. Smith, 94.)
1. Edmond de Woodestooke, comte de Kent, fils d'Edouard I, déca-
pité le i9 mars 1330, (Barnes, 41.) Le 7 mai 1330 , le roi demandait
au pape la canonisation de Thomas , comte de Kent. ( Rymer, II ,
part. III, p. 39.)
2. La lettre du roi, eu date du 28 septembre 1326, porte mil livres
d'ejterlinges. (Rymer, II, part. II, 16".)
t 4
50 CRONICQUES D'ENGLETERHE. [1325]
En ce temps, moru sire Rogier de Mortemer, l'oncle,
en ia tour de Londres , où il estoit en prison ; lequel
ne polt eschapper avecq sire Rogier, son nep\eu , qui
estoit en la compaignie de la roine Ysabel.
290. Comment la royne Ysfibel et messire Jehan de Re-
nault, et leurs gens, arrivèrent en Engleterre. XXXI.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. xTm.
291. Comment les barons d'Engleterre alerent alencontre
de la royne, et comment ilz concludrent qu ilz assege-
roient le roy et les Despensiers. XXXII.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. xix.
292. Gomment ceulx de Bresto se rendirent à la royne
Ysabel. Et comment sire Hues Despensler, le viel, et le
conte d'Arondel, furent prins et menés devant la royne
Ysabel et son conseil. XXXIII.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. xx.
293. Comment sire Hue Despensier, le père, et le conte
d'Arondel, fui-ent mys à mort en la viiie de Bristo. Et
comment le roy Edouard et sire Hue Despensier, le filz,
furent prins et menez devant la royne Ysabel. XXXIV.
Cf. Fr., livrai, part. I, ch. xxi-xxn.
294. Comment le roy Edouard d'Engleterre fut menez en
prison à Bercler et baillié en garde au seigneur du dit
lieu. Et comment sire Hue Despensier, le filz, eult la
teste coppee et le corps riiys eu quattre quartiers.
XXXV.
Cf. Fr., livre I, part. I, <h. xxiii-xxiv.
295. Gomment la royne Yz::bel et Edouard, son filz, furent
bonnourablenieut rcclicus en la cyté de Londres. Et
comment il fut ordonné que le roy Edouard, qui estoit
[Ic26] PREMIERE PARTIE, LIVRE VI, xxx-xxxvii. îJi
en prison , n'estoit pas digne de porter couronne.
XXXVI.
Cf. Fr.j livre I, part. I, ch. xxv-xxvi.
296. Gomment le roy Edouard fut deffait de sa royaulte'.
XXXVII.
Tanlost après ces ordonnances ainsy faites, la royne
Ysabel, sire Edouard, son tilz, et tous les nobles d'En-
gleterre, mandèrent au roy Edouard, qui prisonnier
estoit ou chastel de Kenniword , en la garde messire
Jehan de Botlionne \ evesques de Ely , et messire
Jehan de Persy% baron, qu'il ordonnast ung Parle-
ment en quelque lieu d'Engleterre que mieulx lui
plairoit , pour illec ordonner et pourveoir sur le gou-
vernement de son royaulme.
Quant les Ambaxadeurs furent venus devers le roy ^,
et ils l'eurent salué, et exposé la cause de leur venue,
il leur dist : « Seigneurs, veez icy mon seel , je vous
donne povoir de ordonner le Parlement où bon vous
samblera. « Puis, le seel prins, les seigneurs deman-
dèrent congié au roy : sy s'en vindrent devers la royne
et sire Edouard , son filz , et les auitres barons ; où il
fut conclud que le Parlement se tendroit à West-
monstier, es octaves de saint Hilaire.
, '1 . Jean de Hotliim , évèque d'Ely.
2. Edouai'd fut commis à la garde de Henri, comte de Lancastre, lors
de sa détention à Kenihvorth. (Barnes,20.) Au lieu de /e /tara , c'est ,
sans doute , Henri de Persy qu'il faut lire.
3. Le 20 novembre 1326, le roi étant à Monmouth, l'évêque d'Here-
fort y Vint, chargé par la reine et son fils de lui demander le grand sceJ :
après quelque hésitation, Edouard le remit à William le Blount, en
présence du comte de Lancastre et autres seigneurs. (Rymer, II, part II,
169.)
»t CRONICQUES D'ENGLETERRE. [132(;j
Alors estoient tous les barons d'Engleterre à Londres ; •
sy firent faire leurs pourveances pour aler audit Parle-
ment, ouquel iieu le roy Edouard ne voult nulle-
ment \enir; mais , nonobstant ce que le roy Edouard
n'y volt oncques vcnir^ aios jura la foy qu'il debvoit
à Dieu que jà n'y metteroit le pied , pour lequel refus
les grans barons et le Clergié d'Engleterre consentireni:
et concludrent que jamais ne seroit roy. Ains couron-
nèrent* sire Edouard y son filz, qui des lors estoit duc
de Guienne. Sy envoyèrent, tout d'un commun accord,
devers le roy Edouard, le père, sire Jeban de Garenne',
sire Jeban de Botlionne, evesque de Ely, sire Henri
de Persy', baron, et sire Jehan^ 1 russel, clievalier, qui,
en son temps , estoit avecq le conte Tbomas de Lan-
clastre, pour rendre sus les bommages, pour eulx et
tous ceulz d'Engleterre. Sy pronuncba les parolles
messire Jeban Trussei, disant en cette manière : « Sire
Edouard, nous sommes cy envoyés devers vous de
par les Esuats de ce présent royaulme d'Engleterre,
pour ce que, en vostre temps que avez lengné roy,
avez gouverné le royaulme mauvaisement , au grant
dommage et desplaisir de tous les nobles et ie commun
peuple, et, avec ce, en avez fait morir, à tort et sans
cause, des plus grans; et grant foison des nobles
bommes avez decbassiés et desberités ; mais, la Dieu
mercy, je suppose que desoremais on ne vous souffrira
i. Le 1" février 1327. (Rymer, II, part. II, 172.)
2. Jean de Varren, comte de Surrey, mort le 24 avril ISliJ. (Dugdalc,
I, 80-82.)
3, Henry de Persv, créé baron en i33G ou 1337, mort le 28 février
13b2. (Dugdale, î, 273-275.)
4-, William. Voy. p. âG, note é.
[1320] PREMIÈRE PARTIE, LIVRE VI, xxxvii. 83
plus faire nulles telles cruauîtés ; et aussy pour ce que
n'a\'ezvolu venir à vostre Parlement [de Westmonstier],
lequel vous aviez fait establir, comme plainement il
appert par vos lettres patentes, lequel estoit ordonné
pour traittier avecq vos hommes, comme ung bon
roy doibt faire , dont , par le commun assentement
de tout le baronnage d'Engleterre, par lequel nous
sommes envoyés devers vous, je vous dis et prononche
ces paroUes : c'est ascavoir, sire, que tous les barons
d'Engleterre ensamble ont esté d'acord et veuilent
que jamais ne soies plus leur roy; ains vous ont de-
porté et deffait à toujours de vostre royaulrae. »
Apres ces paroles, l'evesque de Ely lui dist : « Sire
Edouard, je vous rengs foy et hommage pour les ar-
chevesques et evesques, et, généralement, pour tout le
Clergié du royaulme d'Engleterre. » Apres cette pro-
noncation de l'evesque de Ely, sire Jehan de Garenne,
conte, encommenca de parler et dist : « Sire Edouard,
je vous rengs aussy, sire, foy et hommage pour moy
et pour tous les contes d'Engleterre. » Puis le sire de
Persy parla, et dist : « Sire, je vous rengz foy et hom-
mage pour moy et tous les autres barons du royaulme. w
Puis parla sire Jehan de Trussel , et dist : « Sire
Edouard, je vous rengs foy et hommage pour moy et
tous les autres chevaliers, et pour tous ceulx qui, par
sergantise ou aultrement, tiennent de vous; par tel sy
que, de ce jour en avant, jamais plus ne serez tenu
pour roy, ains ne serés tenu que pour ung singulier
homme populaire. » Et atant finerent leurs parolles :
sy s'en partirent de là, et s'en retournèrent à Londres,
où le baronnage les attendoit. Et sire Edouard fut
remys en prison, où il fut bien gardé de ceuk qui
54 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1327]
commys y estoient. Et fut ce fait le jour de la conver-
syon saint PoP, le xx" an de son règne.
297. Prophétie Merlin declairié de ce roy Edouard filz au
bon roy Edouard. XXXVIIl.
Inédit *.
298. Comment le jenne Edouard fut couronnez. Et com-
ment à messire Jehan de Henault furent donnez quat-
tre cens marcs d'estrelings de revenue. Et comment le
roy d'Escoche deffia le roy d'Engleterre. XXXIX.
Cf. Fr., livre I, part. ï, cli. xxvn-xxviii.
299. Gomment le jenne roy Edouard fist sa semonce de
gens d'armes, en Engleterre et ailleurs, especiallement à
messire Jehan de Henault qui le vint servir à belle com-
paignie. XL.
Cf. Fr., livre I, part. ï, ch. xxix-xxx.
300. Comment discention ee meut entre les Hennyers et
aulcuns Anglois. Et comment les dis Hennyers furent
en grant meschief l'espace de troix sepmaines. XLL
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. xxxi-xxxri.
301. Gomment le jenne roy Edouard se parti de Bervic
pour aler contre les Escots, qui estoient entrez en
Engleterre. XLH.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. xxxm.
302. La manière du maintieng des Escots quant ilz sont en
guerre, et de Fordonnance des Anglois qui se cuidoient
combatre à eulx. XLHL
Cf. Fr., livre I, part. I, di. xxxiv-xxxv.
i. Le 23 janvier 1327. Selon Carte ( II, 382) , ce fut le 20.
2. Nous n'avons pas compris ce cliapitre dans nos extraits des cliro-
niques d'Angleterre, parce que le récit des principaux événements du
règne d'Edouard II y est tellement mélangé de citations des propliéties de
Merlin , et de l'application de ces pro])liéties aux divers actes de ce
prince , que la lecture en aurait été rebutante et la publication sans
utilité.
[1327] PREMIÈRE PARTIE , LIVRE VI, xxxvn-XLix. 55
303. Le grant traveil que eurent les Anglois en poursievant
les Escots ; de la manière de leurs logis, et comment ils
chevaulcherent ordonneement jusques à Tliim. XLIV.
Cf. Fr., livre I, part. I, cb. xxxvi-xxxvn.
304. Des grans mesaises et famines que les Anglois souffri-
rent en leurs logis , sur la rivière de Tliim , en querant
les Escotz , leurs ennemys. XLV.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. xxxvm-xxxix.
305. Comment le roy d'Engleterre oy nouvelles des Escots,
et comment il ordonna bien à point ses batailles contre
eulx. XLVI.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. xl-xi.t.
306. Comment, après ce que les Anglois et les Escotz eurent
ainsy esté tout le jour l'un devant l'autre, sans eulz com-
batre, messire Guillame de Douglas vint vaillamment ,
la imyt ensievant, escarmucer les Anglois. XLYIÏ.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. xlii-xliii.
307. Comment les Escotz s'enfuirent par nuyt , et des An-
glois qui retournèrent en Engleterre. Et du mariage du
roy Edouard d'Engleterre à la fille du conte Guillame
de Henault. XLVIil.
Cf. Fr., livre I , part. I, ch. xliv-xlv.
308. Cy parle de la mort sire Edouard de Carnarenan, jadys
roy d'Engleterre. XLIX.
Or dirons maintenant de sire Edouard de Carnare-
nan, jadis roy d'Engleterre, lequel fut depposé de sa
royaulté par croire faidz conseils de ses desloyaidz
serviteurs et losengiers , qui le decheuprent , îesquelz
furent destruis par leur faulseté , comme il le pleut à
Dieu, ainsy que vous avez oy.
Cestui Edouard esloit prisonnier ou cliastel de Ber-
cler*, en la garde de messire Jehan Mautravers, auquel,
i. "Rerkelev-Castle. I.e roi y fut conduit le 3 avril 1327, et commis
56 CROîtlCQUES D'ENGLETERRE. [1327]
et à ses aiiltres gardes, il demandoit souvent pour
quel cause il estoit sy mal de la royne Yzabel, sa com-
paigoe, et du sire Edouard, son filz, qu'ilz ne le vou-
loient veoir ne visiter. A quoy l'un de ses gardiens lui
respondy une fois , et dist : « Mon très redoublé sei-
gneur , n'ayez desplaisance en vous se je vous dy
roccasioD, Il est vérité que on a fait entendant à ma-
dame la royne et à monseigneur vostre filz que, se ilz
venoyent près de vous pour vous veoir et visiter, que
vous les estrangleriés, ou occiriés par aultre manière.»
Et lors respondy le roy, moult simplement : « Et com-
ment donc ? ne suis je pas en prison ? de moy pevent
faire leurs voulenlez. Dieu, mon benoit créateur, scet
que oncques ue le pensay , ne n'euch vouloir de ce faire.
Je vov et congnoy, aux seignes qu'ilz me monstrent,
que je vaulz que mort. Pleust à Nostre Seigneur que
ainsy feust; car alors seroient mes douleurs toutes
passées ! »
Ne demoura gueres, aprez ces choses, que le jenne
Edouard , par le conseil de Mortemer, cbanga les
gardes de messire Edouard, son père ; lequel il bailla
à sire Thomas Gorne et à sire Jehan Maulravers*, par
sa commission, en le oslant à sire Henri' Moris qui,
successivement à la garde de Thomas, seigneur de Berkeley, de Jean
Montravers et de Thomas Gournay. (Tli. Carte, II, 384 ; Dugdale,
I, 356.)
•1. Jolin Bîahravers, senior, s'enfuit en Allemagne après le meurtre de
Edouard II. Condamné à mort en 1329 ou 30, il demanda la révision
de son jugement et finit par être absous par le parlement. Mort le 16 fé-
vrier 1364. (DugdaU-, II, 101 et suiv.)
2. Le roi Edouard passa de la surveillance de Henry de Lancastre
(voir p. lil, n. 2), au cliâirau de Kenil^Tonil, à celle de Thomas de
Berkeley, au château de ce nom; mais ce seigneur, traitant son prison-
nier avec trop de respect, ne tarda pas h lui être été. Au bcu de Thomas,
[1327] PREMIÈRE PARTIE, LIVRE VI, xni:. 57
paravant , le gardoit. Et les dessus dis le menèrent ou
diastel de Corses*.
Iceulx sire Thomas Gorne cl sire Jelian Maulravers
heoient de mort ce sire Edouard ; iesquelz le gardèrent
en la prison jusques à la saint Tdahieu , l'an de grâce
mil trois cens xxvn, que messire Rogier de Morteraer
leur manda la manière de la mort du dit sire Edouard,
Iesquelz, oyans le mandement qui leur vint à l'heure
du soupper, regrettèrent et plaindirent moult la mort
du dit sire Edouard, père du roy; lequel ne scavait
riens de la grant trayson qui lui estoit compassée, à
cause de sa mort.
Quant le dit syre Edouard eult souppé, et qu'il fut
heure d'aler dormir, il s'en ala en sa chambre couchier
sur son lit; et lors que les parvers et desloyaulx traîtres
sceurent qu'il estoit endormis, iiz entrèrent en la
chambre, avecq eulx leurs satalites, puis mirent une
très pesant table dessus son corps ; laquelle i!z pressè-
rent moût fort, et adont le dit prince s'esveilla, et, pour
paour d'estre occys, se tourna le ventre desseure.
Adont les desloyaulx traîtres foursenés prindrent une
grosse corne perchyé tout oultre, laquelle ilz lui bou-
tèrent au fondement aussy parfont comme ilz peurent,
puis prindrent une broce de ceuvre% toute rouge de
feu, sy lui boutèrent dedens le corps parmi la ditte
Waviin met Henri. ]\îaurlce était frère de Thomas : il mourut le
12 février 134a, et Thomas le 27 octobre 13C1. (Dugdale, I, 3oli-
359.)
1. Corfe-Castle. Selon Th. Carte (II, 385), Édou.ircl fut détenu en
premier lieu au château de Kenilworth , puis successivement à ceux de
Berkeley, Corfe, Bristol, et transféré de nouveau à Berkeley, où il fut
assassiné.
2. Le manuscrit 8383 porte cuhre.
58 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1328]
corne; et icelle broce encommencerent de tournoier
parmi ses boyauîz. Sy le martirizierent en ce point,
adfiiî que on ne s'apperceust de la manière de sa mort
et en ce point le laissierent celle nuyt tout mort,
jusqwes à lendemain , qu'ilz \ indrent en la chambre,
avecques eulx pluisem^s pereonnes , ausquelz ilz dirent
qu'il s'estoit désespéré ou fait aulcune chose dont il
estoit mort ^
309. Gomment la jenne royne d'Engleterre fut honnoura-
blement recheiie à Londres. De la mort du roy d'Esco-
che et des ordonnances qu'il fist en son testament. L.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. xlvi-xlvu.
310. Comment messire Guillanie de Douglas se paru d'Escoce
pour passer oultre mer au Saint Sepulci^e, et comment il
mourut en Espaigne. ' LI.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. XLvni.
311. Comment la paix fut affermée entre les Anglols et
les Escochoys, et de la justicerie de Traillebaston ^ LU.
1. Il fut assassiné le 21 septembre 13-27. (Carte, II, 384). Le 22 , selon
Holinshed(II,342.)
2. Wavrin en a déjà parlé au chapitre 230. Voici en quels termes :
c Apres ce que le roy Edouard eult fait toute sa voiiUenté en Escoce, il
s'en retourna à Londres, cuidant bien avoir appaisié sa guerre; dont il
estoit bien en arrierage de ses revenus de xx ans, pour les despens que
fait avoit tant en Galles comme en France , en Gascongne et en Escoce.
Sy pensa en soy comment il porroit tant faire que la finance, que des-
pendue avoit en ses guerres, fust remise ou trésor dont il l'avoit ostee. SI
fist faire une encqueste geueralle de toutes mesproisons et torfais par les
malfaiteursd'Engleterre, depuis qu'il en avoit esté roy : pour laquelle chose
faire, il ordonna gens de justice, laquelle justice l'en appella Traillebaston ;
et en cesle manière soubtille, sans à personne faire tort, il recouvra ung
trésor iunumeraljle , combien que oncqncs ne feust avaricieulx ; mais il
le fist, pour ce que son intention estoit du tout de aler encoires une fois
CQ la ferre saincte contre les Sarazins, enemys de Nostre Seigneurie ; car,
en vculenlé de faire ledit voyage, s'estoit jà pieca croisiés, non obstant
[1328] PREMIÈRE PARTIE, LIVRE VI, l-lii. 19
La penlhecoiiste du second an du règne Edouard
le jenoe, roy d'Eogleterre, après ce qu'il fut mariez*,
par le conseil de la roy ne Ysabel, sa mère, et messire
Rogier de Mortemer, estal3Îi ung Parlement à Nor-
thantonne, auquel le roy Edouard, par le conseil des
devant dis et de nul aultre, fist acord aux Escochoys,
en tel fourme et manière que tous les hommages et
feaultés que les dis Escochoys dévoient à la couronne
d'Engleterre, leur relaissa et quitta à tousjours; de la-
quelle chose il leur liailla ses lettres scellées de son
grant seel, et en oultre une endenture qui avoyt esté
faitte par le roy Edouard^, fiîz du roy Henri, laquelle
les Escotz avoient faitte et recogneue, et estoit nom-
mée Ragenan^ Ou dedens estoient contenus tous les
hommages et feaultés d'Escoche; premiers, des roys
d'Escoche, et puis des prelatz, contes et barons du
que ceste jnsticerie feust forte à porter. Toutesfois fut elle bonne pour les
paisans d'Engleterre , pour ce que les malfaiteurs furent pugnis , car le
menu peuple en fut entretenu en meilleure équité. »
Rapin Thoyras dit (III, 83) que o: le roi avoit été informé que la jus-
lice se rendoit, dans tout le royaume, avec beaucoup de négligence
et de partialité ; que les magistrats se laissoient corrompre par des pré-
sents ; et que les riches étoient à couvert de la rigueur des loix , pendant
que les pauvres étoient exposez à l'oppression et à la tyrannie des grands.
Un si grand désordre demandant un remède prompt et efficace, il donna
une commission extraordinaire à des juges qu*'il nomma lui-même pour
aller faire, dans toutes les provinces, une perquisition exacte de tous les
malfaiteurs de quelque rang qu'ils pussent être, et leur donna pouvoir
de faire exécuter leurs sentences sur-le-champ. Cette commission fut
nommée Trail-bdton, mot dont on ignore l'étymologie. »
1. Il épousa Philippe de Hainaut, le 24 janvier 1328. (Th. Carte, II,
394.) Elle était fille de Guillaume I", comte de Hainaut. [Art de vérïf. les.
dates, III, 33.)
2. Edouard I", fils de Henri lîl, monta sur le trône le 20 novembre
1272 , et mourut le 7 juillet 1307. (H. Nicolas , 347.)
3. Ragman-Roll.
60 CKONICQUES D'ENGLEÏERRE. [1328]
royaulme;, où estoient leurs seauîz pendans ; et, avecq
cestes, y a voit aiiltres chartres faisans mention du
droit que le roy d'Engleterre et ses barons a\ oient [en]
Escocbe, et de la noire croix ^ que le bon roy Edouard
concquist ; lesquelles clioses il leur rendi, etaussy quitta
les terres que les barons d'Engleterre avoyent en
Escocbe de ancbienne concqueste. A ceste paix accor-
der, les dys Escocboys promisrent xxx mille livres à
paier en dedens trois ans; c'est ascavoir cbascun an,
dix mille livres.
Avant ce Parlement entre les deux pais, fut délibéré
par le dit roy, la royne, sa mère, et Mortemer que
David d'Escocbe^ (lors eagié de v ans, filz Robert le
Brus, faulx traître, tyrant et parjur, lequel, alencontre
de son serment , releva au préjudice du dit noble roy
Edouard, son seigneur liège, le royaulme d'Escocbe,
dont il [se] fist couronner roy, comme cy dessus a esté
toucbié^) seroit roy d'Escocbe, par tel sy qu'il espou-
zeroit Jebenne de la Tour*, seur du jeune roy Edouard ;
ce qu'il fist, par le jour de la Magdelaine, l'an trois
cens xxvin, comme cy dessus est toucbié", qui fut au
grant abaissement du sang royal d'Engleterre, dont
1. Lorsqii'en 1067 un grand nombre d'Anglais furent bannis du
royaume par Guillaume le Conquérant, ils emportèrent avec eux, en
Ecosse, leur or, leur argent et leurs reliques, parmi lesquelles se trouvait
cette croix noire. David , roi d'Ecosse , la donna à l'abbaye de Ilolie-
Rood-liouse, qu'il fouda dans le Loutbian vers 1 124. (Holiusbcd, I, 177,
183.)
2. David II succéda à Piobert Eruce, son père, le 7 juin 1329.
(H. Nicolas, 381).
3. Il en a été fait mention au cliap. 2a3.
4. Ainsi nommée parce qu'elle était née dans la tour de Londres.
(Tli. Carte, II, 39a.)
5. Au cbaplue précédent.
[1328] PREJÎIÈRE PARTIE, LIVRE VI, ui. 61
elle estoit partie. Sy fut grand dommage, et sy estoit
la damoiselle de sy bonnes meurs et tant amee de tous
ceulx du pays, grans et petis; povirquoy ils furent
moult trouilles quant ainsy, volumtairement et sans
leur sceu, la veirent estre mariée par la manière dilte ;
car oncques, puis le temps Brnclus qui concquist Al-
bion , laquelle il nomma Breiaigne de son nom,
et après a esté nommée Engleterre par Eogîist, le
royaulme d'Escoche n'avoit parti de la suljgection
d'Engleterre , feaulté et hommage, jusques au temps
d'adont que je vous dis; car ce mesmes Bructus, qui
concquist Escoclie, la donna à* Albana, ce dit royaulme
que, à présent , on dist Escoce ; mais ce jenne roy
Edouard, par mauvais conseil, leur quitta cest hom-
mage que tousjours, paravant, avoyent acoustumé de
paiier aux roys d'Engleterre, comme par les mesmes
Cronicqiies cï Escoche on peult amplement veoir. Et ,
pour ce , les Anglois doibvent bien maudire l'heure
que le parlement fut estably à Northantonne ; car, par
faulz et mauvais conceil, le jenne roy Edouard fut
déshérités de pluiseurs terres et honneurs que les des-
loyaulz conseilliers atrayerent à eulx. Jasoit ce que les
grans barons d'Engleterre feussent trop mal contentez
de celle paix, ainsy faitte par seullement la royne Ysa-
bel, mère du roy, l'cvesque de Ely et sire Rogier de
Mortemer, mais droit et raison ne volrent souffrir que
dutout paix finale feust faitte par eulx, sans le com-
mun assentement de la pluspart des haulz barons du
royaulme d'Engleterre.
K. Var, { La donna à son second fdz, qu'il nomma Jlhanïe. » f^I».
n- 8388).
§2 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1328]
3î2. Cy parle du discord qui fut entre la royne Ysabel et
sire Henri , conte de Lanclastre et Leecestre. Et de la
chevaulchee de Bethforî. LIÏL
Apres ce que le jemie roy David d'Escoclie eut
espousé Jehenne de îa Tour à Bervic, ainsy comnie
oy avez, les Escotz, en reprochant les Anglois, appel-
lereiît laditte Jehenne contesse de Makepaix^ pour la
grant couardize des xii pers estal^lis au gouvernement
duroyaulme; mais quant à la personne du roy, on
n'avoit cause de l'en reprochier, car tout ce qu'il se
faisoit parmi le royaulme estoit passé par la royne
YsalDel, sa mère, et sire Rogier de Mortemer.
Ne demoura gueres, après cest acord, que la royne
Ysabel atrayst à soy toute l'honneur et revenue de
Pontfret, et, à peu près, toutes les terres apendans à la
couronne d'Engleterre : et à son quartier tiroyt, aspre-
ment, Rogier de Mortemer, et tenoyent presque toutes
les revenues du roy, si que il n'avoit pas gramment
pour maintenir son estât, fors les pourfis des maletotes
et de l'Eschequier. Et tellement se conduirent en ces
choses, que, par leur taillerie et roberie, le pays devint
sy povre que pou s'en failli qu'il n'en tournast à des-
truction ; dont, par le mauvais gouvernement qui alors
regnoit en Engleterre, toute la communaulté d'Engle-
terre commencyerent à hayr la royne Ysabel, laquelle
ilz amoient merveilleusement à son retour de France,
pour ce que sy rad dément poursievy les Despensiers.
En ceilui temps, le faulz traître sire Robert de Hol-
lande', qui trahy son seigneur sire Thomas de Lan-
1. Robert, lord Holand, écuyer du comte de Lsncastre , trahit son
maître et fut cause que ce prince perdit la bataille de Boroughbridge, où
[1328] PREMIÈRE PARTIE, LIVRE VI, lui. 63
clastre, fut délivré de la prison où il estoit , et fut de-
puis moult privé de la ditte royne et de messire Rogier
de Mortemer ; mais ce ne lui dura gueres, car il fut
prins à la saint Michel prochain ensievant, ainsv
comme il venoit à Londres devers la royne, et fut dé-
collé, par messire Thomas Withers*, empres la ville de
il fut fait prisonnier et décapité. (Th. Carte, II, 400.) < En ce temps, dit
Wavrin (cliap. 269), le conte de Lanclastre avoit avecques lui ung
chevalier qu'il avoit nourry en son hostel, et à lui fait mouit de Liens;
car il l'avoit osîé de sa boutillerie, où il csloit varlet servant ; si l'avoit fait
chevalier, et lui avoit donné deux mille marcs de revenue par an, si l'a-
voit eslevé sy hault que au dessus de tous aultres il avoit domination
en la court du dit conte : ce chevalier, dont je vous parle , avoit nom
Robert de Hollande, lequel se gouverna desloyalment envers son bon sei-
gneur, qui avoyt en lui plus parfaitte fiance qu'eu nul aultre homme vi-
vant ou siècle. Si advint ung jour que le dit conte l'avoit envoyé querre
V hommes armés pour les lui amener, mais le trailtre desloyal se tray
aultre part , et ne mena pas ces gens vers son seigneur : puis, quant le dit
traittre oy certaines nouvelles que le conte avoit esté desconfî à Direton
comme faulx et desloyal se mist en embusche où il scavoit que les ^ens de
son dit seigneur desconfîs dévoient passer, si prinst deux coursiers armés
et tua tous ceulx qui les menoyent, en faisant tous les maulz qu'il povoit
à tous ceulx qui escheoyent en ses mains de la partie du dit conte Tho-
mas, son bon seigneur, qui tant de biens lui avoit fais, puis se vint rendre
au roy Edouard. Quant le bon conte sceut la traison de son serviteur, il
fust moult esperdu , et dist , en lui mesmes : tx Vrai Dieu, comment peult
ce ce estre que Robert de Hollande ait eu la pensée de me voulloir trahir,
« quant je l'amoie tant chierement que je n'avoye parfaite fiance en nul
« honune qu'en lui seul! Or voy je bien que, de cy en avant, on ne se
c ozera fier en nul homme, quant sy legierement j'ay esté decheus de cel-
« lui en qui plus me fyoie. Il m'a rendu maulvais guerredon des biens
(c que, par cy devant , lui ay fais ; je l'advancay et le fis monter de bas
« en hault, et, par sou ingratitude, il me fait descendre de hault en '
(C bas; mais je croy fermement que Dieu, qui est droiturier, me paiera
« de sa desserte, j
Thomas , comte de Lancastre , envoya un certain chevalier, Robert
de Holland, dans le Lancasliire , pour lui amener cinq cents hommes,
mais, au heu de les conduire à son maître il les donna au roi.
(Dugdale, I, 781.)
1. Thomas W^iters, servii.eur de Henri, courte de Laocastre. (Bornes,
31.)
C^» CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1328]
Saint 0Î3an. Cestiii Thomas avoit demouré long temps
avecq messire Henry*, conte de Lancîastre, lequel,
pom^ double de la royne, ne se ozoit pas l)ien amons-
trer dont il lui ennuioit grandement ; car elle le heoit
moult fort pour ce qu'il avoit occys le dit messire Ro-
bert de Hollande. Sy fist tant pardevers le roy, son
filz, que le dit Thomas fut banny et exihié, dont le dit
messire de Lanclaslre fut moult desplaisant et courou-
chié et, d'aultre part, de ce que il oyoit la clameur du
peuple d'Engleterre, pour les grans duretés et oppres-
sions que on leur faisoit ; de laquelle chose le roy de-
voit estre excusé pour la jeunesse de son eage. Le dit
messire Henri de Lancîastre mettoit toute sa cure à
vouloir estaindre et anéantir celle grant esclande, que,
à cause de ce mauvais gomernement, on imposoit sur
la personne du roy : pourquoy la chose estoit perilieuze
pour lui, et sy n'en estoit nullement coulpable. Dont,
pour avoir advis de remettre le pais en bon estât et
de faire chose qui feust à l'honneur du roy, le dit
messire Henri trouva manière de parler à ceulz de la
retenance du roy, ausqueîz il conseilla, pour conduire
la besongne à l'honneur du roy, et au pourfit de son
rovaulme. Là estoit sire Thomas de Brother tonne ', le
conte maressal, et messire Emond de Wodestolz, conte
de Kent, qui furent oncles du roy, et avec eulx se
joindirent ceulz de Londres, qui firent serment d'eulz
aidier en ceste querelle. Et fut telle la chose : c'est
ascavoir €|ue le roy tenroit sa court en son hostel ,
■1. Henri, comte de Lancastrc, frère de Thomas, mort en 134o. (Dug-
dale, i; 782 et 783.)
2. Thomas de Brothcrton, comte de Norfolk, maréchal d'Auglelcrre,
mort en 1338, (Bugd., II, C3,Gi.)
[1328] PREMIERE PARTIE, LIVRE VI, lui. 6a
aiiîsy comme il apparteooit à sa royaullé ; et que la
royne Ysabel osleroit de sa main , et mettroit en la
main du roy, toutes les honneurs, fiefz, terres, ailles,
rentes, cbasteaulz et forteresses qu'elle tenoit, qui ap-
partenoient à la couronne d'Engleterrc, et que, do-
resenavant, elle jouiroit de ia tierche partie des rentes
du royaulme, comme avoient acouslumé de faire les
auîtres roynes douagieres paravant elle. Et, d'aultre
part, ordonnèrent que sire Rogier de Mortemer se
departiroit du service de la royne : sy s'en yroit de-
mourer sur ses terres qu'il avoit de son héritage , affin
que le peuple d'Engleterre ne feust plus ainsy destruit
par leurs ordonnances.
Item. De scavoir comment et par qui les Escotz
estoient eschappez du parcq, que le roy Edouard
avoit assegié sy puissamment, et par quel conseil le
dit roy avoit esté à Stamphon ^ .
Item. Pareillement volrent ilz scavoir comment et
par quel conseil les ordonnances faittes au couronne-
ment Edouard furent refusées : c'est à scavoir que le
roy, pour l'honneur de luy et la reformation de son
royaulme, devoit esti'e gouverné par xn des plus grans
d'Engleterre , sans lesquelz appeller nulles choses ne
dévoient estre faittes, ne sans avoir leur gré et con-
sentement; mais, par faulz et mauvais malice, fut
trouvée manière de ces xn gouverneurs eslongier du
i. Au commencement d'août 1327, les armées d'Edouard II et du roi
d'Ecosse étaient en présence. La dernière, retrancliée jjrès de Stanhope-
Park, allait être attaquée, d'après les avis du conseil d'Edouard , lorsque
Mortimer s'y opposa , et sauva ainsi l'armée ennemie. Les Écossais , à la
faveur de la nuit, abandonnèrent leur retranchement sans que les Anglais
s'en aperçussent, s He liad received twenty thousand pounds <>f the Scots,
to give tliem Icave to cscape. » (Hnlinslied, I, lAG.) ■*
1 ti
66 CRONICQIJES D'ENGLETERRE. [1328]
roy, donl pliiiseiirs villains reproces et gratis esclandes
advinrent au roy et à son royaulme : c'est ascavoir
car sire Edouard, père du jenue roy Edouard, lequel
quand il fut déposé de sa royaullé, par acord de Parle-
ment, fut délivré au conte de Lanclastre , son cousin,
à garder, jiour la saulveîé de son corps, la royne
Ysabel et Morlenier le firent mener hors du cliaslcl de
Kenihvord, contre l'ordonnance du devant dit Parle-
ment, et le firerit mener en lieu où oncques puis pa-
rent ne amy cpi'il eust ne le peult veyr ne approcliier
sans leur consenlement, et après le firent piteusement
nuirdrir, donl grant esclande sourdy par toute la
crestienneté.
Item. De scavoir que les trésors dudit roy de Carna-
renan qu'il avoit laissiés esloient devenus, tant en
Englelerre comme en pluiseurs lieux en (îalies, les-
quelz avoient esté gastez et emportez sans le sceu et
consentement du jenne roy, son filz, (jui esioit à son
grant préjudice et à la destruction de son peuple et
pais.
Item. De scavoir par qnel conseil le roy avoit
rendu le royaulme d'Escocbe aux Escochois, en eulx
quittant tous hommages, pour lecjucl royaulme les
ancestres du roy avoient eu tant de travaulz, et perdu
tant de gens à le concquerre et deffendre; et puis
l'avoit quittié liège à David, filz de Robert le Brus,
qui à la ditte terre n'avoit nul droit, comme chascun
povoit scavoir de vray et certain .
Item. Scavoir comment et par (|ui les ancinemies
Chartres et ramenbrances des predicesseurs du roy
Edouard qu'ilz tenoient louchant le royauhiie d'Es-
tx>cl)e, furent prinses et transportées hors de la tresorie
I
[1328] PREMIÈRE PARTIE, LHRE VJ, lui. 07
d'Engleterre pour les délivrer aux Escotz, au desîie-
ritement du roy et ses hoirs, au dommage de tous ses
subjetz, et au grant reproce des Anglois à tousjours-
mais.
Item. De scavoir par (juel conseil dame Jelienne de
la Tour, seur du roy Edouard, fut mariée à David, filz
Robert le Brus, qui tout son temps fut traytre et en-
nemy à la couronne d'Engleterre.
En dementiers que le conte de Lanclasîre et ses
allés estoient ensamble pour'eu.lx conseillier sur ces
poins dessusdis, et en scavoir la verilé, adfin qu'ils
feussent mieulx redrecliiés à l'honneur et pourfit du
roy et de ses barons, et d'un chascun du royaulme, la
royne Ysabel, qui en fut advertie, doublant les choses
advenir, par le conseil et advertence de sire Rogier
Mortemer fut ordonné ung Parlement à Salisber \
ou pluiseurs barons vindrent : auquel Parlement le
dit sire Rogier de Mortemer fut fait conte de la Mar-
che, sans le consentement des xn pers, au très grant
préjudice du roy et de sa couronne. Sire Jehan de
Elthem^, frère du roy, fut chaint de 1 espee de Cor-
nuaille , et la royne Ysabel, pour ce que le dit Jehan ,
son filz, estoit de jeune eage , procura et fist tant
qu'elle fut gardienne et administresse du dit sire Jehan
et de ses terres. A che Parlement ne voirent venir le
conte de Lanclastre ne les allez , ains assamblerent
grant puissance de gens d'armes alencontre de la
royne Ysal3el et Mortemer; car ilz avoient ceulz de
Londres avecques eulx en leur ayde , à tout v"
1. Le 16 octobre 1328. (Lingard, II, 147.)
2. Mort le 1-4 septeniljre ou à la fin d'octobre 1335. (Barncs, 107.)
(5S Cl\OMCQUES D'ENGLETERRE. [i3'i8]
hommes cFarmes, dontia royne Ysabel fut advertie de
leur assemblée : moult yreusemeiit jura Dieu et saint
Gorge que à maie îieure furent les dis articles pou-
peosés, lesquelz avoient esté devisez au dit Parlement,
comme oy avez cy dessus. Lors, par le conseil de la
dilte royne et Mortemer, le roy assaml^la grant puis-
sance. Sv se misrent uiîg jour aux champs, et che-
vaulchierent xnii* lieues, en tirant vers Bellifort, ouïe
conte de Lanclastre estoit, avecq lui ses alyés, en vou-
îenté de le destruire. Et adont chevaulcha la royne ,
armée comme ung chevalier, empres son filz , comme
paoureuse de morir, et firent les dessusdis royne et
Mortemer entendant au roy que le dit conte de Lan-
clastre le contcndoit à destruire du tout, lui et son
conseil. Par quoy le dit roy se couroucha fourment
au conte de Kent, son oncle; lequel, quant il sceut la
maie voulenté du roy, lui et aultres firent tant, par
messages qui alerent de l'un à l'auitre, que le roy
creanta sa paix au conte de Lanclastre et ses alyés,
parmi ce qu'iiz paieroient au roy dix mille livres. De
la(|ueile querelle estoient sire Henri de Beaumont',
sue Foucques le filz Warin^, sire Thomas Rethelin,
sire Thomas de Trussel*, sire Guillame de Withers',
1. Le manuscrit 6746 porte xxiiii.
2. Henri de Beaumont, comte de Boghan, mort en 1340 ou 41.
(Dngd., II. 50, 52.)
3. Fulke fîtz Warine. On lui saisit son château de Whitinglon, mais
le roi le lui rendit plus tard. Mort en 1349 ou 50. (Dugd., I, 445).
4. William Trussel. Voy. p. 46, note 4.
5. Thomes Witers (voy. p. 63, note 1). Le roi Edouard désigne, dans
ses lettres du 12 décembre 1330, Henri, comte de Lancaster, Thomas
Wake, seigneur de Ledel, Henri de Beaumont, comte de Boghan, Tho-
mas Roscelyn et autre:; , comme ayant pris les armes contre lui , et leur
accorde pardon. (RAnier, II, part. III, 53, 55.)
[i3i>9] PREMIÈRE PARTIE, LIVRE VI, liii-liv, 09
et bien cent chevaliers de leur confédération , lesquelz
furent tous exilliés et bannys hors du rovaulme, par
le conseil de la royne Ysabel et Mortemer, lequel
convoita moult d'avoir en sa part les terres des dis
exilliés, s'il povoit par quelque manière, pour la grant
ardeur de la convoytise qui en lui estoit. Ainsy, comme
vous oez, menoyent le jeune roy Edouard la royne
Ysabel, sa mère, et le dit Mortemer tout à leur \ou-
lenté , dont c'estoit grant pittié et dommage au roy
et à son royaulme.
313, Comment messire Rogier de Mortemer, pour la «lore
où il se trouva, se contint orguilleuzement. LIV.
Maintenant vous dirons comment sire Rogier de
Mortemer s'esleva en hault estât, et fist tant devers
le roy, qu'il lui octroya d'estre appelle conte de la
Marche partout le royaulme d'Engleterre; pourquoy
il devint tant orguelleux et tant fier, que du tout il
voult perdre et adnichilier le sournom de ses an-
cestres, et se fist nommer de tous conte de la Mar-
che. Sy n'estoit nul de la commune d'Engleterre qui
l'eust aultrement osé nommer ; car il fist tant devers
le roy que, par ban, il fut prononcyé conte de la
Marche, dont il monta en sy grant orguel qu'il ne
tenoit conte de personne. En plusieius manières se
desgui^a le dit nouvel conte de la Marche , tant en
riches vestemens comme en foison serviteurs , tant
richement parez etliabilliés, que aux gens au roy,
ne à nulz autres du pais n'estoient à comparer, dont
les Anglois s'esmerveillierent grandement comment
ainsy se osoit oïdtre cuidier : se disoient entreulz ,
70 CRONICQUES D'EÎ^GLETERRE. [1329]
communément , que impossible estoit que son orguel
euist longue durée.
En cellui temps mesmes , sire Geffroy de Morte-
mer', son maisné filz, le fist nommer le Roy de la
folie : puis, environ ce temps que le dit sire Rogier,
conte de la Marche, lui raempli d' orguel et outre-
cuidance estant en pays de Galles, par ung jour
de Penthecouste , tint une table reonde à tous ceulz
qui y volrent venir , voulant ressambler et contrefaire
la manière de la table reonde du bon roy Artus , qui
fut de son temps le plus preu chevalier du monde ,
ne oncques puis en nul pays ne fut pareil à lui ; car
en son vivant, tous les renommés [chevaliers en
armes] de la crestienneté furent et demourerent avec
kii , en sa court , sy le tindrent pour leur seigneur,
comme plus ad plain je declaray^, quant il combati et
conquist Frî>les, le Rommain , et tout le royaulme
de France , et sy occyst Dinabus le géant , qui ravist
Helaine, niepce à Hoel, roy de la petite Bretaigne,
puis desconfist et occist l'empereur Lucille ' en la ba-
taille €|u'il avoit assemblée contre lui; en lac[uelle
avoit sv grant nombre de gens, tans crestiens connue
payens, qu'il n'en scavoit le compte; lesquels il des-
confy trestous , comme il est plus amplement raconté
cy dessus, en ceste vraie cronicque.
En ce temps mesmes, commune renommée s'esleva
parmi Engleterre, par Tadvertissement des frères pres-
ceurs, que sire Edouard de Carnarenan, père du jeune
1. Geoffroy de Mortiîiifr, comte de Jubien , seigneur de Comyth
(Dugdale, I, 147.)
2. Chapitre 8S.
S. Le muniiscrit 8388 porte Luciiu.
[1330] PREMIÈRE PARTIE, LIVRE VI, li\ lv. 71
roy Edouard, estoit en vie et prisonnier ou cbastel de
Corf; parquov toute la coninuuiaulté du royaulme
d'Engleterre fut en moult grant douille et murmure ,
et en grant désir de scavoir se ce estoit vérité ou non ;
car pas ne scavoient de certain conmient sire Rogier
de 31ortemer, par son faulz pourclias, l'avoit fait mur-
drer traitreusement, aiosy comme dit a esté cy devant ;
ains ciiidoient la piuspart des paisans qu'il fust an-
coires vif en prison , car sa mort avoit esté sy secrète
et si celée que nulz n'en scavoit la vérité , combien
que aulcuns , tout secrètement , en murmuraissent,
mais plainement n'en ozoit on parler.
314. Comment sire Emond de Wodestok fut décollé à
Wincestre. LV.
En ce mesme temps, advind que messire Emond de
Wodestok , conte de Kent, oncle du roy Edouard,
passa la mer : sy s'en ala devers le pape Jehan XXII '
de ce non , qui le receupt en grant honneur. Ledit
conte , entre aultres choses , conta au saint père com-
ment Nostre Seigneur avoit fait et souvent faisoit plui-
seurs beaux et evidens miracles pour l'amour de sire
Thomas de Lanclastre, et que pluiseurs gens impotens
de leurs menbres, en diverses manières, estoient venus
à sa sépulture, lesquelz s'en estoient partis guéris,
sanez et haitiés. Sy requist , moult humblement, au
père saint que de sa grâce voulsist consentir que le
corps dudit sire Thomas feust eslevé et mis en fiertre.
A quoy le pape conlredist, et dénia la translation du-
dit saint Thomas jusques ad ce que, par le clergié
i . Momésur le trôiic papal en 131(); mort en tiiSi. (H. Nicolas, 210.)
72 CROMCQUES D'ENGLETERRE. [1330]
d'Engleterre, lui fut mieulx certifié et apparu la vérité
de ceste chose. Quant le conte Emond vey que il ne
povoit nullement fuier au pape , pour ceste fois , de la
tianslation du corps dudit messire Thomas, il lui re-
quist son conseil sur la délivrance de sire Edouard de
Carnarenan , son frère , lequel , ung peu paravant ,
avoit esté déposé de sa royaulté ; car on disoit com-
munément 5 parmi Engleterre , que il estoit ancoires
en vie ; et le pape lui respondy : u Beau filz , il nous a
esté dit que sire Edouard estoit mort ; mais puisque
ainsy est qu'il est ancoires vivant, je vous commande,
sur ma bénédiction , que de toute vostre puissance
vous entremêlez à la délivrance de son corps. » Et lors,
en toutes poursieultes touchans laditte querelle, il
Tabsoubz de paine et de coulpe , adcompaignant en
ceste grâce tous ceulx qui à conduire l'aideroient.
Apres ces choses ainsy faittes , le conte de Kent prinst
congié du pape , sy s'en retourna en Engleterre ; puis,
lui illecq arrivé, tous ceulx de FOrdre des frères pres-
cheurs vindrent vers lui, lesquelz lui certiffierent que
sire Edouard , son frère , estoit ancoires vivant ou
chastel de Corf, soubz la garde sire Thomas de Gour-
nav- Le conte, moult joyeulz de ces nouvelles, s'en ala
hastivement à privée maisnie. Sy ne s'aresta jusques
qu'il vint ou chastel de Corf : sy s'acointa de Jehan
Deverilles \ alors connestable dudit chastel , auquel il
donna de moult riches dons, affin d'estre privez de
lui ; sy requist, ung jour, le bon conte , audit messire
Jehan, qu'il lui volsist dire de son seigneur et frère,
monseigneur Edouard de Carnarenan , s'il estoit vi-
î. John Davorii! fut decapilé en 1330. (Barnes, 40, 52.)
[1330] PREMIÈRE PARTIE, LIVRE VI, lv. 73
vant OU non ; et, se vif estoit, il lui prioit qu'il le peust
veoir. Cestui Jehan estoit moult fier de ceur, et de
baultain courage : sy respondy, et dist au conte que
sire Edouard, son frère, estoit ancoires en bonne santé
et soubz sa garde ; mais n'ozeroit à lui en faire veue ,
car il lui estoit deffendu, de par le jenne roy, la royne
Ysaliel, sa mère, et sire Rogier de Mortemer, que il ne
laissast veoir ne parler a nul homme du monde , sur
paine de perdre la vye et estre déshérité à tousjours ,
lui et ses hoirs perpétuellement. Mais le desloyal traytre
menloit faulsement , car il ne l'avoit pas en sa garde ;
ains en a> oit esté mis dehors , et menés ou chastel de
Bercler par ledit sire Thomas de Gournay, par le com-
mandement de sire Rogier de Mortemer; où il fut
piteusement murdry, comme plus amplement a esté dit
cy dessus : mais ledit sire Emond , son frère , n'en
scavoit ancoires rien ; pourquoy il escripvi une lettre
seelee de son seel, laquelle il bailla audit Jehan De-
verilles , en lui priant , moult amyablement , qu'il la
Yolsisist baillier à son frère , sire Edouard ; lequel ,
comme mauvais traytre, la receupt en lui prometant
que, sans arrester, feroit son message , et atant prinst
cono:ié de lui ledit sire Emond , sv s'en ala en ses
terres de Kent.
Quant ledit conte Emond fut parti de Corf, ledit
Jehan s'en ala , au plus grant liaste qu'il polt , devers
sire Rogier de Mortemer, auquel il bailla la lettre du-
dit conte , close et scellée soubz son seel. Quant ledit
sire Rogier eult lecheue la lettre, il l'ouvri, puis lysy
la teneur, dysant en telle manière : « Honneur, ser-
vice , obéissance, avecq fraternelle amour. Très hon-
nourable et redoublé seigneur et frère , je vous re-
74 CRONICQUES DENGLETERRE. [3 3'JO]
quiers humblement que prendés en vous bon con-
fort, car, au plaisir de Nostre Seigneur, je ferai tant,
que briefment vous serez délivré de la prison où vous
estes. Sy sacliiés, très cliier sire , que j'ay de ma con-
fedaration presques tous les plus grans d'Engleterre,
bien conroyés d'armes et de chevaulx, avecq grans
trésors sans nombre , en voulentez de pourc^hassier
vostre juste querelle , et vous remettre en estât royal ,
comme estre soliés. Et ce que je vous escrips , moult
m'ont ilz tous juré, sur saintes evangilles, tant prelatz,
comme contes et barons. » Quant sire Rogier de Mor-
temer euU ieu et entendu la teneur de laditte lettre, le
ceur lui enflamba d'ire et de mal talent contre ledit
conte de Kent ; s'y s'en ala , hastivement , devers la
royne Ysabel , et lui monstra la lettre du conte , fai-
sant mention qu'il avoit vouienté de oster sire Edouard
de Windesore de sa royaulté , et remettre son frère ,
sire Edouard de Carnarenan, en possession du royaul-
me, comme paravant avoit esté. Alors dist la royne :
« Voire dya , sire Rogier, bonne vouienté doit estre
réputée pour fait ; mais, se Dieu nous laisse vivre, nous
y pourverons tellement que, en brief temps , serons
bien vengiés de lui. » Puis, sans arrester, la royne Ysa-
bel s'en ala devers le roy, son fiîz, où il estoit, au par-
lement de Wincestre , lequel se faisoit pour amender
les diverses oppressions qui estoient entre son peuple.
La royne, quant elle vint devers son filz, lui monstra
la lettre signée de son oncle , le conte Emond , en lui
priant, sur sa beneicbon , qu'il se voulsist vengier
comme de son mortel ennemi. Et incessamment lui
requist ( jue, sans delay, en presist pugnition : disant
ancoires que, avecq ces maléfices, ledit conte estoit en
[1330] PREMIÈRE PARTIE, LIVRE VI, lv. 75
voulenté de l'empoisonner. Et lors le roy, qui estoit
jenoe, crey la royne sa mère : sy manda par ses lettres
au conte Emond , son oncle , qu'il venist parler à lui à
Wincestre, etc.
Quant le conte tint la lettre que le roy, son
nepveu, lui envoyoit, il lisy la teneur, puis, sans ar-
rester, monta à cheval et vint le plus tost qu'il polt à
Wincestre; mais quant la royne sceut la venue du
bon conte , elle fist tant devers le roy qu'il fut prins
et menez devant Robert Hamill \ où estoit présent
sire Rogier de Mortemer. Alors parla ledit Robert et
dist : « Sire Emond, conte de Kent, sacliiés qu'il
est venu à la congnoissance du roy Edouard , nostre
sire, que vous estes son ennemi mortel et traître à son
royaulme; car il est vérité que, par plusieurs fois, avez
prins paiiiC et travail de mettre à délivrance Edouard
de Carnarenan, vostre frère, nagueres roy d'Engle-
terre , lequel a este déposé j^ar le consentement de
tous les liaultz barons du pais : laquelle chose est
pour amenrir et usurper Testât du roy, nostre sire ,
et de son royaulme. » Adont le conte respondy :
« Seigneur, vous poez dire vostre voullenté, mais
oncques ceste chose ne pensay ne ne fuez conscen-
tant de vouîloir nullement abaissier Testât du roy,
ne de sa couronne, et de ce suis je prest à prouver
le contraire. » Mais lors sire Rogier de Mortemer
ataindy la lettre devant ditte, sy la monstra au conte
et lui dist : « Sire Emond , ne congnoissiés vous point
ceste lettre ? » et ledit conte , qui mye ne pensoit à la
lettre qu'il avoit baillié à Jehan Deverillcs, veant
i. Robert Howel, officier do justice de la luaison du roi. (Rames,
p. AO.)
76 CROKICQUES D'ENGLETERRE. [1330]
que ceste estoit scellée de son seel , cuidaiit que ce
fust aulcune lettre qui en nulle manière ne le cliar-
gast, sy dist au dit sire Rogier qu'il ne voulloit pas
desdire que la lettre qu'il tenoit ne feust seellee de
son seigne. « Sire Emond , dist adont sire Rogier,
ainsi présentement orez la teneur ; )> et lors desploia
la lettre , sy la lisy tout liault , mot après aultre, en la
présence de tous les assistans.
Ceste lettre ainsy leute, sire Robert de Hamille
dist ainsi : « Sire Emond, puis que vous avez cogneu
que ceste lettre est scellée de vostre seel , laquelle
contient comment vous avez empensé de mettre paine
et diligence de vostre frère délivrer, nagairesroy d'En-
gleterre, adfin qu'il rcgnast et gouvernast son peuple
comme par cy devant souloit faire, dont, se ainsy es-
toit que ceste chose feust advenue , ce seroit rabaisse-
ment pour nostre seigneur le roy, qui est à présent,
que Dieu veuille garder de mal, doncques, pour ceste
offense et pour vos démérites, la Court veult , et rai-
son s'y assent, que vous recepvcs mort, et vos hoirs
soient déshéritez à tousjours, saulve la grâce de nostre
sire le roy. »
Alors le bon conte, oyant ceste doloreuse sentence,
commença tendrement à larmoyer; et, en cest estât,
fut remis en prison soubz bonne garde, pom' en estre
asseuré jusqucs à lendemain, pour ce que le roy estoit
assis à son disner : et , à ceste heure, sire Rogier de
Mortemer vint vers la royne Ysabel, sy luy raconta
comment le conte Emond estoit condempné à morir
par droite loy, pour ce que lui mesme avoit confessé en
plaine audience devant tous. « Sy me sambleroitbon,
dist il, madame, (|u'on le mist h mort hastivement,
[1330] PRE^IIÈRE PARTIE, LIVRE VI, lv-iai. 77
sans le sceu iioslre seigneur le roy ; car s'il en estoit
adverti, je fay doii])le qu'il ne le respistast et lui
donnas! son pardon; laquelle chose, se ainsy adve-
noit , nous porroit tourner à grant dangier. »
Alors la royne prestement, sans aulke conseil que
le dit sire Rogier, manda au bailli de Winceslre que
tantost et sans delay, sur peine de perdre la vie, il feist
décoller le dit sire I^^mond. Le bailli, ayant le comman-
dement de la royne , fit le dit conte tirer hors de
prison et le décoller par ung liomme qu'ils trouvè-
rent d'aventure, letjuel fut par eulx constraint de ce
faire. Et ainsy, piteusement, fut mis à mort le bon
conte Emond de Kent, dont ce fut grant dommage.
Ce fut fait le cincfuiesme jour d'octobre \ le tierch an
du règne du jeune roy Edouard, lequel, quant il fut
ad\erti de la mort de son oncle , en démena moult
grant dueil : sy le fist enterrer en l'église des frères
mineurs de Wincestre, et là lui fist faire son ser-
vice honnourablement , comme bien appartenoit à
ung filz , frère et oncle du roy.
315. De la prlnse sire Rogier de Mortemer, conte de la
Marche, et de sa mort, LVI.
En cellui temps dont nous parlons, messire Rogier
de Mortemer, conte de la Marche, demenoit du
tout , selon sa voullenté , le jeune roy Edouard et la
royne sa mère , tellement que tout ce qu'il comman-
doit estoit ; car nul n' estoit sy ozé que d'aller au con-
\. Wavrin se trompe. Le roi ordonna, par ses lettres en date du
13 avril 1330 (Rymer, II , part. III, 43) , la publication de la mort de
son oncle qui a\alt été exécuté le 19 mars précédent. Yoy. p. 49, note \.
78 CRO^ICOUES D'ENGLETERRE. [1330]
traire, pour la crainte que ciiascuii avoil de luv.
Pourquoy il moula en sy grant orguel, que acivis
lui estoil que en tout le royauîme d'Engleterre n'y
avoit homme qui à lui se deust comparer. Moult or-
guelleux et convoiteux devint, et toujours se tenoit en
la court de la royne , au plus près d'elle. Ses gens
estoient, en son estatu de son liostel , à paraulz gages
que ceulz du roy et de la royne. Il amassa moult grans
trésors sans nombre , tant se tint privé de la royne ,
et démena sy grant estât et seigneurie, que tous les
plus grans du royauîme a\ oient paour de faire chose
qui lui despîeust. Sy advint ung jour que le roy et son
Conseil estoient assamblez en ung privé lieu , où au-
cuns misrent en avant, par devant le roy, les grans
desrisions et oultrages que faisoit le dit de Mortemer
aurov et à sa couronne, et comment, par son conseil,
traitreuzement le roi Edouard de Carnarenan avoit esté
murdry au chastcl de Bercler : puis lui ramenturent
la mort sire Emond , son oncle , et pluiseurs aulti-es
maléfices qui estoient fais et per])etrés par le dit iMor-
temcr ; iescjuels, après ce conseil failli, vindrent au
dit Mortemer en secret, lui dirent comment le roy et
son Conseil estoient de jour en jour ensamble pour
trouver la manière de le confondre et anéantir. Alors
le dit sire Rogier, comme tout foursené, jura grans
sermens, quoy qu'il deust advenir, que il se venge-
roit d'eulz.
Ne demoura gueres de temps, après ces choses, que
le roy Edouard , dame Phelippe , sa femme , dame
Ysabel, mère du roy, et sire Rogier de Mortemer,
qui ne faisoit semblant de ce que on lui avoit dit,
\'indrent demourer une espace de temps l\ Northin-
[1330] PREMIÈRE PARTIE, LIVRE Vî, i.vi. 79
gliem. Sy advint que la reine Ysabel, par le conseil
de Morlemer, prinst à soy les clefz des portes du
cliastel, adfin que nulz ne peust entrer ne yssir, par
nuit ne par jour, sans son commandement, mesme-
ment le roy, ne nul de son Conseil. En ce temps, le
dit Mortemer estoit moult couroucliiés et yrez alen-
contre des plus privés du roy, pour ce que ils l'avoyent
encusé à lui de la mort sire Edouard de Carnarenan,
son père. Sv prendrent conseil ensemble la royne
Ysabel, l'archevesque de Lincoln', sire de Bereforî^,
sire Hugue de Tronpetonne^ et aultres de leurs j^lus
privez , pour trouver manière de deffaire ceulx oui
le dit Mortemer avoient encusé ; de larfuelle chose
ceulx du conseil du roy s'apperceurent tasitost. Sy
viendrent tous ensemble, priveement, parler au roy,
auquel ilz dirent et rapportèrent comment le dit sire
Rogier de Mortemer avoit assamblé conseil en privé ,
pour trouver manière d'eulz destruire , pour ce que
racusé l'avoient de ses maléfices : pour laquelle chose,
moult hiunblement , requisrent au roy tous ensemble
que , en l'honneur de Dieu, leur voLsist aidier à main-
tenir leur droit, et que à lencontre d'eulz ne se \olsist
mal informer, pour chose qu'on lui deist f!U rappor-
tast : ce que le roy liberallement leur accorda , de-
quoy ilz furent moult joyeulz. Et estoient messire
Willame de Montagu \ sire Homfroy de Bohoun ^,
messire Jehan de Neurville de Horneby " et pluiseurs
i . Henri Burwash, archevêque de Lincoln.
2. Décapité le 24 déceinLro 1330. (Barnes, 51.)
3. Hugli Tiirplington, intendant de la maison du roi. (Barnes, 48.)
4. William de Montagu, mort en 1343. (Dugdale I, G33 et suiv.)
5. Huniphrtv de Bohun, mort le 15 octobre 1361. (Dugd., I, 184.)
G. John Ncville de Horriby, ayant demandé la remise d'une somme de
80 CROINICQUES D'ENGLETERRE. [1330]
aiiltres de leur confédération , iesquelz tous jurèrent ,
sur saintes Evangiiles, de maintenir ceile querelle
alencontre du dit xMortemer en tant comme ilz po-
roient.
Or advint que ledit sire Rogier de Mortemer avoit
fait son ordonnance en telle manière que nulz des
privez du roy n'estoient soufferz de demourer ne lier-
bregier de nuyt dedens le chaste! , ains estoieiit logiés
en pluiseurs et divers liens, pariiii la ville : sy avoyent
moult grant paour que ledit Mortemer ne les feist
destruire. Pourquoy messire Willame de rjontagu vint
ung jour parler au roy, sy lui dist en secret : « Sire,
sacliiés que moy ne les aultres de nostre querelle , ne
porrons prendre ne avoir messire Rogier de !\Iortemer
sans le consentement Willame de Hollande \ connes-
table du chastel. » Et adont le roy respondy : « Certes,
à ce ne fauldrés pas pour tant; car je vous ottroye que
vous aies audit connestable, et lui commandés^ de par
mov, qu'il vous doinst confort et aide de tout son
povoir, tant que ledit Mortemer soit prins, toutes
aultres clioses laissiés , sur paine de perdre la vye. »
« Sire, ce dist Montagu , pour moy et tous mes com-
paignons vous remercye. » Alors ledit de Montagu
vint priveement devers ledit connestable , auquel il
cinquante livres qu'il avait employée pour la guerre du duc de Lancastre
contre Hugues Despensier, le roi , par ses lettres patentes en date du
14 février 13:27, en ordonna la restitution, ainsi qu'à tous ceux qui se
trouvaient dans ce cas. iRymer, II, partie II , 176). Le 10 mai 1331 le
roi lui accorde une pension pour avoir arrêté Mortimer , comte de la
Marche. (Id., //'., partie III, 65).
1. William Eland. Le roi lui ordonne, le 24 août 1337, de faire pré-
lever dans les comtés de Nortliumberland et de Derby, des subsides qui
doivent être emplovés dans la guerre qui se prépare contre la France.
(Rymer, II, partie HT, 187.)
[1330] PREMIERE PARTIE, LIVRE VI, i.vi. 81
raconta, tout au long, la voiilenté du roy, et qu'il
voulloit eslre fait. Le conuestable, avant le mande-
ment du roy, respondy audit Montagu que moult Ijien
s'y employeroit et que, pour morir, ne lairoit de acora-
plir le commandement de son seigneur : de laquelle
chose entretenir il fist serment audit de Montagu et
ceuîx de sa querelle, qui là estoient presens. Et ledit
Montagu dist au connestable : « Or doncques, cliier et
amy, il nous convient trouver manière, par vostre bon
conseil, de prendre ledit Jlortemer. Puisqu.e vous estes
cliastelain, et avez les clefz du cliastel en garde, il lui
est impossible de escbapper. » — « Sire, ce dist le con-
nestable , sachiés ([ue les portes du chasiel sont fer-
mées soubz ferrures, que la royne Ysabel y a fait faire
nouvelles [clefz] , lesquelles , tous les soirs, il lui con-
vient rapporter, et elle les fait mucliier dessoubz le
clievetz de son lit, jusques au matin. Pourquoy vous
ne povés , en nulle manière quelconques, avoir entrée
de nuit parmi les portes ; mais je scay une alee qui
s'estend bors du jardin , par dessoubz terre, qui vient
jusques au cbastel vers West , de laquelle voye la
royne, Mortemer, ne nulz de leurs gens n'en eu-
rent oncques cognoissance : et , pour ce , je vous
menrav , par ceste voye , sy secrètement , que vous
entrerez au cbastel sans le sceu des ennemys. » De
laquelle advertence les barons furent mouîl lies et
joieulx.
En celle mesme nuyt , Montagu et tous ceulz de sa
querelle, avecq eulz ledit connestable, firent samblant
de vouloir escbaper de la guet dudit sire Rogier de
Mortemer, faignant de fuir et avoir grant paour, Sy
fut rapporté audit Mortemer que les barons avoient
1 G
82 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [2 330]
en poiirpos de passer la mer, et aler en France à
saulveté , pour doul)te qii'ilz avcient de luy, dont il
fut moult joyeulz et dist que ainsy n'eschaperoient
nive. Sicque, pour ceste alee destourber, il assambla
son conseil , c'est ascavoir ceulx de sa querelle , pour
eulx desîourber le passage. Sy fist, par leur conseil,
escripre liastivement lettres à tous les portz du
royaulme, en commandant aux officiers et gardes des
passages que de telz et telz , qui leur escripvoit , ve-
novent là , qu'ilz feussent arrestez et prins. Mais il en
advint tout aultrement; car ledit connestable, quant il
\ ey l'eure de raienuit approchier, issy priveement du
cbastel par le cavain du jardin , et vint à ung secret
lieu où il scavoit que les seigneurs l'atendoient; sy
les mena à la voue et alee , moult bien armez et em-
bastonnés ; puis, eulx venus dedens le cbastel , mon-
tèrent amont sur la tour. Quant les seigneurs furent
dedens la tour, ilz furent appercbeus par sire Hugue
de Trompelbonne, qui leur escria moult fièrement et
asprement : « Haa î traîtres! à maie beure entrastes
cbeens, car tous en morez de maie mort. » Mais lui
mesmes fut illec occys par le seigneur de Montagu *
qui, incontinent, le feri, d'une macbue qui tenoit, sy
grant coup sur la teste, qu'il lui espandy la cervelle
sur le pavement, dont il moru illec prestement. Et lors
sire Rogier de Mortemer, oyant le bruit et la noise, se
couru armer; mais, aincbois (ju'il peust estre armé ,
•1. Le roi accorda des lettres de pardon à William de Montagu pour
nvoir tué Hugli Turplington et Ricliard de Monniuth : elles sont datées
du 24 février 1331. Par celles du 2-i mars suivant, la même grâce est
accordée à Johc/ines de I\'ei-ill ft à William de Clvnton. (Rymer, II,
part. III, tiO.;
[1330] PREMIÈRE PARTIE, LIVRE Vî, r.vi. 83
Montagu et ses aliés entrèrent en sa chambre, sy le
prindrent '.
Quant la royne Ysabel, qui avoit oy l'effroy, sceut
la prinse de Mortemer, elle en eult grant douleur au
ceur; sy se leva hastivement, et vint où la noise estoit,
et dist : « Seigneurs , je vous requiers que ne fachiés
se bien non au corps de ce gentil chevalier, lequel est
nostre chier et bien amé cousin. » Mais, sans arrester,
ledit Montagu et ses aliés menèrent messire Rogier de
Mortemer devant le roy Edouard , qui moult fut
joyeulx de sa prinse; sy le fist mettre en prison, soubz
la i^arde de gens en qui moult se fioit. Mais sachiés
que ceulx qui estoient de la lingnié et retenue dudit
Mortemer eurent moult grant paour, quant ilz sceu-
rent que prins estoit. Pourquoy, au plus secrètement
Cju'ilz peurent, se partirent de la court : sy s'en ale-
rent à leurs terres, à ceur doulent et couroucié , où
ilz vesquirent le mieulx qu'ilz peurent. Ledit Morte-
mer, estant prisonnier, fist grans offres pour estre déli-
vrés ; mais ce lui vailli pou , car oncques chose qu'il
offrist ne lui polt tant pourfiter qu'il fust hostés hors
des fers duquel Testât avoit esté sy grant que, de
son hostel et de sa retenue , il avoit ix" chevaliers ,
sans les escuiers et sergans.
En ce temps, ledit Mortemer et sire Emond de
Bethfort furent menez à Londres, en la grosse tour,
et bailliés en garde au connestable d'icelle ; et de-
puis fut amené à Westmoustier, devant le roy, où
il fut sagement examiné en la présence de tous les
plus grans d'Engleterre ; et lui fut demandé pour-
\. Le 20 octobre 1330. (Lingart^, IT, IHO.)
84 CRONICQUES D'ENGLEïERRE. [1332]
(Jiioy il fist niorir sire Edouard de Carnareiian , père
du roy ; comment les Escotz escbapperent de Stam-
pliODoe * en Escoce, sans le consentement du roy
Ec'iouard; et aussv comment la cbartre Rairenan fut
livrée aux Escochois , en laquelle estoit devisé que
lesdis Escochois estoient tenus de faire feaulté et
hommage aux roys d'Engleterre, pour le royaulme
crEscoche; et aussy que, par faulse envie, il avoit,
sans nulle cause, fait morir le bon conte de Kent,
oncle du roy : et , a\ec ce , fut encusé d'avoir en-
groissié la royne , mère du roy, et c[u'il le tenoit à
savouUenté. Sur lesquelles accusations le roy demanda
conseil, par manière de jugement, quelle chose il avoit
à faire. Sy en fut la sentence assez tos rendue, car ilz
estoient ja par information tous advisez : pourquoy ilz
respondirent au roy, incontinent, que il devoit morir
sans rappel, ainsy comme sire Hue Despensier.
Le reste du cliapitre est mot pour mot dans le cliapiti-e l de
Fi'oissart.
316. Cy devise comment le roy Phelippe de France manda
au jenne i^oy Edouard qu'il lui venist faire hommage de
la ducié d'Acquitaine. LVII.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. l-li.
.317. Comment le roy Edouard d'Engleterre passa la mer et
vint en France pour faire hommage au roy Phelippe
de la ducié dAcquitaine et de la conté de Pon-
thieu. LVIU.
Cf. Fr., livre I, part. T, cli. Ln-i,iii.
1 . \ oyez p. Glj, note \ .
[1333] PREMIÈRE PARTIE, LIVRE VI, lvi-i.x. 85
318. Cy devise comment messire Robert d'Artois fut de-
cliassié et banny hors du royaulme de France , et s'en
ala à refuge devers le roy Edouard d'Engleterre. LIX.
Cf. Fr., livre I, part. J, ch. liv-lvi.
319. Comment le roy Edouard entra en Escoclie, et de ce
qu'il y fist. L^^
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. lvii-lix.
Et atant se taist de ceste histoire, ouqr.el temps le roy Plulippe
print la croisure pour aler oultre mer, laquelle fut empeschié par
la guerre qui s'esment entre France et Eiigleterre , comme il sera
touché au second voiuiiie, car cy fine le premier.
ANCUIENNES
l'Er
DEUXIÈ3IE PARTIE
LIVRE PREMIER.
320. Cy commence le second volume des Croiiicques d'En-
gleterre, qui contient en soy six livres particuliers, le
premier desquelz commence au roy Edouard, qui fut né
à Windesore, qui contient en soy xlix cliappittres, ou
premier desquelz il traite la cause etpourquoy la guerre
commença premièrement entre les royaulmes de France
et d'Engleterre. Chapitre I.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. m et rv, Lxn-Lxiv,
321. Cy fait mention de Jacques d'Artevelle et de l'aliance
que le roy d Engleterre fit aux Flamens. II.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. lxv-lxvii.
322. Comment le duc de Brabant s'excusa devers le roy de
France. IH.
Cf. Fr., livre I, part. î, ch. lxvui.
323. Comment les Anglois desconfirent ceulx de Gorgant,
et du frère bastard du conte de Flandres, qui y fut
prins. ï^ •
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. lxix-lxxv.
324. Comment le roy d'Engleterre envoia quérir la jeune
roy ne sa femme. V.
Cf. Fr,, Hvre I, part. I, ch. j.xx-M-i.xxvri.
88 CROP^ICQUES D'ENGLETERRE. [133!)]
325. Comment le roy trEiigleterre fait requérir aux sei-
."iieurs de l'Empire qu'ilz leur tenissent leur conve-
nances. ^^'
Cf. Fr., Ihre I, part. I, cb. LXXvni. /
336. Comment le roy d'Engleterre deffia le roy de France :
et du siège que le roy mist devant la cité de Cam-
bray. VII.
Cf. Fr,, livre I, part. I, ch. Lx>;i>.-Lxxxm.
327. Comment le roy d'Engleterre deffist son siège de de-
vant Cambray. Et comment l'abbé de Hannecourt se
deffendy vaillamment. Et comment le pais de Terasse
fut ars. VIII.
Cf. Fr., livre I, part. I, cîi. i.xx:av-i.xxxvni.
328. Les grans assamblees que le roy de France et le roy
d'Engleterre firent en intention de combatre, et sy se
départirent sans riens faire l'un à l'autre. IX,
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. i.xxxix-XGi,
329. Cy parle de l'ordonnance des Anglois. X.
Cf. Fr.5 livre I, part. I, ch. xcii-xciii.
330. De l'ordonnance des Francbois, XI.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. xciii-xcv.
331. Comment le roy Edouard prinst les armes et le nom
du roy de France, et des roberies et pilleries faittes en
Engleterre par les Francbois. XII.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. xcvi-xcvin.
332. Comment ceulz de Cambray firent guerre au conte de
Henault, par le consentement du roy de France, lequel
commanda de courre les villes et places de messire Je-
ban de Henault. Et comment le conte ala quérir aide
en Engleterre *, XIII.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. xcviii-cvi.
1 . Wavrin, en terminant ce chapitre, dit qu'il se dispense de raconter
les gueires dans le Hainaut : « Qui en voira scavoir, ou livre de Froissart
u!i le pulra trouver. » Il passe treize chapitres de Froissart.
[1339] DEUXIÈME PARTIE, LIVRE I, vi-xxu. 89
333. Comment le roy d'Engleterre desconfits les Franchois
sur mer. XIX.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. cxx.
334. La desconfiture des Fi-ancliois sur mer. XV.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. cxxi-cxxn.
335. Comment, après la desconfiture des Franchois sur mer,
le roy d'Engleterre arriva en Flandres. Et comment
Jacquemart d'Arthevelle sermona les Flamens. XVI.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. cxxm.
336. Des garnisons que le roy de France mist sur les fron-
tières de Flandres, et des aliances faittes entre le pais
de Flandres, Henault et Brabant. XVII.
Cf. Fr., livre I, part. I, di. cxxiv-cxxvi.
337. Comment le roy d'Engleterre assiega Tom-nay, et des
assaulz que les Anglois y firent. Et comment ilz destrui-
sirent le pais environ. XVIII.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. cxxvii-cxxix.
338. Comment les Escotz reconcquircnt plulseurs villes et
forteresses sur le roy Anglois, par le confort et aide des
Franchois. XIX.
Cf. Fr., livre I, part, I, cli. cxxx-cxxxi.
339. Comment ceulx de Tournay misrent hors les povres
gens de leur cité. Et comment le roy de France y ar-
riva. XX.
Cf. Fr,, livre I, part. I, cli. cxxxii-cxl.
340. Comment les Flamens se partirent de paour de devant
Tournay. Cy s'en alerent chascun en son hostel. Et du
trailié qui fut entre les deux rois de France et d'Engle-
terre. XXI.
Cf, Fr., livre I, part. I, cli. cxli-cxli'i.
341. Comment les deux roys de France et d'Engleterre eu-
rent trêve ensamble. Et comment chascun d'eulz cuidoit
avoir honneur du siège de Tournay. XXII.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. cxi.Tv-cxr.v.
90 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1341-42]
342. Cy parle des Cardinaulz par le Pappe trammis par
decha les nions pour accorder les deux roys de France
et d'Engleterre. Et comment les trêves furent ralongiés
dedens deux ans. XXIII.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. cxlti.
343. Comment le duc de Bretaigne moi ut sans hoir masle,
et des grans guerres qui, à ceste cause, vindrent au pais
de Brelaigne. XXIV.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. cxLvn-CLT.
344. Comment le roy d'Engleterre rechupt à hommaige le
conte de Montfort , à sa requeste , de la ducee de Bre-
taigne. XXV.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. CLii-CLin.
345. Comment le conte de Montfort fut adjourne à com-
paroir devant le roy de France ; et comment la ducee
de Bretaigne fut de rechief adjugié à messire Charles de
Blois. XXVI.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli, cLm-CLvi.
346. Comment le conte de Montfort fut prins et rendu pri-
sonnier au roy de France; et comment la contesse, sa
femme, emprinst la guerre pour lui. XXVII.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. CLvn-CLviii.
347. Comment le roy d'Engleterre donna trêves auxEscotz.
Et comment, depuis, ilz coururent en Engle terre , où
ilz ardirent et recouvrèrent pluiseurs villes et chas-
teaux. XXVIII.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. clix-clxi.
348. Comment le roy d'Escoche fist assaiUir la contesse de
Salebrin et le chastel; et comment le roy d'Engleterre
y vinst à son secours, tellement que les Escotz s'en re-
tournèrent en leur pais. XXIX.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. clxii-cliv.
349. Comment le roy d'Engleterre s'énamoura première-
[134'2] DEUXIÈME PARTIE, LIVRE I, xxiii-xxxvii. 91
ment de la contesse de Salebriii, la contenance qu'il
enlt envers elle et la responce qu'elle lui fist. XXX.
Cf. Fr., livre I, part, I, th. clxv-clxtii.
360. Comment le roi d'Engleterre se parti de la contesse
de Salebrin, et des trêves que furent entre les Anglois et
les Escotz, par l'espace de deux ans. XXXI.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. clxviii-clxix.
351. Comment messire Charles de Blois assiega et prinst la
cité de Rennes ; et du secours que la contesse de Mont-
fort manda en Engleterre. XXXII.
Cf. Fr., livre I, part, I, ch. clxx-clxxh.
352. Comme messire Charles de Blois assiega Hainbourg.
Comment la contesse de Montfort se deffendy ; et de la
hardie entreprinse qu'elle meismes fist de sa main . XXXIII .
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. cLxxm-CLXXV.
353. Cy parle du secours qu'il vint d'Engleterre à la con-
tesse de Montfort ; et comment le chastel de Concquest
fut prins deux fois en ung mois. XXXIV.
Cf. Fr., livre I, ^jart. I, ch. CLXXVi-CLXXvni.
354. Comment messire Charles de Blois prist le fort chastel
d'Auboy et la cité de Venues, en Bretaigne ; et des grans
adventures qui y advindrent, tant de ung costé comme
d'aultre. XXXV.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch, clxxix-clxxx.
355. Comment messire Lois d'Espaigne fut desconfis, et ses
gens mors. Comment il eschappa à petite maisnie ; et de
la grant apertise d'armes que Régnier fi^t. XXXVI.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch, clxxxi-clxxxiv.
356. Comment messire Charles de Blois assiega de rechief
Hainbourg ; et de la requeste que messire Lois d'Es-
paiane fist sur la mort des deux chevaliers prison-
mers, .va/vvii.
Cf, Fr., livrai, part. I, ch. ci.xxxv-CLX\xvn. ,
92 CaONïCQUES D'ENGLETERRE. [1342J
357. Comment les Anglois et les Bretons reconcquisrent
leurs prisonniers en une cscarmuclie , et des Bretons
prins par les Franchois. XXXVIII.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. CLXxxTin-CLxxxix.
358. Comment messire Charles de Blois s'en ala à Craas, et
avec lui emmena pluiseurs seigneurs de France. Et com-
ment, par le moien d'un marchant, ledit messire Charles
prist la ville de Says. XXXIX.
Cf. Fr,, livre I, part. I, ch. cxc-cxci.
359. Cy devise la manière et ordonnanche de la grant feste
et joustes que le roy d'Engleterre fist pour Tamour de
la contesse de Salehrin. XL.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. cxcii-cxcin.
360. Comment les trêves furent prinses entre les Anglois el
Escotz. Et comment le roy Anglois donna grant se-
cours à la contesse de Montfort pour conquerre Bretai-
gne . XLl .
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. cxciv.
361. Comment les Espaignolx et Genevois se combattirenL
sur mer aux Anglois. Et comment ils se départirent l'un
de l'autre. XLIl.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. cxcv-cxcvi.
362. Comment, aprez le département de ceste bataille , les
Anglois assegerent la cité de Rennes en Bretaigne. Et
comment messire Lois d'Espaigne arriva en Gue-
rande. XLIII.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch, cxcvii-cxcvin.
363. Comment messire Robert d'Artois et la contesse de
Montfort prindrcnt la cité de Rennes. Et comment le
seigneur de Clichon et le seigneur de Tournemine se
saulverent. XL1\ .
Cf. Fr., livre I, part. I, th. c\cix-cci.
364. Cf)innient Icr^ Bretons reroncqiiisrent par force la cité
[i343] DEUXIÈME PARTIE, LIVRE I, xxxviii-xlix. 93
de Reimes, et comment messire Robert d'Artois et moult
d'aultres furent navrez à mort. XLV.
Cf. Fr., livre I, part. T, cli. ccn.
365. Comment le roy Edouard d'Engletene niist le siège
devaut la cité de Rennes. Et comment la contesse de
Montfort vint festoier. Et aussi comment il assiega la
bonne ville de Nantes. XLVI.
Cf. Fr., livre I, part. T, cli. ccin-cciv.
366. Comment le roy Edouard se parti de devant Nantes
pour assiéger Dignant. Et comment le seigneur de Cli-
clion et messire Henri de Lyon furent prins des An-
glois, et le sire d'Estanfort des Francliois, devant Ren-
nes. XLVIl.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. ccv-ccvi.
367. Comment le roy d'Engleterre aloit ardant et exillant
le pais de Bretaigne. Et des nefz que messire Lois d'Es-
paigne gaigna sur les Anglois. XLVIIL
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. ccvir-ccviii.
368. Comment ceulx du siège de Nantes s'en alerent à
Venues, au roy d'Angleterre : et aussy des trêves qui fu-
rent lors accordées. XLIX.
Cf. Fr., livre I, part. I, cb. ccix-ccxii.
Cy fine le premier livre rie ce second volume des Cron'icquts
d' Engleterre.
94 CROMGQUES D'ENGLETERRE. [1344-45]
LIVRE IL
369. Cy commence le IP livre de ce second volume des
Cronicques d'Engleterre, qui contient en soy xxiv chap-
pittres. Le premier desquelz parle de la grant feste que
le roy d'Engleterre establi en son pais ; comment il def-
fia de rechief le roy de France poui la mort du seigneur
de Cliclion : et de Tayde qu'il envoie à la contesse de
Montfort. Chapitre I.
Cf. Fr., livre I, part. I, cla. ccxin-ccxv.
370. Comment le conte Derby futhonnonrablement recheuz
des barons de Gascongne , pour le roy d EngleteiTc ; et
comment il courut devant la ville de Bergeracq. II.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. ccxvi-ccxvm.
371- Comment le conte Derby fist puissamment assaillir la
ville de Bergeracq ; de la garnisoit de dedens qui s'en
fui honteusement , et comment ilz se rendirent au dit
conte. m.
Cf. Fr., livre I, part. I, cii. ccxix-ccxxi.
372. Comment le conte de Laigle envoya pluiseurs garni-
sons en divers chastcaulx de Gascongne, et de pluiseurs
villes qui se rendirent au conte Derliy. IV.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. ccxMt-ccxxiv.
373. Comment la oarnison de Pieregort vint escarmucliier
[13^6] DEUXIÈME PARTIE, LIVRE II, i-xir. 95
les gens au conte Derby. Et comment le conte de Ken-
fort et pluiseurs aultres furent délivrez par eschano^e. V.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. ccxxv-ccxxvn.
374. Cy parle du chastel d'Amberoche, qui fut assegié des
Franchois ; et du varlet qui aloit quérir secours, lequel
fut prins et getté par un engin dedens la forteresse. Et
des Franchois qui furent desconfiz. VI.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. ccxxvm-ccxxx.
375. Comment le conte Derby retourne à Bordeaulx après
la victoire : et de pluiseurs chasteaulx et bonne villes
qui se rendirent à lui pour le roy Edouard d'Eiio^le-
terre. YII.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. ccxxxi-ccxxxnr.
376. De la composition que firent ceulx de Montsegur au
conte Derby. Et comment le fort chastel d'Aguilon fut
prins, et devin drent tous Anglois. VIII.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. ccxxxiv-ccxxxvi.
377. Comment ceulx de la RioUe se rendirent au conte
Derby, mais ceulx de la garnison franchoise se retrairent
au chastel. JX
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. ccxxxvii-ccxxxix.
378. Comment messire Gauthier de Mauni trouva le tom-
beau de son père, en faisant myner le chastel de Riolle ;
et Toccasion qui jadiz avoit esté de sa mort. X.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. ccxxxix-ccxli.
379. Gomment la garnison franchoise se parti de la Riolle
et rendy le chastel aux Anglois, et de pluiseurs aultres
villes et fortresses qui lors furent prinses. XI.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. ccxlh-ccxlv.
380. Comment messire Godefroy de Harcourt fut banny du
royaulme de Franche. Et comment Jacquemart d'Arte-
velle fut occis des Flamens. Et le grant couroux que le
roy Edouard d'Engleterre prinst pour sa mort. XII.
Cf. Fr., livre I, part. 1, ch. ccxi.vr-cc\i,ix.
•"»■
96 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1346]
381. Comment le conte Guillame de Henault fut occis en
Frize : et comment messire Jehan de Henault se tourna
du tout francliois. XIII.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. ccl-ccliii.
382. Comment les nouvelles de la priuse de Cliastel Neuf
de YlUefrance vindrent en Tost des Francliois, devant la
cité d'Anooulesme. XIV.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. ccliv-cclvi.
383. Cy parle des grans assaulz que firent les Francliois au
castel d'Aiguillon, et comment les Anglois desrompirent
tous leurs engiens. XV.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. ccLvn-ccLX , cclxiii.
384. Comment le roy d' Engleterre arriva en Nortlimandie.
Et des garnisons franclioises envoiees et establies de par
le roy de France. Et du roy Edouard , qui se laissa
clieoir à l'isue de sa nef. X\I.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. ccixiv-cclvi.
385. Cy parle de la grand destruction de pais que fist le roy
d'Engleterre en Franche. Et aussy du grant mandement
que fist le roy Phelippe , pour obvier aux entreprinses
des Anglois. XVII.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. ccLXvn-ccLXix.
386. Comment le roy d'Engleterre aloit ardant et exillant
le pais de Nortlimandie , sans nul contredit de per-
sonne. XVIII.
Cf Fr., livre I, part. I, ch. cclxviii.
387. Comment le roy d'Engleterre prinst Saint Leu en Con-
stantin. Et de ceulx de Kent qu'ilz furent desconfiz et
leur ville prinse. XIX.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. cclxx-cclxxii.
388. Comment les Anglois ardoient le pais jusques à deux
lieues prez de Paris : de ceulx d'Amiens qui furent des-
confis; et comment le roy Anglois entra en Beauvoi-
sin. XX.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. rcLXMii-rcr.xxv.
[I3iÔ] DEUXIEME PARTIE, LIVRE II, xiu-xxiv. 97
389. Comment le roy de France sievoit les Anglois pour soy
combattre à eulx ; et comment le i^oy d'Engleterre
trouva passaige pour passer la rivière de Somme. XXI.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. cclxxvi-cclxxx.
390. Comment le roy de France ordonna ses battailles à la
battaille de Crecy ; et comment le roy d'Engleterre se
maintint et ordonna ses battailles. XXII.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. ccLXxxi-ccLxxxvn.
391 . Comment les Franchois furent desconfis par les Anglois
à la bataille de Crecy ; et comment le roi de' Behaigne
et pluiseurs aultres grans barons y morurent. XXIII.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. ccLxxxvin-ccxcn.
Le seigneur de Senseilles, portant la bannière de Jean de Hai-
naut à la bataille de Crecy, tomba dans un fossé, où il serait mort,
sans le secours que lui porta son page: « et fit tant, » dit Froissait,
« que son maître fut relevé et remonté. » Wavrin, qui copie pres-
que textuellement le chapitre de Froissart^ met son père^ et ajoute :
Car ce page estait son filz bastard, qui ungtres beau service lui fis/.
392. Comment le roy Anglois fist alumer les feux, après la
victoire de la battaille de Crecy : et de la grande occi-
sion qui fut faitte , le dimence au matin, de ceulx qui
venoient pour faire aide au roy Phelippe de Fraiice.
XXiV.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. ccxciir-ccxcvi.
Cy fine le second livre de ce second volume, et consequeinmeai
le vni* de ceste œuvre.
98 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [134G]
LIVRE 111.
393. Cy commence le IIP Livre de ce second volume desCro-
nicques d'Eiigleterre , lequel contient xxiv chappittres ;
le premier desquels dist comment le roy d'Engleterre
assiega Callais, et du siège qui se deffit devant Aguillon :
et comment messire Gaultier de Mauni vint ferir en
l'ost, alnsy qu'ilz se deslogoient, où il prinst pluiseurs
prisonniers. Chapitre I.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. ccxcvn-ccc.
394. Comment le conte Derby prinst pluiseurs villes et chas-
teaulz en Poitou ; et comment il se part de là pour
venir à Callais, où le roi d'Engleterre seoit. II.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. cccr-cccin.
395. Comment le roy d'EngleteiTC fut vexé par le roy d"Es-
coche, qui entra en son pais ardant, exillant et gastant
la contrée. Comment la roy ne d'Engleterre lui vint au
devant, et comment il fut desconfis. III.
Cf. Fr., livre î, part. I, cli. ccciv-cccr,
396. Comment les Anglois et les Escotz combatirent l'un
contre l'autre. Comment les Escotz furent desconfis, leur
royprins, et du siège de Callais. IV.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. cccvr-cccviii.
397. Des escarmuclies cjtn se faisoient devant Callais : et com-
ment le conte de Flandres fut mis en prison par les Fia-
[1346-50] DEUXIÈME PARTIE, LIVRE III, i-xn. 99
mens, pour ce qu'il ne vouloit prendre à femme la fille
du roy d'Engleterre. V.
Cf. Fr., livre I, part. I, cli. cccix-cccxi.
398. Comment le conte Robert deNamur, à son retour de la
terre sainte de Jherusalem, vint veoir le roy d'Engleterre
au siège devant Callais. VI.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. cccxii-cccxrv.
399. Du grant mandement que fist le roy de Franche en
intention de lever le siège de Callais, ce qu'il ne polt
faire. Ylï.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. cccxv-cccxvri.
400. Comment deux cardynaulz vindrent devant Callais
pour traitier la paix des deux roys. VIII.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. cccxTiii-cccxx.
401 . Comment la ville de Callais fut rendue au roy d'En-
gleterre. Des meschiefz que ceulxde dedens souslindrent
ainchois qu'ilz se rendissent , et comment ilz furent
après cruellement tourmentez. IX.
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. cccxxi-cccxxm.
402 . Cy parle de pluiseurs bringans : en especial d'un nommé
-Bacon, qui gaigne le fort cliastel de Camborne, et aultres
qui firent maint mal en France. X.
Cf. Fr., livre I, part I, ch. cccxxiv.
403. Comment le capitaine de Callais vendy la ville et le
chastel ou capitaine de Saint Orner; et comment le roy
d'Engleterre le sceult avant que le dit capitaine le peust
délivrer. XI,
Cf. Fr., livre I, part. I, ch. cccxxvi-cccxxviii.
404. Cy parle de la mort du roy Phelippe de France.
XII.
Cf. Fr., tome III , Appendice, ch. cccxxix-cccxxx, de la prc-
ijiière édition de M. Buchon '.
1: Noii^ avons dit, dans notre Avertissement, que l'on doit à M, Bu-
100 CRONICQUES D'ENGLETERrxE. [1351-56]
405. Cy parle comment le conte de Guines fut décapité à
Paris ; comment Saint Jehan d'Angeli fut reprinse par
les Franchois; des chevaliers de France qui morvn-ent en
Bretaigne, et du duc de Lanclastre qui vint en North-
mandie. XIII.
Cf. Fr., t. III, cil. cccxxxi-cccxLii, 1" édit. de M. Buchon.
406. Comment le prince de Galles fist assaillir 1^ chastel de
Rommorentin ; comment les trois chevaliers se rendirent
à sa voulonté, et comment le roy de Franche se parti
pour aller combattre le dit prince de Galles. XIV.
Cf. Fr., livre I, part. II, cli. xxv-xxvii.
407 . Comment le conte de Joigny et sa route furent prins
des Anglois. Gomment, aussy, les coureurs des Anglois
se ferirent en la queue de Tost franchoise : et comment
le prince de Galles ordonna ses battailles. XV.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. xxvm-xxxi.
Avant de livrer la bataille de Poitiers, le roi Jean commit son
fils aîné Charles à la garde de trois seigneurs, au nombre desquels
ligure le sire de Saint-Venant. Wavrln, qui copie Froissart, ajoute,
à cette occasion, les nom et prénom de ce personnage. Celait
Robert de Wcivrin.
408. Comment le cardinal de Pieregort se travailla gran-
dement pour cuidier accorder le roy de France au prince
de Galles, ce qu'il ne polt faire. Et, aussy, de l'ordonnance
des battailles, tant d'un costé comme de l'autre. XVI.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. xxxii-xxxiv.
chou deux éditions de Froissart. Voici en quoi elles diffèrent entre elles.
Dans la première , plus conforme aux éditions antérieures, se trouve
(pour les années 1350-1356) un texte que les copistes des Chroniques
ont évidemment emprunté, comme le remarque M. Buchon (édition du
Panthéon littéraire, I, 282), à celles de Saint-Denis. Dans sa seconde
édition, que nous avons citée jusqu'ici et à laquelle nous reviendrons
tout à l'heure, M. Buchon a substitué, pour la période de temps ci-
dessus indiquée, une narration attribuée à Froissart. Nous sommes
donc obligés de recourir alternativement a l'une et à l'autre édition,
selon que l'exige notre examen comparatif des deux chroniqueurs.
[1356-57] DEUXIÈME PARTIE, LIVRE III, xiii-xxii. 101
409. Cy fait mention de pluiseurs chevaliers renommez qui
estoient avecques le prince de Galles à la battaille de
Poitiers : de messire Jacques Dandelee, qui demanda au
prince la première battaille ; et de la desconfiture des
Franchois. XVII.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. xxxv-xxxvr.
410. Comment le prince resconfortoit ses gens à la battaille.
Des enfans du roy de France, qui s'enfuirent quant ilz
veirent leurs gens desconfis : et, aussy, les noms de plui-
seurs notables chevaliers de France. XVIII.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. xxxvm-xLiv,
411. Cy parle des chevaliers qui se combatoient à scavoir
qui avoit prins le roy de France : comment le prince de
Galles le rechut honnourablement en son pavillon, et
des renchons que les Franchois paierent. XIX.
Cf. Fr,, livre I, part. II, ch. xlv-xlvii.
412. Comment messire Jacques Daudelee donna à ses qua-
tre escuiei's ce que le prince lui avoit donné. Des hon-
neurs que le dit prince portoit au roy Jehan ; et com-
. ment les Anglois s'en retournèrent à Bordeaulx sur Ge-
ronde. XX.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. XLvm-L.
4 13. De la grant joie qui fut faite en la cité de Bordeaulx,
et par tout le pais d'Engleterre, pour la victoire de Poi-
tiers. XXI,
Cf. Fr., livre I, part. II, ch, li-liv.
414. Cy parle du grant couroux que eult le roy Edouard
d'Engleterre de la mort de messire Godefroy de Har-
court. XXII.
Cf. Fr., livre I, part, II, ch. lv-lvi.
415. Comment la cité de Rennes fut assegié par les Anglois :
et comment le seigneur de Graville et ses complices
prindrent la cité d'Evreux et le chastel , où le chastelain
102 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [13S7-59]
fut occis pour le fait du roy de Navarre, qui lors estoit
prisonnier en France. XXIII.
Cf. Fr., livre I, part. II, cli. lvii-lix.
416. Comment le roy de Navarre fut délivré de prison : et
comment, en ce temps, avoit beaucop de gens d'armes de
compaignies parmi le royaulme de Franche. XXIV.
Cf. Fr,, livra I, part. Il, ch. lx, lxi, lxiîi, xci, xcix.
Fin du livre III.
[13!j9] deuxième PARTIE, LIVRE IV, i-m. \0?.
LIVRE IV.
417. (^y commence le quart livre de ce second volume des
(Ironicqucs d'Eugleterre , lequel contient en soy xxi
cluippittres, le premier desquelz dist : Comment la paix
que les deux roys de France et d'Engleterre firent ne
pleut pas aux Franchois : Comment le roy d'Engleterre
fist de rechief grant appareil pour retourner en France ;
et comment messire Eustace d'Ambercicourt fut délivré
de prison. Chapitre I.
Cf. Fr., livre I, part. II, cli. c-ci.
418. Comment messire Brocquart deffia le roy de France :
des villes et cbasteaulx qu'il prinst ou royaulme. Com-
ment les Ausveronois s'assamblerent contre les Anfjlois
qui gastoient le royaulme de France, et comment ilz
furent decheuz. II.
Cf. Fr., livre I, part. II, cli. cii-civ.
419. Comment les Allemans despendirent leur argent à
Callais, en attendant le roy d'Engleterre. Comment, de
ceste foiz, le duc de Lancia stre les mena en France; et
comment ilz asstîgereut Bray sur Somme et gasterent
tout le pais de l' environ. HA-
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cv-cvn.
420. Cy parle du malntieng des Anglols en France ; de lu
responce que le roy d'Engleterre fist aux Allemans sur la
J04 CROMCQUES DE?^GLETERRE. [1359-60]
pecune qu'ilz demandoient, et des ordonnances que le
dit roy fist. ^ IV.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cvra-cxi.
42 1 . Comment le roy d'Engleterre estoit pourveu de touttes
choses nécessaires à ost quant il entra en France, et des
rencontres qui se faisoient tous les jours des Francliois
et des Anglois l'un contre l'autre. V.
Cf. Fr , livre I, part. II, ch. cxi-cxiii.
422. Comment le roy d'Engleterre vint assegier la cité de
Rains : et comment le chastel de Tharans fut prins des
Anolois. \I.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cxiv-cxvm.
423. Comment le roy d'Engleterre se part du siège de
Rains, et gasta tout le pays par où il passa : et des fours
et des molins, et des aultres instrumens de guerre qu'il
fist amener d'Enirleterre. VIL
Cf. Fr., livre I, part. II, cli. cxix-cxxi.
424. Comment le duc de Bourgongne se composa au roy
d'Engleterre, adfin que son pais ne fustgaslé. De la grant
tribulation en quoy le royaulme de France estoit : et de
lapropliezie d'Avignon, du cordelier; puis delembusche
de ceulx du roy Anglois, qu'ilz firent sur ceulz de Pa-
ris. VIII.
Cf. Fr., livre I, part. 11, ch. cxxii-cxxx.
425. Cy devise de l'orage et tempeste qui cliei sur les An-
glois devant la cité de Chartres : et de la paix qui fut
traittié entre le roy Anglois et les seigneurs de France,
et le contenu de la chartre qui lors en fut faitte. iX.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch, cxxxi-cxxxirr.
426. Comment le roy Edouard s'en retourna en Engleterre.
Comment le roy Jehan ne povoit venir en France, par
faulte de pecune ; et des pilleries que les Anglois faisoient
ou royaulme de France. X.
Cf. Fr., livre I, jiarl. II, ch. <:\\\iv-cxxxvi.
[13G0-G3J DEUXIÈME PARTIE, LIVRE IV, iv-\v. iOa
427. Cy devise la-fourme des lettres en brief faittes sur
Faliance et confederacion de la paix entre le roy de
France et le roy d'Engleterre, et de promesses que l'un
roy promist à l'autre sur la manière dessusdite , laquelle
lettre ou cliartre s'appelle renonciation. XI.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cxxxvn-cxxxïx.
428. Comment la paix fut jurée de rechief entre les roys
de France et d'Engleterre : et comment nulles paix ne
furent lors faittes sur la duchié de Bretaigne, et la cause
pourquoy. XII.
Cf. Fr., livre I, part. Il, ch. cxl-cxlii.
429. Comment les deux roys de France et d'Engleterre
s'appelloient frères, pour cause de la paix; et des hosta-
giers qui furent donnez aux Anglois pour le roy de
Franche, et comment il vint après en France. XIII.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cxLin-cxLV.
Dans la liste des seigneurs qui furent envoyés en Angleterre
comme otages pour le roi Jean , figure le sire de Saint-Venant.
C'était Robert de ff'avrin, ainsi que le dit notre chroniqueur, dont
le récit, à cela près de ce l'enseignement , est copié presque mot
pour mot dans Froissart.
430. Des commissaires qui furent, de par le roy de Franche,
ordonnez pour délivrer les terres aux Anglois, qui avoient
esté promises au traittié de la paix; et de ceulz d'Engle-
terre qui faisoient vuidier les garnisons angloises, et des
compaignies qui se misrent sus. XIV.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cxLvi-cr.vi^w.
431. Des ordonnances que le roy d'Engleterre fist en son
pais. Comment le prince de Galles ala demourer en
Acquitaine ; et comment le roy de France et le roy de
Cippre emprindrent la croix et le voiage d'oultre mer,
par l'ordonnance du pappe. XV.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. CLvn-CLfx.
d06 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1363-64]
432. Comment le roi de Cippre ala en l'Empire prier aux
seigneurs qu'il prensissent la croix. XVI.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. CLX-ci-xti.
433. Comment le roy de Cippre passa en Engleterre à cause
de prier le roy Edouard de prendre la croix. Des grans
dons qui lui furent donnez. Et coimnent le roy Jehan
de France ala en Engleterre contre la voulenté de ses
barons. XVII.
Cf. Fi'., livre I, part, II, ch. cLxni-CLXV.
434. Comment le roy de Cippre parla au prince de Galles
sur Testât de la Croix. De la mort du roy Jehan de
France. Comment la ville de Nante fut prinse par les
Franchois ; et comment le captai resconforta le roy de
Navarre. XVIII.
Cf, Fr., livre I, part. II, cli. clxvi-clxvii.
435. Comment le corps du roy de France* fut homiourable-
ment enseveli. XIX.
Cf. Fr., livre I, paît. II, ch. clxix/ clxxi, cjLXxn, CLXXvn,
CLXXIX , CLXXX , CXCI.
Après avoir dit, ainsi que Froissart, que le corjis de Jean, roi
de France, étoit embaumé et mis en un sarcueil , Wavrin ajoute :
« Ainsy que le roy d'Engleterre l'avoit fait ordonner en grant
plaintes de doleurs, lequel avoit fait grant honneur au corps:
car il lui avoit fait faire moult notables services. Sy en porta le
duel lui et la royne-, et ses enfans; puis convolèrent le corps jus-
ques à Douvres, et, de là , fut aporté à Paris. «
Outre ce qui concerne la mort du roi de France, le chapitre de
^Vavrin comprend le récit, fort abrégé, de ce que contiennent les
sept chapitre de Froissart auxquels nous renvoyons.
43G. (Jy fait mension comment les Franchois et Bretons,
soubz, la conduite de mcssire Charles de Blois , se com-
1 . Jcai) , surnommé le Bon , roi de France , sacre le 20 S( plembre
i350. Mort a Londres le 8 avril i3Gi. (Anselme, I, 103.)
2. Philippe de lîainaut.
[1364-63] DEUXIEME PARTIE, LIVRE IV, xvi-xxi. 107
bâtirent à l'encontre des Anglois, desquelz estoient cou-
duteurs le conte de Montfort et messire Jehan Chandos,
qui eurent victore. De la mort messire Charles de Blois,
et de la prinse messire Bertran de Glaicquin. XX.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cxciii, cxcv-cxcvin.
437. Comment le conte de Montfort fist paix parmi ce qu'il
demoura duc de Bretaigne, par l'accord et consentement
des deux roys de France et d'Engleterre. XXI.
Cf. Fr., livie I, part. II, cli. cc-ccix.
Cy fine le quaîricsiiie livi'e de ce second volume des Cionlcques
cT F.iii-lplen e.
lOX CRONICOUES D'EKGLETERRE. [136S-Ô7]
LIVRE Y.
438. Cy commence le chincquiesme livre de ce second vo-
lume des Cronicqiies d'Engleterre, qui contient en soy
XXII chappittres ; le premier dcsquelz parle du com-
mencement des guerres d'Espaigne et du maulvais roy
dom Piètre. Chapitre I.
Cf. Fi-., livre I, part. II, cli. ccni-ccv.
439. Comment le roy dom Piètre pria au prince de Galles
qui le voulsist aidier contre son frère. II.
Cf. Fr., livre I, part. II, cli. ccvi-ccix.
440. Comment le roy Henry s'alia au royd'Arragon. Com-
ment le prince de Galles fut conseillié sur Testât de sa
guerre, des gens qu'il manda, des aides qu'il prinst. Com-
ment messire Perdugas de Labreth desconfist le senesclial
de Thoulouse,et,en'sa cbevavdchié, pluiseurs aultres se-
nescliaulx et aussy le visconte de Nerbonne. 111.
Cf. Fr., livre I, part. II, cli. ccx-ccxir, ccxiv.
441. Comment les compaignies laissèrent partir leurs pri-
sonniers sur leurs foix. Comment le pappe leur deffendy
qu'ilz ne payassent n-ulles rendions. Comment le roy de
Malogres parla au prince de Galles, et comment le dit
prince se parti pour aller en Espaigne. IV.
Cf. Fr., livre I, part. II, cli. ccxv-c:cx\i.
442. Du gratit mandement (|ue le roy Henry le Bastard fist.
[1367] DEUXIÈME PARTIE, LIVRE Y, i-vm. 100
Comment il manda au prince qu'il le combateroit. Com-
ment messire Olivier de Mauniprinst le roy de Navarre :
l'ordonnance des battailles du dit prince ; et comment
messire Bertran de Claicquin arriva en l'ost. V.
Cf. Fr., livre I, part. Il, ch. ccxxii-ccxxvii.
443. Comment les gens du duc de Lanclastre furent escar-
muchiez. Comment les com^eurs anglois furent tous mors
ou prins. Du conseil que le roy Henry ne vault croire.
Des lettres que le prince lui envoya : du conseil que mes-
sire Bertran de Claicquin donna sur ces lettres, VI.
et. Fr., livre I, part. II, ch. ccxxvm-ccxxxir.
444. Comment le prince commanda à ses gens qu'ilz s'ap-
pareillassent pour combatre. Comment le roi Henri or-
donna ses battailles. Comment ilz s'assamblerent aspre-
ment, et du confort que le roy Henry faisoit àses gens. VH.
Cf. Fr., livre I, part. II, cli. ccxxxiii-ccxxxviir.
Dans ce chapitre, où Wavrin reproduit presque textuellement
ceux de Froissart que nous venons d'indiquer, à l'exception du
dernier dont la narration est un peu ditïcrente , nous signalerons
un passage qui ne se trouve que dans Wavrin. Avant la bataille
deNavares, le prince, accompagnera la jlcur de chevalerie^ aaloit
par les rens enhortant ses gens de bien faire , disant en telle ma-
nière: Avant, mes amis et vaillnns campions^ je vous prie acquillez
vous à vostre maineix' aconstumé , et je crois que briefvement la
place sera nostre. Et les vaillans chevaliers, oyans ces paroUes du
prince \ et voiant les grans cops qu'il donnoit, s'esvertuoient telle-
ment que riens ne demouioit devant eulx estable, tant desiroient
tous de complaire au Prince leur seigneur. »
445. Comment messire Bertrand de Claicquin fut prins et
ses gens desconfis. Comment le roy Henry se mist à saul-
veté quant il vey les Espaignolz enfuis : le nombre des
mors, des citez qui se rendirent au roy dom Piètre, et la
response que le dit roy fist au prince de Galles. VIH.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. ccxxxix-ccxliii.
1 . Surnommé le Prince Noir, fils d'Edouard lU et père de Richard II
Mort en 1376.
iU) CROINICQUES D'ENGLETERRE. [136T-G9]
446. Du grant honneur et bonne renommée que l'en por-
toit au prince de Galles de la ■victoire d'Espaigne. IX.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. ccxliv.
447. Comment le roy Henry, sa femme et ses enffans s'en
alerent à refuge à Valence, devers le roy d'Arragon. Com-
ment il ala guerroier le prince de Galles. Comment le
prince retourna d'Espaigne en son pais ; et du mariage
messire Leonel, duc de Clarence, frère au dit prince de
Galles. X.
Cf. Fr., livre I, part. Il, oli. ccxLvrcxLVin.
448. Comment les barons de Gascongne se complaindirent
au roy de France du prince de Galles. Comment le roy
Henri retoin-na en Espaigne. Du conseil que messire
Bertran de Claicquin donna. Et comment le roy dom
Piètre fut desconfîs. XI.
Cf. Fr., livre I, part. II, cli. ccxlix-ccli.
449. Cy fait mention de la grande battaille qui se fist devant
Nantueil des deux frères d'Espaigne , c'est à scavoir le
roy dom Piètre et le roy Henri le Bastard, à laquelle
battaille le roy dom Piètre fut desconfis. XII.
Cf. Fr., livre I, part. II, cli. ccLii-ccLni.
450. Comment le roy dom Piètre fut prins et mis à mort. La
teneur d'aulcunes lettres touchant le roi de Franche et
cellui d'Engleterre. Et le conseil que les Pères donnè-
rent au roy de France de faire guerre aux Anglois. XIII.
Cf. Fr., livre I, part. II, cli. ccliv-cclvi, ccLvrn.
451. Comment le roy de France fist adjourner le prince de
Galles devant lui, à la requeste des barons de Gascongne ;
et comment ceulx qui le adjournercnt furent mis en
prison. XIV.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cclix-cclxi.
452. Comment pluiseurs seignem-s hostagiers s'en retournè-
rent en France. Comment aucuns barons de Gascongne
[1309] DEUXIÈME PARTIE, LIVRE V, xx-xx. Ul
desconfircnt le scneschal de Roiiergue. Et comment le
roy d'Engleterre fut deffié de par le roy de France. XV.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. ccLxn-ccLxiv.
453. Comment, après la deffiance, la conté de Ponthleu fut
prinse. Du grant mandement que les ducz d'Anjou et de
Berri firent, et du secours que le roy d'Engleterre envoia
au prince de Galles, son fils. XVI.
Cf. Fr., livre I, part. Il, cli. ccLxv-cci-xvir.
454. Gomment le prince fist courir la conté de Pieregord.
Gomment messire Jehan Ghandos prinstTerrieres. Com-
ment Reauville fut assegié, et comment l'arclievesque de
Thoulouse converti pluiseurs gens à la partie du roy de
France. XVII.
Cf. Fr,, livre I, part. II, ch. cclxviii-cclxxi.
455. Gy parle du mariage du duc Phelippe de Bourgonone
à la fille du conte de Flandres : des aliances du roy de
Navarre aux Anglois. Gomment les Anglois qui estoient
en garnison à Reauville fiirent tous mors ou prins, et do
pluiseurs assaulz fais par les Franchois. XVlîI.
Cf. Fr., livre I, part. Il, ch. ccLxxn-ccLxxv.
456. Comment le prince de Galles fist nouveauk maistrcs
sur ses gens d'armes. Du seigneur de Labre th, qui se
tourna Anglois. Gomment la garnison de Dommes fu
assegié , et pluiseurs villes et fortresses prinses par les
Franchois. XIX.
Cf. Fr., livre T, part. II, ch. cclxxti-cci.xxix.
457. Comment la garnison de Bordille fut sourprinse par
grant cautelle des gens d'armes qui retournèrent devers
le prince de Galles. Comment le chastel de Belle Perche
fut prins et aussy la ducesse de Bourbon, qui dedens
estoit. X.X
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cclxxx-cclxxxii.
458. Gy fait mention d'un grant appareil de nefz que fist le
roy de France alencontre des Anglois, et de la Roche
H2 CRONICQUES D'E^GLETERRE. [1360]
sur Yon qui se tourna Anglesse : et du duc de Bourgon-
gne, qui se vouloit combatre encontre le duc de Lan-
clastre. XXî.
Cf. Fr., livre I, part. II, cîi. ccLxxxm-ccLXxxvi.
459. Cy paille des maulx que messire Jelian Chandos fist en
Anjou. Comment messire Lois de Sanxerre desconfi le
conte de Pennebrocli, et du secours que messire Jehan
Chandos fist au dit conte de Pennebroch. XXII.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. ccLxxxvrr-ccLXXxix.
Cv Une le chincquiesnie livre de ce second volume , et s'ensleult
le VI° livre.
[i:j69-70] DEUXIEME PARTIE, LIVRE VI, i-iv. HZ
LIVRE VI.
460. Cy commence le VP et derrenier livre de ce second vo-
lume des Cronicques d'Engleterre, qui contient en soy
XXIX chappitres : le premier desquels dist comment le
conte de Pennebrocq et ses gens s'en retournèrent de-
vers messire Jehan Chandos; comment la noble royne
trespassa de ce siècle, et comment elle requist au roy
Edouard, son mary, qu'il lui volsist accorder trois dons.
Chapitre I.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. ccxc-ccxcii.
461 . Comment lesFranchois furent vaillamment receuz des
Anglois à l'escarmuche de Tournehem. Comment le
duc de Bourgongne se parti de là sans combatre, et du
pais qui tut ars et gasté par les Anglois. II.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. ccxciii-ccxcv.
462. Comment la conté de Saint Pol et le pais de Vermen-
dois furent gastez par les Anglois. Comment messire de
Chastillon fut prins, et de l'escarmuche que messire Jehan
Chandos fist à ceulx de Saint Silvin. III.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. ccxcvi-ccxcvm.
463. Comment messire Jehan Chandos fut occis, et ses gens
prins et desconfis par les Franchois; derechiefles Fran-
chois furent reprins par les Anglois, en ce mesme jour: et
des plaintes que les Anglois firent sur la mort de mes-
sire Jehan Chandos, seneschal de Poitou. IV.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. ccvcix-ccci.
I 8
iik CROKICQUES D'E^GLETERRE. [1370]
464. Comment Chasteaulerau fut prins parles Franchois,et
le chastelde Belle Perche assegié par le duc de Bourbon.
Et comment la g-arnison Englesse emmenèrent av«c eulx
la mère au dit duc de Bourbon, comme prisonnière. V.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cccii-cccv.
465. Comment Franchois entrèrent dedans Belle Perche : et
comment le roy de France envoia le duc d'Anjou en
Acquitaine, pour faire grant guerre aux Anglois. VI.
Cf. Fr., livre I, part. II, et. cccvi-cccvm.
466. Comment messire Bertran de Claicquin revint d'Es-
paigne en France. Comment le duc d'Anjou exploita en
Languedoc ; et comment le duc de Berri assiega la cité
de Limoges. ^11.
Cf. Fr., livre I, part. Il, cb. cccix-cccx.
467. Comment le prince de Galles fist grant mandement de
gens, et comment il se parti d'Angoulesme pour obvier
aux entreprinses des ostz Franchois. VIIL
Cf. Fr., livre I, part. II, cli. cccxi.
468. Des trêves qui fui'eut entre Escoche et Engleterre. Des
Anolois qui gastoient Piccardie. De ceulz de Noion qui
prindrent les Anglois qui avoient ars le Pont l'Evesque.
Et comment messire Bertran de Claicquin fut mandé du
roy de France. IX.
Cf. Fr., livre I, part. II, cli. cccxn-cccxv.
469. Comment ceulx de Limoges se rendirent au duc de
Berri. Et comment messire Robert Canolle vint, atoute
sa puissance, devant la cité de Paris. X.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cccxvi-cccxviii.
470. Comment messire Bertran de Claicquin prinst plui-
seurs chasteaulx, ou pais deLimosin. Comment le prince
de Galles ardy et destruisy la cité de Limoges, et com-
manda de mettre Fevesque à mort. Et comment messire
Bertran de Claicquin fut fait connestable de France. XI.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cccxix-cccxxii.
[1370-72] DEUXIÈME PARTIE, LIVRE VI, v-xv. 115
471 . Comment les gens de messiie Robert de Canolle furent
desconfis par messire Bertran de Claicquin. De la mort
du pappe Urbain, v^ de ce nom. Et comment messire
Urbain * de Maruel fut prins des Anglois. XII.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cccxxni-cccxxv.
472. Cy parle de la mort à Vaisné filz du prince de Galles :
des plaintes qu'il ot, du grand obseque qui lui fut fait.
Conmient le chastel de Montpaon fut prins par les An-
glois, et de la garnison qui y fut mise. XIII.
Cf. Fr,, livre I, part. II, ch. cccxxvi-cccxxix.
Le jeune Edouard, fils aîné du prince de Galles, mort en 1371,
à l'âge d'environ sept ans, fut vivement regretté, dit Wavrin,
« par touttes manières de gens. Sy disoient , communément, que
à sa mort avoit beaucoup perdu ; car il estoit aparant d'estre preu
et vaillant chevalier. Car de l'eage qu'il avoit en veoit on grandes
expériences, car il estoit large, courtois et amiable à toutes gens,
tant aux gentilz comme aux villains, et au povre comme au riche ;
pourquoy il fut grandement plaint. »
473. Comment les garnisons franchoises gastoient le pais
de Poitou. Comment le sire de Pons se tourna Fran-
chois, mais sa femme se tint Angloise. Et comment Mon-
contour, en Bretaigne, fut prinse. XIV.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cccxxx-cccxxxii,
474. Comment messire Bertran de Claicquin, connestable de
France, prinst pluiseurs villes et chasteaulx en France.
De ceulz d'Uzez qui se rendirent à lui. Du discord qui
fut entre le roy d'Engleterre et messire Robert Canolle.
Des Flamens qui furent desconfiz sur mer par les
Anglois. XV,
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cccxxxiu-cccxxxv.
475. Comment le roy d'Engleterre mist gians gens sur mer
contre les Flamens, et de la paix qui en fut faitte. Com-
ment le roy de Malogres fut renchonnë du roy Henri.
1 . Froissart met Raymon de Mareuil,
116 CRONICQUES D^ENGLETERRE. [137'i-73]
Comment le duc de Lanclastre espousa la fille au roy
dom Piètre : et des confédérations d'entre France et
Espaigne. _ XVI.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cccxxxvi-cccxxxix.
476. Comment le duc de Lanclastre ordonna gouverneurs
en Gulenne. Comment le roy d'Engleterre fist le conte
de Pennebrocq en gouverneur de Poitou. Comment le
conte se parti d'Engleterre pour y aler, et comment les
Espaignolzlecombatirent au havre delà Rochelle. XVII.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cccxl-cccxxti.
477. Comment îe seneschal de la Rochelle et aultres vail-
lans hommes alerent secourir le conte de Pennebrocq,
quand ilz veirent que ceulx de la ville n'y vouloient aler.
Comment le dit conte fut prins et ses gens desconfis : et
comment les Espaignols se partirent du havre de la
Rochelle. XVIII.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cccxLm-cccxLv,
478. Comment Yvain de Galles desconfi les Anglois del'isle
de Grenessie. Comment le roy de France envoia en Es-
paigne quérir gens d'armes pour assegier la Rochelle : et
comment messirc Bertran de Claicquin et ses gens prin-
drent le chastel de Montmorillon. XIX.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cccxLvi-cccxLvnr,
479. Comment le connestable de France assiega Montcon-
tour. Comment il s'en parti pour aler devers le duc de
Berri en Liniosin. Comment ils prindrent Sainte Sevré :
et comment la cité de Poitiers se rendy Franchoise. XX.
Cf. Fr., livre I, part. II, <h. cccxlix-cccli ; et t. VI, ch. DCLXvni
de la 1" édit. de M, Buchon.
480. Comment les Franchois prindrent le captai de Beuch
devant Subise. Comment ceulx de la Rochelle se rendi-
rent Franchois. Et conmient le rov d'Engleterre se mist
en mer pour venir lever le siège de ïhouars. XXI.
Cf. Fr., t. VI, ch. DCLxxx-DCLxxrii, 1" édit. de M. B.
|4373] DEUXIÈME PARTIE, LIVRE VI, xvi-xxvii. H7
■481. Comment messire Bertrau de Claicqiiin assiega la ville
et chastel de Cisez. Comment les Anglois, qui estoient là
venus pour escarmucliier, furent ruez jus : et comment le
pais de Poitou, deSaintongue et de la Rochelle fut déli-
vré des Analois. XXII.
Cf. Fr., t. VI, ch. DCLXxiv-DCLXXVi, 1" édit. de M. B,
482. Cy parle du siège de Betherel; de la paix d'entre le
roy de France et le roy de Navarre ; de la mort du roy
d'Escoce ; comment le duc de Bretaigne s'enfui en En-
gleterre à refuge, et comment le connestable de France
concqueroit sa ducee. XXIII.
Cf. Fr., t. VI, ch. DCLxxvii-DCLxxix, 1" édit. de M. B.
483. Comment la Roche surYon se rendy Franchoise. De
la composition que les garnisons Englesses de Brest et
de Derval firent au connestable de France. Et comment
messire Robert de Canolle ne vault entretenir ce que ses
gens avoient promis. XXIV.
Cf. Fr., t. VI, ch. DCLXXix-DCLXXxi , 1" édit. de M. B.
484. Comment pluiseurs Anglois furent desconfis du sei-
gneur de Bossut, devant le chastel de Ribeaumont : et
comment, aussy,lesembusches et garnisons des Soisson-
nois desconfirent pluiseurs aultres Anglois devant la ville
de Doncherie . XXV .
Cf. Fr., t. VI, ch. DCLxxxn-DCLxxxiv, 1" édit. de M. B.
485. Cy parle des hostaiges que ceulx de Derval avoient
baillié aux Franchois ; comment messire Robert Canolle
ouvra de ses prisonniers, et comment le duc de Lan-
clastre se maintint. XXVI.
Cf. Fr., t. VI, ch. DCLXXxv-DCLXxxvn, 1" édit. de M. B.
486. Comment pluiseurs villes et chasteaulz de Gascongne
se rendirent au roy de Franche. Comment messire Hue
de Chastlllon retourna de prison, et comment le chastel
de Batherel, en Northmandie , se tourna Fra nchois . XXV f I .
Cf. Fr., t. VI, ch. DCLXxxvin-DCxci, 1" édit. de M. B.
418 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1374-76]
487. Comment le duc de Bretaigne arriva en Bretaigne, où
il prinst plusieurs villes et chasteaulz par force ; et des
trêves qui furent accordées entre le roy d'Engleterre et
le roy de France, et tous leurs allez. XXVIIl.
Cf. Fr., t. VI, ch. Dcxci-Dcxcn,"l" édit. de M. B.
488. Cy parle de la chevaulchié que le seigneur de Couchy
mena en Otherice , de la mort du prince de Galles, et
aussy du trépas de son père, le roy Edouard d'Engle-
terre. XXIX.
Cf. Fr., t. VI, ch. Dcxcn, 1" édit. de M. B.
Cy fine le second volume des Cronicques d'Engleterre.
ANCHIENNES
CRONICQCES D'ENGLETERRE.
TROISIÈME PARTIE.
LIVRE PREMIER.
489. Cy commence le tierch volume des Cronicques d'En-
gleterre, lequel, pareillement comme les deux premiers,
contient en soy VI livres particuliers : le premier desquelz
comprent XXIII chappitres partiaulx. Ou premier chap-
pitre, il declaire le couronnement du roy Richard, filz au
noble Edouard, prince de Galles. Chap. I.
Cf. Fr., t, VI, ch. Dcxcn, !'<= édit. de M. B.
490. Cy parle du grant navire que le roy de France mist
sur mer ; comment pluiseurs villes furent destruites en
Engleterre, et comment le duc de Bourgongne recouvra
le chastel d'Ardre, et autres chasteaulx à l'encontre de
Callais. II.
Cf. Fr., t. VI, ch. Dcxcnr, 1" édit. de M. B.
491 . Comment la guerre commencha entre le roy de France
et le roy de Navarre. Comment le dit roy de Navarre
perdy la conté d'Evreulx, fors Chierebourg seulement,
que les François assegerent. Et de la chevauchée que le
duc de Lenclastre fist en Bretaigne. III.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cccxcv.
492. Comment le chastel d'Aulroy, en Bretaigne, fut rendu
120 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [4377-79]
aux Francoys ; et de la garnison francoise qui fut mise à
Montbourg. IV.
Cf. Fr., livre I, part. Il, ch. cccxcvi.
493. Comment la garnison de Chierebourg desconfy la gar-
nison de Montbourg. Comment messire Guillame des
Bordes fut prins et ra^nconné : et de la prouvision du roy
de France en ce cas. V.
Cf. Fr., livre I, part. II, ch. cccxcvii.
494. Cy fait mention comment lesEscotz prindrent le chas-
tel de Bervic ; de la reprinse par les Anglois ; et d'un ren-
contre où les ditz Anglois furent desconfiz. VI.
Cf. Fr., livre II, ch. xiii-xxi, xxvra.
495. Cy après fait mention du siège que Yvain de Galles
mist devant le chastel de Mortaigne, en Poitou, et de sa
mort. VII.
Cf. Fr., livre II, ch, xn, xxx, xxxin.
496. Comment le siège fut levé de devant le chastel de
Mortaigne par les Anglois. - VIII.
Cf. Fr., livre II, ch. xxxni-xxxv.
497. Comment les Anglois de Bordeaulx ruèrent jus la
gai'nison de Bezac et prindrent le chastel. IX.
Cf. Fr., livre II, ch. xxxviii.
498. Comment le roy de Navarre arriva à Bordeaulx sur
Geronde, et de ce qu'il y list. X.
Cf. Fr., livre II, ch. xxxviii-XLii.
499. Cy devise comment, en ensieuvantle traitié de la paix,
les noepces se parfirent. Et parle du seigneur de Muci-
deut. XI.
Cf. Fr., livre II, ch. xlii-xi.iv.
500. Comment le roy de France fut courouchié au conte
de Flandres, pour ce qu'il avoit soustenu le duc de Bre-
taigne, son ennemy. XII.
Cf. Fr., livre II, ch. xlv-xlvi.
[1379-80] TROISIÈME PARTIE, LIVRE I, iv-xx. 121
501. Cy devise comment le jenne conte Waleran de Saint
Pol prinst à femme la sœur au roy Richard d'Engle-
terre. XIII.
Cf. Fr., livre II, ch, xlvi-xlvii.
502. Comment le chastel de Ventadour, en Auvergne, fut
prins par les Anglols. Xl^.
Cf. Fr., livre II, ch. XLvn, li.
503. Cy commence faire mention en brief de la cause
pourquoy les communes de Flandres esmeurent contre
leur seigneur guerre. XV.
Cf. Fr., livre II, ch. lu, lui et lv.
504. Cy dist comment le duc de Bretaigne retourna en son
pays j et du confort que le roy Richard d'Engleterre lui
fist. XYI.
Cf. Fr., livre II, ch. ux.
505. Comment messire Bertran de Claiquin mist le siège
devant Nœufchastel de Randon qui sied à trois lieues de
la cité de Mede, et là il morut. X\II.
Cf. Fr., livre II, ch. lxiv-lxv.
506. Cy fait mention comment le conte de Bouquinghem,
oncle du roy Richard d'Engleterre, se mist en mer à
grant puissance, en intention de faire secours au duc de
Bretaigne et passer parmy le royaulme de France ; et des
adventures qu'il eut en ce voyage. XVIII.
Cf. Fr., livre II, ch. lxv-lxvi.
507. Cy fait mention des chevaliers qui alerent en Allemai-
gne devers le roy des Rommains requerre sa sœur en
mariage pour le roy Richard d'Engleterre. XIX.
Cf. Fr., livre II, ch. ixvi.
508. Comment le conte de Bouquinghem et les Anglois
vindrent devant la cité de Troyes en Champaigne. XX.
Cf. Fr., livre II, ch. Lxvn.
509. Cy fait mention comment les Anglois vindrent escar-
122 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1380]
muchier au bollewercq devant Troyes, et comment ilz
le gaignerent par force d'armes. XXI.
Cf. Fr., livre II, ch. ixvn-LXix.
510. Cy fait mention de la mort du roy Charles de
France. XXII.
Cf. Fr., livre II, ch. lxx-lxxi.
511. Comment les Anglois approchèrent le pays de Bretaigne,
et comment le duc envoya de ses gens au devant
d'euk. XXIII.
Cf. Fr., livre II, ch. Lxxn-Lxxni.
Cy fine le premier livre de ce tierch volume ets'ensievra le second.
[1380-81] TROISIÈME PARTIE, LIVRE II, r-vi. 12^^
LIVRE II.
512. Cy commence le second livre, lequel contient en soy
XXVI chappitres : le premier desquelz parle du couron-
nement du jeune roy Charles de France, filz de Charles
le Sage deffunct. Chap. I.
Cf. Fr., livre II, ch. lxxiv.
513. Comment le conte de Bouquinghem assega la cité de
Nantes en Bretaigne. II.
Cf. Fr., livre II, ch. lxxv.
514. D'une autre saillie que firent ceulx de la garnison de
Nantes sur les Anglois. III.
Cf. Fr., livre II, ch. lxxv-lxxvi.
515. Ycy parle d'une saillie que aucuns François firent sur
les Anglois. IV.
Cf. Fr., livre II, ch. lxxvi.
516. Ancores d'une autre saillie faite par le Barrois des
Barres sur le siège des Anglois. V.
Cf. Fr., livre II, ch. lxxvi.
517. Comment le conte de Bouquinghem et les Anglois se
deslogerent de devant la cité de Nantes. VI.
Cf. Fr., livre II, ch. lxxvi-lxxxi.
518. Cy fait mention du traitié qui se fist entre le roy de
France et le duc de Bretaigne : du mal content qui
124 CRONICQUES D'ENGLETEPJIE. [1381]
furent entre le conte de Bouquinghem et le dit duc, et
du département des Anglois. VII.
Cf. Fr., livre II, ch. lxxxii-lxxxiv.
519. Des armes qui furent faites devant le chastel Joselin :
et comment l'escuier Francoys y fut occys par l'An-
glois. VJII.
Cf. Fr., livre II, ch. Lxxxv-cn.
520: Gy fait mention comment le roy de Portingal envoya
quérir secours en Engleterre : et comment le roy Richart
d'Engleterre y envoya son oncle, le conte de Cante-
bruge. IX'
Cf. Fr., livre II, ch. ciu-cv.
521. Cy fait mention du menu peuple qui s'esleva en En-
gleterre, et de la rébellion : et du péril en quoy ilz misrent
le royaulme, se Dieu n'y eust pourveu. X.
Cf. Fr., livre II, ch. cvi-cxi.
522. Comment le roy Richard d'Engleterre se party de
Londres et vint parler à cette communaulté. XI.
Cf. Fr., livre II, ch. cxii-cxni.
523. Comment le commun d'Engleterre occirent ung vail-
lant chevalier, nommé messire Robert Salle, pour ce
qu'il ne vouloit point aler avecques eulx. XII.
Cf. Fr., livre II, ch. cxiv-cxv.
524. Comment le duc de Lanclastre fut à mercy de la ré-
bellion qui estoit en Engleterre par le commun alen-
contre des nobles et du clergier. XIII.
Cf. Fr., livre II, ch. cxvi-cwii.
625. Comment le roy Richard d'Engleterre prinst vengance
du menu peuple qui s'cstoit eslevé en son pays, et com-
ment il les pngny. XIV.
Cf. Fr., livre II, ch. cxviii.
526. Comment le duc de Lanclastre se complaint au roy de
ce que messire Mahieu Rademont , cappitaine de Ber-
[1381-82] TROISIEME PARTIE, LIVRE II, vii-xxii. 425
' vich, luy avoit refuse l'entrée de ladite ville de Ber-
vich. XV.
Cf. Fr., livre II, ch. cxix.
527. Cy fait mention du voyage que fist le conte de Cante-
bruge en Portingal, et de ce qu'il y fist. XVI.
Cf. Fr , livre II, ch. cxx-cxxvii.
528. Comment ceulx de Paris et ceulx de Rouan se rebel-
lèrent : et comment le roy de France y envoya le sei-
gneur de Gouchy pour les rappaisier, et de ce qu'on y
fist. XVII.
Cf. Fr., livre II, ch. cxxvm, cxxx-cxxxii.
529. Comment madame Anne, sœur au roy Charles de Be-
haigne et des Rommains, fut amenée en Engleterre, et
la prinst le roy Richard à femme et espouse. XVIII.
Cf. Fr., livre II, ch. cxxxni.
530. Comment, apresle retour desBehaignois, madame Anne
passa la mer. XIX.
Cf. Fr., livre II, ch. cxxxiv.
531. Comment le duc d'Anjou esleva grans finances en
France, pour avoir gens d'armes pour aler en Sesille. XX,
..Cf. Fr., livre II, ch. cxxxv-cxxxviii.
532. Cy fait mention des guerres de Portingal et d'Es-
paigne, où furent maintes appertises d'armes par les An-
glois et Gascons qui estoient ou service du roy de Por-
tingal. XXI.
Cf. Fr., livre II, ch. cxxxix.
533. Comment les Anglois et Gascons, qui estoient en gar-
nison en la Ville Viciouse, alerent courre en Castille oultre
la voulenté du roy de Portingal. XXII.
Cf. Fr., livre II, ch. cxl-cxlii.
534. Comment les Anglois, qui estoient en garnison à Vi-
ciouse, eslevei*ent le Penon Saint George, et volrent faire
126 CRONICQUES D'EînGLEïERRE. [1382]
guerre au roy de Portingal, pour ce qu'il ne les payoit
de leurs gaiges. XXIU.
Cf. Fr., livre II, cli. cxlh-cxliv.
535. Gomment les deux roys d'Espaigne et de Portingal
vindrent tenir la journée et place ordonnée et conciute
par eulx, cliascune partie à toute sa puissance, et sy s'en
partirent sans eulx combatre, comme vous orez. XXIV.
Cf. Fr., livre II, cli. cxxv.
536. Comment la paix fut faite entre les deux roys dessus
dits, d'Espaigne et de Portingal. XXV.
Cf. Fr. , livre II, ch. cxiv.
537. Cy parle d'un fait d'armes qui se fist à Badeloce, de
deux escuiers, l'un François et l'autre Anglois. XXVI.
Cf. Fr., livre II, ch. cxlvi, cxivn et clhi.
Cy fine le second livre de ce tierch volume et cominenche après
le III.
[1382] TROISIÈME PARTIE, LIVRE III, r-in. 127
LIVRE ÎIL
538. Cy commence le IIP livre de ce tierch volume, conte-
nant xLiii chappitres : ou premier desquelz il fait men-
tion, en brief, de la guerre que les Gantoys firent alen-
contre de leur seigneur le conte de Flandres. Chap. I.
Cf. Fr., livre II, ch. CLm-cLiv.
539. Cy fait mention comment les Gantoys desconfirent
ceulx de Bruges, et comment ilz prindrent Bruges ; et
comment le conte de Flandres se sauva. II.
Cf.Fr., livre II, ch. CLV-CLvrn.
540. Comment le conte de Flandres se party de nuit, tout
de pyet, de la ville de Bruges. III.
Cf. Fr., livre II, ch. clix, clxi, clxv-clxix et clxxiv.
Ce dernier chapitre de Froissart et une partie du précédent con-
tiennent le récit de faits dont Wavrin parle fort succinctement ;
nous trouvons, néanmoins, dans ce dernier un passage que nous
allons citer et qui est omis par Froissart. Charles VI allant en per-
sonne secourir le comte de Flandres', dont les sujets s'étaient
révoltés, le comte partit de Hesdin <c et lui vint à lencontre jusques
à l'abbaye de Saint Nicolas d'Arnoise, qui siet en pays de Verman-
dois : et là fist hommaige au roy de toutes les terres qu'il tenoit
de lui, puis après s'en vint (le roi) à Arras, et y annva le un" jour
de novembre l'an mil iii'^ nu" et ii. » Tout ce qui suit ce passage,
1. Louis III du nom, dit de Maie, comte de Flandre, Mort en 138*
[j^rt de vérifier les dates^ III, 20).
428 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [4382]
jusqu'à la bataille de Rosebecque, se retrouve, à peu près dans les
mêmes termes, dans la Chronique de Flandres , chap. cxi, p. 230,
édition de D. Sauvage.
541. Gy fait mention comment le roy de France eult nou-
velles de la rébellion que ceulx de Paris firent. IV,
Cf. Fr., livre II, ch. CLXxxvn' -cxci.
542. Cy parle d'une grant merveille qui advint ceste nuit
en l'ost des Flamens dont la bataille fut lendemain, que
on dist de Rosebecque. V.
Cf. Fr,, livre II, ch. cxcn-cxcin.
543. Cy devise comment les F'rancoys ordonnèrent leurs
batailles. Yl.
Cf. Fr., livre II, ch. cxctv-cxcv.
544. Cy parle comment les troys chevaliers vindrent faire
leur rapport devers le roy de France, et comment les
batailles commencèrent à marchier Tune contre l'au-
tre. VIL
Cf. Fr., livre II, ch. cxcvi.
545. Gomment le roy de France combaty les Flamens à
Rosebecque et les descontist. VIII.
Cf. Fr., livre II, ch. cxcvn-cc, ccnr.
546. Comment le pape Urbain se party de Romme et vint
à Gennes, et de ce qu'il y fist. IX.
Cf. F>., livre II, ch. ccvri.
547. Comment le roy d'Engleterre fist mettre sus grans
gens pour passer en France, mais l'evesque de Nordvich,
qui en estoit en chief, ala sur Flandies, où moult de
maulx se firent. X.
Cf. Fr., livre II, ch. ccvii.
1. Les douze chapitres qui précèdent celui-ci ont été mis à contribu-
tion par Wavrin dans son chapitre in ; mais il le.5 a si sommairement
abrégés que nous n'avons pas cru devoir y renvoyer le lecteur.
[1383] TROISIÈME PARTIE, LIVRE III, iv-xviir. 129
548. Cy fait mention comment l'evesque de Nordvich passa
la mer et vint à Gallays, puis priust Gravelinghes par
force. ][^£
Cf. Fr., livre II, cli. ccvn.
549. Comment messire Jehan Villain et messire Jehan du
Molin furent envoyés, de par le conte de Flandres,
devers l'evesque de Nordvich qui estoit à Gravelin-
ghes. XIl.
Cf. Fr., livre II, cli. ccvn.
550. Comment les deux chevaliers dessus nommés arrivè-
rent à Gravelinghes par devers les Anglois, XIII.
Cf. Fr., livre II, cli. ccvn.
551. Cy fait mention comment l'evesque de Nordvich fist
response aux deux chevaliers que le conte Loys avoit
envoyés par devers lui à Gravelinghes. XIV.
Cf. Fr., livre II, ch. ccvii-ccvni.
552. Cy fait mention de la bataille qui fut devant Duu-
querque, où les Flamens furent descontis. XV.
Cf. Fr., livre II, ch, ccviii-ccix.
553. Comment les Anglois passèrent par devant la ville de
Aire. XVI.
Cf. Fr,, livre II, ch, ccix.
554. Comment l'evesque de Nordvich et les Anglois asse-
gerent Yppre. XVII.
Cf. Fr., livre II, ch. ccix-ccx.
555. Comment le roy de France, à moult grant puissance
de gens d'armes, acompaignié de ses oncles et de tous
les haulx princes de France et alyés, vint vers Flandres
pour combattre les Anglois. XVIII.
Cf. Fr., livre II, ch, ccx.
556. Comment nouvelles vindrent aux Anglois, quiestoient
au giege devant Yppre, que le roy de France, à grant
puissance de gens d'armes, avaloit en bas pour lever le
130 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1383-84J
siège d'Yppre : et comment les Anglois levèrent leur
siège. XIX.
o
Cf. Fr., livre I[, ch, ccxï-ccxii.
557. Comment le roy de France vint devant Bourbourch
pour assegier les Anglois qui s'estoient dedens re-
traitz. XX.
Cf. Fr., livre II. ch. ccxii.
558. Comment Francoys Acreman, gantoys, prinst Aude-
narde par eschellement, à l'heure de mynuit. XXI.
Cf. Fr., livre II, ch. ccxiii-ccxv.
559. Comment les Anglois se partirent de Bourbourch, la
ville rendue au roy de France. XXII.
Cf. Fr., li^re II, ch. ccxv-ccxvi.
560. Comment unes trieves furent prinses entre France et
Engleterre, Castille et ceulx de Gand, laquelle de voit
durer ung an : et de la mort du conte Loys de Flan-
dres. XXIII.
Cf. Fr., livre II, ch. ccxvi.
561. Cy fait mention de l'obsecque du conte de Flandres
et de la contesse sa femme. XXIV.
Cf. Fr,, livre II, ch. ccxvii.
562. Comment les Anglois alerent, à grant puissance, faire
une course en Escoche, où ils firent moult de dom-
mage. XXV.
Cf. Fr., livre il, ch. ccxvm.
563 « Comment les Escochois firent une course en Engle-
terre, ainsy comme les Anglois avoient fait en Es-
coche. XXVI.
Cf. Fr., livre II, ch. ccxix.
564. Gomment les trieves furent prinses entre Engleterre et
Escoche. XX VU.
Cf. Fr., livre II, ch. ccxix-ccxx.
565. Comment messire Geffroy de Charny et sa compai-
[1384-85] TROISIÈME PARTIE, LIVRE III, xix-xxxvii. 131
gnie fuient en grant daiigler , et comment il en es-
chappa. XXVIII.
Cf. Fr., livre II, ch. ccxx.
566. Comment la ville d' Ancien aide fut leprinse par le
seigneur d'Estouinay et pluiseurs autres chevaliers de
Flandres. XXIX.
Cf. Fr., livre II, ch. ccxxi.
567. Cy fait mention de la mort du duc d'Anjou. XXX.
Cf. Fr., livre II, ch. ccxxir-ccxxiii.
568. Cy fait mention de l'armée qui se mist sus en France
pour aler en Escoclie, laquelle porta peu de proutit.
XXXI.
Cf. Fr., livre II. ch. ccxxiv-ccxxv.
569. Cy parle d'une course où lesFrancoys furent rués jus
des Gantoys. XXXIl.
Cf. Fr., livre II, ch. ccxxv-ccxxvii.
570. Comment messire Jehan de Vyane, à mille chevaliers
et escuiers, arriva en Escoche pour faire guerre aux
Anglois. IXXIIl.
Cf. Fr., livre II, ch. ccxxvni.
671. Gomment les Escotz murmuroient ensamble, pour les
François qui estoient venus en leur pays. XXXIV.
Cf. Fr., livre II, ch. ccxxviii-ccxxxix.
572. Cy fait mention de l'armée que messire Jehan de
Yyane fist en Escoche, et comment ilz persévérèrent.
XXXV.
Cf. Fr., livre II, ch. ccxxxv.
573. Comment l'amiral de France et les Escots prindrent
le chastel de Werk, en Northumberland. XXXVI.
Cf. Fr. , livre II, ch. ccxxxv.
574. Comment le roy Richard d'Engleterre, à grant exercite
de gens, se party de Londres pour aler audevant des
Escotz. XXXV II.
Cf. Fr., Uyre II, ch. ccxxxv.
132 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1385]
575. Comment messire Jehan de Hollande ochist piteuse-
ment messire Richaz^t d'Estafoit, fils au conte d'Esta-
fort. XXXVIII.
Cf. P'r., livre II, ch. ccxxxv-ccxxxvi.
576. Comment le roy d'Engleterre entra en Escoche, et de
la grant destruction qu'il y fist. XXXIX.
Cf. Fr., livre II, ch. ccxxxvt.
577. Cy devise comment messire Jehan de Vyane, admirai
de France, et les François et Escotz, aloient ardant et
exillant le pays de Galles et de Northomberland. XL.
Cf. Fr., livre II, ch. ccxxxvi-ccxxxvir.
578. Comment et pourquoy l'armée du roy d'Engleterre se
defist, et retournèrent en Engleterre. XLI.
Cf. Fr., Uvre II, ch. ccxxxvii.
579. Comment l'amiral de France et les Escotz retournè-
rent en Escoche, laquelle ilz trouvèrent pour la pluspart
destruicte. XLII.
Cf. Fr., livre II, ch. ccxxxvn-ccxxxvjii.
580. Cy fait mention comment la paix fut faicte de ceulx
deGand, en la ville de Tournay, devers le duc de Bour-
gongne et le conte de Flandres. XLIII.
Cf. Fr., livre II, ch. ccxxxvm-ccxL.
Cy fine le IIP livre des Cronicques d'Engleterre, et commence
le quart.
[1385] TROISIÈÏME PARTIE, LIVRE IV, i-vi. 133
LIVRE IV.
581. Cy commence le IY<' livre de ce tiers volume,
lequel contient en soy li chappitres. Ou premier chappi-
tre il commence à parler des guerres d'Espaignes et de
Portingal. Chapitre I.
Cf. Fr., livre III, ch. ii.
582. Comment les Portin^allois esleurent et couronnèrent
à roy Jehan, frère du roy Ferrant, desraintrespassé, II.
Cf. Fr., livre III, cli, m.
583. Comment le roy Jehan de Castille envoia son am-
baxade en Portingal, et de la responce qu'ilz euient. III,
Cf. Fr., livre III, ch. iv.
584. Comment le roy Jehan de Castille fist deffier le roy
de Portingal , et comment il assega la cité de Lise-
bonne. IV.
Cf. Fr., livre III, ch. iv.
585. Cy fait mention des messages au roy Jehan de Por-
tinoal, comment ilz arrivei^ent en En"leterre devers le
duc de Lenclastre. , V.
Cf. Fr., livre III, ch. xvni.
586. Du grant parlement qui se fist à Westmoustier. Vl
Cf. Fr., livre III, ch. xviii.
587. Comment le conte de Foix cuida destourner aux ba-
134 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1385]
rons et chevaliers de son pays de Bierne d'aler eu Cas-
tille. ^ VIL
Cf. Fr., livre III, ch. xviii.
588. Comment les chevaliers de Bierne et de France arri-
vèrent vers le roy de Castille. VIII.
Cf. Fr., livre III, ch, xix.
589. Comment trois grosses nefz chargiés d'Anglois entrè-
rent au port de Lisebonue. IX.
Cf. Fr., livre III, ch. xix.
590. Comment le roy de Portingal se party de Lisebonue
pour aler à Jubei'ot conibatre le roy Jehan de Castille. X.
Cf. Fr., livre III, ch. xix.
591. Cy parle du rapport que feirent les Portiugallois cou-
reurs au roy de Portingal, et de Fordonnauce du lieu
où ilz dévoient combatre. XL
Cf. Fr., livre III, ch. xix.
592. Du rapport que feirent les chevaulcheurs du roy de
Castille. XIL
Cf. Fr., livre III, ch. xix.
593. Comment le roy de Castille fist ses ordonnances de
batailles. XIII.
Cf. Fr., livre III, ch. xix.
594. Cy devise comment les François de l'advangarde du
roy de Castille finent desconfis, mors et prins par les
Portiupallois et Anolois. XIV.
Cf. Fr., hvre III, ch. xx.
595. Comment le roy Jehan de Castille s'approcha de Ju-
berotes pour combatre le roy de Portingal. XV.
Cf. Fr., livre III, ch, xx.
596. Comment le roy de Portingal desconfist le roy de
Castille à Juberoles, XVI.
Cf. Fr., livre TU, ch. xxi.
[1383-80] TROISIÈME PARTIE, LIVRE IV, vii-xxvi. •! 35
597. Comment le roi Jehan de Castille se parti de Jube-
rottes et s'en ala à sauveté à Saint Yraln. XYII.
Cf. Fr., livre III, cli. xxi-xxii.
598. Cy fait mention de pluiseurs places qui furent conc-
quises des François sur les Anglois au pays de Thou-
lousain. XYIIl.
Cf. Fr., livre III, ch. xxm.
599. Cy parle de pluiseurs fortresses prinses par les Fran-
çois sur les Anglois. - XIX.
Cf. Fr., livre III, ch. xxm.
600. Cy parle de aucunes adventures d'entre les Castillains
et Portingallois. XX.
Cf. Fr., livre III, ch. xxvin.
601. De Tambaxade dePortingal qui ala en Engleterre, de-
vers le roy, querre secours. XXI.
Cf. Fr., livre III, ch. xxix.
602. De la venue des ambaxadeurs Portingallois en Engle-
terre. XXII.
Cf. Fr., livre III, ch. xxix.
603 . Des demandes que le [duc] de Lanclastre fist aux am-
baxadeurs Portingallois et de leurs responces. XXIII.
Cf. Fr., livre III, ch. xxrx.
604. Cy fait mention du service du roy de Portingal. XXIV.
Cf. Fr., livre III, ch. xxix-xxxn.
605. Comment le duc de Lanclastre et le conte de Cante-
bruge, son fiere, se devisèrent ensamble sur les nou-
velles qu'ils avoient de Portingal oyes. XXV.
Cf. Fr,, livre III, ch. xxxn.
606. Comment le grant maistre de Saint Jacque et Lauren-
tien Fougace recorderent au roy de Portingal ce qu'ilz
avoient exploitié devers le roy d'Engleterre et ses on-
cles. XXVI.
Cf. Fr., livre III, ch. xxxn.
136 CROKICQUES D'ENGLETERRE. [1386]
607. Comment le duc de Lanclastre entra en mer, à grant
puissance de gens d'armes et de trait, pour aler en Por-
tingal. XXVII.
Cf. Fr., livre III, ch. xxxii.
608. Comment les barons et chevaliers de France arrivè-
rent en Castille ; et comment le roy Jehan les recheupt
liement. XXVIII.
Cf. Fr., livre III, ch. xxxu.
609. Comment le duc de Lanclastre et ses gens prindrent
port à Brest, en Bretaigne; et comment ilz assaillirent
les bastilles. XXIX.
Cf. Fr,, livre III, ch. xxxm.
610. Comment le duc de Lanclastre et ses gens prindrent
port à Quenouille; et de François qui entrèrent ou
chastel de la dite ville. XXX.
Cf. Fr., livre III, ch. xxxiii.
611. Comment le Barrois des Barres, et les François qui
estoient en garnison à la Quenouille, ruèrent jus les four-
ragiers des Anglois. XXXI.
Cf. Fr. , livre III, ch. xxxiii.
612. Comment la ville de Saint Jacque en Gallice, qu'on
dist Compostellc, se rendy au duc de Lanclastre. XXXII.
Cf. Fr., livre III, ch. xxxiv.
613. Comment la garnison des François qui estoient à la
Quenouille s'en partirent, et alerent devers le roy de
Castille: et du conseil qu'ils lui donnèrent. XXXIII.
Cf. Fr., livre III, ch. xxxiv-xxxv.
614. Cy fait mention du grant appareil que fist le roy de
France à Lescluse, en Flandres, pour passer en Engle-
terre. XXXIV.
Cf. Fr., livre III, ch. xxxv-xxxvi.
615. Comment le roy Richard, ses oncles et leurs consaulx,
[1;î86] troisième partie, livre IV, xxvii-xLiv. 4 37
eurent ensamble advis et conseil pour obvier à leutre-
prinse du roy de France, leur enueniy. XXXV.
Cf. Fr., livre III, ch. xxxvi-xxxvii.
616. Cy parle de la venue du duc de Lanclastre ou port de
la Quenouille, en Gallice. XXXVI,
Cf. Fr., livre III, ch. xxxviii.
617. Gomment le marescal de l'ost au duc de Lanclastre
prinst, par traitié, la ville de Ruelles en Gallice. XXXVII.
Cf. Fr., livre III, ch, xxxviii.
618. Comment ledit marescal du duc de Lanclastre assailly
la ville de Villopes, en Gallice, laquelle se rendy en ce
meismes jour. XXXVIII,
Cf. Fr., livre III, ch. xxxix.
619. Du conseil que baillèrent au duc de Lanclastre les
Anglois et les seigneurs qui avec lui estoient, XXXIX.
Cf. Fr., livre III, ch. xxxix.
620. Comment les seigneui's dessus nommés se ordonnèrent
pour partir de Saint Jacque, atout cent lances et deux
cens archiers. XL.
Cf. Fr., livre III, ch. xxxix-xl.
621. Comment les chevaliers de France resconfortoient le
roy de Castille ce qu'ilz povoient. XLI.
Cf. Fr., livre III, ch. xl.
622. Comment le roy de Grenade envoya son ambaxade
devers le roy Jehan de Castille. XLIL
Cf. Fr,, livre III, ch. xl.
623. Cy parle ung petit de la grant armée et assamblee que
le roy de France faisoit à l'Escluse pour aler en Engle-
terre. XLIII,
Cf. Fr., livre III, qh. xl.
624. Comment le roy de Portingal et le duc de Lanclastre
se trouvèrent ensamble, et de leurs devises. XLIV.
Cf. Fr., livre III, ch. xli.
138 CRONICQUES DENGLETERRE. [1386]
625. Du grant disner que le duc de Lanclastre donna au
roy de Portingal ; et de Tacord du mariage de madame
Philippe , fille au dit duc , au dit roy de Portingal. XLV.
Cf. Fr., livre III, ch. xli.
626. Comment le marescal du duc de Lanclastre vint
mettre le siège devant la ville de Pont Vrede. XLVI.
Cf. Fr., livre III, ch. xli-xlii.
627. Comment ceulx de la ville de Pont Vrede se misrent
en Tobbeyssance du duc de Lanclastre. XL VU.
Cf. Fr., livre III, ch. xlh.
628. Comment ceulx de la ville de Digho s'en rendirent au
marescal du duc de Lanclastre. XLVIU.
Cf. Fr., Uvre III, ch. XLir.
629. Comment ceulx de la ville de Bayonne en la MaioUe,
séant ou pays de Gallice, firent obeyssance au marescal,
pour et ou nom du duc de Lanclastre. XLIX.
Cf. Fr., livre III, ch. xliii.
630. Comment les Anglois entrèrent en la ville de Bayonne
en la Mayole ; et comment ilz prindrent le chemin vers
la ville de Ribodane. L.
Cf. Fr., livre III, ch. xliii.
631. Cy fait mention du grant assault que firent les Anglois
devant la ville de Ribodane en Gallice. LL
Cf. Fr., livre III, ch. xliii.
Cy jirent fin le quatriesme livre de ce tiercli volume et s'ensieult
le chinquitsnie.
[1386] TROISIÈME PARTIE, LIVRE V, i-v. 139
LIVRE V.
632. Cy commence le Y^ livre, lequel contient en soy
xLii * chappitres parciaux, ou premier desquelz il fait men-
tion de la complainte que fist le roy Jehan de Castille
aux chevaliers francois des Anglois qui ainsy lui destrui-
soient sa terre de Gallice : et du resconfort que lesdis
seigneurs lui baillèrent. Chapitre I.
Cf. Fr., livre III, ch. xliv.
633. Cy fait mention du département que fist le roy de
France, de Senlis , pour venir en Flandres : et aussy du
partement du duc de Bourgongne pour venir en la com-
paignie du roy. II.
Cf. Fr., livre III, cb. xliv.
634. Comment le roy de France, avec lui ses deux oncles
Bourgongne et Bourbon, et tous les autres princes, arri-
vèrent en la ville de Lille en Flandres. III.
Cf. Fr., livre III, ch. xliv.
635. Cy fait mention des besongnes et apparaulx qui se
faisoient parmy Engleterre pour recepvoir les Fran-
çois. lY.
Cf. Fr., livre III, ch. xlv.
636. Comment messire Simon Burlé parla à ceulx de Can-
torbie, et de la responce qu'ils lui firent. Y.
Cf. Fr,, livre III, ch. xlv.
4 . Le manuscrit porte lxvi : nous croyons devoir corriger cette erreur.
UO CRONICQUES D'ENGLETERRE. [4386]
637. Cy fait mention de la venue du roy de France à
l'Escluse, pour passer en Engleterre. VI.
Cf. Fr., livre III, cli. m.v,
638. Comment le roy d'Ermenie passa en Engleterre, espé-
rant de aucun traitiet trouver entre les deux roys de
France et d'Engleterre : et de la requeste qui lui fut
faîte. VIL
Cf. Fr., livre III, ch. xlat.
639. Comment le duc de Berry se mist à chemin pour venir
en Flandres : et comment messire Olivier de Clichon,
connestable de France, se party de Bretaigne : et de ce
qui advint sur mer par fortune. VIII.
Cf. Fr., livre III, ch. xlvi.
640. Des devises que le roy de France fist à son connestable :
et du commun de Bruges qui s'esmut alencontre des
François, lequel appaisa le seigneur de Guistelle. IX.
Cf. Fr., livre III, ch. xi.vi.
641. Cy parle de la venue du duc de Berry à l'Escluse. X.
Cf. Fr., livre III, ch. xLvn,
642. Comment le duc de Berry rompy l'armée qui devoit
passer en Engleterre. XI.
Cf. Fr., livre III, ch. xLvn.
643. Cy parle du grant couroux que eurent les seigneurs
quant ilz veyrent que l'armée estoit ainsy rompue. XII.
Cf. Fr., livre III, ch. xlmii.
644. Cy parle d'une grant feste que le roy Richard d'En-
gleterre fist à Londres, à laquelle furent la pluspart de
la chevalerie du royaulme, et y fist le roy trois ducz. XIIL
Cf. Fr., HvrellI, ch. xlviii.
645. Cy fait mention de ung merveilleux et pieteux cas
qui advint ou pays du Perche. XIV.
Cf. Fr., livre III, ch. xlviii-xlix.
[1386] TROISIÈME PARTIE, LIVRE V, vi-xxiv. Ul
646. Cy parle des complaintes que la dame de Karonge
fist à son mai y, de la violence que faite lui avoit Jaques
le Gris. XV.
Cf. Fr., livre III, ch, xlix.
647. Du champ qui fut fait, devant le roy de France, de
messire Jehan de Karonge, appellant, et de Jacques le
Gris, deffendaiît. XVI.
Cf. Fr., livre III, ch. xiix.
648. Cy parle de la mort du roy Pierre d'Arragon. XVII.
Cf. Fr., livre III, ch. l.
649. Comment, après le trespas du roy Pierre d'Arragon,
le duc de Lanclastre envoya l'evesque de Bordeaulx de-
vers les enfans dudit roy, à Barselonne. XVIII.
Cf. Fr., livre III, ch. l.
650. Comment aucunes gens d'armes routtiers , à cause de
l'arrest fait en l'archevesque de Bordeaulx, firent guerre
à ceulx de Barselonne et d'Arragon. XIX.
Cf. Fr., livre III, ch. l.
651 . Comment Rannon de Baghez, chevalier, fist par sa sub-
tilité ruer jus ceulx de la garnison d'Alten. XX.
Cf. Fr., hvrelll, ch. l.
652. Comment Jehan de Bretaigne fu mys hors de la pri-
son où il estoit, en Engleterre. XXI.
Cf. Fr., livre III, ch. lu.
653. Cy fait mention d'une grant taille qui fut eslevee en
France pour aler enCastille, alencontre des Anglois. XXII.
Cf. Fr., livre III, ch. lu.
654. Comment le duc de Bourbon fut esleu, de par le roy
de France, souverain cappitaine pour aler en Castille.
XXIII.
Cf. Fr., livre III, ch. lui.
655. Comment les Anglois assaillirent les Flamens, sy les
desconfirent assez près de TEscluse. XXIV.
Cf. Fr., livre III, ch. liii-liv.
442 CRONICQUES DENGLETERRE. [1386]
656. Comment, après ce qae les Anglois ement desconfy et
prins le navire de Flandres, ilz retournèrent à Londres,
où ilz furent ^recheuz à grant joye, XXV.
Cf. Fr., livre III, ch. liv.
657. Icy retourne à la matière des adventures d'Espaigne.
XXVI.
Cf. Fr., llvrelll, ch.LV.
658. Comment ceulx de la ville de Ribodane se deffendi-
rent vaillamment contre les Anglois. XXVII.
Cf. Fr., livre III, ch. lv.
659. Des nouvelles qvie le roy de Castille dist à ses gens.
XXVIII.
Cf. Fr., livre III, ch. LV.
660. Comment le Barroys des Barres, atout chinquante
lances, se mist en garnison dedens la ville et chastel de
Roye. XXIX.
Cf. Fr., livre III, ch. LV.
661. Comment la ville de R.ibodane ftit prinse de force par
les Anglois. XXX.
Cf. Fr,, livre ni, ch. lv.
662. Comment les Anglois se partirent de Ribodane et s'en
alerent devant Maures, en Gallice. XXXI.
Cf. Fr., livre III, ch. lv.
663. Comment ceulx de Maures se rendirent en Tobeissance
du duc de Lanclastre. XXXII.
Cf. Fr., livre III, ch. lv.
664. Comment le connestable et le marescal du duc de
Lanclastre, avec eulx leurs gens, retournèrent devers le-
dit duc, leur seigneur, qui les avoit mandés. XXXIII.
Cf. Fr., livre III, ch. lvi.
665. Cy fait mention comment le roy Jehan de Portingal
espousa Phelippe de Lanclastre, fille au duc Jehan de
Lanclastre, sollennelement, en la cité de Port en Por-
tingal. XXXIV.
Cf. Fr., livre III, ch. i.vi.
[I38C] TROISIÈME PARTIE, LIVRE V, xxv-xlii. 145
666. Comment le duc de Lanclastre et la ducesse vindrent
devant Besances ; et du i espit qu'il/, donnèrent à ceulx
de la ville. XXXV.
Cf. Fr., livre III, ch. Lvn.
667. Comment la ducesse de Lanclastre, par le commende-
ment de son mary le duc, ala veoir sa belle fille, la royne
de Portingal. XXXVI.
Cf. Fr., livre HT, ch. Lvir-Lvni.
668. Comment ceulx de Besances se rendirent et firent
obéissance au duc de Lanclastre. XXX Vil.
Cf. Fr., livre III, cli. lyiii.
669. Comment le duc de Lanclastre fut infourmé que grant
foison francoys venoient au secours de son adversaire
le roy Jehan de Castille. XXX VIII.
Cf. Fr., livre III, ch, lyiii.
670. Comment messire Gautier de Pasacq vint devers le
conte de Foys requerre passage pour aler en Espaigne, et
de la responce du conte. XXXIX.
Cf. Fr., livre III, ch. xvin.
671. Comment messire Regnault de Roye requist à faire
armes contre messire Jehan de Hollande. XL.
Cf. Fr., livre III, ch. lix.
672. Gomment messire Jehan de Hollande, connestable de
l'ost au duc de Lanclastre, et messire Regnault de Roye
firent armes à Besances, devant le roy de Portingal et le
duc de Lanclastre. XLl.
Cf. Fr., livre III, ch. lix.
673. Comment le duc de Lanclastre et le roy de Portingal
concliuent eusanible de ce qu'ilz avoient affaire. XLIJ.
Cf. Fr., livre III, ch. lx-lxi,
Cy fine le V° livre de ce tierch volume, et commence le VI",
444 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [4 386-87]
LIVRE VI.
674. Cy commence le VP livre de ce tierch volume, conte-
naat en soy xv chappiires parciaux; ou premier desquelz
il parle du conseil que le roy de Castille tint à ses gens
svu' le fait de la guerre. Chapitre I.
Cf. Fr., livre III, cli. lni.
675. Cy fait mention de l'armée qui se mist sus en France
pour aler en Engleterre , laquelle devoit conduire mes-
sire Olivier de Cliclion, connestable de France. II.
Cf. Fr., livre III, cli. lxti.
676. Cy parle d'une grant mutation qui se commença à
eslever, en Engleterre, des nobles alencontreduroy. III.
Cf. Fr., livre III, ch. lxii.
677. Comment messire Olivier de Clichon, connestable de
France, fut institué conducteur de ime armée que les
Francoys mirent sus pour aler en Engleterre. IV.
Cf. Fr., livre III, ch. Lxm-LXiv.
678. Comment le duc de Bretaigne fist prendre messire Oli-
vier de Clichon, connestable de France. V.
Cf. Fr., livre III, ch. i.xiv.
679. Comment messire Olivier de Clichon, connestable de
France, fut mys k renchon et niys hors des prisons du
duc de Bretaigne, par le moyen du seigneur de Laval. VI.
Cf. Fr., livre III, ch. lxiv-lxv.
[1387] TROISIEME PARTIE, LIVRE VI, i-xv. Ub
680. Comment le voyage de mer fut rompus pour lapriiise
du connestable. Vil.
Cf. Fr., livre III, cli. lxv-lxvi.
681. Cy fait mention comment le connestable vint devers
le roy, à Paris. VIII.
Gf. Fr., livre III, ch. lxvi.
682. Comment le duc de Geldres envoya deffier le roy de
France. IX.
Cf. Fr., livre III, ch. Lxvii-Lxvin.
683. Comment la ville de Avrenclie se rendy en l'obeys-
sance de monseioneur le duc de Lanclastre. X.
o
Cf. Fr., livre III, ch. Lxvni.
684. Comment le roy de Portingal se party du Port pour
venir en Castille. XI.
Cf. Fr., livre III, ch. lxix-lxx.
686. Comment la ville de Ferol fut prinse par les Portin-
gallois. XII.
o
Cf. Fr., livre III, ch. lxx.
686. Comment les x\ugiois vindrent escarmuchier aux bar-
rières de Noyé. XIII.
Cf. Fr., livre III, ch. lxx.
687. Comment le roy Charles de France envoya une am-
baxade vers le duc de Bretaigne, pour le fait du con-
nestable messire Olivier de Clichon. XIV.
Cf. Fr., livre III, ch. lxxi.
688. Comment le duc de Bretaigne donna responce aux
ambaxadeurs du roy Charles de France. XV.
Cf. Fr., livre III, ch. lxxi.
Cv fine le tierch volume des Cronïcques (TEngleterrc.
40
ANGIIIENNKS
CRONICQUES DENGLETERRE
OUATRIÈME PARTIE.
LIVRE PREMIER.
689. Cy commence le quart volume des Cronicques rrEn-
gleterre, lequel, comme les precedens, contient en soy
VI livi'es particuliers ; le premier desquelz est divise en
Liv chappitres. Ou premier cliappitre il parle des mur-
mures qui, en ce tempz, s'esleverentenEngleterre.Ch.I.
Cf. Fr., livre III, ch. Lxxn.
690. Cy parle du conseil que le duc de Glocestre bailla aux
communes d'Engleterre. II.
Cf. Fr., livre III, ch. LXxn.
691. Comment les communes d'Engleterre vindrent faire
leurs complaintes au roy, et de sa responce. 111.
Cf. Fr., livre III, ch. i-xxn.
692. De la manière des comptes qui furent rendus en En-
gleterre. IV.
Cf. Fr., livre III, ch. txxrn.
693. Comment messire Symon Burlé fii mis prisonnier en
la tour de Londres. V.
Cf. Fr., livre III, ch, txxm.
694 . Cy parle de l'adventure de messire Thomas ïryves, et
Texcusation de messire Guillame Helmen. VI.
Cf. Fr., livre III, ch. i,xxni-LXxiv.
148 CRONICQUES DENGLETERRE. [1387]
695. Cy fait mention de la mort messire Symon Brûlé et
d'autres choses. VIL
CF. Fr., livre TII, ch. Lxxrv.
696. Comment le duc d'Irlande fut en grant erreur devers
sa femme, pour l'amour d'une damoyselle allemande .VIII .
Cf. Fr., livre III, ch. lxxv.
697. Gommentles Gallois s'esmeurent, à l'incitation du duc
d'Irlande, alencontre des Londriens. IX.
Cf. Fr., livre III, ch. lxxv-lxxvi.
698. Comment messire Robert Trivilien fu prius et decolé
à Londres. X.
Cf. Fr., livre III, ch. lxxvi.
699. De la contenance du roy quant il oy les nouvelles de
la mort de Trivilien, et de ce qu'il dist. XL
Cf. Fr., livre III, ch. lxxvii.
700. Comment le duc d'Irlande, à xv mille hommes, s'en
vint à Asquesuffort. XII.
Cf. Fr., livre III, ch. Lxxvri-Lxxvin.
701 . Comment le duc d'Irlande se party d'Aquesuffort, pour
attendre sur les champs le duc de Glocestre et les Lon-
driens. XIII.
Cf. Fr., livre III, cli. Lxxvin-Lxxix.
702. Cy devise comment le duc d'Irlande habandonna ses
gens et s'enfuy. XIV.
Cf. Fr., livre III. ch. lxxix.
703. Comment le duc d'Irlande seufuy par mer et par
terre tant qu'il vint à Douvre ; et comment le duc de
Bavière àe gouverna. XV.
Cf. Fr., livre III, ch, lxxx.
704. Comment les deux oncles du roy firent morir le petit
Beauchamp et messire ISicolas Brembre, et messire Jehan
Salsebry , et de l'ordonnance qui i\i lait à West-
monstre. XVI.
Cf. Fr., livre III, ch. lxxx.
[1387] QUATRIÈME PARTIE, LIVRE I, vn-xxni. 149
705. Comment les deux oncles (\n loy et ceux de Londres
envolèrent quérir !e roy Richard à Brislo, pai- l'arce-
vesche de Canthorbie, lequel fist tant qu'il l'amena a
Londres. ^ XVIL
Cf. Fr., livre III, ch, lxxx.
706. Du Parlement qui fut à Westmonstre, où on renou-
vella l'hommage du roy : et comment l'arcevesche
d' Yorth y fut mandé, et de la manière comment il s'ex-
cusa. XVIiï.
Cf. Fr., livie III, ch. lxxxi.
707. Cy parle des grans souffertes, paines et travaulx que
eurent le duc de Lanclastre et ses gens oti pays et
royaulme de Castille. XIX.
Cf. Fr., livre III, ch. Lxxxn.
708. Comment les Anglois murmurèrent sur ces meschiefz
qu'ilz souffroient et estoient encore en taille de souffrir
plus ; et comment les deux osts se joindirent en-
samble. XX.
Cf. Fr., livre III, ch. lxxxii.
709. Comment les Anglois et Portingalois, par le moyen d'un
escuier de Gallisse, passèrent la périlleuse rivière de
Derve. XXL
Cf. Fr., livre III, ch. lxxxii.
710. Comment, quant le roy de Castille sceut ses ennemis
estre passez oultre Derve, il demanda conseil aux Fran-
çois: comment ilz lui respondirent, et comment il en fut
conclud. XXIL
Cf. Fr., livre III, ch. Lxxxni.
711. Comment les hostz du roy de Portingal et du duc de
Lanclastre se gouvernèrent sur pays d'ennemis, des souf-
fertes que Anglois eurent, et comment il/, en murmu-
rèrent, dont le duc fut en gi'ant péril. XXJIJ.
Cf. Fr., livre III, ch. lxxxih-lxxxiv.
iSO CROMCQUES D'ENGLETERRE. [1387]
712. Comment les Anglois envoierent devers le roy de Cas-
tille, adfin d'avoir saulfconduit pour passer parmy Cas-
tille pour eux retourner en Angleterre, lequel leur fut
ottroyé. XXIV.
Cf. Fr., livre III, ch. lxxxiv-lxxxv.
713. Comment le roy de Portingal et le duc de Lanclastre
se départirent l'un de Taultre, eux et leurs gens , et fut
leur armée du tout rompue. • XXV.
Cf. Fr., livre TII, ch. lxxxv.
714. Des advenues du rompement de ceste armée et de
messire Jehan dWmbrecicourt, et de messire Bouclii-
cault. - XXVI.
Cf. Fr., livre III, ch. lxxxvi.
715. Comment le duc de Bourbon vint veoir le roy de
de Castille. XX VIL
Cf. Fr., livre III, ch. lxxxyii.
716. Comment le duc de Lanclastre fut adverty de la venue
du duc de Bourbon. XXVIIL
Cf. Fr., livre III, ch. Lxxxvir.
717. Comment le duc de Bourbon se party de Castille.
XXIX.
Cf. Fr., livre III, ch. Lxxxvn.
718. Comment le conte de Foix recheupt moult honnoura-
blement le duc de Bourbon. XXX.
Cf. Fr., hvrelll, ch. ixxxvni.
719. Cy devise des routtes des François qui venoient d'Es-
paigne et retournèrent chascun en son pays, et des maux
qu'y faisoient. XXXL
Cf. Fr., livre III, ch. Lxxxvin.
720. Cy devise et parle comment, et par quelle incidence, le
duc de Lanclastre se party de Saint Jaque et s'en ala en
Portingal. XXXII.
o
Cf. Fr., livre III, ch. lxxxix.
[1387-88] QUATRIÈME PARTIE, LIVRE I, xxiv-xli. 151
721. Comment le conte d'Estampes fut envoyé, de par le
duc de Beriy, devers le duc de Bretaignc pour l'appai-
sier et trouver aulcun bon moyen , mais riens n'y fist.
XXXIIl.
Cf. Fr., livre III, ch. cm.
722. Comment le conte d'Estampes vint vers le duc de
Bretaigne, et comment il lui fist son message. XXXI V.
Cf. Fr., livre III, ch. cm.
723. Comment le dnc de Lanclastre se party du Port, en
Portingal, se entra en mer et s'en ala à Bayonne. XXXV.
Cf. Fr., livre III, ch. civ.
724. Cy devise comment le duc de Lanclastre et la duchesse,
et leur fille, furent recheus à Bayonne, et de ce quy
y fut fait. XXXVI.
Cf. Fr., livre III, ch. civ.
725. Comment le roy Charles de France envoya à Utrech
quérir le duc d'Irlande. XXXVII.
Cf. Fr., livre III, ch. crv.
726. Des diverses oppinions et consaulx qui furent en
France touchant le voiage de Guelles, et les apparaulx du
duc de Bretaigne. XXXVIII.
Cf. Fr., livre III, ch. cv.
727. Cy parle d'une armée de mer que le roy d'Engleterre
et son conseil firent mettre sus, dont fut chief le conte
d'Arondel. XXXIX.
Cf. Fr., livre III, ch. cv.
728. Comment les Brabenchons misrent le sieiie devant
D
Graves. XL.
Cf. Fr., livre III, ch. cvi.
729. Des resconfors du duc de Lanclastre sur son voyage
de Castille. XLI.
Cf. Fr., livre III, ch. cvii.
452 CRONICQUES D'ETNGLETERRE. [1388]
730. Comment le duc de Berry envoya lequerre la fille du
duc de Lanclastre pour avoir à mariage. XLH.
Cf. Fr., livre III, ch. cvii.
731. Comment messire Helion de Lingnac se party de la
Rochelle, et de la conduite du duc de Lanclastre sur la
fourme du mariage de sa fille. XLIIl.
Cf. Fr., li\re III, ch. cvii.
732. Comment le roy Charles de France, par le conseil de
ses deux oncles, envoya le seigneiu' de Coucy, le sire delà
Rivière et messire Jehan de Vienne par devers le duc de
Bretaigne, derechief, pour trouver aulcun traittié : et du
conseil que tint priveement le dit duc sur cest estât.
XLIV.
("f. Fr., livre III, ch. cviii.
733. Cy devise comment le duc de Bretaigne se condescendy,
à la prière et conseil de ses barons, de soy humilier de-
vers le roy de France. XLV.
Cf. Fr., livre III, ch. cvni.
734. Cy parle comment messire Helyon de Lingnac fut en-
voie de par le duc de Berry à Bayonne, devers le duc de
Lanclastre, pour le traittié du mariage de sa fille. XLVL
Cf. Fr., livre III, ch. cix.
735. Cy devise comment le roy Jehan de Castille envoya une
ambassade par devers le duc de Lanclastre , à Bayonne ,
pour traiitier du mariage de son filz, le prince de Gallice,
à la fille dudit duc. XLVIL
Cf. Fr., hvre Ilï, ch. cix.
736. Comment le duc de Bretaigne fut tant démené par
doulces paroles, qu'il fut content de venir à traittier des
choses advenues. XLVIIL
Cf. Fr., livre III, ch. ex.
737. Comment le duc de Bretaigne ordonna ses besongnes
pour aler à Paris; et comment, avant lui, y arriva laroyne
de Sezille. XLIX.
Cf. Fr., livre III, ch. cxi.
[1388] QUATRIÈME PARTIE, LIVRE I, xmi-lhi. 1ii:i
738. Cy parle comment le duc de Bretaigne arriva à Paris,
et comment le roy s'en party aiiicois que tout fust con-
clus entreulx. L.
Cf. Fr., livre III, cli. cxi.
739. Cy parle de l'armée de mer mise sus par le roy Ri-
chard dEngleterre, de laquelle estoit [cliief] le conte
d'Arondel. Ll.
Cf. Fr., livre III, ch. cxn-cxiii.
740. Comment ceulx de la Rochelle saillirent dehors et
vindrent escarmuschier le conte d'Arondel qui estoit
logié auprès de Marant. LU.
Cf. Fr., livre III, ch. cxiii
741. Des grans maulx que firent Aymerigot Marcel et aul-
tres cappitaines tenant le party des Anglois. LUI.
Cf. Fr., livre III, ch. cxin-cxiv.
Froissart ayant dit à la fin de ce chapitre : «■ Nous nous souf-
frirons à parler du siège de Ventadour. ...» Wavrin ajoute :
Pour ce que nioy, acteur de ces Croniques d'Engle-
terre , ne veul pas prendre ne recoeillier au long les
choses advenues en pluseurs lieux et divers, fors tant
seulement des guerres de France, d'Engleterre , de
Bretaigne, de Castille, de Portingal , ou les Anglois,
veul laissier du duc de Gherles \ excepté en brief seu-
lement, pour ce qu'il estoit prochain parent* au roy
d'Engleterre et à ses oncles , et sur lesquelz il se fbn-
doit , et esperoit avoir secours et aide d'eulx , se
aiUcun besoing lui sourvenoit ; mais poiu' lors avoit
i. Guillaume I , duc de Gueldre , succéda à son père en 1393. Mort
le 16 février 1402 [Jrt de vérifier les dates, III, 180}.
2. Il était neveu d'Edouard III et cousin de Richard II. Renaud II,
duc de Gueldre, épousa, en 1332, Léonore, sœur d'Edouard III [/fit de
vérifier les dates, III, 173-177 ).
454 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1388]
en Engleterre sy grant troubles, que n'y povoient en-
tendre, et, d'aultre part, sentoient le jenne duc de
Gherles tant vaillant et hardy que en son fait ilz ne
mettoient nulle doubte que bien ne venist à chief de
sa besongne et emprinse , comme il fîst : car les Bra-
bencons, à grant puissance, par le commandement de
leur dame la contesse de Brabant^ poiu^ certaine que-
relle qu'elle disoit avoir sur le duc de Gheiles, envoya,
par sa cbevalerie et communaultez de son pays de
Brabant, avec ceux des bonnes villes de son pays,
mettre le siège devant la bonne ville de (^rave , et là,
le duc de Gherles, atout une poignié de gens, leur
vint courre sus sy sul)iltement , qu'il les eut en desroy
et leur fist prendre le fuytle, où il en y eult grant
foison de mors et de pris , et tous des plus grans sei-
gneurs de Braisant : ne jamais de plus honteuse chose
on ne oy parler que de celle desconfiture ", qui tourna
sur les Brabencons.
De celle desconfiture la duchesse de Brabant fut
moult dolente : et, pour avoir secours, envoya par de-
vers le duc Phelippe de Bourgongne, qui avoit espou-
see la fille de sa fille ^, qui avoit esté fille au conte
Loys de Flandres *, par laquelle , après la mort de la
1. Jeanne , comtesse de Brabant , mariée : l°,en 1334, à Guillaume,
comte de Hollande et de Hainaut; 2°, en 1347, à Wenccslas, duc de
Luxembourg. Veuve le 7 décembre 1383. Morte en 1406 ( Art de \'ér'ifter
les dates, m, iOl).
2. Les Brabançons, au nombre de quarante mille , attaquèrent la ville
de Grave, en 1388 (^/vf de vérifier les dates, III, 180).
3. Wavrin fait erreur, c'est sa sœur qu'il veut dire. Marguerite de
Brabant, sœur de Jeanne, avait épousé, en 1347, Louis III de Maie,
comte de Flandre [Art de vérifier les dates, III, 107).
i. Marguerite, comtesse de Flandre, fille de Louis III, comte de
Flandre, et de Marguerite de Brabant. Mariée X", en 1369, à Pbilippe I",
[1388] QUATRIÈME PARTIE, LIVRE 1, uii-iiv. ISr.
duchesse, devoit ressortir à la ditte duchesse de Bour-
goiugne , et , pour ceste cause , le (Uic Phehppe avoit
bien cause licite et raisounahle i\e y tenir la main ,
affin d'abbatre l'orgueil de ce duc de Gherles, lecjuel ,
nouvellement, avoit envoie deffier le jeune roy Charles
dé France \ qui le prind moult mal en gré , et en eult
moult grant despit, et tant en prind la chose à ceur,
que , devant tous autres afiaires, il emprind le voiage
pour aler en Guéries* , en intention de y destruire et
mettre en subjection ce duc , qui ainsy l'avoit deffié ;
et délaissa, pour ceste cause, de prendre vengence
du duc de Bretaigne ^ pour la prinse de messire Olivier
de Clichon^, son connestable , nonobstant que avant
son département, par le conseil de ses oncles, les
choses furent mises en assez bon terme , comme en
Froissart pourez veoir tout au long.
742. Comment l'accord fut trouvé entre le roy de France
et le duc de Gherles, et d'autres choses, avec la conclu-
sion de ce premier livre. LiV.
Cf. Fr., livre III, cli. cxiv-cxviii.
Cy fine le premier livre.
dit de Rouvre, dernier duc de la branche des anciens ducs de Bour-
gogne; 2°, en 1361, à Philippe le Hardi, duc de Bourgogne. Morte le
20 mars 1404 (Anselme, I, 240, 549 ).
1. Charles VI.
2. Jean IV, duc de Bretagne. Mort le 2 novembre 1399 (Anselme,
I, 452).
3. Olivier, seigneur deClisson, créé connétable de France le 28 no-
vembre 1380. Mort le 23 avril 1407 (Anselme, VI, 20IJ.
456 CRONICQUES D'ENGLETÉRRE. [1388]
LIVRE II.
743 . Cy commence le IP livre, qui contient en soy xxxix chap-
pittres : et fait le premier d'iceux mention des besongnes
qui, pour ce temps, advindrent entre Engleterre et Es-
coce ; et comment tous barons d'Escoce conclurent en-
samble que, atout puissance, ilz feroient une course en
Engleterre. Chapitre I.
Cf. Fr., livre III, ch. cxix.
744. Comment les seigneurs d'Engleterre des frontières,
c'est asscavoir le conte de Northombreland et aultres,
furent advertis delà venue des Escocois, et d'un escuier
Anglois qu'ilz y envoient pour scavoir le convine des
Escots. II.
Cf. Fr., livre III, ch. cxix.
745. Comment les Escots firent moult grant joye de Tescuier
Anglois qu'ilz avoient prins, et de leur conclusion. III.
Cf. Fr., livre III, ch. cxx.
746. Comment les Escots entrèrent ou pays de Nortliom-
brelant, où ilz firent moult de dommage aux Anglois. IV.
Cf. Fr., livre III, ch. cx\.
747. Comment les Escocois se logèrent devant IN eufcliastel
sur Tliin, et de ce qui leur advint. V.
Cf. Fr., livre III, ch. cxx.
748- Comment les Anglois se départirent de Neufchastel
[1388] QUAÏRIÈi\IE PARTIE, LIVRE II, i-xv. io7
sur Thin et poursievirent les Escots, et les trouvè-
rent. VI.
Cf. Fr., livre III, cli. cxxi.
749. Comment, quant les Anglois vindrent terir sur le logis
des Escots, ilz furent villainement recheus. Vil.
Cf. Fr., livre III, ch. cxxi.
750. Encores de la grant bataille des Anglois et des Esco-
cois. VIII.
Cf. Fr., livre III, ch. cxxii.
751. Comment Raoul de Persy, Anglois, fu prins des Esco-
cois. IX.
Cf. Fr., livre III, ch. cxxii,
752. Comment le jeune conte de Douglas fut abatus et
navrez à mort, et comment sa bannière fut relevée. X.
Cf. Fr., livre III, ch. cxxn,
753. Comment les Anglois furent desconfis et mis en chasse,
et la pluspart d'eulx mors ou prins. XI.
Cf. Vr., livre III, ch. cxxin.
754. (Comment Tevesche de Durem se party de Neufchastel
sur Thin pour poursieuvyr les Escots. XII.
Cf. Fr., livre III, ch. cxxiii.
755. Cy devise d'une adventure quy advint à ung cheval-
lier d'Engleterre , nommé messire Mahieu Rademon, et
à ung d'Escoche , nommé messire Jaques de Liiidessee.
XIII.
Cf. Fr., livre III, ch. cxxiv.
756. Cy devise d'une autre adventure qui advint au dit
chevallier d'Escoche. XIV.
Cf. Fr. , livre III, ch. cxxiv.
757. Comment messire Mahieu Rademon alla veoir l'eves-
que de Durem : et de la conclusion des deux prison-
niers. ^^ •
Cf. Fr., hvre III, ch, cxxiv.
1S8 CROINICQUES D'ENGLETERRE. [1388]
758. Comment l'evesque de Dm'em se party la seconde
fois de la ville de Neufchastel sur Thin pour aller cora-
batre les Escochois. XVI.
Cf. Fr., livre III, ch. cxxiv.
759. Gomment l'evesque de Durem s'en retourna sans riens
exploitier, par le conseil deceulz de sa compaignie. XVII.
Cf. Fr., livre III, ch. cxxiv.
760. Cy parle du partement des Escochois d'Engleterre, et
comment ilz firent ensepvelir le conte de Douglas. XVIII.
Cf. Fr., livre III, ch. cxxv.
761. Comment le conte d'Arondel, par fortune de mer, ar-
riva à la Palice, près de la Rocelle ; et la cause de son
département. XIX.
Cf. Fr., livre III, ch. cxxix.
762. Cy devise du mariage de la fille du duc de Lanclastre
au filz du roy de Castille : et de aucuns Allenians quy
couplèrent svu" le logis du roy de France. XX.
Cf. Fr., livre III, ch. cxxix-cxxx.
763. Cy parle du siège de Ventadour, dont Geffroy Teste
Noire estoit capittaiue. XXI.
Cf. Fr., livre III, ch. cxxxii.
764. Comment Tamiral de France arriva en Castille, et de
la responce qu'il eult. XXII.
Cf. Fr., livre III, ch. cxxxiv.
765. Cy devise comment le conte d'Arondel arriva en
Northmandie, où il fist de grans dommages. XXIII.
Cf. Fr., livre ÏII, ch. cxxxtv-cxxxv.
766. Comment la ducesse de Lanclastre, par Tordonnance
du duc sou mary, emmena sa fille en Castille. XXIV.
Cf. Fr. , livre III, ch. cxxxvi.
767. Comment la ducesse de Lanclastre se parti du roy de
Castille , et comment elle fist aporter le corpz de son
père à Sebille. XXV.
Cf. Fr., livre III, ch, cxxxvi-cxxxvii.
[1388] QUATRIÈME PARTIE, LIVRE II, xvi-xxvx. im
768. Du retour du duc de Lanclastre en Engleterre. XXVI.
Le retour du duc de Lancastre dans sa patrie est passé sous si-
lence parFroissart, cbez qui ce prince, que l'on a laissé à Bordeaux
(liv. III, cil. cxxxvi), se retrouve un peu plus loin (liv. IV, cli. xiv)
résidant à Londres, sans que le moindre mot ait été dit, soit de son
départ de France , soit de son arrivée en Angleterre. Le chapitre
de Wavrin, qui semble manquer aux chroniques de Froissart, con-
tient le détail du voyage du duc de Lancastre.
Assez tost après que le mariage fut fait du filz' au
roy de Castille à la fille du duc de Lanclastre ^, la dii-
cesse, qui pour lors se tenoit dedens la ville de Medine
de Campe, fut mandée du duc son mary : si s'en alla
à Sebille , où elle prinst congié au roy de Castille , à
son beau filz et à sa fille ; puis s'en retourna à Bayonne,
oii le duc son mary Fatendoit pour sen retourner en
Angleterre % ainsi que mandé luy estoit par le roy Ri-
chard* et ses deux oncles, le duc d'York', et le duc de
Clocestre**, à scavoirque, sans plus séjourner, il s'en
retournast. Si se mist en mer et vint de Bayonne à
1. Henri, prince des Asluries, fils de Jean I", roi de Castille, succikla
à son père en octobre 1390. Marié, en 1.388, à Catherine, fille de Jean de
Gand , duc de Lancastre, et de Constance, fille de don Pèdre, roi de
Castille (Dugdale, II, 114-119; Anselme, I, 390}.
2. Jean de Gand, duc de Lancastre, marié : 1" à Blanche de Lancas-
tre, fille de Heury , duc de Lancastre ; 2" à Constance, fille de don Pèdre,
roi de Castille; 3° à Catherine Swinford. Mort en 1399 (Dugdale, II,
114, 119).
3. II arriva en Angleterre en novembre 1389 (Dugdale, II, 118).
4. Richard II monta sur le trône le 22 juin 1377. Mort le 29 sep-
tembre 1399 (Harris Nicolas, 320).
5. Edmond deLangele, comte de Cambridge , créé duc d'York en
août 1385. Mort le \" août 1401 (Dugdale, II, li34, loo).
6. Thomas de Wodstoke , comte de Buckingham. Créé duc de Glo-
cester en novembre 138b. Mort assassiné en septembre 1398 (Dugdale ,
II, 169-171).
4 60 • CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1388-89]
Bordeaux, où il fut environ quinze jours, puis monta
sur le navire qu'il avoit illec fait apareillier ; si s'es-
quipa en mer, où il eut vent à souhait, par quoi il fut
en pou de jours à Hantonne, où il descendy, avec lui
la ducesse sa femme. Quant là se furent rafrescliis
seullement deux jours, ilz s'en départirent et vindrent
à Londres, où ilz furent reclieuz du roy, de laroyne'
et des oncles du Koy moult grandement. Si leur compta
le duc de ses nouvelles, et de ce quy advenu luyestoit
ou pays de Gallice , et des mariages de ses deux filles ,
lesqueles il avoit alyees et données pour espouses ,
l'une" au roy Jehan de Portugal, et l'autre au filz du
roy Jehan de Castille, prince de Gallice, laquele aliance
pleut pour lors assez bien au roy, à ses oncles et au
conseil. FX atant melterons fin à ces histores, si tou-
cherons en brief de l'entrée que la royne de France,
Yzabel de Bavière ^ fist à Paris, et aussi du retour que
fist le seigneur de Chastelmorant d'Engleterre en
France, lequel raporta au roy Charles et à son conseil
la chartre de trêves entre France et Engleterre, à durer
trois ans.
769. Comment la royne de France Yzabel de Bavière vint
à Paris : et comment le seigneur de Chastelmorant re-
tourna d'Engleterre. XXVII.
Cf. Fr., livre IV, ch. i, ii, iv et v.
770. Comment les joustes de Saint Inglebert et les fais
1. Isabel de Frauce, fille àe Charles VI. Morte le 13 septembre 1409
(Anselme, I, l\A].
2. Philippe, fille deBlanche deLancastre (Uuydale. II, H4).
3. Isabel de Bavière, mariée à Charles VI, le 17 juillet 138o. Morte
en septembre 1435 (Anselme, I, 112).
[i:j89-9J] QUATRIÈME PARTIE, LIVRE II, xxvu-xxxvi. 1(51
d'armes qui furent emprins par trois chevalliers de
France en la marche de Callaiz , c'est ascavoir messire
Regnault de Roye , messire Bouchicaut, le jenne, et le
seigneur de Sempi, se achevèrent. " XX VIII,
Cf. Fr., livre IV, ch. vi.
771. Des joustes de Saint Inglebert. XXIX.
Cf. Fr., livre IV, ch. xii.
772. Comment les Genevois vindrent au roy de France :
et comment plusieurs chevalliers François et Andois v
alerent soubz la conduite du duc de Bourbon. XXX.
Cf. Fr., livre IV, ch. xin-xv.
"73. Comment unes joustes furent establies à Londres, en
Engleterre, et publiées en plusieurs Heux de cha la mer.
XXXI.
Cf. Fr. , livre IV, ch. xvi.
774. Comment le siège fut levé devant la forte ville d'Auf-
frique. XXXII.
Cf. Fr. , Uvrc IV, ch. xvii.
775. Des chevalliers Anglois qui furent envoiez en France,
de par le roy Richard, sur fournie de Paix. XXXIIl.
Cf. Fr., Hvre IV, ch. xviii.
776. Cy parle de la mort du roy Jehan de Castille, et du
couronnement du roy Henry, son filz. XXXIV.
Cf. Fr., hvre IV, ch. xix-xx.
777. Comment messire Pierre de Craon eschey en l'indi-
gnation du roy de France et du duc de Thouraine, son
fiere ; et comment il fut recueilly du duc de Bretai-
gne. XXXV.
Cf. Fr., livre IV, ch. xxi-xxiv;
778. De la grant assemblée qui se fist à Amiens du roi de
France et de ses oncles, et des oncles du roy d'Engle-
terre, sur fourme de Paix. XXX Vi.
Cf. Fr., livre IV, ch. xxvii.
I H
162 CROrsICQUES D'ENGLETERRE. [1392]
779. Cy parle, en brief, comment messire Pierre de Craon
fist battre messire Olivier de Clichon, dont le roi et ses
consaulz furent moult courouchiés. XXXVII.
Cf. Fr., livre IV, ch. xxvm.
780. De l'armée que fist le roi de France, en intencion d'aler
en Bretaigne : et comment le roy devint mallade, par-
quoy le voyage se brisa. XXXvIlI.
Cf. Fr., livre IV, ch. xxix.
781. Comment les trêves furent ralongiés entre France et
Engleterre : et comment le roy de France revint en
santé. XXXIX.
Cf. Fr., livre IV, ch. xxxi.
Cy prcnl fin , doncques , le II« livre de ce quart voluiuc , cl
s'ensieiilt le troisiesine.
[1393-94] QUATRIÈME PARTIE, LIVRE III, i-v. 163
LIVKË m.
782. Gy commence le HP livre qui contient en soy
xxvii chappittres : le premier desquelz traitte la fourme
de la paix qui fu pourparlee et ottroyee entre les deux
roys de France et d'Engleterre parle moyen des un on-
cles des deux roys. Chapitre I.
Cf. Fr., livre- IV, ch. xxxv.
783. Cy parle comment les Parlemens furent prez d'estre
rompus en deux manières. jj^
Cf. Fr., livre IV, cli. xxxv.
784. De la mort du Pape Clément d'Avignon et de l'élec-
tion du Pape Benedic. m^
Cf. Fr., livre IV, eh. XXXVI. ' "
785. Comment le roy d'Engleterre et son conseil donnèrent
au duc de Lanclastre, pour lui et ses lioirs, perpétuelle-
ment, la duchié d'Acquitaine et toutes les terres et se-
neschaussiés appendans à icelle : et comment le roy s'or-
donna et fist ses pourveances pour aler en Irlande, et le
duc de Lanclastre pour aler en Acquitaine. IV.
Cf. Fr., livre IV, ch. xxxviir.
786. Du trespas de la royne Anne d'Engleterre, fille au roy
de Boesme et empereur d'Allemaigne . V.
Cf. Fr., livre IV, ch. xxxix.
164 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1394-95]
787. Comment, après le retour du roy Richard du pays d'Ir-
lande, où il avoit conquis graiit pays, et amené et pris
quatre roys prisonniers, lesquelz il avoit conquis, il
trouva aucuns seigneurs d'Aquitaine, lesquelz cy après
vous orrez nommer, et ce pourquoy ilz estoient venus.
VI.
Cf. Fr., livre IV, ch. xl.
788. Du reffiis que ceux d'Acquittaine firent au duc de
Lanclastre, et comment ilz envoierent en Engleterre pour
remonstrer au roy et à son conseil la volenté de tout le
pays. Vli.
Cf. Fr., livre IV, ch.XLi.
789. Comment la vérité de ce voyage d'Irlande fu sceue
par inig nommé Henry Ciistede. VIII.
Cf. Fr., livre IV, ch. xlii.
790. De l'ambassade que le roy d'Engleterre envoya devers
le roy de France pour traittier du mariage de dame
Ysabel, aysnee fille de France, et de l'amiable responce
qui leur fu faitte. IX.
Cf. Fr., livre IV, ch. xliii.
791 . D'un escuier nommé l'Ermitte. Comment il fut envoyé
de France en Engleterre, devers le roy et ses oncles. X.
Cf. Fr., livre IV, ch. xliii-xi.iv.
792. Cy fait mention du retour du duc de Lanclastre et de
Robert l'Ermitte, et de pluiseurs autres besongnes. XI.
Cf. Fr., livre IV, cli. M.iv.
793. Cy parle, en brief, comment le seigneur de la Rivière
et messire Jelian Le Merchier furent mis hors de piison,
et d'autres advenues. XII.
Cf. Fr., livre IV, ch. xl\-m.mii.
79-4. Gomment la conclusion fu prinse à Paris du mariage
du roy uEngleterre à madame Ysabel, ainsnee fille au
roy de France, etconmient, aussy, le duc de Lanclastre
se remaria. XIII.
Cf. Fr., livre IV, ch. j..
[1395] QUATRIÈME PARTIE, LIVRE III, vi-xix. ier,
795. Comment Jehan de Bourgoigne, conte de (^harollois,
fist ung voiage en la sainte terre de Promission. XIY.
Cf. Fr., livre IV, cli. i..
796. Comment le duc de Gueldres, par sesparoUes, des-
tourba le conte Derby de aller en Frise. XV.
Cf. Fr., livre IV, ch. l.
797. Comment le conte de Saint Pol alla en Engleterre,
et de ce qu'il y fist. XVI.
Cf. Fr , livrelV, ch, L.
798. Cy parle du duc Aubert de Bavière et de son filz, le
conte Guillamme d'Ostrevan, XVII,
Cf. Fr., livre IV, ch. l,
799. Cy fait mention comment la dite armée que fist le duc
Aubert en Frise luy pourfita pou. ■ XVIII.
Cf. Fr., livre IV, ch. l.
800. Comment le roy de France livra Yzabel, sa fille, au
roy d'Engleterre , entre Ardre et Callaix, et des ordon-
nances qui là furent. XIX.
Cf. Fr., livre IV, ch. li.
Nous trouvons dans Wavrin, qui reproduit presque mot pour
mot le texte du chapitre correspondant de Froissart, un passage
qui ne se lit point chez ce dernier. Il s'agit de l'entrevue des deux
rois de France et d'Angleterre qui, après le vin et les épices, par-
leinenterent ensemble.
Et là fut fait traitié entreulz \ par condicion que
la ville et cbastel de Brest seroient rendus au duc de
Bretaigne, et Chierebourg au roy de Navarre ", parmy
paiant au roy Ricbard d'Engleterre une moult grant
1. Charles VI, mort en'1422, et Richard II. L'entrevue eut lieu, entre
Ardres et Calais, le 25 octobre 1396 (Anselme, I, 111).
2. Charles III, dit le Noble, couronné à Pampelune le 13 février 1 389.
Mort le 8 septembre 1425 (Anselme, I, 287).
106 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1393-97]
somme de deniers que le roy Edouard, son taion, avoit
preste aux dessus nommez, le roy de Navarre et le duc
de Bretaigne, à quy lesdites places estoient : pour
laquele rendition desdites places plusieurs seigneurs
d'Engleterre furent très mal contentz, especialement le
duc de Lanclastre, et plus cellui de Clocestre, comme
plus amplement porrez oyr en ceste histore.
801. Cy dist , en brief, comment les François qui estoient
à siège devant Nicopoly furent tous mors ou prins, et le
siège levé par Lamorath Baquin. XX.
Cf. Fr., livre IV, ch. Ln-tni.
802. Comment le duc de Clocestre soubtilloit et queroit
manières diverses pour grever le roy d'Engleterre, son
nepveu: d'un clisner que le dit roy fist, et de ce quy y
advint. XXI.
Cf. Fr., livre IV, ch. lvi; et Chr. de Richard II, p. 2-3.
Les quatorze premières lignes seulement de ce chapitre sont
semlilables au texte de Froissart. Wavrin copie le reste dans une
Chronique de Richard II , imprimée par ]M. Buchon dans le XV*
volume des Chroniques de Froissart. Il existe plusieurs manuscrits
de cette Chronique de Richard II : M. Buchon a relevé la plupart
des additions ou variantes qui les font différer entre eux. Nous
nous en tenons à son texte pour le comparer à celui de notre his-
torien.
803. Cy fait mention comment le duc de Clocestre persé-
véra en son propos de la destruction de son nepveu le
roy Richard. XXII.
Cf. Fr., livre IV, ch. i.vi. .
804. Comment les Londriens furent de lacord au duc de
Lanclastre, et de autres choses. XXIII.
Cf. Fr., livre IV, ch. i-vi-lvii.
80â. Cy fait mention de la conspiration que firent le duc de
Clocestre, et plusieurs autres princes d'Engleterre, à
[i397] QUATRIEME PARTIE, LIVRE III, xx-xxvii. 167
rencontre du roy Richard leur souverain seigneur»
XXIV.
Cf. Chr. de Richard II , p. 5-8.
806. Comment le duc de Clocestre fut prlns du conte Mares-
chal, par le commandement du roy. XXV.
Cf. Chr, de Richard II , p. 8-10 ; et Fr., livre IV, ch. ivir.
Wavrin fond ensemble, dans son récit, la narration de la chro-
nique de Richard II et celle de Froissart.
807. De Jehan de Bourgoigne, conte de Nevers,etde ceulz
qui furent prins avec luy par les Turcs. XXVI.
Cf. Fr., livre IV, ch. lthi-lx.
808. De la mort du duc de Clocestre et du conte d'Aron-
del ; et comment les autres oncles du roy Richard, et les
Londriens, s'en contentèrent. XXVII.
Cf. Fr., livre IV, ch. lxi.
Atant prent fin le IIP livre de ce quart volume , et s'ensieult le
quatriesme.
168 CROiMCQUES D'ENGLETERRE. [1397-98]
LIVRE IV.
809. Gy commence le quatriesme livre de ce présent vo-
lume qui contient eu soy xxxiiii chappittres : le pre-
mier desquelz fait mention de la grant assemblée qui fu
faitte en la ville de Rains, tant de TEmpire d'AUemaigne
<(>mme du royaume de France, sur Testât et union de
TEglise. Chapitre I.
Cf. Fr., IhrelV, ch. Lxir.
810. Gomment le duc de Bourgongne ne fut pas à ces or-
donnances; de l'allée deTevesque deGambray à Romme,
et de ce qu'il y besongna. II.
Cf. Fr., livre IV, ch. i.xu.
811. Gomment le conte Mareschal appella de gage à oul-
trance le conte Derby, filz du duc de Lanclastre, en la
présence du roy et de tout son conseil, dont depuis vin-
drent pluiseurs maux en Engleterre. HI.
Cf. Fr., livre IV, ch Lxm.
812. Gomment le duc de Lanclastre se gouverna durans ces
appeaux d'armes, !*•
Cf. Fr., livre IV, ch, lxiii.
813. De la responce que fist le roy Richard à ses gens sur
le fait de ces armes. V.
Cf. Fr., livre IV, ch. Lxni.
814. Comment le roy Richard d'Engleterre rendy sa sen-
[1398-99] QUATRIEME PARTIE, LIVRE IV, i-xii. 1(J9
tence par laquelle il bany hors du royaume d'Engle-
terre le conte Derby, à ternie , et le conte Mareschal, à
tousjours. YI.
Cf. Fr., livre TV, oh. lxiv ; et Clir. de Richard II, p, 12-13.
815. Gy devise comment le conte Derby et le conte Mares-
chal entrèrent es lices pour combatre, mais il n'y eult
riens fait. VII.
Cf. Chr. de Richard II, p. 14-18; etFr., Hvre IV, ch. lxiv.
816. Comment le conte Derby et le conte Mareschal se
partirent d'Engleterre et de la ville de Londres, le conte
Derby pour venir en France, et le conte Mareschal
pour aller en Allemaigne. VIII.
Cf. Fr., livre IV, ch. lxv.
817. Comment messire Guillamme, conte d'Ostrevan, envoya
devers le conte Derby ses messages : et comment le dit
conte Derby s'en vint à Paris, et comment il fut re-
ceus. IX.
Cf. Fr., livre IV, ch. lxvi.
818. Cy devise ung pou d'une assamblee qui se fist à Raius
de l'empereur d' Allemaigne et du roy de France, pour
mettre union en sainte Eglise. X.
Cf. Fr., livre IV, ch. Lxvn.
819. De la response que le duc de Lanclastre fist au cheva-
lier du conte Derby : et comment le dit duc de Lanclas-
tre morut. XI.
Cf. Fr., livre IV, ch. lxviii.
820. Du traittié de mariaoe encommenclé entre le conte
o
Derby et Marie , la fille au duc de Berry ; et comment
le roy Richard le fist empeschier par le conte de Sasle-
bry. XII.
Cf. Fr., livre IV, ch. lxix.
821. Gomment le conte Derby se complaindy à ses cheva-
liers, qui le resconforterent : et de ce qui advint en En-
170 CRONICQUES D'E^^GLETERRE. [1399]
gleterre, quant il fut seu la vérité de l'ambassade que
avoit fait en France le conte de Saslebry. XIII,
Cf. Fr., livre IV, ch. lxix.
822. Cy parle comment le roy d'Engleterre se porta, après
le mandement fait pour aller sur les marces d'Irlande :
et pour quel cause le conte de Northomberland et son
filz furent bannis. XIV.
Cf. Fr,, livre IV, cli. xx.
823. Du ressours des nouvelles qui ja longuement avoyent
couru en Engleterre, et de la conclusion des Londriens.
XV.
Cf. Fr., livre IV, cîi. lxx.
824. Comment l'arcevesclie de Cantborbye fut envoyez en
France, devers le conte Derby, de par les Londriens et
aulcuns grans consaux d'Engleterre , pour faire revenir
le dit conte en son pays. XVI.
Cf. Fr., livre IV, ch. lxxi.
825. Comment le conte Derby prind congié du roy de
France, et s'en vint en Bretaigne devers le duc, son
cousin. XVII.
Cf. Fr., livre IV, ch. lxxii.
826. Comment le conte Derby arriva de Bretaigne en En-
gleterre. XVIII .
Cf. Fr.. livre IV, ch, lxxiii ; et Chr. de R., p. 24.
827. Des apparaux de guerre qui se firent au contraire du
dit conte Deiby, duc de Lanclastre, àTesmouvement du
duc d'Yorth. ' XIX.
Cf. Chr. de R., p. 24-25.
828. Comment le duc d'Yorth et le marquis d'Excestre,
atout leur host, tirèrent devers le duc de Lanclastre ; et
comment la pluspart de l'armce du roy RichaT'd le ba-
bandonnercnl en une nuyt, et que le dit roy devint.
XX.
Cf. Chr. de R., p. 25-26, et Variantes, p. 67-69.
[1399] QUATRIÈME PARTIE, LIVRE IV, xiii-xxv. 171
829. Gomment le conte de Hostidonne ala devers le duc
de Lanclastre, qui avoit envoyé le conte de Northomber-
land devers le roy Richard, et des ordonnances qui cou-
rurent entre les parties. XXI.
Cf. Chr. de R. (Variantes), p. 69-71.
830. Comment, par les envelopemens des bourdes et le
faux serment du conte de Northombreland, le roy Ri-
chard se mist à chemin pour aler à Fluich. XXII.
Cf. Chr. deR. (Variantes), p. 71-72.
831. De la prinse du roy Richard, et comment lui et ses
compaignons furent enfermez ou chastel de Fluich.
xxm.
Cf. Fr., livre IV, ch. lxxui ; et Chr. de R. (Variantes), p. 72-73.
832. Des piteuses lamentations que fist le roy Richard en
la prison. XXIV.
Cf. Chr. de R. (Variantes), p. 73-75.
833. Comment le conte de Northombreland retourna de-
vers le duc de Lanclastre, auquel il conta de ses nou-
velles : et comment le duc vint devers le roy Richard au
chastel de Fluich. XXV.
Cf. Chr. deR. (Variantes), p. 73-77; et Fr., livre IV, ch. lxxy.
Après avoir dit, ainsi qu'il est raconté dans la Chronique de
Richard II, que le comte deNorthumbeiland vint annoncer au duc
de Lancastre l'emprisonnement du roi Richard au château de
Flinth , W^avi'in ajoute :
Or doncques, ung pou après ces nouvelles, le duc
de Lanclastre * envoya quérir le comte de Hostidonne ^
1. Henri de Lancastre, depuis Henri IV, usurpa le trône de Ri-
chard n. Couronné le 13octohre 1399. Mort le 20 mars 1413 (Holinshed,
II, 507-541 ).
2. Jean de HoUand, comte de Huntington ; marié à Elisabeth, fille de
Jean de Gand, duc de Lancastre. Ayant conspiré pour détrôner Henri IV,
son beau frère, il fut décapité le 15 janvier 1400 (Holinsehd, II , 516).
Dugdale (II, 78-79) met le jour saint Maurice, qui serait le 21 septem-
bre 1399.
172 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1399]
auquel, quant il fut venu, lui dist : « Beau frère, il seroit
bon que relournissiez à Calais, le gouvernement de
laquelle ne vous sera point osté , se aultre chose ne
scavons estre en vous que ne sachons pour le présent.
Et là vous commettons estre , jusques à ce que nous
arons besongniel avec monseigneur le Roy sur les ma-
teres dont vous et moy fusmes liier advisés. Et gar-
dez, sus vostre vie, que nulz de la party de France n'y
laissiez entrer ne parler à nulz , par lettres ne aultre-
ment, jusques ad ce que le vous fâchons scavoir. »
Le comte de Hostidonne , sans faire semblant de
tristesse , print congiet du duc ; car bien cognoissoit
les choses ou parly qu'elles estoient. Sy se party de sa
belle ville d'Oxcestre, chevaulcha tant, que, sans aler
voir sa femme, il vint à Douvres, où il se mist en mer
et vint à Calais ; niais sachiez que la doleur et tristesse
estoit sy grand en liiy, qu'il n'est nul qui ne le enten-
dist dire : laquelle doleance et desplaisir il lui convint
souffrir, car aultre chose n'en povoit avoir pour le
le présent : sy fut force de dissimuler.
834. Comment le roy et les siens chevaulcerent vers Lon-
dres avec le duc de Lanclastre et son armée, qui les fist
mettre en prison estroitte. XX\I.
Cf. Chr. de R. (Variantes), p. 77-78 ; et Fr., livre IV, ch. lxxvi.
835. De Testât delà royne d'Engleterre, et comment on lui
bailla nouvelles gens : et comment le roy fut amenez
dedens la tour de Londres. XXVIL
Cf. Fr., livre IV, oh. i.xxvi; et Chr. deR. (Variantes , p. 78-79.
836. Comment le duc de Lanclastre, luy vi% ala en la tour
de Londres parler au roy Richard, et de leurs devises.
XXVIIL
Cf. Fr., livre IV, ch. i.xxvi ; et Chr. de R., p. 27-30.
[1399] quatrième: partie, livre IV, xxvi-xxxiv. 17S
837. Comment le Parlement se tint ou palaix de West-
mouster, pour la prinse du roy Richard ; et de ce qu'il y
fut besongnié le premier jour. XXIX,
Cf. Clir. deR., p. 30-31.
838. Comment le duc de Lanclastre revint, le lendemain,
en Parlement : et de la sentence qui fu donnée sur le
roy Richard, leur souverain seigneur, lui absent. XXX.
Cf. Chr. deR., p. 31-33.
839. Cy fait mention de la tieiche journée du Parlement
et de ce quy y fut fait. XXXI.
Cf. Fr., livre IV, ch, lxxvi.
840. Comment les ordonnances et les jugemens de ceste
tierce journée furent acomplies rigoreusement. XXXIL
Cf. Fr., livre IV, ch. lxxvi.
841. Comment le roy resigna sa couronne et son royaume
en la main du conte Derby, duc de Lanclastre. XXXIII.
Cf. Fr., livre IV, ch. lxxvii.
842. La manière de la résignation du royaume d'Engle-
tene, par Richard de Bordeaux, à Henry de Lanclastre.
XXXIV.
Cf. Fr., livre IV, ch. ixxvii.
Cy Une le qnatricsme livre.
174 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1399
LIVRE V.
843. Cy commence le V*" Livre de ce présent volume qui
contient xiiii chappitres, dont le premier desquelz parle
du couronnement de Henry de Liincastre, qui se fist du
consentement du commun d'Engleterre, et de la maniera
de la feste. Chapitre I.
Cf. Fr., livre IV, ch. lxxviii.
844. Comment le conte de Hostidonne s'acointa du roy
Henry, et fist la paix du conte de Saslebry. H.
Cf. Fr., livre IV, ch. lxxviii.
845. Comment les nouvelles de la prinse du roy Richard
furent sceues en France, par la venue de la dame de
Coucy ; et comment le roy en fut courrouchiez. HI.
Cf. Fr., livre IV, ch. lxxix.
846. Comment les Loiidriens eurent nouvelles des mur-
mures aux Bordelois et Baionnois, et comment ilz pour-
veirent de remède. IV.
Cf. Fr., livre IV, ch. lxxix.
84'?'. Comment le roy de France envoia en Engleterre mes-
sire Charles de Laljrech et messire Charles de Han-
giers. V.
Cf. Fr., livre IV, ch. lxxix.
848. Comment aulcuns seigneurs d'Engleterre misrent sus
une armée pour destruire le roy Henry et délivrer le
roy Richard. VI.
Cf. Fr., livre IV, ch. lx\x.
[1399-1401] QUATRIEME PARTIE, LIVRE V, i-xiv. 173
849. Gomment le roy Richard fut mis hors du chastel de
Londres et menez à Pontfret. YII,
Cf. Chr. de R., p. 36.
Wavrin et l'auteur de la Chronique de Richard II ne s'accordent
point sur la cause qui amena la translation de Richard à Pontfi-eit.
Une conspiration faite en faveur de ce dernier détermina , selon
Wavrin , Henri de Lancastre à prescrire cette mutation.
850. Comment le roy Henry assembla ses gens d'armes
pour prévenir à Temprinse de ses ennemis. VIII.
Cf. Fr., livre IV, ch. lxxx. ,
851. Comment les seigneurs conjurez se maintindrent,
doubtant d'estre acusez et descouvers. IX.
Cf. Fr., livre IV, ch. lxxx ; et Chr. de R., p. 45-46.
852. De kl grant occision fait à Succestre. Comment aul-
cuns des seigneurs se saulverent, et aucuns furent villai-
nement mis à mort. X.
Cf. Chr. de R., p. 46-49.
853. De l'ordonnance du roy Henry, quant il fut parti de
Londres pour aller contre ses ennemis. XI.
Cf. Chi-. deR.,p. 42-43.
854. La manière de la mort du roy Richard. XII.
Cf. Fr., livre IV, ch. txxxir; et Chr. de R., p. 49-S3.
855. Comment le conte de Hostidonne, frère du roy Richard,
fut prins et mis piteusement à mort. XIII.
Cf. Chr. dj R., p. 56-60 ; et Fr., livre IV, ch. Lxxxn.
856. Comment le roy de France se maintint, quant il sceut
la mort du roy Richard ; et comment il envoia ambaxa-
deurs en Engleterre, devers les consaulz, pour ravoir la
roy ne sa fille. XIV,
Cf. Monstrelet, t. I, ch. iv.
Cy prent fin le V* livre de ce quart volume, et s'ensieult le VI'
et darrenier.
176 CRONICQUES D'EINGLETERRE. [1402]
LIVRE VI.
857. Cy commence le VP et darreaier livre de ce quart vo
kmie, lequel contient en soy xxxi chappitres: ou pre-
mier il traite la cause pourquoy la discention s'esmeut
entre le roy Henry et les seigneurs de Persy *, après la
mort du roy Richard. Chap. I.
Apres la morl du roy Richard , et que messire Tho-
mas de Persy ^, alors connestable d'Engleterre , eut,
par rordonnance du roy Henry, ramené par decha la
mer la royne > zal^el, vesve de feu le roy Richard , et
> celle rendu es mains des seigneurs de France, comme
cv dessus est contenu, icellui messire Thomas, re-
tourné en Engleterre devers ledit roy Henry , nou-
velles vindrent comment le conte de Douglas^, esco-
chois , adcompaignié de grant peuple , estoit entré en
Engleterre , où il faisoit de grans dommages : pour-
1 . Monstrelet (I, chap. vu) parle très brièvement de celte dissension.
''2. Thomas Percy, comte de Worcester, amiral, mortle23 juillet 1-403
(Dugdale, I, 283-286; et Carte, II, 659).
3. Archaiiibaiit IV, comte de Douglas, créé duc de Touraine par
Cliarles VII. Il prêta serment de fidélité à ce prince le 19 avril 1423,
avant Pâques (Bapin Tiioyras, IV, 197; Du Tillet, 11, 235). Tué à la
bataille de Verneuil, donnée It 17 août 1424 (Monstrelet, V, chap. xix ;
The l'eeragt of Scotland, b> Robert Douglas, j). 186).
[1402] QUATRIÈME PARTIE, LIVRE VI, i. iH
qiioy le roy ordonna audit de Persy, son conneslable*,
grant armée pour remédier auz enlreprinses dudit
conte de Douglas; lequel connestable, aiant ceste
charge , fist tel dilligence de poursievir ses annemis,
qu'il les trouva et leur livra battaille ' ; dont il de-
moura victorien. Si prinst ledit conte de Douglas pri-
sonnier % et l'emmena en son pays, où il le commist
soubz bonnes gardes.
Quant le roy Henry sceut que le conte de Douglas
estoit prisonnier, et que ses gens avoient guaignié la
baltaille, il envoia devers ledit messire Thomas Me
Persy ung sien poursievant lui signifier que il luy
envoiast le conte de Douglas en la ville de Londres \
A quoy ledit de Persy respondy que le conte de Dou-
glas estoit son prisonnier, non pas du roy, et que point
ne lui envoieroit , mais il yroit dedens brief jour de-
vers luy pour faire son excusation.
Le roy, sachant ceste responce, fut moult troublé :
1. Henri Percy, comte de Northumbeiland, conuétable d'Angleterre
mort le 28 février 1408 (Diigdale I, 276, 278 ; Carte, II, 669). II était
frère aîné de Thomas auquel Wavrin donne, par erreur, le titre de
conriétalîle.
2. Le W septembre 1402, à Homeldon-Hill (Lingard, II, 388), près
Wollever, sur les frontières du Northumberland (Carte, II, 6o5).Wooler
est situé sur un bras de la rivière le Till, dans le comté de Northumber-
land. Le comte avait avec lui son fils Henri, surnommé Hotspur.
3. Ce seigneur fut pris, non par Thomas Percy, mais par Henri Hot-
spur, son neveu (Carte, II, 658).
4. Thomas n'avait pas assisté à cette bataille; notre chroniqueur le
confond sans cesse avec son frère ou son neveu. Le manuscrit de la Bi-
bliothèque impériale, fonds Sorbonne, n° 432, porte Henry. C'est ce
dernier nom qu'il faut lire partout ou Wavrin nomme Thomas.
^. Le roi fil défense au comte de Northumberland, à son fils et aux
autres grands seigneurs, de disposer des prisonniers écossais, se réser-
vant ce droit. Ses leurcs sont datées du 22 septembre 1402 (Rvmer, IV,
partie I, 33-36).
' 12
478 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1402]
si pensa bien qu'il s'en vengeroit dudit de Persy, met-
tant en oubly les bons services par luy recheuz dudit
de Persy, ses parens et alyez : car, comme il a esté dit
cy dessus*, le conte de Northumberland, père dudit
messire Thomas, avec l'ayde de ses enfans et alyez ,
avoit esté cause principal de la destitution du roy Ri-
chard , et de l'augmentation et gloire du roy Henry,
soubz certaines promesses, que ce roy Henry lui avoit
faites, qu'il les devoit pourveoir et advanchier de grans
offices ou roiaulme , dont il ne fist riens.
Ledit messire Thomas^ de Persy, environ vi jours
après le partement du poursievant , s'en vint à Lon-
dres devers le roi ; lequel , quant il lui cuida faire la
révérence et soy excuser, luy demanda, très felon-
neusement, s'il luy avoit amené le conte de Dou-
glas ; à quoy messire Thomas respondy que non , et
qu'il estoit son prisonnier, en son pays : à laquele pa-
rolle le roy se couroucha et donna audit de Persy ung
grant soufflet , lequel recheu par messire Thomas , se
party de là, sans congié prendre, monta à cheval, et
retourna en sa maison. Et de ceste villonnie se com-
plaindy à son père, [le conte de Northumberland], et
à son frère, messire Jehan de Persy ', et messire Henry '"
de Persy, conte d'Excestre , son oncle, et à ses autres
amis, eulz priant qu'ilz le voulsissent aidier à vengier :
lesquelz, tous ensamble, luy promisrent ayde et con-
fort , disant (jue , comme ilz avoient esté cause de
t. Voyez ci-dessus, n'^ 830.
2. Le manuscrit ci-dessus mentionné met Henrj .
3. Ralph (tt non Jean) Percy était frère de Henri Hotsjjur. (Di'g^"
dale, I, 278).
4-. « Thomas, comte d'Orseslrr- ( Worcesler. ) « (Ms. fonds Sor-
honne, n" i?>2).
[1403] QUATRIÈME PARTIE, LIVRE VI, i-ii. 179
eslever le roy Henry, ils renderoient paine de le priver
et débouter du roiaulme.
858. Comment le roy Heury d'Engleterre desconfiz en
battaiile les seigneurs de Persy et leurs alyez. Il
Geste conclusion prinse entre ceulz de Persy, ilz
mandèrent tous leurs amis et alyez , par tous lieux où
ilz cuidoient estre amez, pour les servir à leur besoing ;
puis s'en allèrent ou pays de Galles, sans monstrer
samblant de ce qu'ilz pensoient; et là, trouvèrent
aucuns grans seigneurs du pays , lesquelz ilz scavoient
estre de la partie du roy Richard , pour le tempz qu'il
estoit en vie, et que très fort avoient prins en hayne
le roy Henry, disant à yceulz seigneurs que , se ilz
voulloient , leur aideroient à boutter hors de Galles
tous ceulz quy estoient es chasteaulz et villes de par
ledit roy Henrv, et à remettre leur droit héritier de la*
princhaulté de Galles en possession , et les autres sei
gneurs en leurs patrimones , lesquelz en avoient jadis
esté déboutez par le roy Edouard H * de ce nom, qui
les avoit déshéritez , et apliquié le pays de Galles à la
couronne d'Engleterre.
Ces seigneurs de Galles , oians ces Persias ainsi
parler, furent moult joieux ; car, à la vérité dire ,
oncques les Gallois n'amerent naturelement les An-
glois ; car ilz se dient entreulz estre plus nobles de
progéniture que les Anglois , pour ce qu'ilz sont issus
et extrais des anchiens Bretons, lesquelz jadis tindrent
toute la grant Bretaigne que maintenant occupent les
Anglois; laquele, comme en ceste histore est cy devant
1, Edouard l, et non Edouard II. Voy. Carte, II, 195.
i80 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1403]
contenu ou premier volume, ung grant prince, nommé
Englist , concquesta sur les Bretons , si le repeupla de
diverses nations ; c'est à scavoir de Saxons, d'Alle-
mans, Flamens, Picars, Northmans et autres peuples.
Si fut le pays nommé Engleterre , pour Englist, lequel
nom luy a duré jusques aujourd'huy.
Or donc, pour retourner à nostre propos , ceulz de
Galles, moult joieuz de l'aliance faite et enconvenen-
cilié au conte de Northumberland, et aux seigneurs de
Persy, requirent que de ceste aliance lettres feussent
faites , escriptes et scellées des seaulz des deux parties.
Et, avec ce, pour plus fermement entretenir celle
alyance, jurèrent et promisrent, sur le corpus Domiiii,
d'icelles convenences entretenir jusques à mort souf-
frir.
Les choses ainsi passées, chascun,desa partie, manda
gens, amis et alyez endroit soy. Et Us seigneurs de la
princbauté de Galles assemblèrent leur povoir, prin-
drent jour, lieu et place pour eulz tous assambler en
ung ost, adfui d'entrer en pays.
Le conte de Northumberland*, messire Thomas de
Persy et messire Henry tyrerent en leur marche, et en-
volèrent en Escoche devers le conte de Douglas, pour
cause duquel , comme oy avez , estoit venu ce mal-
lalent, quy paieillement manda tous ses amis, lesquelz
vindrent en grant nombre ; car lesdis seigneurs de
Persy l'avoient délivré de prison, quitant sa raenchon
pour estre de luy aydiés. Si s'assamblerent finable-
mcnt tous ces seigneurs ou pays de INorthumljerland ,
où ilz se trouvèrent bien xxiv m. archiers de bonne
1. Il resta malade à Berwick et n'assista pas à la hntaine dont il va être
question (Carte, II, 6b8).
[1403] QUATRIÈME PARTIE, LIVRE VI, ii. 181
estofïe , et deux mille lanclies, qui tousjours multi-
plioient et croissoient : lesquelz , tous ensamble et en
très bonne ordonnance, entrèrent en pays, où ilz com-
mencèrent à bouter les feux et mettre à l'espee tous
ceulz qu'ilz scavoient estre à eulz contraires, quv de
ce ne se donnoient garde ; car leur entreprinse fut si
subite, et tenue si secrète, que, se le roy Henry n'y
eust eu aulcuns amis couvers quy l'en advertirent se-
crètement, la chose feust mal allée pour luy, et n'y
eust peu ou sceu mettre remède, que il n'eust esté
du tout deffait et débouté de son roiaulme , ou esté
prins ou mort. Mais tantost que yceulz seigneurs de
Persy, Gallois et Escochois, tous ensamble se furent
jointz et entrez en pays, messages vindrent à Lon-
dres , de tous costez , et racontèrent au roy Henry les
grans maulz et dommages que jà avoient fait , et con-
tinuoient de faire les dis seigneurs de Persy et leurs
alyez.
Alors le roy Henry, moult troublé de ceste adven-
ture , manda ses consaulz . ouquel comparurent tous
les ducz , contes , barons , evesques , abbez et prelatz
quy à Londres estoient; lesquelz, tous ensamble, d'une
voix commune , dirent au roy : « Sire, longz consaulz
n'ont cy mestier, mais convient de fait pourveir à la
chose plus nécessaire. Mandez et faites publier de
toutes pars que chascun se mette sus en armes, et
viengnent par devers vous, et, vous mesmes, tyrez auz
champs, adfin que chascun vous ensieve. Si, comman-
dez à tous connestables et maressaulx qu'ilz entendent
<Ie ces nouvelles faire publier dilligamment, par toutes
les villes et citez de vostre roiaulme, que chascun,
endroit soy, vous sieve garny de vivres et artillerie ,
Î8'2 CR0NICQUP:S D'ENGLETERRE. [U03|
comme en tel cas apartient , et que jour et nuit vous
sievent et viengnent où vous serez.
Ce conseil tenu ainsi comme il fut dit et exécuté,
le roy Henry, et les princes quy avec luy estoient, se
préparèrent et misrent en armes. Si se party le roy et
eulz, les Londriens en sa compaignie ; puis, quant le
roy se trouva aux chainpz , il fist son ordonnance
d'avant garde , battaille et arrière garde , lesqueles il
bailla à conduire à ceulz qu'il scavoit estre à ce [pro-
pices et dignes de] ce faire. Luy en personne conduisi
la battaille , le duc d'Yorc , son oncle ', avec luy, et
le jenne duc de Clocestre ^, le conte d'Arondei ', le
conte de Rosteland ^ et plusieurs autres grans sei-
gneurs. En l'avant garde estoient le conte de Ware-
wic*, le conte d'Excestre**, le conte de Sombreset ^, le
seigneur de Ros* et plusieurs autres haulz barons; et
en l'arriére garde estoit le jenne duc de Sudrien, avec
luy plusieurs sages et notables cbevalliers. Puis, quant
i . Le duc d'York n'assista pas non plus à cette bataille : il était mort
dès le 1" août 1402. Voy. ci-dessus, p, io9 , note 5 , où , par erreur,
nous avons mis 1401 .
2. Humphrey, le plus jeune des fils de Henri IV. Il ne fut créé duc de
Glocester que la première année du règne de Henri V. Mort le 28 fé-
vrier 1447 (Dugdale, m, 198-199).
3. Thomas, comte d'Arundel, mort le 13 octobre 1415 (Dugdale, I,
320-321).
4. Edouard, comte de Ilulland, fils du duc d'York, tué en 1415 a la
bataille d'Azincourt (Dugdale, II, 156-157).
5. Richard Beaucliamp, comte de Warvick, né le 28 janvier 1381 ;
mort à Rouen , le 30 avril 1439 (Dugdale, I, 242-247).
G. Thomas Beaufort ne fut créé (lue d'Excester que la quatrième année
du règne de Henri V. Mort le 27 décembre 1426 (Dugdale, 11, 125-126).
7. John Ikaufort, coiiUe (U' Som;'rsi t , mort en lilO (Dugdale, II,
121-122).
8. William Ros de Hamlake , mort le 1"^' septembre 1414 (Dugdale. 1.
551 552).
[U03] QUATRIÈME PARTIR, LIVRE VI, a. 483
tous furent assaniblez , ilz se nombrerenl bien à
XXVI m. arcbiers et trois mille liommes d'armes; mais
enfin furent plus de lx m. bommes.
Lors le roy Henry , se \ oiant estre prest et si puis-
sant, commanda auz maressaulz de son ost et à son
connestable qu'ilz se feissent apresterpour marcbier,
comme ilz firent. Si eut, à ceste beure, illec, si grant
l)ruit et noise des trompettes, clarons et bannisse-
mens de cbevaulz, que grant borreur esloit à oyr, car
les montaignes en retentissoient par tel facbon que on
n'eust oy Dieu tonner. Tant estoient les cbemins cou-
vers de gens, cbariotz et cbevaulz, que, plus de deux
lieues loingz, on oioit le bruit et tombissement : tant
que c'estoit cbose espouventable.
Finablement, tant exploitèrent, le roy et son armée,
de cbevaulcbier, que ilz aprocberent leurs annemis à
demye journée près [l'un de l'autre].
Quant les seigneurs de Persy sceurent la venue du
loy Henry estre si procbaine , ilz ordonnèrent leur
battaille; puis, quant ilz furent aprestez, marcberenl
avant pour rencontrer leurs annemis. Si adviserent
place la plus propice et plus advantageuse pour eulz
qu'ilz peurent : ce fut auprès de Cbyrosbury * où ilz
conclurrent atendre leurs adversaires, comme ilz
firent.
Quant tous furent prestz et ordonnez pour combatre,
le conte de Nortbumbreland ', messire Tbomas de
Persy et messire Henry, allèrent de battaille à autre
1. A liaiilefleld, environ une lieue de Siuewsbury (Carte, II, 659).
2. Le coiHic de Nortiiuuiberland ne faisait point partie de l'cxpédi-
tion, comme nous l'avou!, dit ci-dessus, p. 180, note 1.
1S4 CRO^'ICQUES D'ENGLETERRE. [1403]
j)our leurs gens enhorter à bien faire , en leur faisant
plusieurs belles reoionstrances, en ceste manière : (c Sei-
gneurs, se à vous ne tient, aujourd'huy l'ancbien nom
britonicque que jadis eurent vos predicesseurs , sera
par vous recouvré et remis sus , et en seront boutez
dehors celle mauldite nation Englisse et Henry de
Lanclastre, quy de nouvel a usurpé ce noble roiaulme
et fait morir le roy Richard, avec maint vaillant che-
vallier, dont c'est grant pitié et dommage. »
Ainsi, comme vous pouvez oyr , admonnesterent
leurs gens au bien faire ceulx de Persy, et telement
les encoragerent , qu'il n'y avoit cellui qui n'eust le
corage si haultain que advis leur estoit que nulz , fors
Dieu, ne les povoit nuyre; et, à la vérité, comme j'ay
esté informé par gens notables, quy disoient avoir veu
chevalliers et gens d'auctorité qui ceste chose cer-
tiffioient avoir veue , ce fut la besongne non pareille
qu'on ait oy en histore.
Or doncques le roy Henry, qui , la nuit par devant,
avoit envoie ses espies et coureurs pour scavoir le
convenant de ses annemis , lesquelz coureurs , à part ,
luy dirent et raporterent que pour certain ilz l'alen-
doient de pié coy en ime moult belle plaine , mais la
voye à y entrer estoit moult difficile pour luy et ses
gens, et très advantageuse pour ses annemis, quy
estoient en nombre plus de iiii" mille , où estoient
grant foison Escochois et Gallois. Lequel raport oiant,
le roy Henry, sans plus guère tarder, commanda (jue
chascun se meist à chemin ])ar ordonnance de bat-
taille , coîimie ilz firent, jus(ja(!s à ce (['le ilz furent ii
une lieue près de leurs annemis , où ilz se logèrent
celle nuit, jusques au point du j(HU', que \v roy Hem y
[1403] QUATRIÈME PARTIE, LIVRE VI, ir. J85
fist chanter la messe, armez de toutes piecbes : puis, la
messe oye , prinst une souppe en vin , monta à che-
val , si ordonna ses battailles et les admonnesta de
bien combatre , allant de rencq en rencq, disant, pour
eulz encoragier, comment justement, à bonne cause et
pour le commun pourfit de tout le roiaulme , il em-
prendoil ceste querelle, laquele il tenoit juste et lealle,
et que chascun se disposast pour deffendre son prin-
cipal droit. Puis fist desploier ses banieres; à scavoir,
la baniere Saint George et la baniere Saint Edouard ,
puis sa baniere esquartelee de France et d'Engleterre :
puis commanda à son connestable que, en rhonneur
de Dieu et de Saint George, il fesist marcher son ad-
vantgarde : si en fut fait , ainsi qu'il l'avoit com-
mandé.
Et de l'autre part , les seigneurs de Pers} , advertis
de la venue de leurs annemis , firent marchier leur
advant garde, laquele conduisoit le conte de Douglas .
puis, quant ilz se furent choisis de loingz, les archiers
descendirent à pie , gectant ung grant et horiible cry,
qui fut à oyr espouventable ; puis le grant pas com-
mencèrent de marchier, en belle ordonnance, l'un
contre l'autre , et les archiers de tyrer si dru et si
espes, qu'il estoit advis auz regardans que ce feust
une espesse nuée ; car le solleil , quy lors estoit bel et
cler, à ceste heure en perdy sa lueur, tant estoit le
trait espes : et ad ce aidoit aussi la pouldre quy volloil
contremont, avec l'allaine des hommes qui se com-
menchoient à eschauffer, tant que l'air en estoit tout
obscurcy. Apres que le trait fut faiily, ilz misrent les
mains auz espees et haches , dont ilz commencèrent à
eulz entre occire; el les conducteurs des avant gardes
186 .. CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1403]
ferirenl clievaulz des esporons, et, les lances baissiés,
s'enlreferirent les iingz les autres, et là, s'entre oc-
cioient hommes et chevaulz , telement que pitié estoit
à les veoir. ISul n'espargnoit son compaignon , ne
miséricorde n'y avoit lieu : chascun ne tendoit que à
escbaper et soy mettre au dessus de sa partie ; ne là
n avoit amy ne parent , ains pensoient tous pour eulz
mesmes. Telement et en tele égalité d'aigreur se com-
batirent , qu'il fut longue espace avant que l'en sceusl
extimer à quy en demourroit la journée et victore ;
mais enfin , par la vaillance du conte de Douglas et
ses compaignons, l'avant garde du roy lut ruée jus et
tant que, à grant paine , les contes de Rosteland et de
Warwic peurent avoir loisir, lieu ne espace d'eiilz
retraire vers la battai41e du roy, qui venoit, cbevaul-
cbant le grant pas, pour secourir son advantgarde,
qu'il veoit bransîer et desconfir.
D'autre part , venoient le conte de Nortbumberland
et les autres Persy, joieux et resbaudis de l'aparant de
leur victore. Si assambîerent les battailles, où les cris
et noises se multiplièrent de tous lez ; trompettes et
clarons menèrent si grant bruit que merveilles, et
c' estoit grant horreur à oyr les lamentacions des navrez
quy finoient leurs jours misérablement entre les piedz
des chevaulz. Là y eut si grant occision d'hommes,
dont les corps gisoient sans ame , que la pareille ne
fut veue de longtempz en Engleterre, et ceulz quy
vivansestoient, mettoient paine, de tout leurpovoir, à
l'un l'autre occire; sicque horrible et espouventable
chose estoit à veoir, ne il n'y avoit si hardy, quy ne
Iremist de bide et paour ; car, comme j'ay oy raconter
pai bouche el |>ar cscripl , on ne treuve en nul livre
[1403] QUATRIÈME PARTIE, LIVRE VI, ii. 487
de cesle croniccjue, depuis la concquesle du duc Guil-
laume , [que] il eust ou roiaulme d'Angleterre une sy
horrible batlaille * ne tant de sang crestien respandu
comme en ceste dont nous parlons, qui fut chose
pitoiable ; [car la bataille dura longuement avant ce
que on seust perchevoir à quy Dieu ottroieroit la vic-
toire] , car chascune des parties contendoit et desiroit
fort à vaincre ses annemis.
Le roy Henry, à quy la chose touchoit plus que à
nul autre, troublé du deffait de son advantgarde, qui
estoit ainsi perdue , commença, à haulte voix , de ad-
monnester ses gens au bien faire , puis se fery en
la battaille, où il fist mainte belle aparlise d'armes,
tant que, des deux costez , il fut tenu le plus vaillant
chevallier ; et fut raporté pour certain que, ce jour, de
sa propre main, il occistxxx hommes de ses annemis :
et , à vérité dire , par le sens , vaillance et l)onne con-
duite de luy, fut la battaille guaignié et les annemis
desconfis. Mais, anchois, fut il trois fois porté par terre
du conte de Douglas , et à le rescourre y eut maint
homme mort et rué jus , quy oncques ne se relevè-
rent. Si est à croire que les seigneurs de Persy, qui,
nagueres, avoient eu la première victore, furent moult
esbahy ; car se ilz eussent poursievy leur première
fortune, ilz estoient au dessus de leur emprinse, de
laquele les Anglois avoient fort fremy, et à grant paine
les avoit le roy Henry fait marcliier avant , pour la
desconfiture de l'avant garde.
Finablement, le roy obtint la victore, et mist ses
annemis en fuite et plaine desconfiture. Si y furent
1. Cetle bataille se domia le 21 juillet 1403 (Carte, II, G59).
ISS CRO^ICQUES D'ENGLETERRE. [1W3J
prins le conle de Douglas*, messire Thomas de Persy,
conte de Nortbumbellaiid*, et messire Henry, son nep-
veu, auquel le roy fist prestement copper la teste. Et
si y furent prins , pareillement , plusieurs estranges
chevalliers et escuiers d'Escoce et de Galles , dont les
aulcuns furent décollez, et les autres mis à raenchon.
Âpres ceste desconfiture , le roy Henry regracia
INostre Seigneur de sa bonne adventure , puis se
party du champ, à grant joye et leesse ; mais, première-
ment , ordonna de l'enterrement des mors et visita-
cion des navrez ; et , ce fait , envoia gens d'armes et
archiers en Galles, pour assegier une ville qui se
tenoit pour ceulz de Persy ; laquele fut tantost prinse
et remise en son obéissance. Lesqueles choses ainsi
faites et achevées , et qu'il eut mis son roiaulme en
bon estât, et pugny les rebelles, il se mist h chemin
pour venir à Londres, où il donna congié à toutes
manières de gens d'armes , adfin que le pays ne feust
foullé ne mengié, et ne retint avec luy que les princes
et son estai.
Quant le roy aprocha Londres à une bonne lieue
Englesse , le maisre dudit Londres et aucuns des plus
notables de la ville luy vindrent au devant ; si le bien-
vin gnerent, puis il entra dedens la cité , où les rues
esloient encourtinees en son passage. Evesques, abbez
et prelatz d'église luy vindrent au devant , à manière
de procession, chantans 7e? Deiini laudamus ^ et le
peuple , à voix haultaine, alloit criant : « Bien viengne
1 . Le roi lui rendit la liberté à cause de sa vaillance (Holinslied , lî ,
b:23). Il était encore prisonnier le 8 mars 1-iOu (Ryiner, IV, première
partie, 78).
2. Comic de Worccsler. Vov. ci-dessus, p. 176, note 2.
[1403] QUATRIÈÎME PARTIE, LIVRE VI, ii-iv. 189
le noble roy Henry, et Dieu beneye monseigneur le
prince son filzM» Puis , quant il vint devant le portail
de l'église Saint Pol , il mist pie à terre , entra en
l'église , et là fist son oraison , bien et dévotement ;
puis, quant il eut fait son offrande, se party, et monta
sur la barge quy luy estoit apareillié. Si s'en alla des-
cendre au bavre de Westmoustre , où il tint moult
belle court et bonnourable , où souvent luy venoient
ambaxades de divers princes , lesqueles il recepvoit
bonnourablement et les faisoit festoier par ses gens ,
comme en tel cas apartient de faire; et, au partir, leur
faisoit de beaux riches presens.
La renommée de luy, de son sens et de sa prudence
s'estendoit en plusieurs pays et diverses régions ; il
maintenoit et amoit justice sur toutes riens , et, avec
ce, estoit moult bel prince, sachant et éloquent, cour-
tois , vaillant et hardi aux armes : et , au brief dire ,
estoit raemply de toutes vertus autant que paravant
son tempz eussent esté nulz de ses predicesseurs , des-
quelz, quant à présent, lairons un peu de parler, tant
que heure soit d'y retourner.
859. S'ensieult la copie de la lettre que Loys, duc dOrliens,
frère germain du roi Charles de France, envoia au roy
Henry d'Engleterre pour faire armes. HI.
Cf. Monst., t. I, ch. ix.
860. La responce que fist le roy Henry auz lettres du duc
d'Orliens. - IV.
Cf. Monst., t. I, ch. IX.
1. HïTirl V, né en 1388, couronné le 9 avril 1413; marié à Ciitlie-
rine, fille de Charles VI; mort, au bois de Vinceiiaes, le 31 août 1422
(y/rf de vérifier les dates, I, 814).
iOO CROMCQUES D'ENGLETERRE. [U03-05]
801. La copie de la lettre d'aliancc que le duc dOilicns
avoit faite au roy Henry d'Engleterre, pour le tempz
qu'il estoit eu France. V.
Cf. Monst., t. I, ch. IX.
802. Seconde lettre en responce que fist le duc d'Orliens
au roy Henry d'Engleterre. \1.
Cf. Monst., t. I, ch. IX.
803. La seconde lettre et darraine responce que fist le roy
Henry au duc d'Orliens. VH,
Cf. Monst., t. I, cil. IX.
801. Comment le conte Waleran de Saint Pol cnvoia ses
lettres de deffiancc au roy Henry d'Engleterre. \H1.
Cf. Monst., t. I, ch. X
805. Comment messire Jaques de Bourbon, conte de la
Marche, alla, à puissance de gens d'armes, par mer, en
Engleterrc, et de ce quy luy en advint. IX.
Cf. Monst , t. I, ch. XI.
800. Comment Tadmiral de Bretaigne et autres seigneurs
desconfirent les x\nglois sur mer. X.
Cf. Monst., t. I, ch. XI bis, et xiv.
807. Comment le marissal de France et le maistrc des ar-
ballestiers allèrent en Engleterre en l'ayde de ceulz de
Galles. Xf,
Cf. Monst., t. I, ch. XV.
808. Delà mort du duc Phelippe de Bourgoigne : et com-
ment le conte de Saint Pol alla, à grant puissance, en
l'isle de Wic pour faire la guerre au roy d'Engleterre,
où il fist peu de son pourfit. XH.
Cf. Monst., t. I, ch. XMii-xix.
809. Comment le conte de Saint Pol mena son armée de-
vant le cliastel de Mcrcq, cl fut dcsconfy p;ir les Anglois
de la «garnison del^idlnix. XIH.
o
Cf. Monst., t. I, cil. XXIV.
[1403-07] QUATRIÈME PARTIE, LIVRE VI, v-\ix. 191
870. Comment le conte de Saint Pol (ist grans amas de
gens d'armes pour venir, de rechief , guerroier les An-
glois sur les frontières de Callaix , et ailleurs. XIV.
Cf. Monst., t. I, ch. XXIV.
871. Comment le duc Jehan de Bourgoigne eut le gouver-
nement de Picardie. De rambaxade d'Engleterre ; et
de Testât messirc Clugnet de Brabant. XV,
Cf. Monst., t. I, ch. xxvi et xxvi bis.
872. Comment le duc d Orlyens assega les villes de Blaincs
et de Burgie. XVI.
Cf. Monst., t. I, ch. xxviii.
873. Comment le duc Jehan de Bourgoigne traita tant,
devers le roy de France et son grant conseil, qu'il eut
licence d'assegier Callaix. . XVII.
Cf. Monst., t. I, ch. XXIX.
874. Comment les Lyegois se rebellèrent contre Jehan de
Bavière, leur evesque, et la cause pourquoy, XVIII.
Cf. Monst., t. I, ch. XXXI.
875. Comment Loys, duc d'Orlyens, fut piteusement occis
au commandement du duc Jehan de Boursoinone.
XIX.
Cf. Monst., t. I, ch. XXXVI.
Le récit du meurtre du duc d'Orléans, tracé d'après Monstrelet,
est précédé d'une récapitulation des griefs qui portèrent le duc de
Bourgogne à faire assassiner son cousin. Le motif qui, selon Wa-
vrin , mit Raoulet d'Auquetonville au nombre des assassins fut le
désir de se venger du duc d'Orléans qui, non content de lui avoir
enlevé sa femme , lui fit ôter IVtffice de général de Normendie.
Voici le texte de Wavrin :
Et la cause si fut, pour ce que lors on disoit com-
munément que ce duc d'Orlyens' tenoit la femme du
1. Louis de France, duc d'Orléans, fils de Charles V , assassiné le
23 novemhrc 1407 (Anselme , I, 205-200).
102 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1407-08]
dit Rollet, en faisant d'ycelle sa voiilenté. Et pour ce
que ledit Rollet s'en estoit aucunement aparceu et en
a\ oit parlé , fist tant ledit duc , par devers le Roy et
son conseil , que cette office de gênerai fut donnée à
un autre personne. Dequoy ledit Rollet prinst en soy
ung moult grant desplaisir, et non sans cause.
876. Des trêves acordees, à durer m ans, entre les deux
royz et roialmes de France et d'Kngleterre. XX.
Assez tost après ces choses advenues, le roy Charles
de France ' eut conseil d'envoier aucuns seigneurs et
prelatz en Engleterre devers le roy Henry -pour ob-
tenir unes trêves ^ entre les deux roiaulmes , à durer
trois ans , lesqueles furent acordees, quoy que feust ,
puis s'en retournèrent les aml^axadeurs en France.
Le roy Henry d'Engleterre, qui estoit sage et con-
gnoissant en toutes choses , assambla en ce tempz
grant conseil en son pallaix de Wesmoustre, ouquel
furent plusieurs arclievesques et evesques , ducz ,
contes, barons et chevalliers, qui retournèrent maint
article touchant les nouvelles advenues de France. Si
leur fut bien advis que pour la mort du duc d'Orlyens
se causeroient de grans destructions entre les Fran-
çois, les ungz contre les autres, à scavoir pour les deux
parties, Bourgoigne et Orlyens. Si fist lors le roy
Henry deffence à tous ceulz qui hantoient l'excercite
des armes, tenans son parti, tant es frontières de Cal-
1. Cliarics VI.
2. Henri IV.
3. Elles sont datées du 10 iuin 1408. Le roi de France les jatiGa !e
Ij octobre suivant (Rvnier, t. IV, j)arlio I, 133).
[U08] QUATRIÈME PARTIE, LIVTIE VI, xx. 193
laix comme en Guienne , en Bordelois et autrepart,
à tous ses capittaines que du débat desdites deux par-
ties nulz d'iceulz ne se meslast, ne n'alast avder ou
favorisier l'une ou l'autre, en cjuelque manière que ce
feust, souIdz encourre son indignation , et que assez
gens estoient les François, pour l'un l'autre destruire,
sans ce que on les aydast; et que, tout à tempz, porroit
on recouvrer de les guerroier, et qu'on atendist pour
veoir à quel fin la chose volroit tourner. A ceste con-
clusion s'acorderent assez bien tous ceulz d'Engle-
terre : si se reposèrent un petit, en escoutant comment
les besongnes se porteroienî. Durant lequel temps
qu'ilz avoient trêves auz François , vindrent à Lon-
dres, devers le roy Henry, aulcuns députez de par le
conseil de la cité de Lyege luy faire requeste d'avoir
certain nombre d'arcliiers pour les aidier contre Jehan
de Daviere , quy se disoit estre leur evesque'.
Quant le roy oy les Lyegois ainsi parler et à lui
raconter la cause de leur guerre , il luy sambla , et
vray estoit, que bien y povoit envoler pour servir les
Lyegois aucun petit nombre de sauldars archiers, avec
eulz ung gentil homme pour les conduire, tous auz des-
pens desdis Lyegois ; lesquelz , avant qu'ilz partissent
d'Engleterre, furent payez pour trois mois de bel or et
bon argent. Si en y avoit assez quy eussent bien voulu
que le plaisir du roy eust esté de les laissier aller au
service des Lyegois, pour le bon payement qu'ilz
\. Jean de Bavière, élu évéque de Liège le 14 novembre 1389, à
peine âgé de dix-sept ans; il prit possession du siège , par coniniissaire,
le 9 mai 1390, et fit son entrée publique à Liège , le 10 juillet suivant.
Mort empoisonné le 6 janvier 142i (Voy. Histoire et chronicque de Liège,
foL 149 verso , Bibl. imp., ms. n" 8380'; et Loyens, 102 et suiv.). Il
avait épouse Elisabeth de Gorlitz.
I <3
494 CROMCQUES DE>TtLETERSE 'J-lO^HJ
veoieiit et le îTas pays qu'iiz scav oient estre en Lyege :
mais le rov n en vcolt coogier que deu:s cens, si con-
vint que les autres demouraissent. Les Lyegois, donc-
ques . aians l'ottroy du roy de deux cens archiers, luy
demandèrent cons:ié. Si se partirent de Londres avec
les deux cens archiers . et chevaulchereot jusques à
Sanduich. ou ilz montèrent sur mer et tant nagèrent
qu'ilz furent entrez ou Rin : et exploitèrent telement
que. sans nul encombrier. ilz vindrent en la cité de
Lvege. où ilz furent joieusement recheus.
S* 7. Comment Jehan de Bariere, asiegié à Ltreth par les
LTesoLj, envoia devers le duc de Eourgoin^e, son beau
trere. pom* avoir secours. XXL
Cl. Moniî., t. n, cil, IL,
S? S. Du srant conieil que le roy de Franc-e tint à Pari».
pour avoir advii comment on prcicederoit e-ontre le due
de Boursoinsne . touchant la mort du duc d'Oriveos.
xxu.
Œ. Monit-, t. U. ci. u.
>^9. D'aulcunes chose? qui advindrent en Tan mil inr ix.
xxni.
CI. Mo-JÎ . t. U. Ch. LTT. IT. ix. 1X3.
S?0. Cv parle d'un conseil que le roy Charles tint à Paris»
ou il fut delîhere de faire guerre au roy Henry d*Ln^îe-
tene. XXLv'.
Q'. Mijoit.. t. IL ck. LXT. i.\rni. ti-ia. iJxsrT.
551. Commeat le duc de Bourgoigne prinst la ville et le
pont de Saint Clou, où estoient en çaroison les Orlvea-
uoL^. ^ XXV.
Q'. Monst.. r. n, cil. L.'ccT^>L-Ti3:Tii.
5 52. Comment le duc de Bour-^oi^e envoia ses ambaxades
en Eii^îleterre : et de la délivrance du sei^eur de Croy
et des enfans de k duc^sét de Bourbon. XX^ L
Ci. Mouit. . t. II. ch. icn.
[1412-13] QUATRIEME PARTIE, LEVRE M, xxi-xxii. 195
883. Comment les ducs de Berrr et dOrlvens, et autres de
leur alyances. enrôlèrent devers le tôt Henrv d'En^le-
terre leurs ambaxadetirs , et de ce cjui en advint.
xxvu.
Cf. Monst.. t. II. ch. xon-xcT.
884. Comment le roy de France se parti de Paris pour
aller assegier Bourges. De la prinse de Boulinghuem :
et des lettres du roy d Enoleterre. XXVIII.
Cf. Monst., t. n, ch. xcn-xcrii.
S85. Conunent le roy Charles oy certaines nouvelles que
ses adversaires estoient alvez au roy d" Ençrle terre , et
du connestable de Jrrance quy alla en Boullenoi?.
XXIX.
Cf. SIoDst., t. n, ch. xcTin-ciT, et t. lit, ch. cnn iis-cxiu.
886. Sensieut la copie de la lettre daliance que firent le
roy d"Engleterre et ses enfans , d'une part , et les ducz
de Beiry, Bourbon, Orlvens et leurs alyez. XXX.
Cf. Monst., t. n. ch. CT.
887. Cy fait mencion de la mort de ce rov Henrv d'Enjle-
terre, quart de ce nom. XXXI.
Cf. Monst., t. n, ch. crm.
Jjes deux chroniquears , dont le r^it est presque partout sem-
blable , différent seulement sur le Heu de la sépulture du roi
Henri IV, que iîonstrelet dit enterre à Westminster. Voici la ver-
sion , plus exacte , de Wavrin :
Puis fiit mené Je corps parung batel sur la rivière
de Thamise jusques à Gravesende -, et là fut porté sur
une litière à Cantorbie ^, où il fut mis en une moult
riche sépulture de letton, près de la fiertre Saint Tho-
mas. Et de Tautre costé gist le noble prince de Galles,
i . Gravesend , dans le comté de Kent . a sept heaes <le Loadres, $mr
nn terrain éleré. à la droite de la Tamise.
2. Cantorberv.
196 CRONICOUES D'ENGLETERRE. [14! 3]
son oncle, quy fut père au roy Richard, duquel il avoit
usurpé le rengne , ainsi qu'il a esté cy dessus narré.
Et atant fine le quart volume de ces cronicqnes d'Engletcrre. Si
commencerons le V^ au couronnement du roy Henry, son filz ,
V^ de ce nom , en poursievant jusqucs à l'an lxxii , que rengne
triumphamment Edouard le Ftehonnaire.
Explicit.
ANCHIENNES
CRONICQUES D'ENGLETERRE.
CINQUIÈME PARTIE
LIVRE PREMIER.
888. Cy commence le V*^ volume des Chronlcques d'Engle-
terre, lequel contient en soy vi livres particuliers, cbas-
cun garni de chapittres parciaulx, dont le premier con-
tient xxxiiii * chapittres : ou premier desquelz il parle du
couronnement du /oy Henry, V* de ce nom, et de son
ambaxade qu'il envoia en Constance. Cliap. I.
Cf. Monst., t. II, ch. cvin, et t. III, ch. cxxxvm.
889. Comment le roy Henry d'Engleterre envoya son am-
baxade devers le roy Charles de France. H.
Cf. Monsl., t. III, ch. cxL, cxli, cxlv.
Le roi d'Angleterre ayant assemblé son conseil pour délibérer
sur les affaires du royaume , la guerre contre la France y fut dé-
cidée, disent IMonstrelet et Wavrin ; mais, ajoute ce dernier,
Avant ce qu'ilz feusseiit venus on assamblez, le roy
Henry, quy estoit le plus vertueuz et prudent de tous
les princes crestiens regnans en son temps , adfin de
acquiter et descbargier l'aine de son feu père, fist faire
ung cliarriot couvert de noir, puis envoia quérir le
1. Le manuscrit porte LXHT.
198 CRONICQUES DENGLETERRE. [14Î5J
corps mort du roy Richard que le roy Henry son père
avoit [fait] enterrer en une petite église assez près de
Pontfret. Si le fist amener à Londres, adcompaignié
d'e\ esques, abbez , chevaliers et escuiers , atout grant
foison torses allummees, et passèrent parmy Londres
jusques à l'église de Saint Pol , où, celle propre nuit ,
reposa jusques à lendemain qu'il fut mené à West-
moustre : et là, en grant sollempnité, après son service
adcomply, fut mis en son sarcus qu'il avoit fait faire
pour luy et la royne, sa première femme, [qui], en son
vivant, avoit esté fille du roy de Behaigne\ •
890. D'une grant armée que fist le roy d'Engleterre en iu-
tencion de passer en France ; et de l'ambaxade que le
roy des François envoia en Engleterre. IIl.
Cf. Monst., t. III, ch. cxLv.
891. De la réplique de l'archevesque de Bourges; et des
lettres que le roy d'Engleterre envoia au roy de France.
Cf. Monst., t. III, ch. cxLV-cxLvii.
892. Comment le roy d'Engleterre faisant son assamblee à
Hantonne, aulcuns princes machinèrent contre luy, dont
il prinst vengance. De la prinse de Harfleu, et d'autres
besongnes. V.
Cf. Mémoires de SaintRemy, t. VII, ch. lv-lvi.
893. Du grant mendemeut que fist le roy de France parmy
son royauhîie pour obvier auz entreprinses du roy d En-
gleterre, son adversaire. VL
Cf. Monst., t. HT, ch. cl.
894. Comment le roy d'Engleterre entra à Harfleu : com-
i. Anne de Luxembourg, fille de Charles IV, empereur et loi de
Bohème. Morte en 139i (Moréri, 1, U).
[1415] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE I, iii-xi. 199
ment il alla vers Callaiz, et de ce qiiy luy advint en
chemin. VU.
Cf. Saint-Remy, t VII, ch. i.vii-lix; et Monst., t. III, ch. cli.
Wavrin emprunte tour à tour le récit de ces deux chroniqueurs ;
il ajoute cependant à la narration du premier les noms de mcssirc
Guichart Daidphin * et du mareschal de Bouchicault*^ qui gar-
daient, avec d'autres seigneurs et six mille hommes, le passage de
la Blanche-Tache.
895. Comment les François conclurent de combatre le roy
d'Engleterre; et comment le roy de France envoia de-
vers le conte de Charolois , seul filz du duc Jehan de
Bourgoigne , adfin qu'il feust à la journée. VIII.
Cf. Monst., t. III, ch. CLii.
896. Comment le roy d'Engleterre se gouverna depuis qu'il
fut passé la rivieie de Somme, et comment il vint logier
à Maisoncelles , auprès d'Azincourt. IX.
Cf. Monst., t. III, ch. CLU; et Saint-Remy, t. VII, ch. lx.
897. Comment le connestable de France et les princes fran-
cois ordonnèrent leurs battailles le vendredy au matin.
X.
Cf. Saint-Remy, t. VIII, ch. lxi-lxii.
898. Comment le roy d'Engleterre commença de marchier
avant; et du parlement quy se fist entre les deux ostz
avant qu'ilz assandjlassent. XI.
Cf. Saint-Remy, t. VIII, ch. lxu.
Avant la bataille d'Azincourt il y eut des propositions de paix
entre les Français et les Anglais ; mais ils ne purent s'entendre et
1. Guichard Dauphin, II du nom, seigneur de Jahgny et de la Ferté-
Chauderon, en Nivernois, gouverneur du Dauphiné, conseiller et cliam-
hellan du Roi, souverain maître de son Hôtel, tué à la bataille d'Azin-
court (Anselme, VIII, 346).
2. Jean le Meingrc, II du nom, dit Boucicault, commandait l'avant-
garde de l'armée française à la bataille d'Azincourt , et il fut fait prison-
nier. Mort en Angleterre en 1421 (Anselme, VI, 702).
200 CRONICQUES D ENGLETERRE. [1415]
se préparèrent alors au combat. Wavrin , qui copie Kdèlement
Saint-Remy dans la relation qu'il donne de cette journée , ajoute
le passage suivant :
Or est vray que aulciuis de par de clia ont mis hors
à scavoir que le roy d'Engleterre offry auz François
que, se ilz voulloient laissier passer paisiblement luy
et son ost jusques à Callayx , et livrer vivres en les
paiant, par raison, courtoisement, qu'il renderoit la
ville de Harfleu avec les dommages et interestz que
fais avoit au moyen de ladite conqueste et voiage ;
mais, desplaise à ceulz quy le recordent , ce fut chose
controuvee; car oncques le roy d'Engleterre ne se
restraigny lors oultre la demande devant ditte.
899. De lamortele baUaillc d'Azincourt, où le roy d'Engle-
terre desconfy les François. XII.
Cf. Saint-Remy, t. VIII, cli. lxii-lxiu; et Monst., t. III, ch. clui.
900. Comment le roy Henry vint à Callaix , et, de là, passa
en Engleterre , où il fut reclieu à grant leesse. XIII.
Cf. Saint-Remy, t. Mil, ch. lxhi-lxiv.
901. Gy fait mention des ducz, contes, barons et cheval-
liers, et nobles quy morurent à la battaille d'Azincourt,
et de ceulz quy y furent prisonniers. XIV,
Cf. Saint-Rem;\, t. VIII, ch. lxiv-lxv.
Après avoir donné la liste des noms de ceux qui inoururent à
Azincourt , Wavrin , qui jusque-là copie exactement Saint-Remy,
ajoute :
Tant de nobles honmies et gentilz escuiers y moru-
rent que pitié estoit, comme je , acteur de ceste euvre ^
vej- à mes jeux ^ avec ce que j'en ay enquis aux offi-
ciers d'armes et autres, eslans es deux ostz, (|ue j'ay
bien este adverlv de la vérité de tout ce quy là fui fait
[1415-17] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE I, xii-xviii. 20i
du party des Ânglois comme des François : et mesme-
ment en fus largement infourmé par messire Hues de
Lannoy * et Guilbert , son frère ', lequel messire Hues
y fut prins prisonnier, mais il escbappa la nuytié.
Nous ferons remarquer que Saint-Remy annonce, comme le fait
Wavrin, qu'il tient des sires Hues et Guilbert de Lannoy les par-
ticularités relatives à cette bataille.
902. Du grant dueil quy fut parmy le roiauline de France,
espcciallement à la court du roy, pour la perte d'Azin-
court : et comment le roy des Rommains vint en France
et passa en Engleterre. ^'^•
Cf. Saint-Remy, t. VIII, cli. lxvi et lxix.
903. Comment l'Empereur se party d'Engleterre sans riens
besonguer touchant la foy de France. XVL
Cf. Saint-Remy, t. VIII, eh. lxix.
904. Comment le roy d'Engleterre envoya le duc de Cla-
rence, son frerc, atout une puissant armée, pour lever
le siège de devant Harfleu. X vil.
Cf. Saint-Remy, t. VIII, ch. lxx-lxxi.
905. Comment le conte Durset, à quatre mille combatans,
alla courre devant Rouen et ou pays de Chaux, et de
ce qu'il luy en advint. Avili.
Cf. Monst., t. III, ch. CLXXi.
906. Comment le roy d'Engleterre, atout grant puissance
de gens d'armes , vint prendre terre à Toucque , en
i. Hugues de Lannoy, seigneur de Santé, chevalier, conseiller et
chambellan de Charles VI et du duc de Bourgogne , maître des arba-
lestrlers du roi en li2l. Mort le 1" mal U56, âgé de soixante et douze
ans (Anselme, VIII, 72).
2. Gnillebert ou Gilbert de Lannoy, stigncur de Villerval. Mort le
22 avril 1462 (Auselmc, VIII, 77).
202 CRONICQUES DENGLETERRE. [1417-19]
Nortmaudie, où on lui rendy, à sa venue, le cliastel
par Iraitié. XIX.
Cf. Saint-Remy, t, VIII, cli. xc; Monst., t. IV, ch. clxxix.
Au nombre des seigneurs qui accompagnèrent le roi d'Angle-
terre, Wavrin comprend les comtes de Northumberland \ d'Arun-
del *, et messire Jean , fils du seigneur de Cornouailles ^, dont les
noms manquent à la liste donnée par Saint-Remy.
907. Cy fait mcncion du grand exploit que fist lors le roy
d'Engleterre ou pays de Northmandie. XX.
Cf. Monst., t. IV, ch. cxciv, cxcv, cxcix, cLxxxrx.
908. Comment le roy de France envoia une grosse garni-
son à Rouen , pour garder la ville contre les Anglois.
XXI.
Cf. Monst., t. IV, ch. cci, cxcix.
909. Conunent le roy d'Engleterre mist le siège devant la
bonne ville de Rouen. XXll.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccri, ccvi; et Saint-Remy, t. VIII, ch. xci.
910. Des choses quy se fn-ent et advindrent devant le siège
de Rouen. XXIII.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccmi.
911. De la manière comment la bonne ville de Rouen se
rendy au roy d'Engleterre. XXIV.
Cf. Monst., ch. ccvnt-ccix.
912. D'un parlement quy fut tenu entre les deux roys de
France et d Engleterre et leurs consaulx. XXV.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccx-ccxni.
913. Comment le Dauphin et le duc de Rourgoigne s'as-
^. Henri Percy, comte de Northumberland, fils de Hotspur, tué à la
bataille de Saint-Alban , en H^o (Dugdale, I, 280-281).
2. John Filz-Alan , comte d'Aruudel. Mort le 29 avril 1431 (Dugdale,
I, 321-322).
3. John de Coruwalls, depuis lord Stanhope. Mort le 1" décembre
1443 , ne laissant pour héritiers que deux fils bâtards : l'un nommé
John, l'autre Thomas ^Dugdale, III, 212-213).
[1419-20] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE I, xix-xxix. "IHi
samblerent, sur fourme de paix, auprès de Meluu, et
prindrent jour d'ycelle paix conclure à Monstreau où
fault Yonne. XXVI.
Cf. Monst., t. IV, th. ccxin-ccxv.
914. Comment la ville de Ponthoise fut prinse par les An-
glois. XXVII.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccxvi.
915. Comment le roy d'Engleterre envoia son frère, le duc
de Clarence , assegier la ville de Gisors , qiiy se rendy
en l'obéissance du roy d'Engleterre. XXVIII.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccxvii.
916. Comment le Ghastel Gaillart et la Roche Guyon fu-
rent rendus au roy d'Engleterre : et de la piteuse et
trahiteuse mort du duc Jehan de Bourgoigne. XXIX.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccxvm-ccxxiii ; et Saint-Remy, t. VIII,
ch. xcvn.
Lorsque la nouvelle de l'assassinat du duc de Bourgogne par-
vint jusqu'à la cour, elle en fut toute troublée, disent Saint-Reniy
et Wavrin; ce dernier ajoute :
D'autrepart , quant le roy d'Engleterre fut de ce
adverty, à scavoir ung jour après la chose advenue :
« Grant dommage, dist il , est du duc de Bourgoi-
gne* ; il fut bon et leal chevallier, et prince d'honneur ;
mais, par sa mort, à l'ayde de Dieu et de Saint George,
sommes au dessus de nostre désir. Si aurons, malgré
tous François, dame Katherine *, que tant avons dé-
sirée. »
917. Comment le duc Phelippe de Bourgoigne envoia sou
1. Jean, duc de Bourgogne , surnommé Sam peur. Assassiné sur le
pont de Montereau, le 10 septembre 1419 (Anselme, I, 239).
2. Catherine de France, 011c de Charles VI; mariée à Henri V, rc
d'Angleterre. Morlc en 1438 (Anselme, I, H5).
204 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1420]
ambaxade devers le roy d'Engleterre : et comment il
s'emploia à la vengance de la mort du duc son
père. XXX.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccxxiv-ccxxv ; et Saint-Remy, t. VIII ,
ch. xcvin.
918. Comment François, Anglois et Bourguignons commen-
cèrent à guerroyer les Dauphinois. XXXI.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccxxvii-ccxxviii.
919. De la venue du duc de Bourgoigne à Troyes , et de
ce que les Anglois y firent. XXXII.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccxxix-ccxxx.
920. Comment le Daulphin envoia grosses garnisons par
toutes les bonnes villes et chasteaux tenans son party.
XXXIII.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccxxx-ccxxxii.
921. De la venue du roy d'Engleterre à Troies , et du ma
France
XXXIV
riage de lui et de madame Katherine de France.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccxxxiii,
Cv prent fin le premier Uvre de ce chinquiesme volume.
[1420] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE II, t-ii.
20Ï
LIVRE ÏI.
922. Cy commence le IlMivre, lequel contient xxx chappit-
tres. Ou premier il est dist comme les rois de France et
d'Engleterre, après cest acord fait, se joindirent ensam-
ble , avec eulz le duc de Bourgoigne , tant pour recon-
quérir le royaulme, comme pour vengier la mort du duc
Jehan. Chapitre I.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccxxxiv-ccxxxv.
923. D'une grant armée quy se fist en Behaigne sur les
Praguois, que pour lors on disoit les HouIa. II.
Cf. Saint-Retny, t. VIII, ch. cm.
Wavrin , qui fit partie tle cette expédition , copie néanmoins
mol pour mot Saint-Remy, en intercalant dans le récit les pas-
sages que nous imprimons en caractères italiqiies.
En 1420 le pape ordonna une croisade contre
les Pragois « de laquelle estoient conducteiu^s, avec
grant foison princes d'Allemagne , l'evesque de Coul-
longne \ l'arclievesque de Trêves', l'evesque de
i . Tliicrrl II de Meurs , archevêque de Cologne, prit la croix en 1422
pour aller faire la guerre aux Hussites en Lolième, mais il ne rapporta
de cette expédition que la honte d'avoir été liattu et mis en fuite ( .fit de
vérifier les dates, III , 278 ).
2. Otton de Jlcgeuhayn, archev(*que de Trêves. En H20, ayant pris
les armes contre les Hussites, à la prière du pape Martin V, il partit avec
206 CRO?sICQUES D'ENGLETERRE. [H20]
Lvege ', l'evesque de Maience^, le duc Loys en Ba-
vière ^ duc de Heldeberg, le marquis de Nuisse*, et
autres, lesquelz tous ensanible estoient xlii, que ducz,
que comtes ou marquis. Et rnojy acteur de ceste euvre,
estoîe en ceste armée avec les Savoiens, desquelz estoit
chief le seigneur Days ^, avec luy le seigneur de Varen-
bon ^, le seigneur de GroUee '', Pierre de Menton \ mes-
une armée considérable pour la Boliême, où il se joignit au duc de Saxe
qui commandait ses troupes, et au marquis de Brandebourg, ayant celles
de Franconie sous ses ordres. Ces trois princes marchèrent de concert
pour faire le siège de Meyssen ; mais une irruption subite des ennemis
jeta une telle épouvante dans le camp, qu'ils prirent honteusement la
fuite. Avant rassemblé de nouvelles forces pour réparer cet échec, ils en
essuvèrent un second , non moins ignominieux , dans le cours de la
même année (Id., ib.^ p. 30b).
1 . Jean VU de Heiusberg, évcque de Liège. Il reçut à Liège, le 23 juin
1421, le cardinal Branda, légat du saint-siége, qui venait pour y prêcher
la croisade contre les Hussites. L'évèque prit la croix le \" août et se
mit en route, le même jour, pour la Bohême, avec la fleur de la no-
blesse du pays. Cette expédition fut de trois mois , sans aucun avantage
marqué (Id., ib.^ lo2).
2. Conrad III, archevêque de Mavence (Id., ib., 245). Nous ne
voyons nulle autre part qu'il ait été a cette guerre.
3. Monstrclet (ch. ccxxw) le désigne ainsi : Le comte Louis du Rliin.
Louis III, dit le Barbu, fils aîné de Robert III, succéda en 1410 à l'Elec-
torat. Il présida, en 1415, à la condamnation de Jean Hus, et, en 1416,
à celle de Jérôme de Prague. Mort, à Heidelberg , le 29 décembre 1436
(Art de vérifier les dates, III, 324).
4. Frédéric le Belliqueux, marquis de IMisnie, battit les Hussites à
Brixcn , en 1421. Slgismond , pour le récompenser, lui accorda l'élec-
torat de Saxe le 6 juin 1423. Mort le 4 janvier 1428 (Id., ib., 414).
5. Humbert de Sevssel, seigneur d'Aix (Guichenon, Histoire de Savoie^
I,462j.
6. François de La Palu , chevalier de l'Ordre du collier de Savoie,
seigneur de Varembon , fit son testament le 6 novembre 1456 et mourut
cette même année (Guichenon, Histoire de Bresse et de Bugej, etc., suite
de la IP partie, p. 292-295).
7. Antoine, seigneur dcGiolée, chevalier de l'Ordre du collier de
Savoie, assista aux réunions dudit Ordre tenues de 1410 à 1434 (Guiche-
non, Id., ib., suite de la III* partie, p. 114).
8. Pierre de Menthon, chevalier, se igneur de Montrotier, assistait aux
[1420] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE II, ii. 207
sire Ame de Challan \ Jehan de Coin pois*, et pluiseurs
autres desoubz : et , en la compaignie du duc de Hel-
deberg , venismes par Neremberg et par Aigre^, qui
est la première ville de Behaigne , oii nous trouvasmes
grant foison des Princes atendans. Puis passâmes la
fores t , et lors entra toute la puissance ou plain pays
de Behaigne, quy moult est bel et plentureuz de tous
biens, plain de \illes, villages et chasteaulx. Si y met-
toit on tout à destruction, par feu et par espee, hommes,
femmes et enfans, sans en prendre quelque mercj.
Et , à la vérité , comme pluiseurs notables personnes
racontoient, et aussi selon ce que je povoie veoir et
ymagiv.er^ quant nous venismes en une grant plaine ,
assez près de la ville de Souch *, où on mist le siège, la
puissance des gens armez à cheval fut exstimee à cent
et chinquante mille personnes , sans les gens de pyé ,
chartons , marchans , vivendiers , gens de mestiers et
pjons, quy furent bien exstimez à lx". Laquele puis-
sante armée fut à siège environ un g mois devant ceste
ville ; mais une envye et convoitise se bouta et esleva
entre les princes : parquoy ceste belle armée se rompy
funérailles de Philippe de Savoie , en 1452, et portait le timbre des
armes de ce prince (Guicheiion, Id., /é., suite de la II'' partie , p. 2o6].
1 . Amé de Clialant , chevalier, seigneur de Varey, fut un des dé-
putés envoyés par Louis de Savoie , prince d'Achaye, pour conclure la
paix entre lui et le marquis de Montferrant, en 1410. Il fit son testament
le 10 décembre 1476 (Guichenon, Id., ^7^, suite de la IIP partie, p. 74).
2. Jean de Compeys, seigneur de Gruffv (Guichenon , Histoire de Sa-
voie , I , 464). Il fut un des ambassadeurs du duc de Savoie, Amé VII,
qui, en 1432, allèrent demander en mariage, pour Louis, depuis duc
de Savoie , Anne de Lusignan. Ils l'amenèrent à Chambéry, où les
noces furent célébrées en 1433 (Guichenou, Hist. de Bresse et de Bu^ey,
partie I , p. 82 ).
3. Eger, Egra.
4. Schlau ?
208 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1420]
soubittement, sans gueres prouffiter, et aussi , la nuit
avant le partement, vindrent en l'ost nouvelles de par
t Empereur ^ lequel mandoit auz princes que ce n estait
pas bien son plaisir quilz estaient là ainsj venus, et
que plus avant ne procédassent ou allassent avant en
cest exploit , et luy semblait bien quilz avaient grant
tort, veu que assez scavoient comment le rojaulme
d' Angle ou Behaigne estait sien, Pourquoy Hz furent
tant plus prests de partir^ et telemeiit que, à les veoir
partir de leur siège, sembloit qu'ilz feussent chassies
de leurs annemis. En celle armée estoit le cardinal
d'Escestre \ qui estoit d'Engleterre, quy disoit par grant
desplaisir, voiant ce desroy, que s'il eust eu, ce jour,
x"' arcliiers d'Engleterre, il euist , tout aise, rué jus
toutes les compaignies qui là estoient : et vray disoit ,
car l'un n'atendoit l'autre. Si fut bien merveille que mal
n'en advint, comme il eust fait se les annemis eussent
esté gens demprinse. Ainsi, comme vous oez , se de-
parti ceste grosse armée , sans gueres prouffiter : des-
queles choses me passe , atant , pour rentrer en ma
matere. »
924. Comment les roys de France et d'Engleterre , et le
duc de Bom-goigne, assegerent la bonne ville de Me-
lun. m.
Cf. Moust., t. IV, ch. ccxxxvi.
925. Cy après fait mencion de pluiseurs places qui se ren-
dirent, durant le siège de Melun., auz roys de France et
d'Engleterre, et de la venue du roy d'Escoce. IV.
Cf. Moust., t. IV, ch. ccxxxvii-ccxxxvni.
1. Ifenri Beaiifort, évtque , puis cardinal de Jf'inchestcr^ frère de
Henri IV (Rapin Tlioyras, IV, 188, 240, 523).
[1420] CINQUIÈME PARTIE, LWRE II, iv. 209
Wavrin commence son chapitre par le récit d'un fait omis par
Monstrelet. Le voici :
En ce mesmes tempz, le (roi) estant devant Melan ,
le roy d'Escocbe* fut amené d'Engleterre en France
devers le roy Henry, où il fut honnourablement recheu
des deux roys de France et d'Engleterre , et du duc
de Bourgoigne. Icellui roy d'Escoche, dont à présent
faisons mencion, estoit prisonnier du roy Henry; et la
manière de sa prinse, je le vous diray comme j'ay esté
depuis informé par deux chevalliers notables , natifz
du royaulme d'Engleterre, lesquelz me racontèrent
que le roy David d'Escoche avoit un filz , nommé
James, lequel grandement desiroit de faire le saint
voyage de Jherusalem ; si fut conseillié , pour seure-
ment adcomplir son desirier, qu'il avoit besoing
d'avoir ung sauf conduit du roy Henry, lequel il ob-
tint pour luy, \x^ de genlilz hommes , puis fist ses
aprestes et prinst congié du roy son père. Si s'en vint
en Engleterre, où il fut honnourablement festoie et
grandement recheu du duc de Clocestre, frère du roy,
1 . Jacques I, Cls de Robert III , fut envoyé en France par son père ,
afin de lui éviter le sort de son frère aîné qui venait d'être la victime de
l'ambition de son oncle, le duc d'Albanie. Ce prince, voulant s'emparer
de la couronne d'Ecosse , commençait, pour aplanir les difficultés, par
se défaire de ses neveux. Le roi d'Ecosse , trop faible pour oser venger
la mort de son fils, mais voulant préserver Jacques du même sort , en-
voya ce jeune prince en France. Le vaisseau ayant relâché sur les côtes
d'Angleterre, Jacques y fut retenu prisonnier par Henri IV (1406) et
enfermé à la tour de Londres où il resta dix-sept ans (Rapin ïhoyras,
IV, 53 ). Il ne passa en France qu'après s'être engagé envers Henri V de
demeurer avec lui jusqu'à la fin de la guerre, le but du roi d'Angleterre
étant de faire intervenir l'autorité de Jacques (alors roi d'Ecosse), pour
obliger les Écossais, qui servaient le dauphin contre Henri V, à retour-
ner dans leurs pays. C( tte convention porte la date du 31 mai 1421
(Rymer, IV, partie IV, p. 107).
1 il*
210 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [142n]
et des autres grans seigneurs , dames et damoiselles.
Or advint que, luy ancores illec séjournant, il fut
adverty d'une griefve malladie prinse au roy son père,
de laquele il morut, dont il fut grandement doullent,
quant il en sceut la vérité par les princes et grans sei-
gneurs du royaulme d'Escocbe quy luy nuncherent,
comme au seul filz et héritier de la couronne , en luy
signifiant qu'il venist prendre la possession de ses
terres et seignouries. Le duc de Clocestre , adverty
de la mort du roy d'Escoche , le fist diiligamment
scavoir au roy Henry, son frère ; lequel luy manda
qu'on detenist ledit James, en prenant sa foy, et luy
amenast on devant la ville de Melun où il se tenoit :
disant qu'il n'avoit point donné saulfconduit au loy
d'Escocbe , mais au filz du roy d'Escoche, lequel estoit
des lors tenu pour roy d'Escoche, par la mort du roy
David son père. Finablement , il demoura prisonnier
et fut mené en France devers le roy Henry au siège
devant Melun.
926. Comment la ville et chastel de Melun furent rendus
en l'obéissance des roys de France et d'Engleterre, et
d'avitres matières. V .
Cf. Monst., t. IV, ch. ccxxxix.
927. Gomment les roys et roynes de France et d'Engleterre,
avec eulz le duc de Bourgoigne , entrèrent dedens Pa-
ris à grant sollempnité. VI.
Cf. Monst., t. IV, cil. ccxL.
928. Des liaulz et somptueux estas que tiaidrent les deux
roys par ung jour de Noël, chascun en leurs hotelz à
Paris, especialement le roy d'Engleterre. VH.
Cf. Monst., t. IV, ch, ccxLi-ccxLii.
[1421] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE II, v-xvi. 2H
929. Comment le roy Henry, la royiie sa femme et le roy
d'Escoche passèrent en Engleterre, où ilz furent recheus
en très grant honneur et revei^ence. YlII.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccxLni-ccxLiv.
930. Comment le Dauphin fut bauny de France, et com-
ment le seigneur de Lilladam fut emprisonné en la Bas-
tille Saint Anthoine à Paris. IX.
Cf. Monst,, t. IV, ch. ccxLvir.
931. De la battaille de Baugy, en Angiers, ou les Anglois
furent desconfis, et le duc de Clarence mort : et com-
ment le conte de Salisbery y sourvint, qui reboutta les
Dauphinois. X.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccxLvni.
932. Comment les Daulphinois assegerent Alenchon : et
du conte de Salisbery quy le cuida lever. XI.
Cf. Monst,, t. IV, ch. ccxiix.
933. Comment le roy d'Engleterre passa la mer à grant
puissance de gens d'armes et de trait : et comment le
Daulphin assega la ville de Chartres. XII.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccLi.
934. Comment le roy d'Engleterre se party de Gallaix pour
aller lever le siège de devant la cité de Chartres. XIII.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccLii.
935. Cy fait mention comment le duc de Bourgoigne mist
le siège devant Saint Riquier. XIV.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccLUi-ccLV.
936. Comment le duc de Bourgoigne victoria et desconfy
les Daulphinois. XV.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccLvi.
937. Cy fait mencion de ceulz quy demeurèrent, ce jour,
avec le duc de Bourgoigne : et de ceulz quy le laissè-
rent et s'enfuyrent. XVI.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccL\n,
212 CROMCQUES D'ENGLETERRE. [1421-22]
938. Comment le roy d'Engleterre prinst la ville de Dreues :
comment, atoute sa puissance, il pou^sie^7 le Daulphm
pour le combattre; et comment il mist le siège devant
la ville et marchié de Meaulx. XVII.
Cf. Monst., t. IV, ch. cclix-cclx.
939. Cy fait mencion d'un rencontre où les Anglois eurent
la victore alencontre de messire Jaques de Harcourt.
V III.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccLxn-ccLxiii.
940. Comment le roy d'Engleterre oy nouvelles que la
royne sa femme estoit acoucliyé d'un beau filz, et de la
venue messire Jean de Luxembourg et de Aitus de
Bretaigne, conte de Richemont. XIX.
Cf. Monst., t. IV, ch. cclxiv.
941. Gomment le seigneur d'Offemonl vint pour cuidier
entrer dedens Meaulz ; mais il fut prlns et menez au roy,
quy estoit logié en l'abbaye de Saint Pharon. XX.
Cf. Monst., t. IV, ch. cclxv.
942. Gomment, durant le siège de Meaulx, messire Jeban
de Luxembourg prinst pluiseurs cbasteaulx et forteresses
tenans la partie du Daulpbin. XXI.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccLxvi-ccLXvii.
943. Gomment messire Jehan de Luxembourg prinst Arai-
nes. XXII.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccLxvin.
944. Gomment ceulx du marcliié de Meaulz se rendirent
au rov d'Engleterre ; et du marchié ou traitié qu'ilz
eurent. XXIII.
Cf. Monst., t. IV, ch. cclxix.
945. Gomment, après la prinse de Meaulz, pluiseurs villes,
chasteaux et fors se rendirent et misrent en Tobeissance
des roys de France et d'Engleterre. XXIV.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccLxx.
[1422] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE II, xvii-xxx. 213
946. Gomment la royne d'Engleterre vint à Paris où elle
fut recheue du roi de France, son père, de la royne, sa
mère, et du roy, son mary, moult joyeusement. XXV.
Cf. Monst., t. IV, ch. cclxxi.
947. Comment les villes de Gamaches et de Compiengne,
avec pluiseurs autres villes, chasteaulz et forteresses fu-
rent rendues aux rois de France et d'Engleterre. XXVI.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccLxxn.
948. Comment le roy Henry s'en retourna hastivement à
Paris. De la prinse de Saint Digier, en Parthois, et d'au-
tres matières. XXVII.
Cf. Monst., t. IV, ch. ccLxxm.
949. Comment le duc de Thouraine, Daulphin, atout grant
puissance de gens d'armes, alla mettre le siège devant la
ville de Coyne, et de ce qu'il en advint. XXVIII.
Cf. Monst., t. IV, ch. cclxxiv.
960. Cy fait mencion de la mort du roy Henry d'Engle-
terre. XXIX.
Cf. Monst., t. IV, ch. cclxxiv.
951. Cy fait mention du trespas de madame Michielle de
France, femme au duc Phelippe de Bourgoigne, el de
la mort du roy Charles, son père. XXX.
Cf. Monst,, t. IV, ch. cclxxv-cclxxvi. ^
Cv fine le second livre de ce V« volume, et s'ensleult le tiers.
214 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1422-23]
LIVRE IIL
952. Cy commence le Ilh Livre, lequel contient en soy
chinquaute et ung chapittres. Ou premier, il declaire
comment les nouvelles du trespas du roy Charles le Bien
Ame furent portées au duc de Thouraine, Daulphin, son
seul filz. Chapitre I.
Cf. Monst., t. V, ch. i-n.
953. Comment les Parisiens envoierent leur ambaxade en
Engleterre devers le jeune roy Henry et son conseil. II.
Cf. Monst., t. V, ch. m.
Au nombre des ambassadeurs envoyés en Angleterre par les
Parisiens , Wavrin mentionne Guillaume Sauguin ', dont le nom
est omis par Monstrelet.
954. La prinse du pont de Meulen par les François. IIL
Cf. Monst., t. V, cil. m.
955. Comment le duc de Bethfort, régent de France, mist le
siège devant le pont de Meulent. IV.
Cf. Monst., t. V, ch. m-iv.
i. Guillaume Sanguin, conseiller et maître d'hôtel de Philippe, duc
de Bourgogne. « Il est rapporté, dans un registre de la chandjre cotté-|-,
que l'on lui payeroit la somme de quinze mille vint francs , deux sols , six
deniers, à lui deue par monseigneur le duc, à trois termes, par les maîtres
des monnoyes , de quatre mois en quatre mois , sans préjudice de ses pré-
tentions sur le pris des monnoyes, au temps qu'il preslu ladilte somme.
23 mai 1422. » (Laliarre, II, 222 et 223, note.)
[1423] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, i-xi. 215
956. Comment les assegiés du pont de Meulen firent leur
traitié au duc de Bethfort, régent de France. V.
Cf. Monst., t. V, ch. V.
957. Comment pluiseurs forteresses furent rendues en la
main du duc de Bethfort, régent, par le moyen du traitié
cy dessus déclaré. VI.
Cf. Monst., t. V, ch. v-^i.
958. Comment le duc de Clocestre, frère du duc de Beth-
fort , régent , prinst en mariage la ducesse Jaqueline de
Bavière, contesse de Henault. VII.
Cf. Monst., t. V, ch. v-\i.
959. Comment le seigneur de la Poulie et sire Thomas Bout-
try assamblerent, en Northmandie,grant nombre d'An-
glois, pour faire une course, VIII.
Cf. Monst., t. V, ch. vi.
960. Comment les alyances furent faites en la cité d'Ami( ns
entre les ducz de Bethfort, de Bourgoigne et de Bre-
taigne. IX.
Cf. Monst., t. V, ch. vn.
961. Comment le duc de Bethfort alla à Troyes, en Cham-
paigne, espouser Anne, seur au duc de Bourgoigne*. X.
Cf. Monst., t, V, ch. VII et ix.
962. Comment ceulz de Rouen et de Caulz allèrent soub-
dainement assegier Noyelle sur la mer ^ . , XI,
En ceste meisme année, par ung mouvement soiib-
dain, ceulz de Rouen et du pays de Caulz se misrent
i . Waviùn pariant, flans ce chapitre, de la prise ;le la forteresse d'Or-
say, y signale la présence du comte de Salishnry, non mentionnée par
Monstrclet.
2. Ce chapitre concerne et le siège de Noyelles et celui du Crotoy.
AVavrin copie à peu près Monstrelet (V, chap. rx) dans le récit très-
succinct du premier de ces sièges; quant au second , il donne des détails
omis par ce chroniqueur.
* Thomas (le Montacute, comle de S.ili.^lnuy, tué au sicge d'OrlcaïUî en H2fi
(Dugdale, 1, 661-653).
216 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [U23]
ensamble : cest à scavoir tous les Aiiglois avec les
communaultez du pays d'entour Rouen et d'autre
part, dont estoit cliief le bailly de Caulz; et povoient
estre les Anglois environ VIII " bons combatans, sans
les communes : lesquelz furent menez passer parmy
Abbeville, et là, passez l'eaue en très bonne ordon-
nance, vindrent mettre leur siège devant le cliastel de
Noyelle sus la mer, apartenant à messire Jaques de
Harcourt'. Lesquelz assegiez, non ayans espérance
d'avoir secours, firent le plutost qu'ilz peurent traictié
avec les Angiois, et rendirent la place moyennant
d'avoir leurs corpz et biens saulves. Alors messire
Jaques de Harcourt, sacliant la prinse de Noyelle par
les Angiois, luy estant à ceste beure au Crotoy, manda
hastivement ses gens qui estoient à Rue; lesquelz
vindrent en délaissant la ville esgaree , sans quele-
concque ordonnance, et babandonnee auz annemis,
sans queleconcque provision. Laquelle despartie sa-
cliant les Angiois, sans faire long séjour vindrent à
Rue baslivement, où ilz firent moult de maulz, et tra-
veillerent largement les povres gens quy y estoient
demourez. Si misrent dedens la ville de Rue une
forte garnison , pour obvier et résister alencontre de
ceulz que messire Jaques de Harcourt avoit laissiez au
Crotoy; et fut ladicte ville de Rue par les Angiois
très bien avitaillié et pourveue de tous babillemens de
guerre. Puis encommencerent Angiois et François de
courre, cbascun jour, l'un sur l'autre, ou maintes
saillies et escarmouches entre ceulz de Rue et du Cro-
1. Jacques de Harcourt, chevalier, baron de Montgommery. Mort
en 1423. (Monstrelet, Vjchap. xit.) C'est à tort que le P. Anselme (V, 137),
sur la foi de Berry (375), le fait mourir eu 1428.
[1423] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE m, xi. 217
tov ; oiiquel lieu du Crotoy messire Jaques de Har-
court se vint logier pour le deffendre et garder comme
il y estoit ; car il tenoit la ville à sienne. Ces deux
garnisons de Noyelle et de Rue ainsi assises , le bailly
de Caulz s'en retourna à Rouen, ouquel lieu luy venu,
avec messire Raoul le Bouttillier', ilz eurent ensamble
pluiseurs consaulz sur le faict de la forteresse du Cro-
toy : et sambloit au bailly de Caulz qu'il estoit heure
de le concquerre mieulz que oncques mais, pource
que , pour ce tempz, le roy Charles^ estoit bien loingz
de là , parquoy il lui seroit difficille baillier secours ,
ayde ne comfort à messire Jacques de Harcourt. Adonc
messire Raoul Bouttillier oyant ainsi parler le bailly
de Caulz, il luy sambla, aux raisons qu'il remonstroit,
estre vérité ce qu'il disoit. Si conclurent d'aller
hastivement, eulz deux ensamble, devers monseigneur
le Régent', estant à Paris, pour conclurre par son
advis de celle besongne , comme ilz firent très dilli-
gamment. Lesquelz venus à Paris, et la chose mise
en termes devant le Régent, et ceulz du grant conseil
du roy de France et d'En^leterre *, la matière fut
1. Raoul Bouteiller, chevalier, bachelier, chamljellaQ du régent, duc
deBedfort. Il était capitaine d'Arqués en 142-4 (Bibl.imp., niss.n°9436®,
fol. 141); qualifié seigneur de Sudelej, trésorier d'Arigleterre, en novem-
bre 1445 ; grand sénéchal de l'hôtel du roi en juillet 1449. (Rymer, V,
partie I, IbO, 152; partie II, 10.)
2. Charles VII, fils de Charles VI et d'Isabelle de Bavière, né le 22 fé-
vrier 1402; marié à Marie d'Anjou en 1422. Mort le 22 juillet 1461.
(Anselme, I, 113.)
3. Jean de Lancastre, duc de Bedford , nommé régent du royaume
de France à la mort de son frère Henri V. Mort à Rouen le 14 septem-
bre 1435 (Dugdale, III, 200-202), ou le 14 décembre. {Art de vérifier
les dates ^ I, 815.)
4. Henri VI, fils de Henri V et de Catherine de France, né le 6 dé-
218 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1423]
debatiie et pourparlee. Finablement, fut il conclu que
devant la ville et cliastel du Crotoy le siège seroit
mis *, et en fut par le duc de Bethfort , régent, baillié
la charge à messire Raoul le Boutillier. Si lui fut
délivré argent, gens et artillerie, avec vivres et toutes
choses nécessaires à ceste emprinse furnir. Puis se
party de Paris et s'en alla en Northmandie , où il fist
grans amas de gens d'armes. Et, droit environ la Saint
Jan, vint assegier par mer et par terre la ville et cliastel
du Crotoy, où, à très grant dilligence, en briefz jours,
ferma son ost et environna la place tout entour ; si se
loga, luy et ses gens, très advantageusement au grant
dommage de ceulz de la ville et du cliastel. Alors
messire Jaques de Harcourt, se voyant ainsi enclos
moult rigoreusement , se prépara et mist en ordre
deffensible, pour garder de villonnie son corpz, sa
ville , son chastel et ses subgetz ; si fist aprester plui-
seurs canons et autres engiens de guerre pour soy
deffendre et grever ses annemis; adfin que, par force
de trait à pouldre et gros arballestres, il leur deffendist
à faire leurs aprocbes et que de plus prez ne peussent
aprochier la muraille. Nonobstant toutes ces choses,
messire Raoul, à très grant dilligence, fist ses aproches
et fortiffia son logis tout atour, au mieulz qu'il peuit.
Pluiseurs saillies et escarmouches se firent , durant
le siège, entre les assegiés et les assegans, et mettoit
cembre 1-421 ; couronné à Londres, le 6 novembre 1429; sacré à Paris,
comme roi de France, le 17 décembre 1431 [Art de vérifier les claies , I,
817.) Mort le 23 mai 1471. (llolinsbed, II, 690.)
1. « Environ la saint Jean Baptiste (24 juin 1423) fut assiégée, par
mer et par terre, la ville et forteresse du Ciotoy, par les Anglois. »
(Monstrdet, V, chap. ix.)
[1423] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xi. 219
chascun paine, en son endroit, de comfondre son an-
nemy : maintes belles apartisesy furent faites en armes,
des deux parties. Duquel siège estant ainsi devant le
Crotoy, furent moult joyeux ceulz du pays d'environ ,
esperans estre vengiés et affrancis des grans et inhu-
mains maulz que leur souUoient faire les assegiés
journelement , et pour le grant désir qu'ilz avoient
d'en estre délivrés. Tout le comfort, ayde et secours
qu'ilz povoient ilz faisoient auz Angiois tenans ce
siège, tant en vivres comme en autres choses à eulz
nécessaires. Messire Jaques de Harcourt, qui dcdens la
place estoit , voiant la grant dilligence que faisoit le
dit messire Raoul Boutillier de le nuire et grever, con-
sidérant que impossible luy seroit , à longueur de
lempz, tenir la place alencontre des Angiois, ses anne-
mis , sans avoir secours , se conclud de faire une
saillie, adfin de mettre hors deux de ses gens, et yceuiz
envoyer conter son cas au roy Charles de France. Et
ainsi en fist; car, environ l'heure de mienuit, il mist
dehors chinquante compaignons de guerre, apers et
habilles , entre les(juelz estoient deux gentilz hommes
de son hostei , à quy il bailla lettres de credence con-
tenans la nécessité en quoy il estoit , requérant au roy
de avoir secours. Or advint que celle nuit estoit moult
obscure et thenebreuse, et plouvoit un pou ; si saillirent
yceuiz compaignons dehors, tout de pie, excepté les
deux quy debvoient aller pour quérir le secours , qui
estoient de cheval ; lesquelz, quant ilz se trouvèrent
auz champz avec les autres , eulz qui scavoient le pays
et les chemins advantageux , se tyrerent à part arrière
des autres, et tout coyement passèrent par l'un des
deboutz des logis auz Angiois-, puis, quant ilz se trou-
220 CROrslCQUES D'ENGLETERRE. [1423]
verent au large, ferirent chevaulz des esporons, et, sans
tenir voie ne sentier, cheminèrent jusques au cler jour :
et tant firent par leur dilligence et soubtillité , que,
sans nul encombrier, ilz arrivèrent en la cité de Bourges
en Berry, où ilz trouvèrent le roy Charles devers le-
quel ilz estoient envolez de par messire Jaques de
Harcourt. Si luy baillèrent leurs lettres de credence et
exposèrent au Roy, bien au long, la charge qu'ilz
avoient de leur maistre , tout par la manière que en-
joinct et commandé leur estoit de dire au Roy et à
son conseil. Sur ces lettres et requestes que faisoient
lesdis escuyers, tint le Roy parlement avec ses plus
principaulz conseilliers, adfni d'avoir advis qu'il avoit
sur ce à faire, et en conclurre pour le mieulx. Mais,
en ceste instant, sourvindrent moult d'autres pesans
besongnes quy grandement touchoient , et plus reque-
roient délibération que la matière dudit messire
Jaques de Harcourt ; pourquoy gueres n'en fut tou-
chié, sinon que dit fut ausdis escuyers qu'ilz s'en
retournassent arrière devers messire Jaques de Har-
court, leur maistre, si luy dissent que brief auroit
secours. Pour laquele fois les dis escuyers ne peurent
avoir autre apointement, si s'en retournèrent atout
ceste responce.
Or vous lairons ung petit ester* desdiz messages, et
vous dirons de ce que firent ceulz quy, avec eulz,
estoient yssus du Crotoy ; lesquelz, quant ilz sceurent
de vérité leurs deux compaignons estre passez saul-
vement sans quelque encombrier, ilz se ferirent sur
^. Laisser ester une chose, la quitter pour parler d'autre chose.
(Roquefort.)
[1423] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xi-xii. 221
ceulx quy pour celle nuit , faisoient le guet auprez de
l'artillerie ; et là , firent ung grant effroy, en criant :
« Nostre Dame Saint Denis ! Harcourt à la rescousse ! »
Si encommencerent de copper cordes et trefs, et faire
tresbuschier tentes et pavillons, et occir et detrenchier
ceulz qu'ilz povoient aconsievir* : mais gueres n'y prouf-
fiterent ou arresterent; car Tost s'estourmy^ et accou-
rurent les plutost prestz celle part, moult liastivement.
Si leur fut force de tantost eulz retraire et rentrer
dedens le Crotoy, en grant haste; mais quant laians
furent rentrez et ilz sceurent leurs messages estre pas-
sez sans nul danger, du demourant ne challut gueres :
si se fortiffierent et tindrent au mieulx qu'ilz peurent,
en espérance d'avoir brief secours ^ Et pareillement
messire Raoul le Boutillier, et les Anglois quy avec luy
estoient, s'efforclioient chascun jour de les grever et
leur porter dommage, adftn d'iceulz mettre en l'obéis-
sance du roy de France et d'Engleterre. Si vous lai-
rons le parler d'eulz pour une espace, tant que heure
soit d'y retourner, et dirons par quel accident le roy
Charles ne polt secourir ceulz du Crotoy ; car autres
plus grans affaires, et quy de plus prez touchoient, luy
sourvindrent ; parquoy il fut constraint de pourveyr
auz choses plus nécessaires premiers.
963. Comment le bastard de la Baume, Savoie n , quy tout
son tempz avoit tenu le party du duc de Bourgoigne se
tourna François , et pluiseurs autres compaignons de
guerre avec luy. XII.
1. Acconsïeure, atteindre, rejoindre. (Roquefort.)
2. Estoimir^ alarmer, émouvoir, troubler. (Roquefort.)
3. On parlementa, vers la fin d'octobre 1423 , et l'on promit de .se
reudre le 3 mars suivant. (Monstrelet, V, chap. xii.)
222 CRONICQUES D'ENGLETERHE. [1423]
En cest an et tempore que ie siège estoit devant la
ville et chastel du Crotoy, advint que le bastard de la
Baume ^, Savoien, qui tout son tempz avoit tenu la
1 . Guillaume, bâtard de la Baume, seigneur de la Charme , marié à
Gillette de Dortans, laquelle était veuve de lui en 1430. (Anselme, YII,
44.) Il aurait été tué, selon Saint-Remy (VIII, 233), à la bataille de Gra-
vent, donnée en juillet 1423 : «Le bastard de la Baulme et autres plui-
seurs dauphinois furent occhis en ceste bataille. » L'édition de ce
chroniqueur publiée par M. Buchon, porte : « le bastard de la Baultie s ;
mais cVàt une faute que nous avons rectiliée d'après le manuscrit de la
Bibliothèque impériale n" 9869' qui lui a servi de leçon. Holinshed
(II, 587) fait, cependant, apparaître ce seigneur sur le théâtre delà
guerre , six mois environ après la susdite bataille. Il raconte que le
bâtard de la Baulme, avec d'autres capitaines français, faisant une excur-
sion dans le Maçonnais, rencontrèrent Mathieu Gough, Anglais, et sa
troupe, qui de leur côté couraient aussi le pays. Un engagement s'en-
suivit, où les Français eurent le dessous : tous furent tués ou faits prison-
niers. Le bâtard de la Baulme, bien monté, chercha vainement à fuir ;
poursuivi par Mathieu Gough, il tomba en la puissance de son ennemi.
Cette action fut beaucouj) louée par le comte de Salisbury, auquel Ma-
thieu présenta son prisonnier: ce seigneur non-seulement lui paya la
rançon du bâtard, mais il lui fit présent d'un superbe cheval.
Le document qui va suivre prouve que le fait rapporté ci-dessus est
conforme à la vérité : c'est une lettre du capitaine de Saint-Brie adressée
aux autorités de la ville de Noyers.
« Mes très chers seigneurs, je me recommande à vous, et vous plaise
savoir que les ennemis de mon très redoubté seigneur, monsieur le duc
de Bourgogne , sont sur les champs au nombre de vi ou vm" hommes
d'armes pour venir contre le pays de mon dit seigneur et de ses alliez es
parties de par delà, et bouler tout à feu et à flame, comme il a esté
sceii par la voix d'un grant seigneur , et aussi ont esté sceues les dites
nouvelles par la bouche du iruiste bastard de la Baulme, lequel est bien
pugni, loué en soit noslre Seigneur Jesuschrist que je certiffie qiiil est en
la tour de Saizy en diiix paires de fer, en la main des Angloiz. Si veuillez
avoir vostre bon advis sur ce, et estre sur vostre garde.... Escript à
grant hasle, à Saint Brie, le xv'' jour de février (1423, v. s.J. Vostre capi-
taine de Saint Brie. » (Salazar, IV, Preuves, xxxvni.) Il paraît que le
susdit bâtard parvint à sortir de prison; car on le revoit en 1426 dans
le parti de Charles VII. « Les troupes du roy Charles ne faisoient que
reculer la paix, en donnant sans cesse de nouveaux mécontentements au
duc de Bourgogne. Thibaut de Termes , Denis de Chally et le bâtard de
[1423] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE TII, xii. 223
partye de Bourgoigiie et estoit bien amé de tous les
favourans à ycelluy party ; car messire Glande de
Cliastelus ^ et le Veau de Bar ^, quy estoient deux che-
valliers bien renommez, soustenoient et entretenoient
ycellui bastard, pour sa vaillance; mesmement luy
bailloient souvent la conduite de leurs gens , par la
grant comfidence qu'ilz avoient en luy. En tel manière
que, s'il eust bien [voulu], il les eust peu prendre pri-
sonniers et emmener avec luy où mieulx leur eust
pieu, et, avec ce, atribuer à luy les places de leurs
résidences, comme celluy qui estoit cru partout; et
très souvent se tenoit avec eulz en tel manière que
s'il eust esté leur filz , tant le creoient et amoient. Le
plus du tempz, se tenoit en Ausserrois, sur les fron-
tières des annemis du roy de France et d'Engleterre
et du duc de Bourgoigne; mais, en ce tempz, furent
unes trêves prinses et accordées entre les parties,
par le consentement du duc de Betlifort , régent ^ et
la Tsaume ayant amassé 4 à 500 hommes , s'emparèrent de Mailly-Ie-
Chàtel daus l'Auxerrois, dont Jean de Digoine et le sire de Cliastelus
avoient la garde, s) L'imprudente démarclie du bâtard fut blâmée par
son parti, et Charles VII fît offrir la restituiwon de la place et un nou-
veau traité de trêve au duc de Bovirgogne. (Id., pages 116, 117.) En
1403, 1414 et 1418 il figurait dans des montres en qualité d'écuyer,
(Bibl. imp., mss.; Fonds de la Villevieille, Montres de 1358 à 1439.)
1. Claude de Beauvoir, seigneur de Cliastelus, chambellan du duc de
Bourgogne, créé maréchal de France le 2 juin 1418, fut démis de cette
charge le 22 janvier 1421. Mort le 12 mars 1453. (Anselme, VU, 1.)
2. Guy de Bar, nommé aussi le Feau par Monstrelet (IV, cliap. xn)
et le Beau par l'auteur du journal d'un bourgeois de Paris (XV, 252) ,
chevalier, seigneur de Praelle. Il obtint l'office de bailli d'Auxois le
22 avril (après Pâques) 1411 , et fut remplacé dans ces fonctions, par Jean
de Cussigny, le 8 juillet 1418. (La Barre, II, 163.) Nommé garde de la
prévôté de Paris le 29 juin 1418 (Bibl. imp., mss.. Fonds Gaigniires
n'ill, fol. 81). Vivait encore en 1431 (La Barre, II, 214.)
224 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1423]
du duc Plielippe de Bourgoigiie, à la requeste du roy
Charles. Durant lesqueles ledit bastard de la Baume,
qui ne desiroit que les armes, luy estant assez près de
Vezelay et du Vaulz, de Mailly le Chastel, oucjuel
quartier avoit aussi des places francoises esqueles
avoit divers cappitaines gascons et autres. Parquoy, en
ces trêves, sur certaines asseurances qu'ilz faisoient les
ungz avec les autres , lesdis cappitaines se trouvoient
souvent ensamble avec ce bastard de la Baume ; si
firent tant par devers luy que, tout secrètement, le me-
nèrent à Bourges devers le roy Charles, quy le recheut
moult lyement et luy fist aulcuns dons, avec grans
promesses , moiennant qu'il voulsist tenir son party,
en lui faisant serment de le loyaulment servir envers
et contre tous, renonchant totalement au service du
duc de Bourgoigne ; promettant de le guerroyer dores-
enavant et tous ceulz tenans son party ; et de ce faire
fist le serment , dont le roy Charles et ceulz de sa
partie furent moult joyeulz.
Aprez ce serment fait, ycelluy bastard de la Baume
se party du roy Charles, et s'en retourna sur les fron-
tières d'Ausserois, où il avoit laissié ses gens ; ouquel
lieu luy venu secrètement, manda les cappitaines de
celle frontière tenans le party du roy Charles, lesquelz
l'avoient autreffois provoqiiié et vouUu alraire au ser-
vice d'ycellui roy. Et quant ilz furent tous venus à son
mand, il leur déclara sa voullenté, disant comment
il avoit desja fait serment au Roy et qu'il se voulloit
monstrer désirant de le servir. Adont dist le bastard
auz capittaines : « Seigneurs, adfin que vous sachiés
la cause pourquoy je vous ay mandez, je vous descou-
vrirai ycy mon corage que j'ay de tenir le party du
[1423] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xii. 22Î)
roy Charles , pour lequel expérimenter, vous esclar-
chirai une entreprinse que j'ay sur la main , laquele
m'est venue ceste nuit audevant d'entreprendre sur
le party du duc de Bourgoigne. Si est la chose né-
cessaire d'estre tenue secrète; car se gueres atendoie
de l'exécuter, jamais n'y pourroie parvenir. Si est
tempz et heure propice de y besongnier, avant qu'il
viengne à congnoissance de moy estre tourné de la
partie du roy de France et deiaissié celle du duc de
Bourgoigne : c'est adfin que je face chose vaillable
et de grant entreprinse à l'honneur et prouffit du roy
et de sa querelle. J'ay advisé que la ville de Crèvent ',
qui nous est assez prochaine, puissons prendre et
mectre en l'obéissance du roy, nostre sire; et adfin
que la chose ne soit sceue, il nous convient hastive-
ment, atout ce que finer porrons de gens d'armes et
de trait, transporter devant la ville de Crevant, l'entrée
de laquele ne nous sera pas refusée ; car moy et mes
gens, quy sommes congneuz, nous metterons devant,
et tout premièrement envoieray trois de mes gentilz
hommes devant la porte signifier ma venue à ceulz de
layans, disant que celle nuit ay intencion et voullenté
d'entrer en la ville, pour ce que je suis adverty que
aulcuns cappitaines francois se sont mis sus pour faire
une course devant la bonne ville d'Ansoirre *, et ce ,
pour obvier au dangier quy par ce pourroit advenir,
se garde n'y estoit prins. »
Les capittaines tenans le party du roy Charles, oyans
ledit bastard ainsi parler, luy loerent grandement ceste
1 . Cramant.
2. Auxerre.
226 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1423]
son emprinse ; mais ses gens," comme ceulz quy tout
leur tempz avoient tenu le party de Bourgoigne , en
furent moult doullentz et courouchiés, et vouUentiers
s'en feussent départis, se ilz eussent ozé ; mais tant
cremoient la fureur dudit bastard, que oncques ne
l'ozerent laissier ou habandonner, et, mesmement,
pour ce que les tenans le party du roy Charles estoient
de beaucoup plus grant nombre que eulz : si leur
convint souffrir et estre, par samblant, contentz d'eulz
incliner à la voullenté de leur capittaine , sans en ce
monstrer quelque manière de refus. Si s'armèrent et
ordonnèrent pour aller avec leur dit maistre, quant il
volroit partir avec les François.
964. Comment le bastard de la Baume, atout environ viii"
combatans, prinst la ville jie Crèvent; et comment elle
fut reprinse sur luy par le seigneur de Chastelus. XIII.
Quant le bastard de la Baume eut auz dis François
exposé sa voullenté, et tout au long déclaré comment
il avoit intencion de faire , ilz en furent moult joyeulz,
car il les soulloit plus grever seul que tous ceulz de
ladite marche. Geste conclusion prinse, en la manière
que cy dessus avez oy, luy, atout ses gens et aulcuns
desdis cappitaines tenans le party du roy Charles , se
deslogerent de Mailly le Chastel. Si povoient estre
environ vni cens combatans, tous gens de frontière;
lesquelz tousensamble se misrent à chemin, tyrant vers
Crevant. Et quant ilz parvindrent jusques à une lieue
prez , le bastard , ainsi comme paravant avoit déli-
béré de faire, envoia trois ou quatre gentilz hommes
de sa compaignie devant, jusques à Crevant, pour à
[1423] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xiir. 227
ceulz de la -ville nunchier sa \enue , et la cause qui le
mouvoit de là venir à ceste heure , tout par la manière
qu'il estoit aincliois conclu , ainqui que vous avez ov
ou cliapittre précèdent. Comme il fut dit, il fut fait;
car yceulz gentilz hommes, là venus, firent leur mes-
sage à ceulz de la ville , ainsi qu'ilz estoient chargiés ;
lesquelz très voullentiers les escouterent, puis respon-
dirent que le hastard feust le bien venu et tous ceulz
de sa compaignie. Hz n'eurent gueres parlementé
quant le bastard et sa routte arrivèrent devant la
porte, laquele incontinent fut ouverte. Si entrèrent
dedens la ville sans nul contredit : si s'aprocherent
tost aprez les capittaines francois, pour aussi entrer
dedens. Mais quant ceulz de la ville percheurent les-
dis Francois, en si grant nombre, aprochier leurs bar-
rières, ilz commencèrent de cryer alarme : et, droit en
cel instant, ledit bastard de la Baume et ses gens,
sachans l'apointement devant dit , adfin de furnir leur
emprinse, se vindrent saisir de la porte et du pont, en
cryant : « Vive le Roy, ville guaigniee! »
Les bourgois et manans de la ville, parchevant
qu'ilz estoient trahis et decheus, au plus covement
qu'ilz peurent se retyrerent en leurs hostelz, mouli
doullentz et courouchiés de leur malle fortune , dont
gueres ne challoit audit bastard, ne à ceulz de son
armée; ains, quant ilz furent entrez dedens la ville,
couroient chà et là, fourragant les meilleures maisons
et prenant des plus notables prisonniers ; lesquelz ilz
menèrent en une tour quarree, par laquele on povoit
bien saillir auz champz; car c'estoil conune le donjon
et maistresse tour de la ville. Et la première chose
qu'ilz firent, eulz entrez dedens la ville, fut de pren-
228 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1423]
dre saisine de ladite tour, comme ceulz quy bien sca-
voient que, sans ycelle tour avoir, ne povoit on tota-
lement maistrier la ville. En une fosse moult parfonde,
quy estoit dedens celle tour, misrent ilz tous leurs
prisonniers ; laquele tour fut baillié en garde à trois
gentilz compaignons de guerre, et tous les autres se
logèrent parmy la ville au mieulz qu'ilz peurent, en
faisant moult de destorcions auz bourgois et manans,
et à leurs femmes de grans oultrages, et à leurs filles,
qui estoit chose pitoiable et dure à souffrir ; mais
autre chose n'en po voient faire.
Layans estoient avec ledit bastard de la Baume trois
gentilz hommes, dont les deux estoient du pays de
Rochelois, et le tierc da pays de Gatinois ; lesquelz,
tout leur tampz, avoient servy le seigneur de Chaslelus,
qui les avoit bailliés audit bastard de la Baume. Ceulz
cy, voians ledit bastard estre tourné de la partie fran-
coise , furent moult doullentz et tristes de ce que
ainsi se trouvoient decheus; si conclurent ensamble,
secrètement, de ceste advenue hastivement faire sca-
voir audit seigneur de Chastelus , leur maistre , avec
le désir qu'ilz avoient du recouvrement et reprinse de
ladite ville de Cre%ent. Si esleurentl'un d'eulz, nommé
Collechon de Thir, auquel ilz chargèrent expres-
sément que, tost et sans delay, se transportast devers
le seigneur de Chastelus luy dire et exposer la manière
de la prinse de Crèvent; et que, s'il avoit voullenté
de le recouvrer, qu'il assamblast puissance de gens
d'armes; et que, à ung jour qu'ilz mandoient audit
seigneur de Chastelus, il feust au chastel du Vaulz,
lequel pour lors tenoit ledit seigneur de Chastelus,
séant à deux lieues prez de Crèvent ; et que, tantost
[1423] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xiii. 229
qu'ilz seroient venus, ilz feissent aiilcun signe par feu ;
et que, quant ilz auroient ce fait, eussent leur regard
sur la ville de Crèvent; puis, prestement qu'ilz parche-
veroient ung signe qu'ilz baillèrent , s'aprochassent
vers la grosse tour de ladite ville de Crèvent, qui leur
seroit ouverte. Icelluy CoUechon de Thir, aiant oy la
conclusion et voullenté de ses compaignons, trouva
ses manières secrètes de soy partir hors de Crèvent ;
et tant il se exploita que, sans quelque fortune avoir,
vint à Chastelus, où il trouva le seigneur dudit lieu.
Duquel lieu estoient, en celle propre nuit, arrivez
deux gentilz capittaines bourguignons, qui jà estoient
advertis de la prinse de ladite ville de Crèvent par
le moyen du bastard de la Baume, qui s'estoit tourné
francois, dont l'un desdis capittaines estoit le Veau
de Bar , et l'autre , le seigneur de Varembon ' ; les-
quelz tous trois ensamble se devisoient de ceste ma-
tière droit à l'heure que ledit Collechon de Thir
entra layans, et sallua lesdis seigneurs, qui luy firent
très bonne chiere. Lors messire Glaude de Chastelus,
à quy l'escuyer estoit, lui demanda de ses nouvelles,
et il raconta illec, tout au long, la prinse de la ville
de Crèvent ; et sy exposa son message tout ainsi que
par ses compaignons luy avoit esté chargié, en décla-
rant la manière comment ladite ville pourroit eslre
recouvrée, selon que cy dessus avez oy.
1. Il était capitaine de Pontoise, en 1436, lorsque les Anglais surpri-
rent cette ville, a. Les seigneurs de l'Isle-Adani, de Varembon et de Ros-
tellain s'v portèrent lasclienient, dit Berry (394) : car sitost que les guets
et les gens de la ville crièrent à l'arme, ledit seigneur de JVarembon, qui
estoit capitaine, et ledit de Rostellain et leurs gens d'armes, en sor-
tirent et s'enfuirent, en abandonnant ladite ville, sans y faire aucune
résidence ny résistance. » Voy. ci-dessus, p. 206, note 6.
» •
230 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1423]
965. Comment le seigneur de Chastelus, le Veau de Bar et
le seigneur de Varenbon assamblerent puissance de gens
d'armes, et recouvrèrent la ville de Grevant sur le bas-
tard de la Baume. XIV.
Quant le seigneur de Chastelus et les deux autres
dessus nommez entendirent ledit CoUechon de Thir,
et qu'ilz l'eurent bien examiné, ilz furent moult joieulz
de ce qu'il leur disoit. Si escrip\irent lettres partout
où ilz pensoient recouvrer ayde hastivement , et tant
firent qu'ilz eurent, en assez peu de tempz, de v à vi"*
combatans de bonne estoffe, expers et babilles en fait
de guerre. Si assignèrent leur assamblee auprez d' An-
tilion '; puis, quant ilz furent prestz, à estandars des-
ploiez se misrent à chemin, tyrant vers le Vaulz, oii
ilz arrivèrent ainsi comme à heure de mienuit, le
plus secrètement qu'ilz peurent, où ilz repeiirent eulz
et leurs chevaux, et reposèrent jusques prez du jour,
aiant adnonchié leur venue à leurs adherens de Crè-
vent ; et firent aussi aulcun monter en hault sur le
sommet d'une escharguette % dont on povoit clere-
ment choisir^ la grosse tour de Crèvent-, et, pareille-
ment, ceulz quy en ladite tour estoient les povoient
bien parchevoir en ladite escharguette. Quant il fut
environ vu heures du matin, ledit seigneur de Chas-
telus, voyant le tempz bel et cler, car c'estoit ou mois
de juillet, fist faire le signe de sa venue auz compai-
1. Avallon.
2. Tour ou petit bâtiment construit sur le sommet des châteaux et for-
teresses , où se plaçaient les sentinelles pour observer ce qui se passait
au dehors. -*'
3. Choisir, coisir, appercevoir. (Roquefort.) |^X
[1423] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xiv. 231
gnons dudit Colleclion de Thir estans en la ville de
Crèvent, qui, daventure, ceste nuit, avoient fait le
guet, et n'estoient ancores descendus à çeste heure de
la muraille. Lequel signe à eulz fait aparcheu, tout
par la manière que ordonné l'avoient audit Colle-
clion, ilz en furent moult joieux : si pensèrent un peu
eulz deux ensamble , puis conclurent de trouver ma-
nière d'entrer en la tour.
L'un de ces compaignons avoit nom Jaques de Catry ,
dit le Velu, et Tautre Estienne Deville, dit Sauve le
Demourant, lesquelz lors descendirent de la muraille :
et, au descendre qu'ilz firent, ledit Saulve le Demou-
rant s'escrya auz compaignons de la tour, et leur dist
qu'il venroit disner avec eulz , car il estoit samedy, si
leur aporteroit une tarte, la meilleure que jamais ilz
mengaissent : à quoy les compaignons de la tour res-
pondirent que bien feust il venu. Puis vindrent en leur
logis, oii ilz firent faire à l'ostesse une tarte la meil-
leure dont ilz se peurent adviser; et, quant il fut envi-
ron X heures, le Velu et Sauve le Demourant vin-
drent, atout leur tarte, vers la tour quy estoit fermée,
si buscherent à l'huys en nommant leurs noms; et,
alors, l'un des trois compaignons qui avoient ladite
tour en garde se leva de la table, où jà estoient assis
au mengier ; si leur vint ouvrir l'huis, et Saulve le
Demourant, en portant la tarte, entra dedens, di-
sant : a Dieu gard la compaignie! » Si la mist sur
la table. Avec eulz estoient deux fillettes , leurs
amies : puis Saulve le Demourant, attendant le Velu,
qui ancores n'estoit entré dedens , regarda une hache
qui auprez de là estoit apuyee , laquele il prinst en sa
main. Si vint devant la table, pammoiant ladite hache
232 CRONICQUES D'ENGLEïERRE. [1423]
et regardant les compaignons l'un assis au bout et les
deux l'un devant l'autre : puis dist : « D'entre vous
trois en a il nul qui sache faire les trois copz de la
hache? » lesquelz luy respondirent qu'il leur monstrat,
s'il les scavoit faire. Lors ledit Saulve le Demourant,
qui estoil ung compaignon très expert et habille en
armes, en pammoiantla hache, le haulcha contremont :
sy en fery cellui qui estoit assis au plus prez de lui
ung si grant cop sur la teste qu'il lui abatty la cervelle
sur le pavement, et l'autre, de la pointe de la hache,
fery tant ruddement qu'il l'abatty jus de la selle sur
quoy il seoit , et l'autre qui estoit assis au coing de la
table poulsa du debout d'embas de la hache en la poi-
trine si ferme qu'il l'estendy tout plat sur le pavis,
les piedz contremont , par tel force qu'il fut plus de
deux heures sans parler. Lors le Velu, qui escoutoit le
convenant au pie de la montée par où on montoit
amont sur la tour, voiant que tempz estoit , monta en
hault et mist hors une enseigne blance , puis fist une
grande fummee au sommet de la tour, adfin que mes-
sire Claude de Chastelus et ceulz de sa compaignie
parcheussent qu'il estoit de faire, comme ilz firent;
car tantost et sans delay, autant que chevaulz peurent
galloper, se misrent à chemin vers Crèvent. Et d'au-
trepart, Saulve le Demourant, en poursievant son
entreprinse, encommenca de ferir sur les deux amies
des compaignons mors ; lesqueles luy donnèrent moult
à faire, et commencèrent à crier moult hault, en le
esgratinant parmy le visage; mais du bois de la hace
leur donna tant de copz, disant que se toutes coyes ne
se taisoient, il les occiroit, qu'elles s'apaisèrent aulcu-
nement. Le Velu, qui avoit esté amont sur la tour,
[1423] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xiv. 233
faire , comme dit est , le signe au secours qui leur
devoit venir, oii il avoit tousjours l'ueil , laissant son
compaignon Saulve le Demourant besongnier en bas,
en gectant son regard vers le Vaulz vey eslever une
moult grant pouldriere, parquoy il congneut que les
Bourguignons venoient. Si descendy aval, où il trouva
son compaignon fort lassé et esgratiné le visage et les
mains, voiant aussi les deux bommes mors auprez de
luy, et l'autre quy ne valloit gueres mieulz, dont il
fut grandement esmerveillié, et luy demanda s'il estoit
navré ; lequel luy respondy que non, disant qu'il de-
vallast en bas, en ung parfont cellier quy estoit de-
soubz eulz, si meist au délivre tous les prisonniers qu'il
y trouveroit, les amenant amont, et ainsi le fist; puis
tyra la plancette aprez luy. ïost aprez, les compai-
gnons, regardans vers la ville, percbeurent le bastard
de la Baume, atout grant foison de gens d'armes et de
trait, les aproclîier et amener devant eulz canons, veu-
guelaires et courtauz. Si aportoient les gens d'armes,
cbascun , buys ou fenestre pour lui targier, et com-
mencèrent prestement de livrer à la tour ung grant
assault ; mais le Velu, Sauve le Demourant, et ceulz
que de prison avoient délivrez, se deffendirent au
mieulz qu'ilz peurent. Si prindrent les deux bommes
mors, lesquelz ilz gecterent debors sur les assaillans,
parmy les fenestres de la tour ; mais les François les
assaillirent si vivement, que, se leur secours feust de
gueres alargié, force eust esté d'eulz rendre en la
mercy de leurs annemis; et eulz, quy estoient de grant
courage, sacbans leur ayde aprochier, monstroient
que bien peu les doubtoient; car vigoreusement se
deffendoient. Au plus pesant de l'assault, le Velu, qui
234 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1423]
souvent avoit l'œil auz champz, clioisy les trois estan-
dars quy moult se hastoient de venir et estoient jà
bien pretz. Pourquoy luy et trois des prisonniers des-
cendirent à cop en bas, et avallerent le pont : si ouvri-
rent la porte des champs, de quoy les François estans
dedans la ville furent advertis par la guette estant sur
la porte, qui, en très grant effroy, commença de cryer
alarme; et, d'autrepart, les Bourguignons sehasterent
d'aprocliier. Si trouvèrent, à leur venue, le pont avallé
et la porte toute ample ouverte : si entrèrent dedens
la tour, puis montèrent amont, et choisirent les Fran-
çois qui de grant courage l'assailloient par embas.
Lors les Bourguignons , voians ceste manière de faire
de leurs annemis, moult hastivement descendirent de
la tour et vindrent en la basse court, pardevant laquele
y avoit ung grant paliis de bois : si ouvrirent la porte
quy sailloit en la ville , puis issirent contre les Fran-
çois, en cryant : « Nostre-Dame, Bourgoigne ! » les lan-
ces baissiés , et se ferirent entreulx par si grant fiereté
que, par vive force d'armes, les firent sortir arrière
et perdre place. Et adont aulcuns des Bourguignons ,
environ cent d'une compaignie , tost et hastivement
coururent à la porte du Pont, qu'ilz trouvèrent ou-
verte : si se ferirent dedens où ilz en occirent et na-
vrèrent aulcuns, et le demourant s'enfuyrent en la ville.
Puis, quant ceulz Bourguignons eurent concqiiis ladite
porte du Pont , ilz le gardèrent tant que leurs gens
furent assamblez; et, ce fait, entrèrent tous ensamble
dedens la rue, en cryant haultement : « Nostre-Dame,
Bourgoigne ! » Si démenèrent si grant bruit, à l'en-
trer dedens, de trompettes et de clarons, que le bastard
de la Baume et ses compaignons, qui ancores se com-
[1423] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xiv. 235
batoienl , voians que par force ne pourroient tenir la
ville , montèrent sur leurs chevaulz mieulx que ceulx
qui eurent le loisir de ce faire : si s'en coururent vers
les vignes, à la porte d'amont, sans conroy ne ordon-
nance, laquele porte ilz guaignerent ; et quant dehors
la porte se trouvèrent, ceulz quy avoient leurs che-
vaulx s'esquiperent; mais ceulz qui les leurs ne
peurent recouvrer furent en dangier : toutesfois s'en
saulverent aulcuns le mieulx qu'ilz peurent , ende-
mentiers que les Bourguignons couroient de toutes
pars , au long de la ville , où ilz occioient et pren-
doient prisonniers ceulz quy n' avoient pas eu loisir
ou heur d'eulz povoir sauver. Lors furent les Bour-
guignons, ainsi comme vous oez, dutout maistres de
la ville ^ Or vous laisserons ung petit ester de ceulz
1. Un seul chroniqueur (Berry, 369) parle de cette prise de Crevant,
en ces termes : le connétable d'Ecosse et autres seigneurs se dis-
posaient à passer la rivière à Gien-sur-Loire ; a là où vinrent nouvelles
audit connestable qu'aucuns des serviteurs et coureurs du bastard de la
Baume, qui avait esté Bourguignon, avoient mis dedans la ville de Crevant
le sire de Chastelus, messire Jean de Digone, messire Guy de Bar et plu-
sieurs autres, à un matin, lesquels avoient pris les gens d'armes qui estoient
dedans ladite ville pour le Roy, et les avoient mis, liez et garrotez de fers,
en fosses. Ces nouvelles estans scènes, le connestable d'Escosseen appro-
cha, parce qu'on luy fît entendre que la tour tcnoit encore pour les
François, mais il fut decevi : car dès qu'ils eurent pris ladite ville, icelle
tour fut aussi par eux prise et gagnée. Donc incontinent, par ledit donné
à entendre, s'en vint de belle tire, ledit connestable, mettre le siège de-
vant ladite ville de Crevant : il v fut fort longuement, pour ce qu'il
voyoit que ladite ville estoit foible, et envoya, cependant, plusieurs fois
devers le Roy, afin qu'on luy envovast des canons et des bombardes,
dont on ne fit rien, pour ce que l'on luy avoit commandé qu'il s'en allast
en Champagne. Et toutesfois contre les ordres qu'il avoit, il partit de
ladite ville de Gien , pour aller mettre le siège à Crevant ; ce qui ne luy
avoit pas esté ny enchargé ny commandé. Le Roy ouyt nouvelles que les
Anglois et les Bourguignons venoient pour faire lever ce siège : cela fit
qu'il envoya pour les reconforter le seigneur de Severac , mareschal de
236 CRONICQUES D'E^JGLETERRE. [1423]
qiiy layans demoiirerent ; si vous racomterons des
François quy s'en partirent, et que devint le bastard
de la Baume.
966. Comment le bastard de la Baume et ses complices,
aprez la perte de Crèvent, le nuncherent au roy Charles ;
et du siège quy y fut mis. XV.
Quant le bastard de la Baume et ceulz quy s'estoient
sauvez avec luy bors de la ville de Crèvent, par la
manière narrée au cbapittre précèdent, se veyrent au
délivre de leurs corps, très grandement troublez de la
perte qu'ilz avoient fait , ne cessèrent de cbevaulcbier
dilligamment, tant qu'ilz se trouvèrent hors des mar-
ches de la frontière tenant la partie de Bourgoigne.
Si passa la rivière de Loirre et exploita telement ledit
bastard, et sa routte, qu'ilz vindrent à Bourges, en
France, avec quatre cent hommes d'armes, espagnols et routiers. Les nou-
velles vinrent donc en 1 hostel du Roy, des frontières de devers le Mans,
que les Anglois alloient pour faire lever ledit siège de devant Crevant.
Si vinrent au secours des François et Escossois. le comte de Ventadour,
le sire de Fontaine, le sire de IJellay et le sire de Gamaclies. Ceux de
dedans la place commençoient à mourir de faim, et desja mangeoient
leurs chevaux. Si vinrent le comte de Salisbery et le comte de Suffolc,
Anglois, messire Jean de Thoulongeon , mareschal de Bourgongne, les
sire de Villeby et de Scales et plusieurs antres grands seigneurs des pays
de Bourgongne : et approchèrent lesdits Anglois et Bourguignons devant
ladite ville, du costé de Gastinois, et gagnèrent la rivière d'Yonne, et
frappèrent sur les François, tellement qu'ils gagnèrent la journée : là
furent pris ledit connestable d'Escosse, le comte de Ventadour, le sire
de Bellay, le sire de Gamaclies et plusieurs autres; et y demeurèrent
morts, le sire de Fontaine, messire Guillaume de Hamilton, et plusieurs
autres, jusques au nombre de huit cent à mille combatans. Le mareschal
de Severac et messire Richard de Leire, et plusieurs autres capitaines
François, escossois et espagnols, s'enfuirent, et laissèrent les autres vail-
lans mourir. »
[1423] CINQUIÈME PAPvTIE , LIVRE III, xv. 237
Berry, où estoit le roy Charles , auquel il raconta de
ses nouvelles et ce quy lui estoit advenu à Crèvent, où
il avoit estétraliy par trois de ses compaignons, esquelz
il avoit grant comfidence. Adont le roy, et tous ses
barons et capiltaines, oians ces nouvelles raconter en
furent moult desplaisans. Si demanda le roy au bastard
quelz gens et quelz capittaines ilz estoient à ce faire.
Et le bastard respondy : « Sire , le seigneur de Cbas-
telus, le Veau de Bar et le seigneur de Varenbon ,
atout environ vnf'combatans, tous gens d'eslite. Mais,
Sire, dist le bastard, se vous estiés conseilliés de voul-
loir recouvrer ceste place , legierement le polriés re-
concquerre ; car layans n'a bledz ne farines , chars ,
ne autres vivres dont ilz se peussent substenter ou
alimenter ung mois entier, se là en dedens, n'es-
toient secourus, ce que je ne double pas ; car laians
sont les principaulz capittaines des frontières , les-
quelz ont comme tous leurs gens avec eulz. Et aussi,
anchois que le marissal de Bourgoigne ' et les sei-
gneurs du pays se feussent assamblez , vous auriés la
ville et tous ceulz quy dedens sont : et, d'autre part ,
le duc de Bourgoigne est en son pays de Flandres, et
les Anglois sont sur les marches de Korthmandie et
autre part, où ilz ont assez à faire , et mesmes grant
partie d'eulz sont présentement au siège devant le
Crotoy, qui est une ville moult forte et bien tenable.
Parquoy messire Jaques de Harcourt porra bien atendre
1. Jean de Toulongeon, chevalier banneret , seigneur de Sencey,
conseiller et chambellan de Charles VI et du duc Jean (La Barre, II,
106), fut fait maréchal de Bourgonge en 1422. Mort le 9 ou 10 juillet
1427 (Id., ib., 202). Monstrelet (III, ch, cxxvni) le nomme le borgne de
Toulongeon,
238 CRONICQUES DENGLETERRE. [1423]
une espace jiisques à ce (|ue ayez recouvré cette ville
de Crèvent, par laquele avoir de vostre partie polriés
legierement ratraire Ansoirre, voire toutes les villes et
chasteaux quy sont jusques vers Digon en Bourgoigne.
Si metterez toute la marche en vostre obéissance, sans
nul contredit, et donrez tant à faire auz Bourguignons
qu'ilz ne scauront de quel pie danser. »
Quant le roy Charles et son conseil eurent bien en-
tendu ledit bastard de la Baume ainsi parler, le roy com-
manca un peu à penser ; puis fist retraire ledit bastard
et demanda à ses conseilliers leurs opinions et advis sur
la proposition d'ycellui bastard ; et là estoient, à ceste
heure, la pluspart de tous ses capittaines , au moins
des principaux, surquoy, aprez grans debas, tout consi-
déré , conclurent ensamble delibereement que, à très
grant puissance de gens, hastivement on yroit poser et
mettre le siège devant la ville de Crèvent. Aprez ceste
conclusion prinse des François en la chambre du roy
Charles, et qu'ilz eurent délibéré quel nombre de gens
yroient, et quelz capittaines les conduiroient, et que
on eut fait chargier vivres et artillerie, ceulz quy à ce
faire furent establis prindrent congié du roy Charles.
Si s'en départirent pour aller furnir leur voyage : de
laquele compaignie fut souverain capittaine et conduc-
teur le connestable d'Escoche*, très vaillant chevallier
1. Jean Stuart, connétable de. l'armée d'Ecosse (Du Tillet, II, 234-],
mort à la bataille de Rouvrav, le 13 février 1428 (v. s.). (Monslrelet, Y,
cliap. Lvi). Rapin-Thoyras (IV, 190) dit que les Français lui donnèrent
le litre de coiuiélable d'Ecosse, mais qu'on ne voit pas qu'il soit qualifié
de même par les historiens de sa nation. Il conjecture de là que l'erreur
des Français est provenue de leur ignorance de la langue angloise ou
écossoise, dans lesquelles le titre de connétable se peut donner à tout chef
qui commando un corps de troupes, sans que pour cela il soit connétable
du royaume.
[1423] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xv. 239
et expert en armes, avec lui le conte de Ventadour^ et
pluiseurs autres capittaines de ce party ; lesquelz tous
ensamble, en très belle ordonnance, droit ou mois de
juillet , passèrent la rivière de Loirre; puis aprez, de-
dens peu de jours, arrivèrent devant la ville de Crè-
vent, où ilz misrent le siège tout entour. Mais, avant
ce qu ilz peussent estre tous assegiés et mis en ordre,
ceulz de dedens saillirent pluiseurs fois, où maintes
belles apartises d'armes furent faites ; se toutes lesqueles
voulloie raconter, tant des assegiés comme des asse-
gans, trop y pourroie mettre. Mais, pour venir au fait
d'ycelle besongne, la ville fut de si prez assegié , que
par quelconque manière nul n'y povoit entrer ne en
issir, se ce n'estoit par escarmuchier auz portes et
barrières ; et ancores , quant là venoit que ceulz de la
ville voulloient saillir, c'estoit à moult grant dangier,
pour la force du trait des arcbiers qui estoient si espez
que, sans grant dommage de leurs gens, ne povoient
bonnement faire chose qui gueres leur prouffitast. Et
si estoient leurs tours et murailles telement traveilliés
des bombardes et canons, qu'ilz avoient beaucop à
faire à y pourveir et remédier alencontre. Et ancores y
avoit chose qny pis leur faisoit , car laians vivres leur
commencoient à faillir ; tant qu'en fin furent telement
oppressez de famine qu'ilz mengoient leurs chevaulz
et saignoient pour avoir du sang. Layans n'avoit chat,
ne chien, ratte , ne soris que tout ne mangassent.
La nécessité que les assegiés de Crèvent avoient fut
bien sceue en Bourgoigne, par pages et varletz qu'ilz
1. Le comte de Ventadour tué à la bataille de Verneuil. (Anselme,
IV, 29.)
240 CRONICQUES D'E?s^GLETERRE. [1423]
mettoient dehors, quant ilz veoient leur point de ce
faire ; et est bien à entendre que, se brief ilz n'eussent
este secourus, qu'ilz ne povoient plus longuement
durer alencontre de celle grant puissance qui devant
eulz esloit logié , et les euist convenu estre tous mors
et péris du tout, du moins eulz rendre simplement à
la voullenté et arbitraige de leurs annemis.
967. Comment les Anolois et les Bourofuiofnons s'assamble-
rent à Aussoirre pour secourir la ville de Crèvent *. XVI.
Tantost furent portées les nouvelles en Flandres, en
Bourgoigne et en Artois, du siège que les François
avoient mis et lenoient devant Crèvent ; et bien estoit
renommée du grant dangier et nécessité en quoy ilz
estoient oppressez. Le duc de Bethfort , régent de
France, quy en ces jours estoit à Paris très desplaisant
de ces nouvelles , pour doubtes que assez tost ne les
peust secourir, il manda bastivement quérir de ses
cappitaines, lelz que le conte de Salsebery, le sei-
gneur de Wilbic ^, conte de Suffort ^ et pluisieurs au-
tres chevalliers et escuiers anglois, ensamble leurs
archiers. Si furent environ quatre mille combatans ,
tous gens d'eslite; lesquelz tous ensamble , aprez le
congié du régent, se misrent à chemin pour venir à
1. Ce chapitre et le suivant sont, pour la plus grande partie, inédits;
mais nous avons conservé des passages empruntés à Monstrelet (V, ch. x),
afin de ne pas rompre le fil d'une narration de faits qui se doivent suivre.
2. Robert de Willougliby, comte de Vendôme, capitaine des villes et
chastel de Rouen, en novembre 1-424. (Bibl. inip., mss., n° 9436**,
fol. 111.) Mort le 30 avril 1452. (Dugdale , II, 84-8o.}
3. Guillaume de La Pôle, comte de Suffolk et de Dreux, capitaine du
pays des basses marches de Normandie es bailliage de Caen et Cousten-
tin en 1425. iBibl. imp., mss., n» 9436*5, fgi 209.) Décapité le 2 mai
1450. (Dugdale, II, 186-189.)
[1423] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xvt. 241
Ausoirre; et d'autre part, la ducesse de Bour-
goigne, mère ' du duc Phelippe, quy pour lors se
tenoit ou pays, advertie de ceste besoigne , adfin
aussi de baillier secours aux assegiés dedens Crè-
vent, manda hastivement venir devers elle les plus
grans seigneurs de Bourgoingne , ausquelz elle re-
quist très instamment , pour et ou nom du duc Phe-
lippe son filz, qu'ilz assamblassent leurs gens dil-
ligamment pour donner secours aux assegiés dedens
la ville de Crèvent. Lesquelz seigneurs, au plus
tost qu'ilz peurent, assamblerent de toutes pays
où ilz en peurent finer, tant parmy la contée de
Bourgoingne que en la ducé : mesmement y furent
aulcuns Savoiens , telz que messire Aymé de Verrv ^
le seigneur de Salemonne % et pluiseurs autres gentilz
hommes en leurs compaignies, quy se vindrent tous
joindre et mettre avec le marissal de Bourgoingne
que pour lors on nommoit le seigneur de Tholongon,
dit le Borgne ; lesquelz tous ensamble , à grant puis-
sance, se misrent à chemin en tyrant vers Aussoirre,
pour ce qu'ilz furent advertis quant les Anglois y dé-
voient entrer. Mais les Bourguignons y vindrent les
premiers : puis, quant ilz sceurent les Anglois aprochier,
pour les honnourer allèrent au devant d'eulx le conte
1. Marguerite de Bavière, fille d'Albert de Bavière. Morte le 23 jan-
vier 1423. (Anselme, I, 239.)
2. Amé III de Viry fut nommé par Louis de Savoie, en 1453, prési-
dent des assises générales du duché, convoquées à Genève pour juger le
chancelier Bolomer. (Grillet, III, 440.)
3. Guigne, seigneur de Salenove, écuyer, conseiller et chambellan de
Jean, duc de Bourgogne. (La Barre, II, 107.) En 1422,*le seigneur de
Rochebaron avait dans sa compagnie un Savoisien, nommé le seigneur
de Salenove. (Histoire de Charles VII, 481 .)
I 16
242 CROINICQUES D'EÎNGLETERRE. [i423]
de JoignyS le borgne de ïholongon, marissal de
Bourgoingne, le seigneur de Vergy ^ messire Guil-
laume ^ et messire Jehan de Vienne \ le seigneur de
Coches', Athy de Bauffremont ', messire Régnier Pot \
les seigneurs de Bv)chefort^ de Tinteville \ de Villers *"
et pluiseurs autres notables seigneurs ; lesquelz, à ren-
contrer, firent de grans révérences et honneurs les
ungz aux autres , à scavoir Bourguignons à Anglois et
1 . Guy de la Tremoille, comte de Joigny. Mort eu 1438. ( Anselme ,
IV, 180.)
2. Antoine de Vergy, comte de Dampmartiu, seigneur de Champlite,
institué maréchal de France le 22 janvier U21 , Mort le 29 octobre 1439.
(Anselme, VII, 31.)
3. Guillaume de Vienne. Mort en 1456. (Anselme, VII, 800.)
4. Jean de Vienne, seigneur de Bussy. Vivait encore en 1463 (An-
selme, VII, 801.)
5. .lean de Montagu II du nom, seigneur de Conches. Vivait encore
le 13 juillet 1435. (Anselme, I, 561.)
6. W^avrin se trompe; c'est Pierre de Beaufremont. [T'ie de Guil-
laume de Gamache, p. 26.) Pierre de Beaufremont, chambellan du
duc de Bourgogne , seigneur et comte de Charny , par lettres de
Charles VII en date du 29 janvier 1435; créé chevalier de la Toison
d'or à la formation de cet Ordre. (Anselme, I, 242.) Son nom figure
sur le tableau des chevaliers défunts au douzième chapitre tenu en 1473.
(Reiffenberg, 65.)
7. Régnier Pot , seigneur de la Roche, de Nolay, conseiller et cham-
bellan de Philippe, duc de Bourgogne, chevalier delà Toison d'or.
(La Barre, II, 210.) Mort en 1432. (Saint-Remy, VIII, 427.)
8. Guillaume de Rochefort, chevalier, était retenu, le 10 septembre
1428, par le comte de Salisbury, pour servir Henri VI, en France.
(Bibl. inip., mss., n" 9436^- "•, fol. 129 verso.) « Messire Guillaume de
Rochefort, chevalier de Nivernois, lequel tenoit le party des Anglois,
estoit pai-ent du seigneur de la Tremoille. j (Berry, 376.) Marié à Anne
de la Tremoille. Créé chancelier de France le 12 mai 1483. Mort le
12 août 1492. (Anselme, VI, 414.)
9. Jean de DinteviUe, seigneur des Chenets, ordonné bailli de Troye
le 26 septembre 1420, l'était encore en 1438. (Anselme, VIII, 719.)
10. Jean de Villiers , seigneur de Lisle-Adam, créé maréchal de
France le 2 mai 1432. Mort le 22 mai 1437. (Anselme, VII, 10.)
1423] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xvi. 243
Anglois à Bourguignons; puis, aprez les apartiens ainsi
faiz, chevaulclierent les seigneurs, clevisans ensamble,
par belle ordonnance jusques à la viiie, et fut logié le
conte de Salsebery en l'hostel de l'evesque. Puis, tost
aprez qu'ilz furent un peu refectionnez de boire et de
mengier, s'assamblerent les seigneurs, tant Anglois
comme Bourguignons, à conseil, en l'église catbedral
de la ville, où ilz prindrent ensamble leurs conclu-
sions, telles qu'elles seront cy aprez déclarées au lieu
servant. Et quant le conseil fut fine, ilz se délibérèrent
de lendemain partir, comme ilz firent. Si se misrent en
moult belle ordonnance, et prindrent leur cliemin vers
Crèvent pour combatre les annemis quy de leurs adve-
nement estoient assez advertis, et aussi les povoient
bien clioisir venir de loingz. Alors, par le commande-
ment des capiltaines Anglois et Bourguignons, venus
environ à ung quart de lieue prez de leurs annemis,
descendirent tous à pie. Si faisoit ce jour moult cbault,
parquoy ilz furent grandement Iraveilliés d'aller à pie,
tant pour la pesanteur de leurs armeures , comme
pour l'apperte cbaileur du soleil ; telement que plui-
seurs furent constrains, par destresse de challeur, eulz
couchier le visaige contre terre pour eulz un peu ras-
frescbir. Et, en ce propre jour, furent fais cbevalliers
de la partye des Bourguignons, Guillaume de Vienne ,
filz du seigneur de Saint George *, Jeban, seigneur
1. Guillaume de Vienne, seigneur de Saint-Georges, mort sur la fin
de l'année 14:34, ayant fait son testament le 14 mars précédent (Anselme,
VIÎI, 800). Cette dernière date est juste; mais le P. Anselme se trompe
quant à celle de la mort : le seigneur de Saint- Georges mourut en 1444,
et son testament lut publié l'an 1443. Voy. Faict du procez et instance de
proposition d'erreur pendant au grand conseil du roy entre messire Marc de
244 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1423]
d'AnnayS Phelippe, seigneur de Teriiant ', Copin de
la V'iesville^, et aulciins autres dont je ne scay les
noms.
968. De rordonnance que firent les Anglois et Bourgui-
gnons pour combatre leurs annemis. XVII.
Premièrement , il est à scavoir que les Anglois et
Bourguignons se partirent de la cité d'Ausoirre par
ung vendredy, ainsi comme à x heures du matin, pour
tyrer vers Crèvent. Si ordonnèrent deux marissaulx de
l'ost, cliascun pour avoir regard sur sa portion de gens,
à scavoir : de la partie des Bourguignons, le seigneur
de V'ergy, et, pour les Anglois , messire Guillebert de
Hallesal \ Puis fut cryé et publié parmy l'ost que les
Anglois et Bourguignons feussent bons amis ensamble,
par bonne amour et union, sans esmouvon^ tenchon "
ne rumeur l'un contre l'autre, sur paine d'estre pugnis
Fienne, chevalier, sieur de Clervant et Vauvillars, demandeur en proposition
d'erreur,... contre messire Anthoine de Daufremont, sieur de Lislenois, et
consors. (Bibl. imp. , Mss. , Coll. Dupiiy, n" 660 , fol. 264-273).
Cette pièce est imprimée, ainsi que le testament de G. de Vienne , qu'on
tiouve aux fol. 282-288 du même volume.
1. Jean d'Auuay, chevalier, maître d'hôtel du duc et de la duchesse
de Bourgogne en 1407 (La Barre, II, 134), était dans la ville de Meaux ,
en 1422, lors du siège de cette ville. (Chastellain, 103.)
2. Philippe, seigneur de Ternant, conseiller du roi et garde de la
prévôté de Paris eu 1436. [Journal d'un bourgeois de Paris .^ 170.)
Au chapitre de la Toison d'or, tenu le 22 mai 14^6, il était sur la liste
des chevaliers trespassés. (Bibl. imp,, Mss., Fonds Sorbonnc, n° 438.)
3. Gauvain de la Viesville , conseiller, chambellan de Philippe le
Bon. (La Barre, II, 181.)
4. Guillebert de Halsalf, chevalier, banneret, capitaine d'Evreux en
octobre 1424. (Bibl. imp., Mss., n° 9436«, fol. 121.) Tué au siège d'Or-
léans.
5. Dispute, querelle (Roquefort.)
[4423] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xvii. 245
à lavoiilenté des capittaines. Âprez, fut ordonné qu'ilz
chevaulcheroient tous ensamble en ung seul ost , et y
avoient vi^'' hommes d'armes : c'est à scavoir lx Ân-
glois et LX Bourguignons, autant d'archiers qu'il apar-
tenoit pour descouvrir devant. Ancores fut ordonné
que, quant on venroit auprez du lieu où l'en devroit
combatre , que incontinent qu'il seroit dit et publié
chascun descendre à pié , que ceulz qui en feroient
refus feussent mis à mort. Et, avec ce , fut ordonné
que les chevaulz feussent prestement menez arrière
ime demye lieue, et ceulz quy seroient trouvez
plus prez seroient prins comme confiquiés. Ancores
fut ordonné que cliascun archier feist ung peuclion
aiguisié à deux boutz, pour fichier devant luy quant
besoing seroit. Oultre plus fut ordonné que nul ,
de quelque estât qu'il feust , ne s'enhardist de pren-
dre prisonnier au jour de la bataille , tant que on
verroit tout plainement que le champ seroit guai-
gnié ; et, se on en treuve aulcim , il soit prestement
occis avec cellui qui l'aura prins, s'il en parle ou
fait aulcun refus. Ancores fut ordonné, de rechief,
que chascun feust pourveu de vyande pour deux
jours, et aussi que ceulx de la ville d'Ausoirre en-
voiassent vivres aprez i'ost , autant que finer en
porroient , et qu'ilz en seroient bien paiez. Oultre ,
ancores fut ordonné que nulz ne chevaulchast, devant
ou derrière, sans ordonnance des capittaines , sur
paine capital , ains se tiengne chascun en l'ordre où
il seroit mis. Les poins et ordonnances dessus décla-
rées par la délibération des capittaines Anglois et
Bourguignons furent, ce mesmes jour, proclamées et
publiées en la ville d'Ausoirre, à son de trompe, par
246 CRONICQUES DENGLETERRE. [1423]
les quarfours, avant leur partenieiit ; et lendemaiiî,
aprez qii'ilz eurent oy messe, cliascun à sa devocion,
et beu ung cop, se misr iit auz cbampz en grant fra-
ternité : et s'en allèrent logier tons ensamble en la ville
de Yaucelles^, à une lieue prez de leurs annemis. Et
lendemain, qu'il fut samedy, environ à x lieures du
matin , se deslogerent et allèrent en belle ordonnance
devant leurs annemis ; lesquelz sans faulte ilz trouvè-
rent tous apareilliés comme pour les recepvoir en
belle et grande compaignie, et avoient prins place sur
une montaignette devant ladite ville de Crèvent, où
ilz s'estoient ja tenus, jour et nuit, atendant leurs
annemis ; et toutesfois avoient laissié leur siège garny
de gens.
Les Anglois et Bourguignons, voians l'appareil de
leurs annemis, s'en allèrent passer par l'autre lez de
la rivière d'Yonne, vers CouUanges lez Vineuses^ : et
adonc descendirent les Franc(îis de leur monlaigne
contre leurs annemis, en mon>lrant grant samblant de
bardiesse; sise misrent en battaillel'un contre l'autre,
où ilz furent bien trois beures sans autre cbose faire ,
et estoit la rivière entre les deux ostz. Quant ilz se
furent ainsi tenus , comme vous avez oy, Anglois et
Bourguignons, qui moult beoient les François, voians
qu'ilz ne faisoienl quelque samblant de les envabir,
soubdainement s'advancberent par aigreur de félon
couraige et commencèrent arcbiers de tyrer moult
onniement, et gens d'armes à entrer en l'eaue vive-
ment, pour courir sus à leurs annemis, dont les ungz
1 . Vîncelles.
2. Coulauges-la- Vineuse.
[14i23] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xvii. 247
en avoient jusques auz genoulz et les autres jusques
deseure la chainture. Lors le conte de Salsebery, ad-
monestant ses gens de bien faire en escriant : u Saint
George ! » sa bannière devant luy, passa l'eaue et vint
aborder à ses annemis. Et, d'autre part, sur costiere,
vers le pont, le seigneur de Wilbic fist tant, que, atout
sa bannière, il gaigna le pont; lequel il passa à force
d'armes, tresperchant Escotz et François par poulsis
de lances , de lialclies et d'espees. Si ne sceurent tant
faire les deffendeurs de l'eaue que Anglois et Bourgui-
gnons, leurs annemis, ne les déboutassent dudit lieu ;
mais, avant ce achevé, y eut maintes belles appartises
darmes faites tant d'un costé comme de l'autre.
Adonc, ceulz de la ville de Crèvent, c'est à scavoir le
seigneur de Chaslelus et les autres de la garnyson ,
dont il estoit le chief, voyans leur secours si faitement
besongnier, moult joyeulx et de grantcorage saillirent
dehors; si s'en vindrent par derrière ferir contre leurs
annemis, ja feussent ilz tant foibles et amatis de fa-
mine , que à grant paine se povoient ilz soustenir sur
pies. Toutesfois, le grant désir et joye qu'ilz avoient
d'eulz veoir ainsi estre secourus , desirans estre déli-
vrez du présent dangier, leur rendy coraige ; parquoy
se esvertuerent en eulz force et hardement, en tele
manière que, de plaine venue, en escriant leurs cris,
occirent et decoperent leurs annemis tant impétueuse-
ment , que hoiTeur estoit à regarder. Dequoy les dis
annemis, se voians ainsi estre felonneusement assaillis
de toutes pars, s'en effraierent grandement; car , à
toute dilligence, Anglois et Bourguignons s'efforcoient
de vaincre chascun son quartier. Adonc de toutes pars
encouimencereut à combatre l'un contre l'autre ; mais.
248 CROiMCQIJ.ES D'ENGLETERRE. [1423]
en conclusion, par la vigueur, force et vaillance des
Ant^lois et Bourguignons, ainsi fraternelement con-
joincte ensamble , ilz obtindrent la victore. Si furent
les François et Escochois , à ceste heure , tournez en
fuite, où il y eut pluiseurs mors et navrez, qui estoit
pitoiable chose à veoir. En ceste battaille furent occis
la plus part des Escochois, car ilz estoient au front
devant, à scavoir environ nu", et le connestable d'Es-
coche prins par ung gentil -homme du seigneur de
Chastelus ; et y eut ledit connestable ung oeil crevé :
les autres Escochois se saulverent au mieulz qu'ilz
peurent. Pareillement, de la compaignie des François,
y furent prins prisonniers le conte de Yentadour, le
seigneur de Gamaches \ quy aussi y perdy un oeil ,
Estienne de Famieres % et pluiseurs autres nobles
hommes , jusques au nombre de trois à quatre cens :
et des mors sur la place , messire Thomas Siccon ',
AndrieuHambon, messire G uillammeHambon^ Jehan
Pillet, capittaine Escochois. Ung bastard du roy,
avec pluiseurs autres, furent aussi trouvez mors sur
1. Guillaume, seigneur de Gamaches, nommé grand-maîlre et souve-
rain reformateur des eaux et forêts du royaume de France en 1 424 ,
exerçait encore cette charge en 1418 (Anselme, VIII, 690). Tuéau siège
de Pontoise en 1441. ( Fie de Guillaume de Ganiache ^ p. 94.)
2. Estienne et Jean de Farsmeres, chevaliers escossois. (Monstrelet, V,
chap. X.)
3. « Thomas de Seton, escuier du pays d'Escosse, reçoit, le 10 octo-
bre 1419, de Jean Ragtiier, receveur des finances, la somme de 1146 liv.
pour lui, ses estendars et trompettes, et la paye de 22 escuiers et de 92 ar-
cliiers. » (Bibl. imp., Mss., Fonds Gaignières, n° 781, fol. 123.)
4. William Hamilton et son fils (Holinshed, II, 586). Cependant on
voit figurer sur la liste des capitaines et chevaliers servant Charles VII
au siège d'Orléans, un Guillaume Hamilton. [Le fait de l'advitaillement et
secours sur les Anglois de la ville d'Orléans. Bib. Imp., Mss., Suppl. franc.,
n» 2342, fol. 79 verso.)
[1423] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xvu. 240
l'une des hesles, jusques au nombre de douze cens ou
environ.
Apres ceste victore , les Anglois et Bourguignons ,
bien garnis de prisonniers et de grans proyes , se ras-
samblerent : et là , les capittaines , en grant union ra-
lyant leurs gens, entrèrent en la ville de Crèvent,
regraciant le Créateur de leur belle victore, où ilz fu-
rent très joieusement reclieus des manans; et leurs
gens se logèrent là entour, es logis des François.
Toutesfois, ung capittaine Bourguignon , nommé Per-
renet *, et aulcuns autres adventuriers , poursieuvyrent
assez longuement leurs annemis , si en prindrent et
occirent à largesse. Le lundy ensieuvant, aprez qu'ilz
eurent regarny de nouvelles gens la ville de Crèvent,
ilz prindrent congië l'un de l'autre, et s'en allèrent les
Bourguignons en leurs propres lieux , et les contes de
Salsebery, de Suffort et de Wilbicq retournèrent au
siège devant Montaguillon , dont ilz s'estoient partis ,
1 . Perrenet Grasset , éculer, panetier de Philippe le Bon , capitaine
général des pays de Nivernais, Donzois et de la Charité- sur-Loire (La
Barre, II, 228). Voici ce que Wavrin ajoute (chap. 964), concernant ce
personnage, au récit qu'il copie dans Monstrelet (V, chap. xm). a Fut sur
les gens du roy Charles prinse la ville de la Charité sur Loire , par ung
capittaine adventurier appelé Perrenot Grasset, tenant la partie de Bour-
goigne, lequel, tant comme il vesqui , mena forte guerre au roy Charles
plus que nul autre de son estât ; [car il estoit sage , prudent et de grant
emprinse , hien se sachant conduire en tous estas. Et moj mesmes, acteur
de ceste présente euvre , futz avec lui en pluiseurs courses et entreprinses,
dont à son honneur il vint à chief. Ne oncques en son tempz ne fut
reprins d'avoir faulsé son sauf conduit , ne son scelle ; ains tenoit reale-
ment ce qu'il promettoit. Si que , pour les nobles vertus quy en lui
estoient , suis je constraint d'en autant dire]. » Il prit Montargis sur les
PVançais en 1433 {^Hist. de Charles VU, 336). Il figure dans une montre
pa sée à Dieppe, le 29 mars 1473 (Bib. inip., Mss., Fonds Gaignières ,
n»782*, fol. 251).
250 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1423]
OÙ ilz avoient laissié partye de leurs gens pour ledit
siège garder. Et est vérité que le jour de ceste bat-
taille*, le conte de Salsebery fist, de sa main, quatre
vings nouveaulz chevalliers ou plus. Tantost aprez
l'exploit de ceste battaille de Crevant, le conte de
Suffort alla assegier le cbasteau de Coussy, qai se
rendv à lui aprez certains jours ensieuvant , et d'illec
s'en alla ou pays de Masconnois, où il mist en l'obéis-
sance du roy Henry de France et d'Engleterre plui-
seurs forteresses que y tenoient les François pour le
roy : en laquelle chevaulcbié moy, acteur de ceste
euvre, fuch tout au long. Et si envoia ledit conte asse-
gier, par ung sien capittaine, nommé Classedas^, le
fort cbastel de La Roche ; lequel se rendy par traitié
tel que se , endedens ung jour qu'ilz prindrent , n'es-
toient secourus , ilz laisseroient les Ânglois dedens la
place. Et par ainsi eurent trêves les assegiés des asse-
gans , jusques au jour prins que ceulx du cbastel
esperoient avoir secours.
En ce temps, le duc Phelippe de Bourgoigne, quy
estoit [à] Dijon, fut adverty par ledit Glasscdas de
l'apointement et traitié qu'il avoit avec ceulz du
cbastel de La Rocbe ; à scavoir : que celluy qui se
treuveroit plus fort, à ung certain jour ndmmé, de-
vant la place en seroit et demourroit seigneur et
1 . Elle se donna à l'entrée du mois de juillet. (Monstrelet, V, chap, x.)
2. « Glacidaz demeura cappitaine des tours et de la bastille des ponz
après la mort du conte de Salsebery » . La Pucelle ayant donné l'assaut à
cette bastille (7 mai 1429) a ledit Glacidas et autres des gens de la place,
quant ils veirent que eulx estoient prins, pour eulx saulver. Guidèrent
recouvrer une des tours ; mais pour la presse qui fut très giande sur le
pont , le pont rompit et fut ledit Glacidas et plusieurs autres noyez. »
(Quicherat, IV, p. 8, 9 et 162 )
[1423] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, x\ii. 254
maistre, et lui seroit délivrée la forteresse. Alors le
duc de Bourgoigne , qui pour ce temps estoit tenu
le plus cheyallereux prince du monde, oyant les
nouvelles , et aussi c[u'il fut infourmé , par ledit capit-
taine Glassedas, comment renommée couroit que le
duc de Bourbon * seroit au dit jour devant le chastel ,
à puissance , pour le deffendre et combattre Glassedas
et ses aidans, si que, pour ce que c'estoit la cbose que
plus desiroit le duc Pbelippe soy trouver en armes,
assembla puissance de gens d'armes et de trait , et ,
pour donner ayde à Glassedas, en faveur de l'alyance
qu'il avoit aux Ânglois , vint à Mascon , où il prépara
ses besongnes : puis, quant il fut heure, s'en party ung
matin , aprez boire , et s'en vint logier, atout son
armée , en la plaine au desoubz dudit chastel de La
Roche , où il se tint en belle ordonnance, atendant
que le duc de Bourbon y venist pour lever le siège.
Lequel, quant il oy dire que le duc de Bourgoingne y
estoit en personne , luy ne homme de sa compaignie
ne s'y admonstra : et y atendy, ledit duc, tout le jour
en battaille , tant que l'heure fut passée , et que ceulz
de la place s'en partirent, ung blancq baston en la
main, rendus audit Glassedas pour et au nom du roy
Henry de France et d'Engleterre.
Celle forteresse de La Roche ainsi rendue , le bon
duc Pbelippe s'en retourna en son pays de Bour-
goingne , où il séjourna jusques au mois de febvrier
ensievant , et là fist les espousailles de sa seur ^ au
1. Charles I" du nom, duc de Bourbon. Mort le 4 décembre 14o6
(Anselme, I, 305).
2. Marguerite de Bourgogne. Morte le 2 février 1441 (Anselme,
I, 239).
252 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1423]
comte de Richemont', quy longtempz paravant l'avoit
fyancee , comme dit a esté cy dessus ^
969. Gomment les François assegerent Boham et comment
ijz s'en partirent soubdainement. XVIII.
Cf. Monst., t. V, ch.xi.
Les Anglais qui étaient sur les marches du Laonnois , ayant été
avertis, dit Wavrin , que les gens du conte de Toulouse [qui tenait
le parti du roi Charles) s'assemblaient contre eux, prirent l'initia-
tive et les repoussèrent jusque dans une forteresse , que Wavrin
nomme , la forteresse de la Follye.
970. Comment le marissal de Bourgoigne fut trahis et
prins par le capittaine de la Bussiere. XIX.
Cf. Monst., t. V, ch. XI.
A la prise, par Jean de Luxembourg, de la forteresse de Proisy,
Wavrin ajoute celle de Nouvion^ en la conté de Guise, en Terrasse,
ce dont ne parle point Monstrelet.
97 1 . Comment messire Jacques de Harcourt et messire
Raoul Boutillier tindrent parlement. XX.
Cf. Monst., t. V, ch. xit,
972. Comment messire Jacques de Harcourt se party du
Crotoy pour aller devers le roy Charles. XXI.
Cf. Monst., t. V, ch. xn.
973. Comment les Hennuyers furent eu grant effroy pour
leur dame qui avoit espousé le duc de Brabant, et si
estoit allée en Angleterre espouser le duc de Clocestre,
1. Artus de Bretagne, comte de Riclieniont, marie le 10 octobre 1423
à Marguerite de Bourgogne , veuve du duc de Guyenne , dauphin de
Viennois. Créé connétable de France le 7 mars 1425. Succéda à sou
neveu Pierre II au duché de Bretagne en 1457. Mort le 26 décembre
1458 (Anselme, I, 459;.
2. Wavrin, qui donne ce court récit d'après Monstrelet (V, chap. xi),
a parlé de ce mariage dans son chapitre 951, qui est aussi entièrement
pris dans Monstrelet.
[1424] CINQUIEME PARTIE, LIVRE III, xviii-xxviii. 2r>3
pour laquele adventure ilz doubtoient avoir guerre.
XXII.
Cf. Monst., t. V, ch. xra.
974. Comment le duc de Bethfort, regeut, fist assegier
Yvry la Chaussié quy se rendy par traitié, et de la
prinse de Hem. XXIII.
Cf. Monst., t. V, ch. xm.
975. Comment le duc de Bethfort, régent, alla àMondidier
et ordonna d'assegler la ville de Compiegne. XXIV.
Cf. Monst., t. V, ch. xin-xiv.
976. Comment le duc de Bethfort alla à Abbeville, atout
grant puissance de gens d'armes, pour la rendition du
Crotoy. XXV.
Cf. Monst., t. V, ch. xiv-xth.
977. Comment messùe Jehan de Luxembourg, adcompai-
gnié de Picars et Anglois, alla assegier la ville et chastel
de Guise. XXVI.
Cf. Monst., t. V, ch. xvii.
Au nombre des seigneurs qui accompagnèrent Jean de Luxem-
bourg au siège de Guise , JMonstrelet a omis de mentionner le
hastard d'Estamfort.
978. Comment le conte de Salsebery assega et conequist la
ville de Sedune en Champaigne. XXVII.
Cf. Monst., t. V, ch. xvn.
979. Comment le duc de Bethfort assambla gTant puissance
pour estre à la journée de la rendition du chastel
d'Yvry*. XXVIII.
i. Au chapitre précédent, copié d'après Monstrelel (V, chap. xvn),
il a été dit que le duc de Betfort assiégea la ville et le chastel d'Yvry,
que la ville s'étant rendue, le chastel tint encore et que le capitaine pro-
mit de la rendre aux Anglais la nuit de l'Assomption Notre-Dame , en
cas qu'ils ne fut pas secouru par le roi Charles.
254 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1424]
Or advint \ assez tost aprez que les Anglois furent
partis de devant Yvry et qu'ilz eurent traitié à ceulz
de la place , et prins liostages de la rendre au duc de
Betlifort, pour laquelle sceureté baillèrent quatre gen-
tiiz hommes les plus renommez de la garnison, [que] le
duc de Betlifort, régent de France, qui estoit prince de
moult grant virtu , sentant le jour approchier de ladite
rendition , manda tous ses capittaines en la bonne
ville de Rouen , ouquel lieu il estoit pour lors. Pre-
mièrement , et qui n'estoit mie à oublier, y vint le
preu conte de Salsebery, le conte de Suffort , les sei-
gneurs de Wilbic et des Scalles ', et plusieurs autres
barons et chevaliers Anglois , avec aussi aulcuns che-
valiers et escuiers de Norlhmandie, tant qu'ilz povoient
estre en nombre bien xviii" hommes d'armes et vni™
archiers : lesquelz avec le régent se partirent de la
ville de Rouen et de là entour, et tant cheutinerent
qu'ilz vindrent à Evreux, ouquel lieu arriva le seigneur
de Lilladam venant de son siège de Nelle , qu'il tenoit
en ce tempz, lequel il laissa bien garny ; et pareille-
ment Jehan de Noefchastel , seigneur de Montagu ^,
Bourguignon, messire Thiljaut de Montagu*, son filz
bastard, et autres nobles hommes, y vindrent à belle
compaignie , de laquele venue fut le duc de Bethfort
moult joyeux, et ce fut raison ; car tous estoient che-
valliers de grant recommandation. Là, séjourna le
1 . On retrouve parfois dans ce chapitre et le suivant, quelques frag-
ments du récit de Monstrelet (V, chap. xix).
2. Thomas Scales, mort le 25 juillet 1460 (Dugdale, I, 618).
3. Jean de Neufchâtel , seigneur de Montagu, gmnd bouteiller de
France. Mort vers 1433 (Anselme, VIII, 576).
4. Thibault, bâtard de Neufchâtel, chambellan du duc de Bour-
gogne, légitimé en 1424. Mort en 1454 (Anselme, VIII, 354j.
[1424] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xxviii. 255
duc tout le jour Nostre Dame , en l'honneur de la glo-
rieuse Vierge , et lendemain , aprez qu'il eut beu ung
cop, se departy de la ville d'Evreux, et tant s'esploita
de cheyauchier qu'il eut passé les bois quy sont au-
prez d' Yvry ; puis , quant il se trouva auz champs et
qu'il deubt aprochier la place, il fîst tous ses gens
mettre en très belle ordonnance de battaille ; et ainsi
chevaulcha, tant qu'il vint en une belle plaine au
dessus des vingnes. Tout ce voyage, le duc de Beth-
fort, chevaidchant devant ses batlailles, avoit vestu
une robe de drap de veloux asur, et par dessus avoit
une grande croix blance par deseure laquele avoit une
croix vermeille : etmoj, acteur de ceste eiwre, quy
lors estoie au dit voyage en la compaignie du conte
de Salisbery, demanday à aulcuns Anglois à quele
cause ledit duc de Bethfort portait la croix blance ; et
il me fut respondu que c'estoit à cause des deux
royaulmes , et que au duc de Bethfort , régent , apar-
tenoit les porter et à nul autre, pour ce qu'il estoit
celluy qui representoit la personne du roy de France
et d'Engleterre ; et ces deux croix estoient la signi-
fiance desdis deux royaulmes. Ainsy doncques^, le duc
de Bethfort, en ceste nuit, se loga devant Yvry, espé-
rant qu'il seroit combatu lendemain ; si fist faire
parmy l'ost bon guet et ascoutes pour doubte des
surprinses, comme il apartenoit et qu'il est acoustumé
de faire en pareil cas par tous bons chiefz de guerre.
Ceste nuit se passa , et lendemain vint , quy estoit le
jour que la dite place d'Yvry se debvoit rendre en
l'obéissance du roy de France et d'Engleterre. Puis,
environ deux heures aprez midy, le duc de Bethfort
marcha, en battaille bien ordonnée, jusques devant le
256 CROMCQUES D'ENGLETERRE. [1424]
dit chastel , en atendant la rendition de la forteresse.
Or advint que, droit à l'heure quy estoit prinse de la
place rendre , issy dehors le capittaine , nommé Gé-
rard de Paillieres ', [qui], voiant le terme passé qu'il
avoit promis ycelle livrer auz Anglois en faulte de se-
cours, adfin de recouvrer les hostages qu'il avoit bail-
liés, vint devers le duc de Bethfort, lequel il trouva
en belle ordonnance , atendant Tadventure de bat-
taille et fortune tele qu'il plairoit à Dieu de lui en-
voler-, et là, luy présenta les clefz de ladite forteresse
d'Yvry, lui requérant saulfconduit pour en aller soy et
ses gens, selon le contenu du traitié; lequel lui fi.it
acordé, comme raison estoit. Et lors le capittaine tyra,
en la présence du régent, unes lettres hors de sa gip-
siere , laquele il lui monstra, en disant : « Or voy je
bien que, aujourd'huy, me ont failly de convenant
xvni grans seigneurs du party au roy Charles de
France , quy m'avoient promis donner secours » ; aus-
queles lettres estoient xvin seaulz pendans. Alors le
duc de Bethfort fist au dit capittaine rendre ses hos-
tages, lequel les emmena avec lui et s'en retourna
vers ses gens pour les faire vuidier ledit chastel d'Yvry ;
et le duc envoya ses commis en prendre la possession,
tousjours soy tenant en celle ordonnance : si allèrent
pluiseurs Anglois veoir le partement de la dite garni-
son francoise. Si advint, droit àceste heure, ung moult
grant effroy en l'ost des Anglois : si commencèrent de
sonner trompettes et clarons en grant nombre , pour-
quoy ceulz quy, comme dit est , estoient allez veoir
partir la garnison d'Yvry, en très giant haste s'en
i/. Girault de la Palière était gascon 'Ilist. de Charles Vil, 8 ).
[1424] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xxviii. '^S7
retournèrent en la battaille du duc , quy desja estoit
en tant bel arroy que à veoir estoit plaisance. 11 fist
desployer la baniere de France, d'azur à trois fleurs de
lis d'or, laquele il fist pour ce jour baillier à porter au
seigneur de Lilladam ; puis , fist desploier la baniere
de Saint George, à champ d'argent, à une grande croix
de geulle; puis fist il desployer la baniere Saint
Edouard , d'azur à une croix ancrée d'or, à chincq
mailles de meismes; puis, fist desploier la baniere
esquartelee de France et d'Engleterre , en signifiance
des deux royaulmes conjoincls. Et aprez, fut desploiee
la baniere du duc de Bethfort, régent; toutes lesqueles
banieres furent bailliés à porter à chevalliers de grant
renommée.
Or doncques , pour vous advertir de la cause pour-
quoy cest effroy et alarme s'esleva en l'ost des Angiois,
la raison y estoit moult grande ; car les François , ce
jour, se trouvèrent en très grant nombre aians espé-
rance et vouUoir de combatre le régent et sa puissance,
comme ilz eussent bien peu faire; car ilz furent, ce
jour, ensamble, sur le point de xvni à xx"^ hommes de
bonne estoffe, soubz la conduite du ducd'Alenchon',
des contes d'Aumarle', de Ventadour, de Tonnoirre^,
1. Jean II, duc d'Alençon, Condamné à mort le 18 juillet 1474-,
mourut deux ans après étant sorti de la prison du Louyre (Anselme ,
I, 273). C'est ce que dit aussi la Chronique des comtes et ducs d^Alencon
(fol. 136 recto). La sentence de mort ne fut point exécutée, « maiz fut
ledit duc délaissé en la dite prison du Louvre , où, après aulcun temps,
il rendit finablement son esprit à Dieu , et fut inhumé au convent des
Jacobins à Paris, en l'église dudit lieu. »
2. Jean de Harcourt , comte d'Aumale (Anselme, V, 124). Tué à la
bataille de Verneuil, le 17 août 1424.
3. Louis de Châlon , comte de Tonnerre , tue à ladite bataille de
Verneuil.
» . 17
258 CRONICOUES D'EINGLETERRE. [1424]
de Douglas', de Boucquant^ et autres seigneurs Esco-
cliois ; du yisconte de Nerbonne', du seigneur de la
Fayette ^ et pluiseurs seigneurs de grant renommée de
la partye du roy Charles , lesquelz venoient cbevaul-
chant vers Yvry, en belle ordonnance, et s'arresterent
environ à trois lieues prez , puis envoyèrent environ
quarante coureurs des plus expers et mieulz montez
pour explorer la contenance de leurs annemis. Les-
quelz coureurs, voyans le dit duc de Betbfort estre en
moult belle ordonnance, retournèrent à leurs gens faire
leur raport. Le duc de Betbfort avoit ordonné aulcun
nombre de gens, bien montez et armez, pour cbevaul-
cbier autour de son ost, adfm de non estre sourprins;
lesquelz, quant ilz parcbeurent les coureurs des Fran-
çois, vigoureusement les chassèrent et poursievyrent
si raddement qu'ilz en prindrent quatre , et les ame-
nèrent devers monseigneur le régent ; si furent exa-
minez , et ledit régent par eulz adverty de la puissance
des François ses annemis. Et, d'autre part, ces coureurs
francois quy, pour la chasse des Anglois, se hasterent
tant plus, reportèrent à ceulz quy les avoient envolez
ce que veu et trouvé avoient. Alors les Francois, non
voyans leur avantage de , à ceste fois , combatre les
Anglois sans adventure de grant perte , considéré le
duc de Betbfort estre en tel triumphe et puissance, les
atendans de pié coy, tout pourveu de son fait et desja
i . Archambault, comte de Douglas. Voy. ci-dessus, page 1 76, note 3.
2. Bucham, fils de Robert, duc d'Albanie , régent d'Ecosse, conné-
table de France, tué à la susdite bataille (Rapin Tlioyras, IV, 181).
3. Guillaume, vicomte deNarbonne, « lequel, après ce qu'il fut trouvé
mort en la bataille, fut ecartelé » (Monstrelet, V, cliap. xx).
4. Gilbert Motier, seigneur de La Fayette, créé maréchal de France
en 1421. Mort le 23 février U62, v. s. (Anselme, VII, 56).
[1424] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xxviii. 259
saisy de la ville et chastel d'Yvry ; pourquoy, tout veu
et entendu, se misrent à chemin et par grant exploit
commencèrent de clievaulchier, sans eulz arrester, tant
qu'ilz vindrent devant la ville de Verneul , où ilz fai-
gnirent qu'ilz avoient descomfy les Anglois*, et c[ue le
duc de Bethfort, à petite compaignie, s'estoit mis à
saulveté.
Quant ceulz de la ville de Verneul , qui tenoient
la partye du roy Henry, oyrent ces nouvelles, comme
peu sages, en grant crainte leur firent ouverture et
obéissance, pour et ou nom du roy Charles. Aprez
laquele rendition , comme le traitié le contenoit , bail-
lèrent saulfconduit à aulcuns Anglois quy layans
estoient en garnison ; lesquelz ilz envolèrent, atout
leurs bagues, devers le duc de Bethfort. Aprez ces
choses ainsi faites, y eut quatre gentilz hommes des
1. « Quant ils furent près de Verneil, dit l'auteur du Journal d'un
Bourgeois de Paris (98), si firent une grant trayson; car ils prindrent
grant foison de leurs soudoyers escossois , qui bien scavoient parler le
langage de l'Angleterre , et leur lièrent les mains et les mirent aux
queues des chevaulx, et les touillèrent de sang en manière de playes en
mains, en bras et en visalge ; et ainsi les menèrent devant Verneil, criant
et bralant à hault cris, en langalge d'Angloys : a Mal veismes ceste dou-
ce loureuse journée ; et quant nous cessera cette douleur ! » Quant les
Anglois , qui dedens la -ville estoient, virent la douleur contrefaitte , si
furent moult esbaliis, et fermèrent leurs portes, et ce mirent en hault ,
pour deffendre leur ville ; et quant les Arminaz virent cecy, leurs mon-
trèrent le sire de Torcy, l'ung des bons et vrays chevaliers, qui s'estoit
rendu à eulx , qui estolt lié comme les autres , par trayson, qui leur dit
que toutte la chevalerie d'Angleterre estoit morte en celluy jour devan t
Yvrv, et pour néant se tandroient, que jamais n'auroient secours; et ce,
tesmoignerent les autres qui bien parloient angloys, et jurèrent par leur
serment que ainsi estoit. Si ne sceurent comment conseiller ; car ils
tenoient le sire de Torcy, l'ung des bons et vrays chevaliers qui fust
avecques le Régent.... Si s'accordèrent que ils se rendroient, leurs vies
saulves. »
^260 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1424]
gens du dit Gérard , capitaine d'Ivry, quy firent ser-
ment au duc de Betbfort de toute leur yye loyaument
servir le roy Henry de France et d'Engleterre. Puis ,
aprez ces choses passées, que le dit duc de Betlifort eut
fait examiner les quatre coureurs devant dis , prins
ainsi que oy avez, et que par eulz il fut adverty de la
puissance de ses annemis , il assambla son conseil à
scavoir qu'il estoit de faire ; où il fut conclu que le
dit régent se deslogeroit et yroit au giste à Evreux ,
pourveu qu'il estoit adcerlené ses annemis tyrer vers
Verneuil , et que le conte de Salsebery et ses gens
yroient logier à quatre lieues prez des annemis ; mais
le duc de Betlifort avoit envoie le conte de Sufforl,
atout XVI *^ combatans , devant pour descouvrir les
embusches, et expérimenter le convenant de leurs dis
annemis, et il s'en alla à Damville et à Baiseux ', à
Bretueil et ou Perche, ainsi comme à deux lieues de
Verneul , où estoient lesdis François logiés, connue dit
est, à toute leur puissance ; et lendemain au matin, le
dit conte de Suffort nuncha par certain message à
monseigneur le régent, qui, comme oy avez, avoit
ceste nuit geut à Evreux, comment les François avoient
par cautelle séduit Verneul, et si estoient logiés là en-
tour puissamment.
980. Comment le duc de Betlifort , régent de France ,
combaty et vainquy les François devant Verneul . XXIX .
Quant le duc de Betlifort fut adverty au vray, par
ledit conte de Suffort, que les François à grant puis-
sance estoient desant la ville de Verneul et là environ,
1 . Piseux,
[1424] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xxix. 261
il se délibéra avec ses gens et jura Saint George de
non jamais séjourner ou arrester jusques à ce qu'il
auroit combalu ses annemis, s'ilz ne le fuyoient villai-
nement, et fist prestement publier, à son de trompe,
que chascun se deslogast et disposast pour le sievir;
puis, ordonna au seigneur de Lilladam et au seigneur
de Montagu, que, eulz et leurs gens, s'en retournassent
à leur siège de Nelle, dont de par le roy Henry ijz
estoient les chiefz , et qu'il avoit pour obvier auz
emprinses des François , à ceste beure , gens assez ; si
se povoit bien déporter d'eulz. Au commandement
du régent obeyrent les seigneurs dessus nommez , à
scavoir Lilladam et Montagu : ce fut raison , combien
que mieidz amassent demourer d'emprez luy pour
l'acompaignier à la bataille, jà eussent j^z grant be-
soing et cause très legitisme de retourner à leur dit
siège de Nelle. Si prindrent congié du dit duc régent
et s'en allèrent à grant regret de la compaignie ; mais
le seigneur de Montagu y laissa messire Thybault de
INeuf Cliastel, son filz bastard, cbevallier moult re-
commandé , de la demeure duquel fut le régent assez
joyeulz. Et lors, aprez sa messe oye et qu'il eut beu
ung cop , fist sonner la trompette du deslogement ; si
monta à cheval luy et ceulz de sa compaignie, quy
estoit belle, grande et fort à craindre; car c'estoient
tous gens d'eslite. Si se party de ceste ville d'Evreux et
se mist auz cbampz , en prenant le droit chemin vers
Verneul, par ung merquedy, xvi" jour d'aoust*, et là,
en chevauchant , fist aux seigneurs et capittaines
1. La bataille se donna , selon Monstrelct (V, chap. xix) , un jeudi
17 août 1424.
262 CRONICQUES D'EINGLETERRE. [1424]
d'entoiir luy pluiseurs belles exhortacions et remon-
strances , en les admonnestant du bien faire , aians
souvenance que pour le service du rov, leur souve-
rain seigneur, avoient delaissié pays, terres, pères,
mères, femmes et enfans; et que à juste et leale
cause ilz se combatissent liardiement ; car France
estoit leur vray héritage , lequel leur occupoit et
empeschoit Charles de Vallois, à présent soy disant
roy de France. Si se passa ce jour en teles ou sam-
blables exhortacions ; si se logèrent , ce jour, de
bonne heure, adfin de mieulz avoir espace de
leurs besongnes aprester pour atendre l'adventure
de la battaile désirée. Si se disposèrent de leurs
consciences comme tous ce soir et le malin , selon
la coustume^de faire auz Anglois quant ilz atendent
terme d'entrer en battaille; car, de leur propre na-
ture, ilz sont très devotz, devant boire especiale-
ment.
Lendemain doncques, quant il fut heure, le duc de
Bethfort, régent, se mist auz champz en moult belle
ordonnance, et tant chevaulcha qu'il eut passé les
bois auprez de Verneul ; et quant il se trouva en la
plaine, il choisy la ville et toute la puissance des
François rengiés et mis en ordonnance de battaille ,
quv estoit moult belle chose à veoir; car, sans faulte,
mof^ acteur de ces te euvre^ n'avoie jamais veu plus
belle compaignie, ne où il eust autant de noblesse
comme il avoit là, ne mieulz ordonnée, ou monstrant
greigneur samblant ou voullenté de soy combattre.
Je vey l'assamblee d'Azincourt, ou beaucop avoit
plus de princes et de gens, et aussi celle de Crèvent,
quv fui une très belle besongne; mais, pour certain,
[1424] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xxix. 2G3
celle de Verneul fut dutout plus à redoubler et la
mieulz combatue. •
Or doncques , pour rentrer en nostre matière , le
duc de Betbfort et ses princes , voians leur annemis
quy là de pie coy les atendoient, tous ordonnez en
une battailie, ilz chevaulch&rent un pou avant; puis,
quant ilz furent assez près, au samblant des conduc-
teurs de la besongne , il fut commandé de par mon-
seigneur le régent, sur paine de mort, que chascun
meist pie à terre , et que tous archiei s feussent garnis
de peucbons aguisiés pour mettre devant eulz , selon
la mode Angloise, quant ce venroit à l'aborder et
combattre. Lequel commandement fut adcomply ainsy
que ordonné estoit. Puis fut publié, de par le roy de
France et d'Engleterre, que tous les cbevaulz feussent
acouplez et liez ensamble , et les pages et variez
dessus; et le charroy un peu sur costiere, nonobstant
qu'il n'en y eust gueres , fors ceulz quy estoient
c-liargiés de vivres et aulcun peu d'artillerie. Si furent
ordonnez , pour garder les bagues et cbevaulz , deux
mille arcbiers, adfin que par derrière leur battailie
ne feust envaliye ne mise en aucun desroy : puis,
aprez ces ordonnances ainsi faites , les Anglois , en
gectant ung liault cry , commencèrent de marcbier
et aller avant en bonne ordonnance , les arcbiers sur
les deux besles. Et, d'autre part, les François advertis
dès le soir devant que lendemain ilz seroient com-
batus, quant le jour fut venu et qu'ilz sceurent à la
vérité que les Anglois les aprocboient, îesquelz de
loingz , pour la pouklriere des gens et cbevaulz, ils
apercbeurent , et aussi par leurs espies et cbevaul-
clieurs qu'ilz avoient sur les cbampz en furent ad-
264 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1424]
certenez , tantost et sans delay se misrent en ordon-
nance de combatre, sans faire avant garde ne arrière
garde ; mais tous ensamble se misrent en une grosse
bataille , fors que ilz ordonnèrent certain nombre de
gens à cheval , dont la plus part estoient Lombars , et
les autres Gascons; desquelz estoient les guides et
conducteurs le borgne Caquetant messire Tyande de
Villeperche^ et aulcuns autres capittaines gascons,
comme la Hyre', Potlion^ et autres; et ce, pour
ferir par derrière dedens leurs annemis, ou au travers
ou autrement, ainsi comme à leur plus grant advan-
tage leur pourroient porter dommage ; et le sourplus
tout de pie se rengerent, comme dist est, en une
1. a L'an précèdent (1423), dit Berry (370), estoient arrivez en
France, messire Theaude de Valpergue , messire Borne Caqueren,...
lesquels luy ammenerent ( au roi Charles VII ) , de par le duc de Milan ,
six cent lances et mille hommes à pied ». Ce dernier, nommé le Borgne
Caucun, par Monstrelet (IV, chap. cclix), aurait assisté, cependant, en
1421, au siège de Meaux.
2. Theaude de Valleperge , préside au traité d'Arras en 1435, en
qualité d'ambassadeur de Charles VII (Jean Chartier, 70). Il était bailly
de Lyon dès 1442 (Id., 421) ; conseiller et chambellan du roi, bailli de
Maçon , sénéchal de Lyon , ordonné garde de la ville et château de Se-
verac , dans la sénéchaussée de Rhodes , par lettres patentes données à
Bourges le 18 novembre 1447 (Bib. imp., Mss., Fonds Gaignières ,
n° 771, toi. 107). Guy de Blanchefort le remplaçait, comme bailh de
Maçon et sénéchal de Lyon, le 3 janvier 1458 [Id., ib., fol. 132). Il est
désigné dans une montre, faite à Bayonnele21 septembre 1460, comme
commandant les hommes d'armes qui composaient cette montre ( Bib.
imp,, Mss., montres de 1400-1469, t. V^, Cabinet des titres).
3. Etienne de Vignole, seigneur dé Montmorillon, connu sous le nom
de La Hire , écuyer d'écurie du roy (Anselme, I, 491). « La Hire, qui
moult avoit esté travaillé en icelui voyage, et qui desja esloit homme
assez âgé , alla de vie à trespas au chastel de Montauban » , 1442 ( Mon-
strelet, VII, chap. ccLxvi).
4. Jean, dit Poton , de Xaintrailles, créé grand maître d'écurie du
roi, le 27 juillet 1429, et maréchal de France en 1454. Mort le 7 oc-
tobre 1461 (Anselme, Vil, 92),
[1424] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xxix. 265
seiille compaignie. Si commencèrent moult fièrement
à marchier alencontre de leurs annemis, les lances
baissiés; laquele contenance voyans les Anglois, moult
vigoreusement leur coururent sus. A l'assambler y eut
grant noise et grant huée , avecques bruit tumultueux
des trompettes et clarons. Les ungz cryoient : « Saint
Denis ! » et les autres : « Saint George ! » Si estoit la
buée tant horrible, qu'il n'estoit homme, tant feust
hardy ou asseuré , quy ne doubtast la mort. Hz en-
commencerent à fraper de haces et poulser de lances;
puis misrent les mains auz espees , dont ilz s'entre-
donnerent de grans copz et mortelz horions. Les
arclîiers d'Engleterre, et les escotz, quy avec les Fran-
çois estoient , encommencerent de traire les ungs
alencontre des autres sy cruelement, que horreur
estoit à les regarder; car ilz amenoient la mort à
ceulz qu ilz ataingnoient de plain cop. Aprez le trait,
les partyes moult furieusement abordèrent ensamble
main à main, laquele battaille fut par ung joedy
xviii" jour d'aoust*, ainsi comme à deux heures aprez
midy commenchant. Mais sachiés que , avant l'abor-
dement, furent fais maintz chevalliers nouveaulz, tant
d'un costé comme d'autre, lesquelz vaillamment s'es-
prouverent ce jour. Mainte prinse et mainte rescousse
y furent faites, et maintes gouttes de sang espandues,
quy estoit grant horreur et pitié inreparable de ainsy
veoir crestiennelé destruire l'un l'autre; car, durant
ceste pitoiable et mortele battaille, miséricorde n'y
avoit lieu, tant heoient les parties l'un l'autre. Le sang
des mors estendus sur terre , et des navrez , couroit
1 . C'était le 17. Voy. ci-dessus p. 261 , note 1.
266 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1424]
par grans ruisseaulz parmi le champ. Geste battaille
dura environ les trois pars d'une heure, moult terrible
et ensanglentee , et n'estoit lors en memore d'homme
d'avoir veu deux, si puissantes parties par tel espace
egallement combatre, sans pouvoir parchevoir à quy
en tourneroit la perte ou victoire. Ainsi doncques
que les deux parties se combatoient au plus fort,
chascun contendant à victorier son annemi, les Fran-
çois qui, comme j'ay dit, avoient avant la battaille
esté ordonnez de cheval pour ferir les Anglois par
derrière, ou sur le costé, adfm de les rompre et
mettre en desroy , se vindrent adreschier celle part ,
cuidans y entrer sans deffense, menant très grant
bruit; mais ils y trouvèrent barrières et resistence :
c'est à scavoir les chevaulz et charroy de leurs an-
nemis, acoupiez ensamble par les hatreaulz et par les
queues; et si y trouvèrent deux mile archiers de bonne
estoffe quy les recoeillerent vigoureusement et misrent
en fuite. Et n'y firent les dis François autre prouffit
que de haper ce qu'ilz peurent prendre, comme aul-
cunes bagues et chevaulz, occiant les pages et variez
quy dessus estoient et les gardoient. Droit à ceste
heure, la battaille estoit moult felle et cruelle : si n'y
avoit celluy quy n'esprouvast totalement sa vertu et
sa force ; et je , acteur, scay véritablement que cellui
jour le conte de Salsebery soustint le plus grant faix,
nonobstant qu'il bransla grandement, et eul^t moult
fort à faire de soy entretenir. Et certainement, sen'eust
esté le sens et grant vaillance et conduite de sa seulle
personne, emmy les vaillans hoiimies quy se comba-
toient desoubz sa baniere , à son exemple , moult vi-
goureusement , il n'est pas doubte que la chose qui
[1424] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xxix. 267
estoit en grant bransle ne feust très mal allée pour les
Anglois; car oncques François, en toute ceste guerre,
ne se combatirent plus vaillamment. D'autre part , le
duc de Bethfort, comme je oys raconter, car je ne
povois tout veoyr ne comprendre, comme pour moy
mesmes deffendre je feusse assez empescié , fist ce
jour tant d'armes que merveilles, et occist maint
homme; car d'une hache qu'il tenoit à deux mains
n'ataindoit nul qu'il ne courouchast, comme celluy
qui estoit grant de corpz et gros de membres , sage et
hardy en armes. Si fut très fort oppressé des Esco-
clîois, especialement du conte de Douglas et sa routte,
en tant qu'on ne scavoit que penser ne ymaginer
comment la besongne termineroit ; car les François,
quy estoient la moitié plus de gens que les Anglois ,
ne contendoient que à vaincre : si se atachoient vigo-
reusement à la besongne , et croy véritablement que,
se n'eust esté l'imfortune et malle adventure que leur
debvoit advenir, les Anglois ne les eussent peu souste-
nir ou endurer sy longuement. Mais, à ce que je peulz
congnoistre , et aussi en oy depuis pluiseurs de ceste
oppinion, les deux mille archiers d'Engleterre, qui,
comme dit est, avoient reboutté les François à cheval,
dont estoit chief le borgne Kaquestan , chevallier
Lombart, lesquelz quant ilz veyrent leurs annemis
fuyr, coeillerent vigueur, furent grant cause de la vie-
tore; car, voians le débat tant estable, ainsi fres et
nouveaulz qu'ilz estoient, en gectant ung merveilleux
cry se vindrent en tourpiant mettre au front devant de
leur battaille , où , à leur venue , encommencerent à
faire grant discipline des François, quy moult estoient
lassez de combatre; pourquoy, forment esmerveillés
^268 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1424]
de ceste nouvelité , se prindrent un pou à faindre et
reculler , et au contraire les Anglois , qu'il en estoit
heure, s'esvertuerent tout à ung faix recoeillant vi-
gueur : et tant firent que, en pluiseurs lieux, ouvrirent
la baltaille des François à ceste empainte et se bou-
tèrent dedens en cryant « Saint George ! » liaultement,
en commencliant de occir et mettre à mort cruèle-
ment tous ceulz qu'ilz povoient aconsievyr, sans avoir
quelque pitié ; laquele chose ne se fist mye sans grant
effusion de sang. Lors se commencèrent les François
à descomforter en perdant dutout T espérance de vie-
tore, que ung peu paravant cuidoient tenir en leur
main; ains chascun d'eulz queroit lieu pour soy povoir
sauver, prendant la fuite qui mieulz mieulz, haban-
donnant le demourant. Les ungs tyroient vers la ville,
et les autres prendoient les champz , et les Anglois ,
quy à grant paine les poursievoient, mettoient à mort
especialement ceulz quy s'acheminoient vers la ville;
car les François dedens estans , ne volrent ouvrir la
porte, pouF paour qu'ilz avoient que les Anglois, leurs
annemis, n'entrassent dedens avec les fuyans. Sy en y
ot assez quy, pour eulz saulver, se gecterent dedens
les fossez, où il eut grant occision de ceulz qui se
cuidoient mettre à sauveté. Final)lement , tant pour-
sievyrent Anglois les François, qu'ilz obtindrent plai-
nement la victore de ceste journée, et guaignerent
la battaille, non mie sans grant effusion de leur
sang. Et fut sceu véritablement par les officiers d'ar-
mes , heraulz , pou rsie vans et autres gens dignes de
foy, qu'il y morut de la partye des François plus de
VI'" hommes, et la pluspart nobles d'armes, desquelz
il y avoit grant quantité d'Escochois, et environ deux
[1424] CIINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xxix. 269
cens prisonniers. Et , de la partie des Anglois , y mo-
rurent environ xvi" combatans, tant de la nation
d'Engleterre comme de Northmandie ; desquelz furent
les principaulz capittaines , Fmi nommé Dodelay et
l'autre Cliarleton. Et du costé des François y furent
mors de gens de nom , ceulz qui s'ensievent ^ :
Aprez cette glorieuse victore que obtindrent les An-
glois alencontre d'iceulz François, le duc de Bethfort
assambla autour de luy tous ses princes et barons;
et, en grant humilité, remercya son Créateur, les yeulz
contre le ciel et les mains joinctes, de la bonne adven-
ture qu'il luy avoit envoyée. Et tantost que les mors
furent despouilliés par les variez et arcliiers, quy leur
osterent tout ce qu'ilz avoient de bon, monseigneur le
régent s'en alla logier pour la nuit autour de la ville
de Verneul. Si fist moult bien guettier son ost et faire
bonnes ascoutes, adfin que nul inconvénient n'y
sourvenist et pour obvier à ce que ses annemis ne se
recoeillassent et venissent ferir sur le logis de ses gens
à despourveu, pour luy porter dommage. Lendemain,
ceulz quy paravant estoient logiés en la ville et forte-
resse de Yerneul, et ceulz quy s'y estoient retrais aprez
la descomfiture de la battaille , furent constrains de
grant cremeur, et sommez de par le régent , de rendre
la ville et forteresse en l'obéissance du roy Henry;
1. Nous renvoyons au t. V, chap. xx , de Monstrelet pour connaître
les noms des morts et prisonniers. Nous indiquerons seulement deux
noms omis par ce chroniqueur, Mondet de Nerbonne et Gabriel de Boscage.
Le paragraphe qui suit l'énumération de ces noms , est encore copié
d'après Monstrelet ; mais comme il y a quelques faits qu'on ne trouve
pas dans son récit, nous avons cru devoir le conserver.
270 CRONICQUES D'ENGLKTERRE. [4424]
lesquelz, atains de paour d'avoir yen la grant mortalité
tournée sur les gens de leur party, mesmement sur
les princes et nobles hommes , comme sages et bien
avisez prindrent traitié avec monseigneur le régent,
en luy rendant la ville et forteresse de Yerneui, par tel
condition qu'ilz s'en yroient saufz corpz et biens, et y
estoit le seigneur de Rambures\ Puis, aprez ce que
monseigneur le régent ot prins la possession de la
ditte ville de Verneul et ycelle bien regarny de nou-
velles gens, de vivres et d'artillerie, il s'en departy
glorieux et à très grant joye , et s'en retourna ou pays
de Northmandie atout ses prisonniers, tant qu'il vint
au Pont de Larche, ouquel lieu le bastard d'Allen-
chon % moult fort navré , devint grandement agravé
par la doulleur de ses playes , rendy l'ame à celluy
qui prestee luy avoit. De laquele advenue le duc
d'Allenchon fut moult desplaisant en ceur; car parfai-
tement l'amoit. De là, se misrent le duc de Betbfort,
régent de France , à chemin , avec luy la plus grant
partie de tous ses princes et cappittaines, par le plus
droit qu'ilz porroient aller à Rouen. Mais, anchois que
plus avant je vous die du fait au dit duc de Betbfort,
vous raconteray comment , la propre nuit devant la
mortele battaille dessus dite, se partirent de la routte
des Anglois et de leur compaignie aulcuns lasces che-
1 . André , seigneur de Rambiire , maître des eaux et forêts de Picar-
die, testa le 28 décembre J-449 (Anselme, VIII, 67).
2. « Pierre , bâtard d'Alençon , seigneur de Gallardon , donna des
preuves de son courage à la bataille de Verneuil, en 142-4, avec le duc
d'Alençon , son frère ; ils y furent tous deux blessés et restèrent parmi
les morts, jusqu'à ce qu'on vînt les en retirer. Il est nommé au contrat
de vente de la baronie de Fougères, faite en Bretagne le 31 décembre
1 428, par Jean II du nom, duc d'Alençon » (Anselme, I, 272).
[1424] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xxix. 274
valiiers et escuiers de Northmandie , avec certain
nombre de gens qu'ilz seduirent et emmenèrent; les-
quelz chevalliers et escuiers estoient des marches
conquises du pays de Chaulz et là environ , quy au-
trelfois avoient fait serment de loyaulté et fidélité au
dit duc de Bethfort , régent , pour et ou nom du roy
d'Engleterre. Si s'en allèrent rendre en l'ost des Fran-
çois, esperans qu'ils guaigneroient ceste journée de
battaille, pour le grant nombre qu'ilz les sentoient
estre au regard des Anglois : pour laquele offence
furent les aulcuns d'iceulz criminelement pugnis par
le dit régent, tant de pugnition corporele , quant
depuis on les polt tenir, comme de leurs terres et
autres biens meubles quy furent prins et confisqués, et
mis realement en la main du roy d'Engleterre, pour
aplicquier à son domaine, ou baillier en recompence
à aulcuns qui l'auroient mérité par leur loyaulté et
bon service ; entre lesquelz en furent le seigneur de
Thorsy^ et messire Charles de LonguevaP, seigneur
i . Jean d'Estoutevllle , seigneur de Torcy, n'avait que dix-sept ans
lorsqu'en i 422 le roi d'Angleterre lui rendit , ainsi qu'à ses frères , les
biens de leur père confisqués sur lui pour avoir tenu la partie du roi
de France. Etant rentré depuis au service de Charles VII , ce prince
l'établit, en 1436, à la garde de Fescamp. Mort le H septembre 1494
(Anselme, VIII, 87). Voir ci-dessus, page 259, note 1. — Son père, Guil-
laume d'Estoutevllle , avait été fait prisonnier par les Anglais à la prise
deHarfleuret conduit en Angleterre en 1419. Mort le 19 novembre 1449
(Anselme, VIII, 878). Il était encore prisonnier le 9 mai 1427 (Rymer,
IV, partie IV, p. 127).
2. Charles de Longueval était, en 1419 , l'un des capitaines du grand
et petit Goulet (Normandie) lors de leur reddition aux Anglais (Rymer,
IV, partie ITI , 95). Le 4 jnin 1436 , le duc de Bourgogne envoie un
chevaucheur de son écurie porter des lettres a à messire Charles de Lon-
gueval, messire Jean de Saucourt , messire Hector de Flavy et plusieurs
autres chevaliers et escuiers du pais d'Artois » , afin «c qu'ils se mettent
272 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1424]
d'Augmont'. Au partir que fîst le duc de Bethfort du
Pont de Larche , il donna congié à aulcuns de ses
capittaines pour eulz retourner es garnisons des
villes , chasteaulz et forteresses qu'ilz avoient en
garde ; mais , luy venu à Rouen , il fut de madame la
régente, sa femme', des bourgois, communaultez et
garnisons de la ville honnourablement recheu : et
mesmement ceulz du clergié lui allèrent reveram-
ment alencontre, tous revestus, cbantans à manière
de procession. Si estoient les rues tendues, et, par
sus et soient en armes, le ix^ jour de ce mois de juing, entour la ville
Saint Omer, pour aller devant Calais» ( Ai-ch. gén. du Nord, compte de la
recepte gen. du duc de Bourgogne , fol. VIII"VII , verso. Communi-
qué par M. le baron de Melicocq).
1. « Jacques, seigneur d'Auniont, conseiller et chambellan de Philippe
le Bon , mort le . . janvier 14-7. . .» (Anselme, IV, 873); il est cité par
Berry (383) à l'année 1431 : a La ville de Chajipes, dit-il, à quatre ou
cincq lieues de la ville de Troye, appartenoit à un tenant le parti du duc
de Bourgogne, nommé Jacques d'Aumont ». En novembre 1432 : « Les
chasteaux de Bove et de Pontderemi estoient deux postes extrême-
ment importans parleur force, mais plus encor jDar leur position. Pont-
deremi tenoit bouché tout ce qui pouvoit venir de commoditez d'Abbe-
ville à Amiens par la Somme. Dove en faisoit autant pour tout ce qui
venoit du costé de Roie, de Montdidier et de Noyon , etc., par terre et
par la petite rivière de Moreuil. Le seigneur d'Omont, maistre de ces
deux postes, avec de bonnes garnisons, à ce qu'il paroist, désoloit infini-
ment Amiens : il en faisoit les bourgeois prisonniers , il arrestoit les
vivres , les marchandises et tout ce qui estoit nécessaire dans ceste grande
ville ; il outrageoit le bailli, maire et eschevins, ensorte qu'il paroist qu'on
estoit fort piqué de ses outrages. Cela détermina à envoler à Paris des
députés au régent et au conseil du roi pour en obtenir du secours dans
cette extrémité : ces députés, qu'on envoioit alors en ambassadeurs, par-
tirent le 22 de ce mois, d (Bibl. imp., Mss., Dom Grenier, Picardie ,
XC, 81.)
2. Anne de Bourgogne, sœur de Philippe le Bon : « Elle trtspassa en
rOstel de Bourbon, eraprès le Louvre, le treiziesmc jour de novembre
1432, deux eures après mynuit, entre le jeudy et le vendredy. ... Le
sabmedy ensuivant elle fut enterrée aux Celestins, et son cueur fut en-
terré aux Augustins i» '^Journal d'un Bourgeois de Paris, 153).
[1424] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xxix-xxxi. 273
tous les quarfours où il devoit passer , estoient hour-
demens ou quarees d'hystores par personnages; et
mesmes allèrent au devant de lui les jeunes gens et
enfans de la cité, par manière de belles compaignies,
monstrant grant exaltation de joye pour sa glorieuse
et belle victore. Quant le duc vint jusques à la porte
de la ville , il descendy jus de son cheval et alla tout
de pié jusques à l'église Nostre Dame, où il s'age-
nouilla devant l'autel : si rendy grâces et loenges à
son benoit Créateur, et à la glorieuse vierge Marie, sa
mère , de la bonne adventure qu'il avoit eue alen-
contre des François, ses annemis. Puis, aprez ses oroi-
sons et offrandes ainsi faites ; s'en alla en son hostel
où il fut bienviengnié, comme à son copz apartenoit ;
et il dist à madame la Régente, sa femme, aprez les
salutacions : « Ma mie, veez ycy vostre cousin d'Alen-
cbon, nostre prisonnier. » Et elle lui respondy que
bien feust il venu, si l'embracha et baisa; puis, aprez
aulcuns jours ensievans passez, fut le dit duc d'Alen-
chon menez dedens le cliastel du Crotoy, où il tint
prison une espace de tempz.
981 . Gomment les nouvelles de la bataille de Verneul fuient
portées au roy Charles de France. XXX.
Cf. Monst., t. V, cil. xx-xxn.
982. Comment les ducz de Bethfort et de Bourgoione
allèrent à Paris pour appaisier les ducz de Clocestre et
de Brabant. XXXI.
Cf. Monst., t. V, ch. xxiii-xxiv.
983. Comment le duc de Clocestre et sa femme allereiii en
Henault; et du mandement que fist le duc fie Boiir-
274 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [i425j
goigne pour ayder au duc de Brabant, son cousin,
contre le duc de Clocestre. XXXII.
Cf. Monst., t. V, ch. xxiv.
984. Comment le duc de Clocestre fut mal content quant
il sceut que les gens du duc de Bourgoigne estoient
venus en layde du duc de Brabant pour luy faire guerre,
et des lettres qu'il en rescripvit audit duc de Bour-
goigne. XXXIII.
Cf. Monst,, t. V, ch. xxv.
985. S'ensieut la coppie des premières lettres envolées du
duc de Bourffoiuue au duc de Clocestre. XXXIV.
Cf. Monst., t. V, ch. xxvi.
986. Copie des secondes lettres par le duc de Clocestre au
duc de Bourgoigne envolées. XXXV.
Cf. Monst., t. V, ch. xxvii-xxviii.
987. S'ensieult la copye des secondes lettres du duc de
Bourgoigne envoyées au duc de Clocestre; et comment
le conte de Saint PolassegaBrayne en Henault. XXXVI.
Cf. Monst., t. V, ch. xxvra-xxix.
Monstrelet omet le nom de Dru de Humieres * qui se trouvait
avec le comte de Saint-Pol et d'autres seigneurs au siège de
Braine-le-Comte.
988. Comment le conte de Saint Pol et ses gens se deslo-
gerent de devant Brayne le Conte, si trouvèrent les
Anglois, et de la reddition de Guise. XXX VU.
Cf. Moust., t. V, ch. XXIX.
989. Comment messire Jehan de Luxembourg et messire
Thomas de Rumeston eurent l'obéissance de la ville et
chastel de Guise. XXXVIII.
Cf. Monst., t. V, ch. xxix, xxxi.
1. Drieu de Humieres, de Bouzincourt, etc., (Ansehne, viii , 276),
conseiller et chambellan du Roi, était, en 1481 , « de la première bande des
cent gentilshommes de la maison » de ce prince (Bibl. imp., Mss., Siippl.
Fr., n" 2343).
[1425] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE III, xxxii-xlvi. 275
990. Comment le duc de Bethfort, régent, et la ducesse, sa
femme , vindrent de Paris à Corbye. XXXIX.
Cf. Monst., t. V, ch. xxxii.
991. Comment le duc de Clocestre, oncle du roy Henry,
vint en Eugletene quérir secours et ayde alencontre des
ducz de Bourgoigne et de Brabant. XL.
Cf. Monst., t. V, ch. xxxn.
992. Des aparaulz et habillemens que faisoit faire le duc
de Bourgoigne pour combattre le duc de Clocestre. XLI.
Cf. Monst., t. V, cil. xxxrv.
993. Comment le conte de Salsebery alla assegier le chastel
de RambouUet, et puis la ville du Mans, laquele il prinst
et mist en l'obéissance du roy Henry de France et
d'Engleterre.
Cf. Monst., t. V, ch. xxxiv.
994. Comment la ducesse Jaqueline se party de la ville de
Gand, sans le sceu de ceulz quy l'avoient en garde de
par le duc de Bourgoigne. XLIH.
Cf. Monst., t. V, ch. XXXV.
995. Comment le duc de Bethfort et le conseil roy al. ordon-
nèrent que le discord d'entre les deux ducz de Bour-
goigne et de Clocestre seroit mis à néant. XLIV.
Cf. Monst., t. V, ch. xxxvi.
996. Cy parlerons des noepces de Charles de Bourbon et
Agnes , seur du duc de Bourgoigne , et de la mort de
la duchesse sa femme. XLV.
Cf. Monst., t. V, ch. XXXVI.
997. Cy fait mention du discord quy s'esmeut entie le duc
de Clocestre et son oncle , le cardinal de Wincestre.
XLVI.
Cf. Monst., t. V, ch. xxxvi-xxxvn.
ÎMonstrelet omet de mentionner ce fait : avant la bataille de
Brauvershaven , Phelippe de Momorencj, quy estait jeune enfant ^
fut fait chevalier ^
\ . Ce nom manque , dans Anselme , à la généalogie de cette famille.
â7G CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1426]
998. Comment le duc de Bourgoigne descomfy les Anglois
et Hollandois à Brousseban, desquelz estoit chief le
seigneur de Filwatre, Anglois. XLVII.
Cf. Monst., t. V, cil. xxxvn.
999. Comment la ducesse Jaqueline mist le siège devant
Herlem , et comment messire Jehan de Utequerque fut
rué jus , et tous ses gens mors ou prins. XLVIII.
Cf. Monst., t. V, ch. xxxvn.
1000. Comment le conte de Salsebery, par l'ordonnance du
duc de Bethfort, régent , assega et prinst le fort chastel
de Mammer. XLIX.
Cf. Monst., t. V, ch. xxxvn.
1001. Comment le duc de Bourgoigne eust pluiseurs par-
lemens avec le duc de Brabant, son cousin ; et comment
il s'en retourna en Hollande. L.
Cf. Monst., t. V, cil. xxxvii-xxxvm.
1002. Comment le duc de Bethfort, régent, retourna d'En-
gleterre en France , atout certain nombre de gens
d'armes et de trait; et comment le duc de Clocestre
assambla gens de guerre pour secourir et ayder la du-
cesse Jaqueline , sa femme, ou pays de Hollande. LI.
Cf. Monst., t. V, ch. xxxviii, xl, xli,
Cy prent fin le troisième livre de ce V' volume, et s'ensieul
le quart.
[1427-28] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE IV, i-iv. 277
LIVRE IV.
1003. Cy commence le quatriesme livre, lequel contient
XXXIV chapittres. Ou premier est faite mention de la
mort du duc de Brabant, et comment le duc de
Bourgoigne commist de par luy officiers en Henault.
Chapitre I.
Cf, Monst., t. V, ch. xu-xlii.
1004. Comment le Régent envoia mettre le siège devant
Pontorson : et comment il envoya en Bretagne pour
courir le pays autom^ de Rennes. , II.
Cf. Monst., t. V, ch. XLTi-xLvi.
1005. Comment le duc de Bourgoigne retourna en Hol-
lande pour prendre conclusion et fin de sa guerre. III.
Cf. Monst., t. V, ch. XLVi, xiviii, xjlxx.
Wavrin, qui abrège Monstrelet, dit, dans ce chapitre, qu'il ne
rendra pas compte de toutes les courses , escarmouches , as-
sauts, etc., qui se firent dans cette guerre de Hollande. « Com-
bien que à tous yceulx , inoy, acteur de cestc cavre, estoie en la
compaignie de monseigneur le Borgne Thoulongon , pour lors
marissal de Bourgoigne'. »
1006. De la prinse de pluiseurs places parles Anglois ou
royaulme de France. IV.
' Cf. Monst., t. V, ch. xtix-Li.
1. Voy. ci-dessus, p. 237, note 1.
278 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1428-29]
1007. Comment le conte de Salisbery assega Orlyens. V.
Cf. Monst. t. V, ch. lh.
1008. Comment le roy Charles de France fist grant assam-
blee de gens d'armes pour secourir la cité d'Orlyens. VI.
Cf. Monst., t. V, cil. Lir-LV.
1009. Comment le duc de Bethfort , régent , fist gi-ant assam-
blee de gens pour envoler au siège d'Orlyens. VII.
Cf. Monst., t. V, ch.Lvi.
Monstrelet omet de dire : 1° que le seigneur de Fascot, outre
qu'il était grand maître d'hôlel du duc de Betliford, avait encore
le titre de son premier chambellan; 2" Qu' Yvotjet de Clichon fut aussi
un des seigneurs faits chevaliers avant la hataille de Rouvray.
1010. Comment Jehanne la Pucelle vint devers le roy de
France, àChynon, en povre estât; et de son abus. VIII.
Cf. Monst., t. V, ch. i-xii '.
1011. Comment le duc de Bourgoigne alla à Paris devers
son beau frerc le Regeut. IX.
Cf. Monst., t. V, ch, Lvm.
1012. Comment Jehanne la Pucelle fut cause du siège levé
de devant Orlyens ; et des bastilles qui forent prinses
par les François ^ . ^ X.
Finablement, environ le my may, cjue le siège avoit
esté levé de devantlacité d'Orlyens à l'entrée d'ycelluy
1. M. Qiiicherat ayant relevé, dans son travail sur la Pucelle ( IV,
]). 406-411), les différentes additions de Wavrin aux chapitres Lvn et
Lviii de Monstrelet , nous nous abstenons de les indiquer ici.
2. Ce chapitre et les suivants qui concernent la Pucelle d'Orléans ne
sont plus inédits , M. Quicherat les ayant publiés dans son excellent
travail sur Jeanne d'Arc : nous croyons , néanmoins , ne pouvoir sup-
primer cette partie de l'œuvre de notre chroniqueur. Nous ne donnons
ici, de ce chapitre, que le paragraphe qui appartient en propre à Wa-
vrin, le récit delà lovée du siège d'Orléans n'étant qu'une copie presque
textuelle des chapitres iix et lx du tome V de Monstrelet.
[4 429] CINQUIÈME PARTIE, LIYRE IV, v-x. 279
mois, les François se misrent auz champz environ de
V à vi" bons combatans, tous gens esleiiz, très expertz
et duitz en fait de guerre ; lesquelz tous ansamble
tyrerent vers Baugensy, séant à deux lieues de Meun
sur Loirre ; si y misrent le sieuge. En laquele place
estoient en garnison ung Anglois gascon, nommé Ma-
thago^, messire Richard Guettin^ et ung autre an-
chien chevallier anglois. Si povoient estre illec gens de
garnison environ v ou vi*^^ hommes anglois, lesquelz
se laissèrent laians assegier et enclorre : où ilz furent
forment moUestez , et leurs murs durement batus de
canons et engiens à pierre, quy, nuit et jour, ne
cessoient de bondir. Et pareillement estoient ilz servis
d'autres divers engiens de guerre et habillemens soub-
tilz, lelemcnt que impossible leur estoit de longue-
ment durer sans avoir secours. Si boutèrent hors de
la place, à une saillie qu'ilz firent sur leurs annemiz ,
ung messagier, lequel, par grant dilligence de che-
vaulchier, fist tant qu'il vint devers le seigneur de
Thalbot', auquel il portoit lettre de credence. Siluy
i . Mathieu Gough, communément nommé Matagon , « capitaine gal-
lois » (Berry, 427). Il est désigné dans une montre passée en la ville de
Baieux , le 1" juin 1443, ainsi qu'il suit : ce Noble homme, Mathieu
Goth, escuier, capitaine de ladite place » (Bib. imp., Mss., Monstres.
Originaux, t. II, G-H, cabinet des titres). Mort en 1450. Voy. ci-après,
au tome II, le chapitre vii du livre III de la VP partie, n° 1169.
2, « Richard Ghetin, escuier, capitaine de Exmes, fait ses premières
monstres le xv octobre 1424». (Bib. imp., Mss., n° 9436% fol. Ibi.) Il
figure dans une autre montre, passée à Mante le 2 janvier 1432 (v. s.),
conduisant des hommes d'armes « establiz soubz noble homme, messire
Richard Gucthin, chevalier, bailU et cappitaine de Mante, à lui ordonnez
pour sa seurté et exercite de son dit office de bailli, v (Bib. imp., Mss.,
Monstres de 1400-1469, t. III, cabinet des titres.)
3. Jean, sire Talbot et deFournival, créé comte de Shrewbury, le 20
mars 1442. Tué à la bataille de Châtillon le 20 juillet 1433 (Dugdale, I,
328-330).
280 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1429]
exposa la charge qu'il avoit de par les assegiés. Le-
quel, oyaiit le messagier parler, lui dist qu'il y pour-
verroit le plus brief que faire porroit et qu'il le re-
commandast auz compaignons qui l'envoioieut ; disant
qu'ilz feissent bonne cbiere et bon debvoir d'eulz def-
fendre , et qu'ils orroient brieftnent bonnes nouvelles
de luy, car à la vérité il desiroit moult de les secourre,
ainsi que bien estooit raison , comme ilz feussent de
ses gens.
Le seigneur de Tballebotb doncques, tout le plutost
qu'il peult, noncba ces nouvelles au duc de Bethfort,
régent , qui prestement fist gens appareillier es parties
tenans la querelle du roy Henry. Si y vindrent ceulz
quy mandez y furent. Et moy niesmes, acteur dessus
dit, quy pour ce tempz estoie nouvellement retournez
a\ec Philippe d'Aigreville^ des marches d'Orlyennois,
où, par le commandement du Régent, estions allez
adfin de destourner vivres à ceulz d'Orlyens, que le
duc de bourbon et le seigneur de la Fayette leur
voulloient mener durant le siège que les Anglois y
tenoient : ou quel voyage feismes assez petit exploit ,
par les communaultez du pays qui s'esleverent contre
nous pour nous destourner les passages. Si nous con-
1 . Philippe d'Esgreville, capitaine de Cliâteau-Landon dès le 26 no-
vembre 1426 (Bib. imp. , Mss. , n° 9-i36^- ^- , fol. 1 55 verso) . nommé par
Henri VI, le 26 août 1428, à la garde de la ville et chastel de Moret
(Id., ib., 164), écuyer, institué de nouveau dans l'office de maître des
eaux et forêts de France , Champagne et Brie , au lieu de sire Guy de
Pontaillier, par lettres de Charles VII, en date du 13 février 1431, v.
s. (Bib. imp., Mss., fonds Gaignicres , n° 11 i, fol. 97) était capitaine
de- Nemours et servait dans l'armée de Charles Vil, au siège de Rouen,
eu 1449, où il fut fait chevaher (CVi/vw/V/Kc Je la Pucellc, t. X, 187, 190).
Capitaine de IMontargis en 1461 [Chronique scandaleuse. Voy. Lenglet,
11,7.)
[1429] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE IV, x. 281
vint retourner sans rien faire, et alasmes, moj et le
seigneur d'Aigreville, à Nemour, dont il estoit capit-
taine, et de là m'en \ins à Paris devers le Régent, atout
environ vi'''' combatans ; lequel me retint lors de tous
poins au service du roy Henry, desoubz messire Jehan
Fastre*, grant maistre d'hostel dudit Régent, auquel
il ordonna aller ou pays de Beausse pour baillier se-
cours aux dessusdis assegiés dedens Baugensy.
Et partismes en la compaignie du dit Fastre à cette
fois, environ \™ combatans, aussi bien prinsc[ue j'eusse
oncques veu ou pays de France. En laquelle brigade
estoient messire Thomas de Rameston% Anglois, et
pluiseurs autres chevalliers et escuiers natifz du
royaulme d'Engleterre, qui tous ensamble partismes
de Paris et allasmes gésir à Estampes, où nous feusmes
trois jours; puis partismes au ini" jour; et chemi-
nasmes parmy la Beausse, tant, que nous vinsmes à
Jenville, qui est assez bonne petite ville, où, par de-
dens , a une grosse tour à manière de donjon ; laquelle
tour, n'avait gueres de tempz, avoit esté prinse par le
conte de Salisbery^ Dedens laquele ville feusmes
cjuatre jours atendans ancores plus grant puissance
quy par le duc de Betlifort nous devoit estre envoiee ,
car en Angleterre, en Northmandie, et à tous costez,
1 . John Fastoff , chevalier , banneret , gouverneur du Maine et de
l'Anjou. Capitaine tris-renommé sous les rois Henri IV, V et VI, Mort
le 6 novembre 14b9 [Biograpkia Britannica, III, 1899-1909). C'est une
biogi-aphie complète de ce personnage.
2. Thomas Rampston , chevalier, capitaine d'Argentan dès 1424 (Bib
imp., Mss., n" 9430*^, fol. 155). Fait prisonnier au siège de Saint-Sever,
en 1442 (Monstrekt, vu, 199). Était tncorc détenu par Raoul de Gau-
court le i"^ mars 1447 (La Thaumassière, p. 588).
3. Le 29 août 1428.
282 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1429]
il avoit mandé secours et ayde. Or, dirons aussi un
peu de Testât des François quy tenoient le dit siège
devant Baugensy.
1013. Comment le connestable de France, le duc d'Allen-
chon et la Pucelle prindrent Ghergeauz*. XI.
Il est vérité que, es propres jours que ces seigneurs
anglois, c'est à scavoir messire Jehan Fastre , messire
Thomas de Rameston et leur puissance, estoient se-
journans dedens Jenville , le connestable de France ,
le duc d'Allenchon, Jeanne la Pucelle et les autres
capittaines François, estans tous ensamble, comme dit
est, devant Baugensy, leur siège bien garny, s'en par-
tirent environ de v à vi™ combatans , tous gens d'es-
toffe ; si se misrent au chemin, tyrant vers Ghergeauz
où ilz parvindrent. En laquele ville tenoit garnison
le conte de Suffort atout de trois à quatre cens An-
glois natifz d'Engleterre, avec les manans de la ville,
qui prestement, à toute dilligence, se ordonnèrent à
deffence quant ilz veyrent les François qui tantost
les eurent avironnez de toutes pars. Si les commen-
cèrent très aigrement à envahir et assaillir en plui-
seurs lieux ; lequel assault dura bonne espace en le
continuant merveilleusement, et tant firent les dis
François, par grant dilligence et traveil, que, maulgré
les Anglois, leurs annemis, ilz entrèrent en la ville
par force d'armes; à laquele prinse furent environ
trois cens Anglois occis, dont il y mourut ung frère "
1. Quoique ce chapitre soit emprunté à Monstrelet (V, chap. lxi) ,
nous croyons devoir le donner en entier, vu son peu d'étendue, afin de
ne pas rompre le fil des événements.
2. Alexandre de La Pôle.
[1429] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE IV, xi-xii. 283
au conte de Suffort, lequel conte avec ung sien autre
frère % nommé le seigneur de la Poulie, furent consti-
tuez prisonniers, et de leurs gens jusques à lx ou au
dessus. Ainsi doncques fut ceste ville et forteresse de
Ghergeauz prinse par les François, où ilz rafreschirent;
puis tyrerent à Meun, quy tantost leur fist obéissance.
Laquelle chose sachant, les Anglois qui tenoient la
Fraité^ se trayrent tous ensemble à Baugensy, haban-
donnant la dite Fraité Hubert, jusques auquel lieu ilz
furent des François poursievis, tousjours Jehanne la
Pucelle au front devant, atout son estandart, et n'estoit
lors, par toutes les marches de là environ, si grant bruit
que de sa renommée. Si furent lors dedens Baugensy
jusques au nombre de viii^* combatans, gens de bonne
estoffe.
1014. Comment les Anglois estans à Jenvilie furent ad-
vertis de la prinse de Ghergeauz et de Meun , et de la
venue du seigneur de Thalbot. XII.
Les capittaines anglois dessus nommez estans à
Jenvilie, furent advertis que nouvellement les Fran-
chois à grant puissance d'armes avoient prins d'assault
la ville de Ghergeauz, ainsi comme il a esté dit ou
chapittre précèdent, et mis en leur obéissance la ville
de Meun, tenant tousjours leur siège devant Baugensy.
Lesqueles U'Ouvelles leur furent en moult grant des-
plaisance , mais amender ne le peurent quant au pré-
sent. Si se misrent en conseil pour avoir advis tous
ensamble sur ce qu'ilz avoient h faire. Et ainsi comme
1 . John.
3. La Ferté- Hubert.
284 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1429]
ilz estoient en ce conseil , entra en la ville le seigneur
de Thalboth , atout environ quarante lanches et deux
cens arcliiers ; de la venue duquel furent les Anglois
moult joyeulz. Ce fut raison, car on le tenoit, pour ce
tempz, estre le plus sage et vaillant chevallier du
royaulme d'Engleterre.
Quant le dit seigneur de Thalbot fut descendu en
son lîostel , messire Jehan Fastre , messire Thomas
Rameston et les autres seigneurs Anglois l'allerent
bienviengnier et reverender, luy demandant de ses
nouvelles; lequel leur en dist ce qu'il en estoit, puis
s'en allèrent disner tous ensamble. Et quant les tables
furent ostees, ilz entrèrent en une chambre à conseil,
où maintes choses furent ataintes et debatues; car
messire Jehan Fastre, que l'on tenoit moult sage et
vaillant chevallier, fist maintes remonstrances au sei-
gneur de Thalbot et auz autres, disant comment ilz
scavoient bien la perte de leurs gens de devant Or-
hens, de Ghergeauz et autres lieux; pour lesqueles
choses estoient ceulz de leur parti moult amatis et
effraez, et leurs annemis, au contraire, moult fort
s'en esjouissoient, exaltoient et resviguoroient ; pour-
quoy il conseilloit de non aller plus avant et laissier
faire auz assegiés de Baugensy, en prendant le meilleur
traitié qu'ilz pourroient avoir auz François; sisetyras-
sent entreulz es villes, cliasteaulz et forteresses tenans
leur party, et qu'ilz ne combatissent point leurs an-
nemys si en haste jusques à ce que ilz feussent plus
asseurez, et aussi que leurs gens feussent à eulz venus,
que le duc de Bethfort, régent, leur debvoit envoier.
Lesqueles remonstrances faites en ycelluy conseil
par ledit messire Jehan Fastre, ne furent pas bien
[1429] CINQUIEME PARTIE, LIVRE IV, XII. 28B
agréables à aulcuns des aultres capittaines ; en especial
au seigneur de Thalbot, lequel dist que s'il n'avoit
que sa gent et ceulz qui le volroient ensievir, si les
yroit il combatre à l'ayde de Dieu et de monseigneur
Saint George. ^
Lors messire Jehan Fastre , voyant que nulle excu-
sation ou remonstrances n'y valloit, ne ses parolles
n'y avoient lieu, il se leva du conseil. Aussi firent
tous les autres, et s'en allèrent cbascun en son logis.
Si fut commandé auz capittaines et chiefz d'escadres
que lendemain au matin , feussent tous pretz pour
eulz mettre sur les champz, et aller où leurs souverains
leur ordonneroient. Et ainsi se passa ceste nuit; puis,
au matin, issirent tous de la porte, et se misrent auz
plains champs estandars, penons et guidons. Et lors,
aprez que tous furent en ordonriance issus de la ditte
ville, tous les capittaines se tyrerent de rechief en-
samble en ung tropel emmy le champ, et illec parla
ancores à eulz messire Jehan Fastre, disant et remon-
strant pluiseurs raisons tendans à fin de non passer
plus avant; mettant au devant de leurs entendemens
tous les doubtes des dangereux perilz qu'ilz povoient
bien encourre , selon son ymagination ; et aussi ilz
n'estoient que une poignié de gens au regard des
François , certiffîant que, se la fortune tournoit maul-
vaise sur eulz, tout ce que le feu roy Henry avoit conc-
quis en France , à grant labeur et long terme , seroit
en voye de perdition : pourquoy il voulroit mieulz lui
peu soy reffraindre , et atendre leur puissance estre
renforcée.
Ces remonstrances ne furent pas ancores agréables
au seigneur de Thalbot, ne aussi à aulcuns autres
286 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1429]
chiefz de la dite armée. Pourquoy messire Jehan
Fastre, voiant que nulle quelconcque remonstrance
qu'il sceust faire , ne povoit prouffiter à ses dis com-
paignons retraire de leur emprinse volloir parsievir, il
commanda auz estandars qu'ilz prensissent le droit
chemin vers Meun. Si veissiés de toutes pars parmy
celle Beausse, qui est ample et large, les Anglois che-
vaulchier en très belle ordonnance ; puis , quant ilz
parvindrent ainsi comme à une lieue prez de Meun, et
assez près de Baugensi, les François, advertis de leurs
venue, eulz environ vi"" combatans, dont estoient les
chiefz Jehanne la Pucelle, le duc d'Alenchon, le bas-
tard d'Orlyens*, le marissal de la Fayette, la Hyre,
Pothon et autres capittaines, se rengerent et misrent
en battaille sur une petite montaignette, pour mieulz
veoir, et véritablement la contenance des Anglois. Les-
quelz, plainement parchevans que Franchois estoient
rengiés par manière de battaille, cuidans que de fait
les deussent venir combattre, prestement fut fait com-
mandement exprès, de par le roy Henry d'Engleterre,
que chascun se meist à pie, et que tous archiers eussent
leurs penchons estoquiez ^ devant eulz, ainsi comme
ilz ont coustume de faire quant ilz cuident estre
combatus. Puis envoierent deux heraulz devers lesdis
François, quant ilz veyrent qu'ilz ne se mouvoient de
leurs lieux, disans qu'ils estoient trois chevalliers quy
les combatroient se ilz avoient hardement de descendre
1. Jean d'Orléans, comte de Dunois, fils naturel de Louis de France
et de Mariette d'Enghien, femme d'Aubert le Flamenc, seigneur de Cany.
Mort le 24 novembre 1468 (Anselme, I, 212).
2. C'est-à-dire leurs pieux en arrêt, présentant la pointe à l'ennemi.
[Note de M. Quicherat.)
[1429] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE IV, xiii. 287
le mont et venir vers eiilz. Ausquelz responce fut faite
de par les gens de la Pucelle : « Allez vous logier pour
maisliuy, car il est assez tard; mais demain, au plaisir
de Dieu et de Nostre Dame, nous vous verrons de
plus prez. »
Alors les seigneurs anglois, voians qu'ilz ne ser-
roient point combatus, se partirent de celle place,
et clievaulcherent vers Meun , où ils se logèrent celle
nuit, car ilz ne trouvèrent nulle resistence en la
ville, fors tant seullement que le pont se tenoit pour
les François. Si fut conclu illec par les capittaines
anglois qu'ilz feroient celle nuit battre ledit pont par
leurs engiens, canons et veuguelaires , adfm d'avoir
passage de l'autre costé de la rivière. Et ainsi le firent
les Anglois qu'ilz l'avoient proposé ceste nuit, laquele
ilz geurent à Meun jusques à lendemain.
Or, retournerons auz François quy estoient devant
Baugensy ; et dirons des Anglois quant lieu et tempz
sera.
1015. Comment les François eurent par composition le
chastel de Baugensi, que tenoient les Anglois, et de la
journée que les Anglois perdirent à Pathai contre les
François*. XIII.
Comme vous avez oy, les Anglois estoient logiez à
Meun, et les François devant Baugensy à siège, où
ilz constraignoient moult fort la garnison de dedens,
en leur faisant entendre que le secours qu'ilz aten-
doient (ne vendroit pas); leur faisant entendre aussi
1 . Les passages de ce chapitre qui concernent l'armée française sont
empruntés à Monstrelet (V., cha p. Lxi;.
288 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1429]
qu'ilz s'en estoient retournez ^ers Paris. Laquele chose
voiant et oiant lesdis assegiés, avec autres pluiseurs
samblables parolles que leur disoient les François,
ne sceurent pas bonnement en quel parti de conseil
eulz arrester pour le meilleur et plus prouffitable ; con-
sidérant que par la renommée de Jebanne la Pucelle ,
les courages anglois estoient fort altérez et faillis. Et
veoient , ce leur sambloit , fortune tourner sa roe ru-
dement à leur contraire, car ilz avoient desjà perdu
pluiseurs villes et forteresses qui s'estoient remises en
l'obéissance du roy de France, principalement par
les entreprinses de la dite Pucelle, les ungz par force,
les autres par traitië; si veoient leurs gens amatis,
et ne les trouvoient pas maintenant de tel ou si ferme
propos de prudence qu'ilz avoient acouslumé; ains
estoient tous, ce leur sambloit, très desirans d'eulz
retraire sur les marches de Northmandie, habandon-
nant ce qu'ilz tenoient en l'Isle de France et là en-
viron.
Toutes ces choses considérées, et autres pluiseurs
qui sourvenoient en leurs ymaginations , ilz ne sca-
voient quel conseil eslire, car ilz n'estoient pas adcer-
tenez d'avoir brief secours; mais se ilz eussent sceu
qu'il estoit si prez d'eulz, ilz ne se feussent pas sitost
rendus. Touteffois finablement, toutes considérées les
doubtes que ilz admetoient en leur fait, firent traitié
aux François au mieulx qu'ils peurent, par condition
que sauivement s'en yroient et emmenroient tous leurs
biens, et la place demourroit en l'obéissance du roy
Charles et de ses commis.
Lequel traitié ainsi fait , le samedy au matin se
départirent les Anglois , prenant le chemin vers Paris,
[1429] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE IV, xiii. 289
tout parmy la Beausse , et les François entrèrent
dedens Baugensy. Puis prindrent conclusion , par
l'enbort de la Pucelle Jehanne, que lors yroient que-
rant les Anglois jusques à ce qu'ilz les auroient trou-
vez en plaine Beausse , à leur avantage, et que là les
combaleroient ; car il n'estoit pas doubte que les
Anglois, quant ilz scauroient la reddition de Bau-
gensi, ne s'en retournassent parmy la Beausse vers
Paris, oi^i il leur sambloit qu'ilz en auroient bon
marcbié.
Or doncques lesdis François, pour parvenir à leur
emprinse, se misrent auz plains cbampz. Si leur
aplouvoient et venoient cbascun jour gens nouveaulz
de lieux divers. Si furent adont ordonnez le connes-
table de France, le marissal de Bousac', la Hire,
Potlion et autres capittaines , à faire l'avantgarde; et
le sourplus, comme le duc d'Alencbon , le bastard
d'Orlyens, le marissal de Bays', estoient les conduc-
teurs de la battaille et sievoient assez de prez ladite
avantgarde. Si povoient estre yceulz François en tout
de XII à xini'" combatans. Si fut lors demandé (à la
Pucelle) par aulcuns des Princes et principaulz capit-
taines là estans, quel chose il lui sambloit de présent
bonne à faire. Laijuele respondy qu'elle estoit cer-
taine et scavoit verital^lement que les Anglois, leurs
annemis, les atendoient pour les combatre ; disant
oultre que, ou nom de Dieu , on clievaiilchast avant
^ . Jean de la Brosse, seigneur de Sainte-Sevère, de }3oussac, fut pourvu
de l'ofûce de maréchal de France le 26 mai 1423. Mort en H3',\ (An-
selme, VII, 71),
2. André de Laval, seigneur de Loheac et de Rais, ainiial et maréchal
de France. Mort en 1-486 (Anselme, VII, 72).
I 19
290 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [U29]
coPilre eulx, et qu'iiz seroieiit vaincus. Aulciins luy
demandèrent où on les UouYeroit : aiisquelz elle fist
response qu'on che\aulcliast sceurement et que l'en
auroit bon conduit. Si se misrent les battailles des
François à chemin en bonne ordonnance, aiant les
plus experts, montez sur fleurs de chevaulz jusques à
Lx ou nn" hommes , mis devant pour descouvrir. Et
ainsi par lonsçue espace chevaulchant ce samedy, es-
loient assez prez de leurs anoemis les Anglois, comme
cy aprez porrez oyr.
Quant doncques les Anglois qui s'estoient logiés à
Meun, ainsi comme il a esté dit cy dessus, en inten-
cion de guaignier le pont, adfui de rafreschir de
vivres la garnison de Baugensy qui dès le soir devant
s'estoient rendus aux François (dont lesdis Anglois ne
scavoient rien, car ce samedy, environ vin heures du
matin que les capittaines eurent oy messe, il fut cryé
et publié parmy l'ost ([ue chascun se preparast et mist
en point, garnis de pavaix, huys et fenestres, avoec
autres habillemens nécessaires, pour assaillir ledit
pont qui la nuit paravant avoit esté rudement battu
de nos engiens), si advint, ainsi comme tous estions
garnis de ce que besoing nous estoit pour l'assault et
prestz à partir pour commencier, que, droit à ceste
heure, arriva ung poursievant, lequel venoittout droit
de Baugensy. Si dist aux seigneurs, nos capittaines,
que ladite ville et chastel de Baugensy estoient en la
main des François et que, dès qu'il party, ilz se met-
toient auz cliampz pour les venir combattre.
Alors lut prestement commandé en tous les quar-
tiers par les capittaines anglois, que toutes manières
de gens laissassent l'assault ; sy se tyrast on auz champz ;
[1429] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE IV, xiii. 29i
et que, à mesure que on isteroit auz cliampz hors de
la ville, chascun en droit soy se meist en ordonnance
de belle battaille. Laquele chose fut faite moult
agreement. L'advangarde se mist premiers à chemin ,
laquele conduissoit ung chevallier anglois quy portoit
ung estendart blancq ; puis mist on entre l'advangarde
et la battaille, l'artillerie, vivres et marchans de tous
estas. Aprez venoit la battaille, dont estoient conduc-
teurs messire Jehan Fastre, le seigneur de Thalbot,
messire Thomas Rameston et autres. Puis chevaul-
clîoit l'arrieregarde, quy estoit de purains anglois.
Quant ceste compaignie fut auz plains champz , on
prinst le chemin, chevaulchant en belle ordonnance,
vers Pathay, tant que l'en vint à une lieue prez ; et
illec s'arresterent , car ilz furent advei-tis à la vérité
par les coureurs de leur arrieregarde , qu'ilz avoient
veu venir grans gens aprez eulz, lesquelz ilz espe-
roient estre François. Et lors, pour en scavoir la vé-
rité, les seigneurs anglois les envolèrent chevaulchier
aulcuns de leurs gens; lesquelz tantost retournèrent,
et firent relation ausdis seigneurs que les François
venoient aprez eulz raddement chevaulchant , une
moult grosse puissance : comme assez tost aprez on
les vey venir. Si fut ordonné par nos capittaines que
ceulz de l'advangarde , les marchans, vitailles et artil-
lerie yroient devant prendre place tout au long des
haies qui estoient auprez de Pathay. Laquele chose fut
ainsi faite. Puis marcha la battaille tant que on vint
entre deux fortes hayes par où il convenoit les Fran-
çois passer. Et adont le seigneur de Thalbot, voiant
ledit lieu assez advantageuz, dist qu'il descenderoit à
pié atout v" archieis d'eslite, et que là se tendroit,
292 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [U29]
gardant le passage contre les François, jusques à tant
que la baltaille et l'arrieregarde serroient joinctes. Et
prinst le dit Tlialbot place auz hayes de Patbay, avec
l'avantgarde quy là les atendoit. Et ainsi le seigneur
de Thalbot, gardant cest estroit passage alencontre des
annemis, esperoit de soy revenir joindre avec la bat-
taille en costoiant lesdites bayes, voulsissent ou non
les François; mais il en fut tout autrement.
Moult radement venoient les François aprez leurs
annemis, lesquelz ancores ilz ne povoientpas cboisir,
ne ne scavoient le lieu où ilz estoient, tant que
d'avanture les avant coureurs veyrent ung clierf partir
bors des bois, lequel prinst son cbemin vers Patbay
et s'en alla ferir parmy la l)attaille des Anglois : par-
quoy ilz esleverent ung moult liault cry, non sachant
que leurs annemis feussent si prez d'eulz. Oyant lequel
cry les dessus dis coureurs François , ilz furent adcer-
tenez que c'estoient les Anglois , et aussi les veyrent
tost aprez tout plainement. Si envolèrent aulcuns
compaignons noncbier à leurs capittaines ce qu'ilz
avoient veu et trouvé, en leur faisant scavoir que par
bonne ordonnance ilz cbevaulcbassent avant , et (ju'il
esloit beure de besongnier. Lesquelz promptement
se préparèrent de tous poins et cbevaulcberent tant
qu'ilz veyrent tout plainement iceulz Anglois.
Quant doncques les dis Anglois veyrent les François
eulz approcbier de si prez, ilz se basterent le plus
qu'ilz peurent, adfin de eulz joindre auz bayes avant
leur venue; mais tant ne seurent exploitier que, avant
ce que ilz feussent ensamble joinclz esdites bayes à
leur avangarde, les François s'estoient feruz à l'estroit
passage où estoit le seigneur de'Fbalbot. Et alors mes-
[1429] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE IV, xm. 293
sire Jehan Faste tyraiit et chevaulcliant vers l'avan-
^avde pour se joindre avec eulz, ceulz de ladite avan-
garde cuiderent que tout fust perdu et que les batlailles
fuissent. Pourquoy ledit capittaine de l'avangarde ,
cuidant pour vérité que ainsi Teust, atout son estentlart
blancq, luy et ses gens prindrent la fuite et liabandon-
nerent la baye,
Adont messire Jelian Fastre , voiant le dangier de
la fuite, cognoissant tout très mal aller, eut conseil de
soy sauver. Et luy fut dit, moj., acteur, estant présent,
qu'il prensist garde à sa personne, car la battaille
estoit perdue pour eulz. Lequel à toutes fins voulloit
rentrer en la battaille^ et illec actendre l'adventure tele
que Nostre Seigneur luy volroit envoier; disant que
mieulz amoit estre mors ou prins que bonteusement
fuyr et ainsi ses gens babandonner. Et anchois qu'il
se volsist partir, avoient les François rué jus le sei-
gneur de Tbalbot , lui prins prisonnier' et tous ses
gens mors. Et si estoient desjà lesdis François si avant
en la battaille que ilz povoient, à leur vouUenté,
prendre ou occire ceulz que bon leur sembloit. Et
finablement les Anglois y furent desconfis à peu de
perte des François. Si y morut de la partie desdis
Anglois bien deux mille hommes, et deux cens pri-
sonniers.
Ainsi comme vous oez alla ceste besongne. Laquele
chose voiant messire Jehan Fastre, s'en party moult
envis, à moult petite compaignie , démenant le plus
grant duel que jamais veisse faire à homme. Et pour
1 . Il fut échangé, quatre ans après, contre Anibroiso de Lore (Oug-
dale, 1,329).
294 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1420]
vérité, se léust reboulté en la iDattaille, se n'eussent
esté ceulz qiiy avec liiy estoient, especialement mes-
sire Jehan, l}astard de Tliian^, et autres, quy l'en des-
tourberent^ Si prinst son chemin vers Estampes, et
moj^ je le sievis comme mon capittaine , auquel le
duc de Betfort m'avoit commandé obeyr et mesmes
servir sa personne. Si venismes, environ heure de
1 . Jean de Thien , dit le Eàtard , fait elievalier au siège de Meaux
en 1422 , « qui autrefois avoit esté grant capitaine avec les rcgeus
des compagnies , sous le duc Jcîian de Bourgogne. » (Monstrelet, IV,
cbap. ccLxix). Etait capitaine de Senlis dès 1428 (BIb. inip., Mss.,
n° 9-436 ^' ^*, fol. 17 verso). Par lettres datées de Rouen le 19 octobre 1430,
il est désigné comme étant no w elle nient bailli de Senlis (Eib. imp., Mss.,
Fonds Gaignières , n°771, p. 97). Eait prisonnier par les Anglais au
siège de Meaux, en juillet 1439, il fut aussitôt décapité (Monstrelet, VII,
cbap. ccxxxix).
2. Voici comme ce fait tst raconté par Monstrelet (V, cbap. lxI; : a A
la journée de la bataille de Patay, avaiU que les Anglois sussent la venue
de leurs ennemis, messire Jean Fascot, qui cstoit un des principaux ca-
pitaines..., s'assembla en conseil avecque les autres, et fît plusieurs re-
montrances : c'est à savoir, comment ils savoient la perte de leurs gens
que les François avoient fait devant Orléans et Jargeau, et en aucuns au-
tres lieux, pour lesquelles ils avoient du pire ; et estoient leurs gens moult
ébabis et effrayés, et leurs ennemis , au contraire, estoient moult enor-
gueillis et résignés. Pourquoi il conseilla qu'ils se retrabissent aux cbasteaux
et lieux tenant sonuarti àl'environ, et qu'ils ne combattissent point leurs
ennemis si en baste, jusques à ce qu'ils fussent mieux rassurés ; et aussi que
leurs gens fussent venus d'Angleterre, que le régent devoit envoyer briève-
ment. Lesquelles remontrances ne furent point bien agréables à aucuns des
capitaines, et par especial à messire Jean de Talbot ; et dit, que si les en-
nemis venoient, qu'il les combattroit. Et par esjoecial, comme le dit Fas-
cot s'enfuit de la bataille sans coup férir, pour cette cause grandement
lui fut reprocbé quand il vint devers le duc de Bedfort, son seigneur ; et
en conclusion, lui fut osté l'Ordre du blanc jarretier, qu'il portait entour
la jambe. Mais depuis, tant en partie comme pour les dessusdites remon-
trances qu'il avoit faites, qui sembloient assez raisonnables , comme pour
plusieurs autres excusances qu'il mit avant, lui fut, par sentence de pro-
cès, rebaillée ladite Ordre de la Jarretière , jà soit ce qu'il en sourdit
grant débat, depuis, entre icelui Fascot et sire Jean de Talbot, quant il
fut retourné d'eslre prisonnier de la bataille dessusditc. s
[1429] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE IV, xiii. '2\):i
myenuit, à Estampes, où nous geusmes, et lendemain
à Corboeil.
Ainsi, comme vous oez, oblindrent François la vie-
tore au dit lieu de Patliai, où ilz geurent ceste imit,
regraciant Nostre Seigneur de leur belle adventure
advenue. Et lendemain se deslogerent dudit lieu de
Patbai, qui sied à deux lieues de Jen ville; pour la-
quele place ainsi appelée , ceste battaille portera per-
petuelement nom, la Journée de Pathay. Et de là s'en
allèrent, atout leur proye et prisonniers, à Orlyens, où
ilz furent généralement de tout le peuple conjoys : et
par especial sur tous autres, Jebanne la Pucelle ac-
quist en ycelles besongnes si grant loenge et renommée
qu'il sembloit véritablement à toutes gens que les an-
nemis du roy Cbarles n'eussent puissance de résister
en quelque lieu où elle feust présente , et que brief-
ment , par son moyen , le dit roy dut estre remis en
son royaulme, maulgré tous ceux ceulz quy y volroienl
contredire.
Aprez ceste belle victore, s'en allèrent tous les
capittaines francois qui là estoient, avec eulz Jebanne
la Pucelle, devers le roy Cbarles, qui mouilles conjoy
et grandement remercya de leur bon service et dilli-
gence. Lesquelz lui dirent que, sur tous, en devoit
scavoir gré à ladite Pucelle, qui dès ceste beure fut
retenue du privé conseil du roy. Et là fut il conclut!
d'assambler le plus grand nombre de gens de guerre
que l'en porroit finer parmy les pays au dit roy obéis-
sans, adfin qu'il se peusl bouler avant en pays, et ses
annemis poursievir.
296 CROJNICQUES D'ENGLETERRE. [1429-30]
1016. Gomment les nouvelles vindrent au duc de Betlifoit
de la perte de ses gens. XIIII.
Cf. Monst., t. V, ch. lxi-lxh.
1017. Comment Charles de France envola de ses meilleurs
gens en la ville d'Orlyens. XV.
Cf. Monst., t. V, cil. LXiii.
1018. Comment ceulx de Challons, de Rains et autres
forteresses se retournèrent et firent obéissance au roy
Charles. XVI.
Cf. Monst., t. V, ch. Lxiv.
1019. Comment le duc de Bethfort, régent, vint à Mons-
treau fault Yonne pour combatre le roy Charles , et les
lettres qu'il luy envoya. XVIJ.
Cf. Monst., t. V, ch. Lxv.
1020. Comment le duc de Bethfort retourna en Tlsle de
France et le sievy le roi Charles. XVIII.
Cf. Monst., t. V, ch. Lxvi.
1021. Comment le roy Charles envoya ses ambaxadeurs à
Arras devers le duc de Bourgoigne. XIX.
Cf. Monst., t. V, ch. lxvii.
Les ambassadeurs du roi Charles VII logèrent à Arras, dit
Wavrin , sur le grant marchié^ à l'enseigne de la Clef.
1022. Cy fait mention en brief de aulcunes places prinses
par les François sur ceulz tenans la partie du roy d'En-
gleterre. ' XX.
Cf. Monst., t. V, ch. lxvhi-lxix.
1023. Comment le roy Charles s'en retourna de Compien-
gne à Senlis et en Tlsle de France, et comment il fist
assaillir Paris. XXI.
Cf. Monst., t. V, ch. Lxx-Lxxni.
1024. Comment le duc de Bethfort, régent, fist assegier et
reconcquerre le ChasteauGaillart. XXII.
Cf. Monst., t. V, ch. Lxxiv-Lxxvi.
[1430] CINQUIÈME PARTIE , LIVRE IV, xiv-xxxii. 297
Le chastel de Trosi était , ajoute Wavrin , scant ou pays de
Chaiilz.
1025. Comment messire Thomas Quirel alla courre en
Beauvoisis , ou quel voyage il fut assailly des François,
lesquelz furent par luy et ses gens reboulez. XXllJ.
Cf. Monst., t. V, ch. lxxm-lxxxhi.
1026. Comment Jehanne la Pucelle fut prinse. XXIV.
Cf. Monst., t. V, ch. lxxxti.
1027. Comment le jenne roy Henry d'Engleterre vint à
Callaix, et de là en France. XXV.
Cf. Monst., t. V, ch. LxxxYH.
1028. Comment le duc de Bourgoigne et ses gens se logè-
rent devant Compiengne. XXVI.
Cf. Monst., t. V, ch. Lxxxvni.
1029. Comment le conte de Hontiton vint devant Com-
piengne en l'ayde du duc de Bourgoigne. XXVII.
Cf. Monst., t.V, ch. xci, xcni.
1030. Comment messire Jehan de Luxembourg eut la
charge et gouvernement du siège de Compiengne.
XXVIII.
Cf. Monst., t. V, ch. xciv.
1031. Comment le duc de Norfort, anglois, régna lors en
ITsle de France. XXIX.
Cf. Monst., t. V, ch. XCIV.
1032. Comment les François vindrent devant Compiengne,
où le siesfe fut levé. XXX.
Cf. Monst., t. V, ch. xcvr.
1033. Comment les François de Compiengne se gouvernè-
rent depuis cest heure. XXXI.
Cf. Monst., t. V, ch. xcvi, xcvn, xcix.
1034. Comment Pothon de Sainte Treille et messire Loys
de Vancourt furent prins des Anglois. XXXII.
Cf. Monst., t. V, ch. CI.
298 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1431]
1035. Gomment le seigneur de Barbasan mist le siège
devant le chastel d'Englure que tenoient les Bourgui-
gnons. XXXJII.
Cf. Monst., t. V, ch. crv.
1036. Comment Jehanne la Pucelle fut condempnee à estre
arse en la ville de Rouen, avec la teneur des lettres
que le jenne roi d'Engleterre rescripvit au duc Plielippe
de Boui'goiffne. XXXIV,
Cf. Monst., t. V, ch. cv.
Cy prent fin le quatriesme livre de ce V* volume^ et s'ensievia
le V' livre.
[1431-32] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE V, i vi, 299
LIVRE V.
1037. Cy commence le Y^ livre, lequel contient en soy
XLv chapittres. Ou premier desquelz il commence à
parler de la venue du jeune roy Henry d'Engleterre à
Paris, où il fut couronné à roy de France. I.
Cf. Monst., t. VI, ch. cix.
1038. Comment le seigneur de Lilladan fut restitué maris-
sal de France de par le roy Henry : et comment les
François cuiderent prendre le cliastel de Rouen. II.
Cf. Monst., t. VI, ch. cxi-cxiii.
1039. Comment messire Thomas Quiiel estoit commis
capittaine du chastel de Clermont apartenant à Charles,
duc de Bourbon. Hl.
Cf. Monst., t. yi, ch. cxv, cxvn-cxvni.
1040. Comment le bolleverl de Laigny sur Marne fut prins
des Anglois. IILI.
Cf. Monst., t. VI, ch. cxix.
1041. Comment le gouverneur de Thonnoirc et le sei-
gneur d'Aumont allèrent servir le duc de Bethfort, par
l'ordonnance du duc de Bourgoigne. V.
Cf. Monst., t. VI, ch, cxx.
Wavrin donne au lx\tard de Dampierre le pienom de Jehan.
1042. Comment le duc de Bethfort assambla grant puis-
sance pour mettre le siège devant Laigny. VI.
Cf. Monst., t. VI, ch. cxxi, cxxiv, cxxvi.
300 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1432-33]
1043. Comment Anne, ducesse de Betlifort, seur au duc
Phelippe de Bourgoigna , irespassa en la ville de
Paris. VII.
Cf. Monst., t. VI, ch. cxxvni.
1044. Comment le duc de Bethfort espousa la fille au conte
de Saint Pol. VHI.
Cf. Monst., t. VI, ch. cxxxvi-cxxx\n.
1045. Comment le cardinal d'Engleterre, et les ducz de
Bethfort et de Bourgoigne, vindrent à Saint Orner. IX.
Cf. Monst., t. VI, ch. cxxxvm.
1046. Comment, en cest année, fut tenu le concilie de
Balle, où estoit l'Empereur Sigismond d'AUemaigue, roy
d'AUemans et Rommains, et pluiseurs autres grans sei-
gneurs de diverses nations. X.
Cf. Monst., t. VI, ch. cli,
1047. Comment la ville et cbasteau de Prouvins, en Brye,
furent prins des Anglois et Bourguignons. XI.
Cf. Monst., t. Vt, ch. clii.
1048. Comment le seigneur de Thalboth retourna d'En-
gleterre en France, où il prinst pluiseurs forteresses te-
nans le parti du roy Charles. XII.
Cf. Monst., t. VI, ch. clvii-clviii.
1049. Comment le seigneur de Wilbic et Matago, adcom-
paigniés d'environ mil combatans , assegerent Saint
Sellerin. XIII.
Cf. Monst., t. VI, ch. cLxm.
1050. Comment les communes de Norlhmandie s'esle-
verent contre les Anglois, et comment ilz en furent
pugnis. XIIII.
Cf. Monst., t. VI, ch. CLXV-CLX\Ti.
1051. Comment les communes de Northmandie s'assam-
blerent de rechief et allèrent devant Kaen. XV.
Cf. Monst., l. VI, ch. ctxix.
[1435] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE V, vii-xxiv. 301
1052. Comment le duc de Bourg-oigne retourna en sou
pays d'Artois aprez qu'il eut auculnement pacifié la
marche des Bourguignons. • XVI.
Cf. Monst., t. VI, ch. clxx-clxxi.
1053. Comment les François descomfirent les AnMois de-
o
vaut le cliastel de Gerberoy. XVII.
Cf. Monst., t. VI, ch. CLXxn,
1054. Comment les François prindrent, en ce temps, la ville
de Saint Denis. ^ XVIII.
Cf. Monst., t. VI, cil. CLXxiv.
1055. Des grans seigneurs qui viudrent à Arras pour ostrc
à la journée du Parlement. XIX.
Cf. Monst., t. VI, ch. CLXxvi-ci.xxix.
1056. Comment ambaxadeurs, en grant nombre, vindient
à Arras pour estre auz parlemens de par le roy Charles
de France. XX.
Cf. Monst., t. VI, ch. CLXXx-CLXxxi.
1057<, Comment les François et Bourguignons allèrent, le
jour de Noslre Dame my aoust, l'un avec l'autre en
grant concorde à l'église. XXI.
Cf. Monst., t. VI, ch. CLXXxii.
1058. Comment le cardinal de Wlncestre vint à Arras,
grandement adcompaignié, pour estre à la dite conven-
tion illec assamblee. XXII.
^ Cf. Monst., t. VI, ch. cLxxxin-CLXxxvi.
1059. Comment la paix fut confermee entre le roy Charles
de France et le duc de Bourgoigne , en la ville d'Arras,
aprez le partement des Anglois. XXIII.
Cf. Monst., t. VI, ch. CLXXxvii.
1060. Comment les François furent assegiés dedens la ville
de Saint Denis par les Anglois et Bourguignons. XXIV.
Cf. Monst., t. Vï, fh. ciAxxviit-ci.xxxix.
302 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [143S-36]
1061. Comment le duc de Bomgoigne envoya, aprez la
paix d'Anas, devers le roy d'Engleterre et son con-
seil. XXV.
Cf. Mcnst., t. VI, cil. cxci.
1062. Comment le roy Charles eut grant leesse quant il
sceut que le duc de Bourgoigne s'estoit reconciliez
avec luy. XXVI.
Cf. Monst., t. YI, ch. cxcin.
1063. Comment, aprez le département de la convencion
d'Arras, et par quel manière les François se gouver-
nèrent ou pays de Nortlimandie. XXVIl.
Cf. Monst., t. VI, ch. cxciu.
1064. Comment les Anglois se recommencèrent à doubter
des Bourguignons aprez la paix d'Arras et ne volrent
plus avoir repair avec eulz. XXVIII.
Cf. Monst., t. VI, ch. cxciv.
1065. Comment le roy d'Engleterre envoioit ses ambaxa-
deurs devers l'empereur d'x\llemaigne , lesquelz furent
arrestez ou pays de Brabant. XXIX.
Cf. Monst., t. VI, eh. cxciv.
1066. Comment le roy Henry d'Engleterre escripvy ses
lettres ou pays de Hollande pour attraire les babitans à
sa partye. XXX.
Cf. Monst., t. VI, ch. cxcv.
1067. Comment on voult traiticr que le roy d'Engleterre
et le duc de Bourgoigne demourassent sans faire guerre
l'un contre l'autre. XXXI.
Cf. Monst., t. VI, ch. cxcvi,
1068. Comment le duc de Bourgoigne tint plulscurs con-
saulz en la ville de Bruxelles, en Brabant, sur le fait de
la euerre des Anglois. XXXIl.
Cf. Monst., t. VI, ch. cxcvii.
[i43G] CINQUIEME PARTIE, LIVRE V, xxv-xxxv. 303
1069. Comment la ville de Paris fut rendue en l'obéissance
du roy Charles. XXXIll.
Cf. Monst., t. VI, ch. cxcvin.
1070. Comment les Anglois de Callaix vindrcnt courie de-
vant BouUongne et en la marche de là environ. XXXIV.
Cf. Monst., t. VI, cl), ccn.
1071. Comment messire Jehan de Croy, bailly de Henanlt,
fist assamblcr grant gent en Boullenois pour aller courre
devant la ville de Callaix. XXXV.
Cf. Monst., t. VI, ch. cciv.
Wavrin ayant copié exactement, dans ce cliapitre, celui dcMon-
strelet, ajoute cependant, à la fin, le passage suivant : « Aprcz
cesle destrousse faite par les Anglois , en la manière dessus dé-
clarée, les Picardz se retrayrent et rassamblercnt vers Saint Omer;
et de là,prendaTit congié l'un à l'autre, s'en retournèrent en leurs
hostelz, moult doullentz et courouchics, et honteux de leur mal-
heureuse fortune. Mais le seigneur de Wavrin ', qui autour de
Saint Omer avoit laissic son cstandart avec partye de ses gens,
se tyra vers Gravelingues, où il fui en garnison par l'ordonnance
du duc Phelippe de Bourgoigne , et pluiseurs autres seigneurs et
capittaines , connue le seigneur de Savcuses ^, messire Syuinu de
Lalain ', avec eulz autres nobles houuues, où ilz se tindrenl en
frontière jusques à la venue du duc de Bourgoigne et qu'il amena
sa puissance , adfin de parfurnir son emprinse. a
1. Walleran. Voyez ci-dessus, page 1, note 1.
2. Philippe de Savcuses, longtemps capitaine d'Amiens et de l'Aitois
(La Morlière, 16b), fut déposé en 1463, par Louis XI, « de sa capi-
tainerie d'Amiens, de la cité d'Arras et de la ville dcDoulens.» (Dticlercq,
XIV, 306.) Il était hgé de soixante et douze ans, lorsqu'en l-lGo, le
duc de Bourgogne lui « envoya ung mendemcnt par lequel il le commet-
toit capitaine général d'Artois. » (Id., XV, 36 et 38.) Mort le 28 mars
1467 (v. s.), en la ville d'Amiens, agc de soixante et dix-huit ans (Voir
VP partie, V* livre, xxxiv* chapitre (n" 1280) des présentes Chroniques).
3. Simon de Lalain , chevalier, seigneur de Montigny, conseiller et
chambellan du duc Philippe de Bourgogne, et gouverneur de l'Ecluse
[Compte de Jean Fisen, «'c 1454. La Barre, 11,217). Mort le 15 mars 1476
(Brassart, Histoire et généalo<:;ic des comtes de Lalaing, p. 17.1 a Le dernier
3Q4 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1436]
1072. Gomment le duc Phelippe de Bourgoigne alla à Gand
et autres villes de la Conté de Flandres, pour veoir la
monstre et parlement des Flamens. XXXVI.
Cf. Monst., t. VI, cil. ccv-ccvi.
Voici quelques additions faites par Wavrin au texte de Mon-
strelet. Les Flamands voulant tuer les seigneurs de Croy, Bauldot
de Noyelle , et Jehan de Brimeu , bailly d'Amiens, qui avaient
conseillé au duc de Bourgogne le siège de Calais , ces trois sei-
gneurs « se partirent de l'ost à privée maisnie. Et convint, pour
plus sceurement passer l'armée des Flamens, que le seigneur de
Croy*, adfin de non estre congneu, affullast une barrette vermeille
que le seigneur de Wavrin luy bailla avec une haquenee grise sur
laquele il monta : si fut convoie jusques au dehors de Tost des
Gantois par ledit seigneur de Wavrin; car se, au passer illec, eut
esté congneu, jamais sans mort n'en feust eschapé. Et aussi le
conduisy Thoison d'Or ' jusques au logis de messire Jehan de
Croy, seigneur de Cymay^, son frère, qui pour lors tenoit le siège
devant Guynes. »
Les Gantois abandonnèrent le siège de Calais et s'en allèrent en
désordre vers Gravelines : « Et, d'autre part, quant ceulz deBruges,
jour d'octobre U75, Simon de La Laing, seigneur de Montigny » , cède
sa place de chambellan du duc de Bourgogne à son fils , Josse de La
Laing {Etat de la maison de Charles, dernier duc de Bourgogne; Bib. imp.,
Mss.,n° 8430').
1. Antohip, sire de Croy, comte de Porcean, premier chambellan de
Philippe le Bon, chevalier de la Toison d'or, devint grand maître d'hôtel
de Louis XI, à l'avènement de ce prince au trône. Il était fils de Jean de
Croy et de Marguerite de Craon. Mort en 1475 (Anselme, V, 637).
2. Jean Lefebvre, seigneur de Saint-Remy, de la Vacquerle, d'Avfs-
nés, etc., dit Toison d'or, conseiller, roi d'armes et chancelier de Phi-
lippe le Bon. Mort en 1468. Sur ce chroniqueur, voy. Bulletin de la
Société de riiistoire de France, 1" partie, tome I, p. 1-26.
3. Jean de Croy, seigneur de La Tour-sur-Marne, comte de Chimay,
chevalier de la Toison d'or, grand bailli de Hainaut; marié à Marie de
Lallain, dame de Quiévrain. Mort à Valenciennes en 1472 (Anselme, V,
651). Il fut créé comte de Chimay le 14 janvier 1472 (v. s.) (Lenglel,
II, 204). « Jehan de Croy, premier compte de Chimay, trespassa, à la
Nostre Dame, en March ensicuvant (1472), et ne vesqui, estant conte,
que 44 à 45 jours. » [Mémoires de Jean de Hajnin, II, 212).
[143G] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE V, xxxvi-xxxvii. 305
quy estoient logiés vers Saint Pierre , oyrenl le bruit et desloge-
ment que faisoient les Gantois, de leur costé force leur fut de des-
logier comme les autres; car il convenoit bien, à bon gré ou
maulvais, puisque lesdis de Gand se partoient, qu'il/ les sievissent.
Si estoit avec eulz , pour les conduire, le seigneur de Wavrin le
seigneur de Saveuses et raessire Simon de Lalain ; si boutèrent pa-
reillement les feux en leurs logis, moult doullentz et couroucbiés
d'un tel parlement : et pour tant que ilz n'avoient point, ce jour ,
leurs chevaulx pour remener les gros engiens qu'ilz avoient illec
amenez, ilz en chargèrent aulcuns des meilleurs sur chars et char-
rettes, et, à force et puissance de gens, les trainerent jusques à
Gravelingues. »
Le duc de Bourgogne ayant commis plusieurs seigneurs à la
garde de Gravelines , Wavrin y comprend le seigneur de IFavrin
omis par Monstrelet,
1073. Comment le duc de Glocestre vint, nagant par mer,
à Gallaix atout grant nombre de combatans an^lois*.
XXXVII.
Vous avez bien oy, par cy devant, comment le duc
de Bourgoigne estant à siège devant la ville de
Callaix , Humfroy, duc de Glocestre^, oncle du roy
Henry d'Engleterre, luy avoit mandé par Pennebrocq,
ung sien herault d'armes, que s'il le voulloit illec
Etendre, il le venroit comhatre en ce mesmes lieu, ou
aultrepart en ses ])ays. Or, doncques, ledit gentil duc,
adfin d'entretenir sa promesse , quant il (ut prest et
vey vent propice, se mist en mer atout grant puissance
de gens d'armes et de trait, voire gens d'eslite , tous
natifz du royaulme d'Engleterre ; lequel , atout son
excercite , arriva au bavre de Callaix dedens briefz
1. Monstrelet (VI, chap. ccvit) raconte différemment et très-succinc-
temént l'arrivée du duc de Glocester à Calais.
2. Humphrey, duc de Glocester. Voy. ci-dessus, p. 182, uote 2.
C'est au chapitre précédent, copié d'après Monstrelet, qu'il a été ques-
tion de ce fait.
1 20
306 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1436]
jours aprez que ]e duc de Bourgoigne et les Flameus
se furent deslogiés. Si avoit en sa compaignie dix
mille bons combatans atout lesquelz il cuidoit com-
batre ledit duc de Bourgoigne et son armée , se là les
euist trouvez. Et pourtant ledit duc de Clocestre,
sachant que ses dis annemis s'estoient partis, il se
mist à chemin vers Gravelinghes; dequoy les seigneurs
qui laians estoient en garnison de par le duc de Bour-
goigne, cuidans que ycelluy duc de Clocestre les
deust assegier ou assaillir , se ordonnèrent à deffence
et préparèrent leurs besongnes pour eulz et la ville
garder. Mais de les envahir ne firent Anglois quelque
samblant, ains se logèrent là entour, pour celle nuit,
jusques à lendemain bien matin, qu'ilz s'en partirent
et s'acheminèrent vers le pays de Flandres , en
costoiant la grave de la mer, pour ce que leur navire
les sievoit et costoioit, ouquel n'avoit d'hommes part
que les mariniers , atout le baguage ; lesquelz marin-
niers, sachans ledit duc de Clocestre estre bien avant ou
pays de Flandres, se retyrerent pour sceureté dedens
le havre de Callaix , et ledit duc et ses Anglois prin-
drent le chemin vers Bailleul : durant lequel tempzles
seigneurs de Crequy ' et de Wavrin, avec eulz pluiseurs
hommes de Flandres, se partirent de Gravelinghes, où
ilz estoient en garnison ; et moj^ acteur de ceste histore,
estoie avec la compaignie. Et chevaulchasmes jusques
à Drinkam-, où nous iogasmes celle nuit dedens le chas-
tel, lequel nous trouvasmes sans garde, ouquel le sei-
gneur de Crequy, à nostre partement, laissa de ses gens
1. Jean, seigneur de Crequy. Mort en 1474. (Anselme, VI, 782. j
2. Drinokani.
[1436] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE V, xxxvn. 30T
pour le garder; et, ce fait, cheYaulcliasmes aprez les An-
glois, cuidans trouver aulcuiie adventure en la queue
de l'ost. Mais le duc de Clocestre et ses capittaiiies che-
minèrent par si bonne ordonnance , que nul dom-
mage ne lui peusmes porter : pourquoy nous, voians
ceste manière de faire, retournasmes en nostre dite
garnison de Gravelingues dont nous estiemes partis,
sans autre chose faire dont on doie tenir compte. Et
le duc de Clocestre s'en alla, tout ardant et exillant
devant luy, par feu et par fer, les villes et villages où
il passoit, pour aller à Bailleul. Et quant il y vint, il se
loga à l'abaye Saint Anthonne, et ses gens,' où mieulz
peurent, parmy la ville, laquele ilz ardirent, pillèrent
et destruisirent toute ; mais on ne meffist rien à ladite
abaye de monseigneur Saint Anthonne , où ledit duc
s'estoit logié ; puis, quant ilz furent rafreschis , et que
tout fut destruit à Bailleul et là environ , ilz se party-
rent et s'en allèrent tyrant vers Poupringhe', ardant
et exillant, comme dessus, tout ce qu'ilz povoient
aconsievir ou rencontrer.
Quant les Anglois vindrent à Poupringue, ilz se
logèrent dedens la ville, laquele ilz pilleretit , ardi-
rent et destruisirent; puis, au partir de là, aprez
qu'ilz eurent eslevé de grant butin et bons prison-
niers , prindrent leur chemin vers la ville de Saint
Omer, et faisoient partout 011 ilz pass(Ment si grans
et horribles feux, que le duc Phelippe de Bourgoigne,
quy estoit à Lille, les povoit plainement veoir, el
mesmement oioit les pleurs, plains et cris pitoiables
que faisoit le peuple fugitif du pays de Flandres, quy
i . Poperi ligues.
308 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [I43GJ
venoient à Lille à refuge vers leur prince; lequel pour
1 heure, jà en eust il granl pitié, n'y pouvoit mettre
aulcun remède, combien qu'il eust fait publier parmy
ses pays que toutes manières de gens d'armes venissent
devers luy. Mais ilz ne furent mie sitost appreslez et
venus pour destourber au duc de Clocestre de par-
furnir son emprinse, lequel, ainsi comme ^ous oez,
ardant et exillant le pays de Flandres, s'en alla logier
devant la \ille de Saint Orner, en l'abaye de Blendec-
que et son ost tout au loncg de celle petite rivierette
quy là court; car tnojy acteur de ceste présente euvre ,
quy lors m'estoie partis de Gravelingbues la nuit Nostre
Dame septembre, et venu à Saint Omer, vey le loge-
ment , et trouvai le seigneur de Saveuses qui, celluy
jour, estoit sailly hors de Saint Omer pour escarmucbier
les Anglois ; lesquelz n'eslongerent gueres leurs logis,
sinon auîcuns arcbiers , trois ou quatre , quy y furent
occis par les gens dudit seigneur de Saveuses. Sy estoit,
pour lors, messire Jehan de Croy dedens le chastel
d'Anjues, où il estoit venus de la ville d'Ardre, auquel
lieu il se tenoit en garnison, pour encquerre etscavoir
quel train yceulz x^nglois volroient tenir, et aussi [>our
veoir se aulcuns se desrouleroient ou partiroient , par
quelque advcnture, de leur compaignie, adfm que s'il
y eust auicuncment veu son advanlage, il i'eust peu
i)rendre à la perte et confusion des Anglois , lesquelz
de tout son povoir il desiroit. grandement à grever.
Mais ledit duc de Clocestre et ses capiltaines se gou-
vernèrent et conduirenl si sagement, qu'on ne les sca-
voit par quel moyen souprendre, ainchois se gardoient
si diUigam nient de tous perilz que ilz en acqueroient
honneur et loenge.
[143GJ CINQUIÈME Pv^RTIE, LIVRK V, xxxvii. 30i)
Lendemain, qui fut le jour de Nostre (Dame?),
Ires matin se desloga de devant Saint Omer le duc
de Clocestre , aussi fist toute son armée , moult sage-
ment, pour doubte des aguetz ou eml)uscbes de ses
annemis, lesquelz il scavoit estre bien en voullenh'
de le nuyre à leur povoir. Si prindrent le cliemin
vers Callaix , où ilz parvindrent à peu de perle (ju'il
eust faite en celluy voyage. Mais sacbiez que tout ce
qu'ilz trouvèrent, en allant, tenant la })artye de Bour-
goigne, ils misrent à destruction et ruyne. Et quant
ilz parvindrent à Callaix ^ ledit duc de Clocestre y fui
recbeu à grant joye et leesse des bourgois, manans et
liabittans de la ville : puis, aprez qu'il se fut illec reposé
et rafrescby aulcuns jours, atout le gaaing et proyes
que luy et ses gens avoient concquis sur le pays de
Flandres, excepté les prisonniers qu'il laissa à Callaix,
s'en retourna en Engleterre atout son armée. Si donna
congié à toutes manières de gens d'armes de soy
retraire cbascun en son bostel ; et luy de sa personne,
atout son estât, s'en alla à Londres devers le jenne roy
Henry, son nepveu, quy Irez bonnourablement le
recbeut et grandement le lionnoura et festoia. Aussi
firent, cbascun endroit soy, tous les princes et sei-
gneurs de la court royalle, ausquelz il raconta la plus-,
part de ses adventures ; le record desqueles donna
Ires grant soullas et plaisir auz escoutans. Lesqiieles
cboses il n'est besoing de reciter, comme elles soient
cy dessus aulcunement escriptes et déclarées. Si lai-
rons, alant, dudit duc de Clocestre, pour trailier aul-
tres matières en cest endroit escbeans '.
1. La fin de ce chapitre est eiupniutee à MoiislnU l (VI, elia}).
ccix-ccx. ]
1^10 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1436-38]
1074- Comment le conte d'Autele, escochois , mist à mort
son nepveu le roy d'Escoche, où il estoit couchié eu
son lit. XXXVIII.
Cf. Monst., t. VI, cil. ccxi.
1075. Comment pluiseurs capittaines du roy Charles de
France volrent faire emprinse sur la ville de Rouen.
XXXIX.
Cf. Monst., t. VI, ch. ccxii.
Monstrelet omet de dire que le village de Ris, à quatre lieues
de Rouen, tenait à la furest de Lyons.
1076. Comment le roy de France convoca pluiseurs gens
de guerre à venir vers luy à Gyon sur Loirre pour reconc-
querre pluiseurs villes que tenoient les Anglois ses adver-
saires. XL.
Cf. Monst., t. VI, ch. ccxv.
1077. Comment les Anglois misrent le siège devant Fes-
camps, en Northmandie, et le prindrent par continuation
de siège. XLI.
Cf. Monst , t. VI, ch. ccxvii-ccxix.
1078. Comment le seigneur d'Auxi , messire Florimont de
Brimeu, et ung chevallier de Rodes, allèrent assegier le
Crotoy. XLII.
Cf. Monst., t. VI, ch. ccxxi.
^Vavrin ajoute que le seif^ncur de Chamr fut commis à la garde
de la \^lle d'Hesdin.
1079. Comment le seigneur de Thalbot, messire Thomas
Quirel, et autres capittaines Anglois, misrent siège devant
Longueville. XLIIl.
Cf. Monst., t. VI, ch. ccxxvrn.
1080. Comment les villes et chasteaulz de Montargis et
Chevreuses furent mis en l'obéissance du roy (Charles de
l'Vance par ses gens. XLIV.
Cf Monst., I. VI, ch. ccxxx-ccxxxi.
[1438] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE V, xxxviii-xlv. :M i
1081. Gomment, en ce meismes tampz, le conte d'Eu
retourna d'Engleterre en France , où il avoit esté pri-
sonnier depuis Van mil quatre cens et quinze. XLV.
Cf. Monst., t. VI, ch. ccxxxii.
Cy prent fin le V* livre, et s'ensieult le VI' el darrenier de ce
volume.
312 CRONICQUES D'ENGLEïERRE. [1438-40J
LIVRE VI.
1082. Cy commence le Vl' livre de ce v^ volume, lequel
contient en soy vingt cliapittres. Ou premier desquelz il
traite comment, entre Callaix et Gravelingues, sassam-
blerent ceulz qui debvoient tenir les convencions d'entre
le cardinal d'Engleterre , d'une part, et la ducessc de
Bourgoigne, d'autre part. I.
Cf. Monst., t. VII, ch. ocxxxv.
1083. Comment Arlus de Bretaigne, conte de Richemont ,
connestable de France , avec luy pluiseurs capittaincs du
roy Charles , alla mettre le siège devant Meaulz en
Brye. II.
Cf. Monst., t. VII, ch, ccxxxix-ccxu.
1084. Comment pluiseurs notables ambaxadeurs s'assam-
blcrent de rcchief , entre Gravelingues et Callaix, sur le
fait du parlement qui debvoit estre entre les deux rois de
France et d'Engleterre. III.
Cf. Monst., t. VII, ch. ccxLin.
1085. Comment le conte de Sombreset, le seigneur de
Tlialboth, et autres capittaincs anglois, vindrent en San-
ters et assegerent le chastel de FoUeville. IV.
Cf. Monst., t. VII, ch. ccxLiv.
108Ô. (Comment le conte de Sombreset, avec lui bon nom-
bre d'Anglois, allèrent assegier Harfleu. V.
Cf. Monst., t. VII, ch. CCXLVII.
[1440-41] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE VI, i-xii. 313
1087. Incidence quy advint en ce tempz ou pays du duc de
Bretaigne. VI.
Cf. Monst., t. VII, ccxLMii.
1088. Comment Charles, roy de France, envoia pluiseurs
notables ambaxadeurs à Saint Orner pour traitier de paix
avec les Anglois. VII.
Cf. Monst., t. VII, ch. ccl.
1089. Comment le duc d'Orlyens fut délivré des mains du
roy d'Engleterre par les moyens sequens. VIII.
Cf. Monst., t. VII, ch. cclii.
1090. Comment les Anglois de la garnison de FoUeville
oppressèrent moult fort les paysd'Amiennois, Santers et
et autres d'environ. ' IX.
Cf. Monst., t. VII, ch. ccliv.
1091. Comment le roy de France alla assegier Creil, et le
concquist. X.
Cf. Monst., t. VII, ch. ceux.
1092. Comment, aprez la concqueste de Crcil, le roy de
France s'en alla à Ponthoise. XI.
Cf. Monst., t. VII, ch. ccLx.
1093. Comment le duc d'Yorc , chief , de par le roy d'En-
gleterre, en France et en Northmandie, vint pour lever le
siège que tenoit le roy Charles devant Ponthoise*. XII.
Si faisoit (le roi Charles VII), de jour en jour, conti-
nuer très dilligamment les ouvrages de son emprinse,
tant de faire fortifficacions etaprocbes, comme de faire
gecter ses gros engiens contre les portes, tours et mu-
railles , et mesmes, qui estoit inhumaine desrision ,
l. Le commencement de ce chapitre est emprunté à Monstrelet (VII,
chap. ccLXi); les deux premiers paragraphes ri-dessous , qui ku sont
également empruntés, diffèrent un peu dan:, la narration : quant au der-.
nier il est Inédit.
314 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1441]
alencontre de l'église , murailles et forlifficacions de
l'église Nostre Dame, au dehors de ladite ville, que les
Anglois avoient longuement tenue. Si fut lors, et au-
treffois, par les francois grandement desrompue, quy
estoit et est chose forment desnaturee, de guerroier
Dieu , sa glorieuse Mère et les benoitz Sains, pour le
mesuz, delict et outrage des humains.
Telement, doncques, continua le roy Charles ses
besongnes en dilligenceet advancha son fait, qu'il fut
conseillié, tout considéré, de faire assaillir la dite église
de Ponlhoise le xvf jour de septembre ensievant, quy
fut par uiig samedy; laquele fut en briefve espace
concquise d'assault , et ceulz de layans tous mors ou
prisonniers. Si estoit celle église moult haulte et assez
prez de la ville, sic.îue, parla tour d'ycelle, on povoit
veoir grant partye du gouvernement de layans : à
scavoir touchant la manière des engiens et fortiffica-
cions d'ycelle, et aussi la durement Iravaillier de petis
engiens, hacquebutes, coulleuvrines et gros arbal-
lestres, fondes et autres habillemens. De laquele prinse
de ladite église furent les Anglois moult doullentz, se
voyans, par ce moyen, estre grandement affoiblis; et au
contraire les Francois resjouys , par ce qu'ilz veoient
aulcunement leur besongne en ce embelUr. Pourquoy
ilz conclurrent et délibérèrent de leurs préparations
faire pour, le mardin prochain venant, livrer à la ville
ung assault pesant, comme ilz firent, pour expérimen-
ter et assaier se ilz y pourroient jamais riens conc-
( pierre.
Ainsi, doncques, qu'il avoit esté délibéré par le con-
seil royal, firent tous les seigneurs elles capittaines fran-
cois armer et aprester leurs gens, à yceulx enhortanlde
[1441] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE VI, xu. 315
bien faire chascun son debvoir et combattre vaillam-
ment. Si fut ordonné que Tassault se feroit vers la
tour du Frice*, quy estoit fort batue, entammee et
adommagié, voire du roy et de ses gens; mais le Daul-
phin', messire Charles d" Anjou' et leur compaignie
assauldroient par devers Nostrc Dame . le (marissal)
de Lohiac et plusieurs autres assaiddroient à la porte
vers Maidjuisson. et une autre compaignie yroient atout
bateaulz assaillir par la riv iere : lesquelz assaidz, com-
menciés par la manière dite, moult durs etaspres, du-
rèrent bien par l'espace de deux heures. Et. pour vray,
se les François assailloient radement, les Ânglois se
deffendoient aussi moult vaillamment et de grant cou-
rage ; si ne sambloit pas , à veoir tant les assaillans
comme les detfendans, qu'ilz eussent quelque paour
ou doubte de la mort. Durant lequel assaidt y eut mig
moidt vaillant et hardy homme, quy n'estoit point de
noble génération, sinon de corage , lequel estoit de la
compaignie du roy, et assailloit à la tour de Friches, où
il se porta si puissamment, jà feissent les Anglois moult
grande resistence , qu'il monta à force, par les pierres
et romptures que avoient fait les canons, tout au plus
haidt, où il commença à gecter desdites pierres sm- les
Anglois, moult ruddement. qui la detTendoient , par-
quoy il les convint t^Ter arrière. Et adont les auti'es
1. « La tour du Friche, qui est sur le bord de la rivière d'Oise, du
costé devers le pont de Meulent » [Berrv, 415). Ce chroniqueur raconte
d'une manière différente la prise de cette tour.
i. Louis XI , fils de Charles VII et de Marie d'.Vnjou , né le 3 juillet
1423. sacré et couronné le lo août 1461 . Marié : 1° à Marguerite d'Ecosse;
i" à Charlotte de Savoie. Mort le 30 août 1483. (Anselme, I, i 19.)
3. Cliarles d'Anjou, premier du nom, comte du Maine. Né le 14 oc-
tobre 1414; mort le 10 avril 1472. (Anselme, I, 233.)
310 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [ikki]
François s'aprocberent et, de plus en plus, se boutèrent
avant, et, à l'exemple de cedit vaillant homme, mon-
tèrent amont, en cryant à haulte voix : « Saint Denis,
ville guaigniéM »
1094. Comment le duc d'Yorc, gouverneur gênerai de la
ducié de Nordmiandie, fut rapellé en Engleterre, et luy
fut ostee son office. XIII.
De ceste prinse de Ponthoise fut moult desplaisant ,
mais amender ne le polt quant à présent, le très noble
duc d'Yorc^, souverain gouverneur et capittaine gêne-
rai de la ducié de ÎSortbmandie, et consequamment de
toute la concqueste, à ce commis par le roy Henry
d'Engleterre , III de ce nom, et pere^ du roy Henry le
quart, successeur* du noble roy Edouard, présentement
i. La suite de ce chapitre est encore empruntée à Monstrelet, qui,
bien qu'il n'ait fait aucune mention de la prise de la tour du Friche, ni
du courage de l'homme qui s'en empara , parle néanmoins de la récom-
pense dont sa valeur fut honorée par le roi. a Et quant au regard, dit-il,
de celui nui monta premier sur la tour, il ftit moult autorisé de tous les
seigneurs pour sa grant vaillance; si le ennoblit le roi, et ses succes-
seurs, etc. 3) Cette phrase, reproduite par Wavrin à peu près dans les
mêmes termes , se comprend parfaitement puisqu'il vient de raconter
le fait ; mais chez Monstrelet elle accuse l'absence d'un récit évidemment
omis par le copiste. En consultant les divers manuscrits des Chroniques
de Monstrelet que possède la Bibliothèque impériale, nous en avons, en
effet, trouvé un, un seul {Ancien fonds fr., n° 8346), qui contient le pas-
sage donné par Wavrin. Ce ne sera pas l'unique restitution qu'il nous
permettra de faire à Monstrelet, Nous les indiquerons au fur et à mesure
que notre chroniqueur nous en offrira l'occasion.
2. Richard, duc d'York , tué 1^ 24 décembre 1460. (Dugdale, II ,
158-161.) Il fut nommé gouverneur du duché de Normandie le 2 juil-
let 1440. (Rymer, V, partie I, 85.)
3. Henri III , monté sur le trône en 1216, ne pouvait guère être le
père de Henri IV, qui régnait en 1399. Il faut lire Henri Yl, petit- fds
et non père de Henri IV. On a déjà vu dans le Prologue de Wavrin que
son copiste n'était pas fort eu chronologie.
4. Jncesscur^ prédécesseur, plutôt.
[1441] CINQUIÈME PARTIR, LIVRE VI, xii-xiii. 317
régnant', à la garde et entretenement d'ycellui pays
contre les François, leurs annemis; lequel, durant le
tempz qu'il en eut la garde et administracion, s'y gou-
verna moult baultement et fist moult de choses hon-
nourables et grandes entreprinses sur les François, en
plusieurs lieux et diverses manières, conmie cv dessus
a esté aulcunenient toucliié et déclaré, à sa srant
recommandation, et principalement à l'honneur et
recommandation de la couronne d'Engleterre, et à
l'exaltacion du roy son maistre , lequel il servoit en
toute révérence et loyaulté, comme tout noble ceur
doit faire son souverain seigneur. Nonobstant toutes
lesqueles choses, Envye, qui jamais ne meurt, annemic
de toute vertu et noblesse, se bouta entre les princes et
barons du royaulme d'Engleterre contre ycelluy duc
d'Yorc, pour ce, par adventure, qu'il prosperoit trop
lionnourablement au voulloir d'aulcunsquy n'amoient
pas loiaument le bien et utillité du roy et royaulme ,
et, en especial, à l'esmouvement du duc deSombreset^,
quy avoit en malle grâce ledit duc d'Yorc; lequel
trouva son moyen devers la royne d'Engleterre ,
nommée Marguerite de Sezille^ , niepce du roy de
France, laquele procura tant devers le roy Henry, son
espoux , par l'adveu et commun acord dudit duc de
Sombreset, et de aulcuns autres grans seigneurs et
1 . Edouard IV, fils de Richard, duc d'York , 1 1 de Cécile Nevill, fille
du comte de Westmoreland, (Dugdale, II, 161 .) Marié à Elisabctli Wid-
wille. Mort le 9 avril 1483. [Art de vérifier les dates , I , 81 G.)
2. Edmond Beaufort, duc de Somerset, tué à la bataille de Saiut-
Alban, 1455. (Dugdale, II, 124.)
3. Marguerite d'Anjou, fille de René, roi de Naplcs et de Sicile, et
d'Isabelle de Lorraine. Née le 23 mars 1429; mariée, en 1444, à
Henri VI, roi d'Angleterre. Morte le 25 août 1 482. (Anselme, I, 232.)
318 CRONICQUES rVENGLETERRE. [1441]
barons de sa beiide ou alyance , que ledit duc d'Yorc
fut rapellé en Engleterre', et luy fut totalement sub-
straite la gouvernance et puissance sommiere qu'il
avoit eu, bonne espace ^, en la ducié de Northmandie,
et généralement par toute la concqueste des Anglois
parmy le royaulme de France. Et en son lieu y fut
commis le duc de Sombreset, par le pourchas et enhort
de ladite royne, et d'aulcuns des barons quy pour lors
gouvernoient entour du roy.
Et est à entendre que ceste mutation et autres advin-
drent oudit royaulme principalement par la simplesse
du roy, quy n'estoit mye ydonne, expert, ou assez sen-
sible pour régir ou gouverner ung tel royaulme comme
cellui d'Engleterre, ancores amplié et augmenté de
ladite concqueste de rSorthmandie , et autres portions
parmy le royaulme de France. Pour ce dist bien vray
le proverbe que la Terre est inaiildite dont le prince
est enfant^ ou se gouverne comme enfant; car, en def-
faulle de prince prudent, on a veu de grans inconve-
niens et plusieurs royaulmes et provinces ruyner, et
tourner à destruction au grant regret du povre peuple.
Et, certes, ainssi en est advenu bien prez oudit
royaulme ; car, en tel cas , dissentions y sont eslevees
quy prez ont à ycelluy amené fin de toute félicité.
Pour le tempz dont nous parlons, y avoit oudit
royaulme d'Engleterre deux bendes, dont cbascune
1. Ce chapitre commence ainsi, dans le mss. n° 432, fonds Sorhonne:
<( En l'an mil iiii'' xl, le duc d'Yorch , gênerai cappitaine et gouver-
neur de la ducliYé de Normandie, fu rappelle du roy Henry pour
retourner en En£;leterre; et y fu commis, on son lieu, le conte de Som-
bresset. »
2. Il fut rappelé après avoir p;ouverné prudemment le pays pondant
cinq ans. (Carte, II, 729.)
[1441] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE VI, xiii. 319
coiitendoit à gouverner, et avoir l'adniinistracioii du
roy et de la chose publicque : dont, en l'une partye,
estoient le duc de Clocestre , oncle du roy Henry, le
duc d'Yorc , et plusieurs autres princes et notables par-
ties de barons ; et, de l'autre bende, estoient d'iuie
alyance les ducz de Sombreset et de Suffoch , le sei-
gneur de Say', l'evesque de Salsebery', et plusieurs
autres quy ne sont pas ycy nommez. Si est à noter que,
pour lors, le duc de Clocestre avoit le souverain gouver-
nement du roy, son nepveu, et du royaulme ; et, jusques
au tempz d'adont, avoit bien et grandement gouverné
ou régenté, tant à l'onneur du roy, comme au prouffit
de la chose publicque. Adont aussi le duc de Suffoch,
quy tenoit la bende contraire, estoit principal gouver-
neur du roy et bien amé de la royne, par le moyen de
laquele , et du duc de Sombreset et leurs autres adhe-
rens, fut manière trouvée de parler au roy à part. Si luy
remonstrerent comment le pays de Norlhmandie luy
coustoit beaucop à entretenir , tant de sauldees auz
gens de guerres qu'il entrelenoit illec , soubz la con-
duite du duc d'Yorc, alencontre des François, comme
en divers autres despens c[ui, à ceste cause, venoient
journelement audit pays d'Engleterre. Si luy conseillè-
rent qu'il seroit bon que ledit pays de Northmandie
feust par aulcune fachon rendu ausdis François, pour
éviter yceulz grans despens. A ce conseil ne furent pas
appelez le duc de Clocestre , oncle du roy et princi-
pal gouverneur du royaulme, le duc d'Yorc, ne aultres
1 . William Say, tué à la bataille de Barnet le 1 i avril 1-471. (' Dugdale,
III, 246.)
2. V\'^illiain Aiscoth, évéque de Salisbesry [20 juillet 1438]; massacré
par ses diocésains le 29 juin l-ioO 'Godwin, 350-3ol .)
320 CRONICQIIES D'ENGLETERRE. [1441]
^rans seigneurs de leurs bendes, pour ce que ceulz qui
ce conseil bailloient scavoient bien que jamais ne se
feussent à ce consentis : dont se ensievy que ledit duc
d'iorc , gouverneur et régent de Northmandie , fut
rapelé, comme j'ay jà dit cy dessus, et le duc de Clo-
cestre eslongié du privé conseil du roy, son nepveu.
Mais un pou de tempz aprez que le duc d'Yorc fut
retourné de Northmandie en Engleterre, par la manière
que oy avez, il luy advint ancores pis, par le pourclias
dudit duc de Suffocb et ceulz de sa bende ; car il fut
dutout expulsé de la court du roy et envoie en Irlande,
comme en exil. Alors le duc de Sombreset et ses adhe-
rens , soy voians dutout audessus et eslevez en la gou-
vernance du roy , furent moult joyeulz et firent tant
que, par l'ordonnance dudit roy, le dessus nommé
duc de Sombreset fut commis au gouvernement de la
duclîié de Northmandie ; laquelle il gouverna si negli-
gammentque, tantost aprez, par deffaulte de conduite,
tout le pays fut réduit en l'obéissance du roy Charles,
comme cy aprez pourrez oyr.
1095. Comment le comte de Hontitoa avec le visconte
Durset assegerent la ville de Tartas, apartenant au sel-
oneur de Labrech*. XIV.
Endementiers que le roy Charles de France se oc-
cupoit devant Ponthoise, laquele enfin il prinst par
force d'armes, en la manière que oy avez cy dessus,
1 . Ce cliapitre, copié d'après Monstrelet, manque à l'éclitlon Buchoii
et ne se trouve que dans le manuscrit déjà cité {Ane. fonds fr., n° 8346),
au fol. ccxxii rocto. Il éclaircit des faits que contient le cliapitre cclxv
de l'iniprimc, lesquels font allusion à des événements précédents dont il
n'avait été fait nulle mention. M. Dacier, dans sa notice sur Monstrelet
(p. 24), a signalé ces omissions. Ce chapitre inédit doit prendre place
après le cclxi' de l'imprimé.
[1441] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE VI, xiv. :J21
sur les Anglois, le comte de Honliton\ le visconte
Durset^ et messire Thomas Ramestoii, senesclial de
Bordeaulz, quy avoient la charge et gouvernement du
pays de Guyenne, de par le roy Henry d'Engleterre,
assamblerent au pays de Bordelois , et en la marche
d'envh^on, de v à vi"" combatans, atout lesquelz ilz s'en
allèrent mettre le siège devant la ville de Tartas, appar-
tenant au seigneur de Labrech% devant laquele ilz
furent bien ung mois , ycelle combatant et ©pressant
par plusieurs assaulz et divers engiens : et telement s'y
emploierent que lesdis assegiés se rendirent par tel
condition que la ville demourroit en la main du sei-
gneur de Conacq * et d'un filz de bourgois de Bayonne,
appelé Augerot de Saint Per^, quy estoit Anglois. Et,
\. Jean Holland, comte de Huntington, depuis duc d'Excestre, mort
le b août 1446 (Dugdale, II, 80-81).
:2. Wavrin veut dire comte. Edmond Beaufort, petit-Cls de Jean de
Gant , duc de Lancastre , fut créé comte Dorset le 28 août 1442, duc de
Somerset en mars 1449. Tué le 22 mai 14bo à la bataille de Saint-Al-
bans. (Dugdale, II, 121 , 122.) La date de celte création d'Edmond au
comté Dorsel paraît être fautive ; car il est ainsi qualifié dans les actes de
Rymer (V, partie I , 146), dès le 25 mars 1438. Un autre document
prouve, d'ailleurs, qu'il portait ce titre avant 1442. C'est un mande-
ment de Henri VI, roi d'Angleterre, concernant un procès entre Edmond
de Beaufort^ comte Dorset, et Jean deRosessard, en date du 6 juillet 1441
(Bibl. imp., Mss., Coll. Bréq., vol. bl).
3. Charles II , seigneur d'Albret ; mort en 1471 (Anselme, VI, 212).
4. Peut-être Loys de Belleville , écuyer, seigneur de Conac, ainsi
qualifié dans le Deuxiesme Compte de Jean Briconnet , receveur gênerai des
finances es pajs de Languedoil, pour Tannée finie en septembre 1468 (Bibl.
imp., Mss., Fonds Guignières, n" 772 % p. 432). Louis, seigneur de Belle-
ville , de Montagu en Poitou et de Cosnac. Marguerite de Culant, sa
femme, était veuve de lui en 1475 (Anselme, VII, 82).
5. Grassian Augeret de Sent Per, ainsi nommé dans une requête pré-
sentée à Henri VI par les députés dps deux états de la sénéchaussée des
Landes ( J. Delpit, Collection générale des documents français qui se trou-
vent en Angleterre , I, 258).
I Î21
322 CRONICQUÊS D'ENGLETERRE. [1441]
avec ce, fut baillié en hostage le maisné filz dudit
seigneur de Labrech, nommé le cadet Charles^, jus-
ques au may ensievant de Fan mil quatre cens xlii ,
qu'ils promisrent de la rendre à celluy qui en cellui
tempz, au jour nommé, seroit le plus fort et puissant
des deux rois de France et d'Engleterre , devant; el
promisrent oultre yceulz assegiés, que, se les Auglois
y estoient les plus fors, ladite ville de Tartas et toutes
les autres villes, terres et seignouries que lesdis Anglois
tenoient du seigneur de Labrech, seroient bailliés au-
dit cadet Charles de Labrech, lequel en feroit lors ser-
ment de fidélité au roy d'Engleterre ou à ses commis.
Aprez lequel traitié ainsi acordé, comme vous oez,
entre les partyes, s'en allèrent les Anglois assegans ; les-
quelz, brief ensievant, signifièrent au roy d'Engleterre
et à son conseil ce qu'ilz avoient besongnié, et l'apoin-
tement que fait avoient à ceulz de la ville de Tartas ,
adfin qu'ilz feussentadvisez de, au jour assigné, y pour-
veoir à leur prouffit et honneur, selon qu'ilz verroient
estre expédient à la conclusion prinse en la manière
que j'ay recité. Et pareillement le fist scavoir ledit sei-
gneur de Labrech au roy Charles de France, le requé-
rant humblement d'estre secouru en ceste nécessité,
où il estoit pour sa querelle soustenir et soy voulloir
entretenir en son service : lequel roy promist libérale-
ment de y aller en sa propre personne, atout la plus
grant armée qu'il porroit assambler, en toute sa puis-
sance et ou pays a soy obéissant ; laquele promesse il
entretint bien et loyaulment, comme vous polrez oyr
i . Charles d'Albret , seigneur de Saint-Bazeille. Décapité le 7 avril
1473 (Anselme, VI, 212).
[1441-42] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE VI, xiv-xvii. 323
cy aprez en son lieu, quant tempz sera, en la déduc-
tion de ce présent chincquiesme volume.
1096. Comment le roy de France fist une grant assamblcc
pour aller entretenir la journée devant la ville de Tartas.
XV.
Cf. Monst,, t. VII, ch. ccLxv.
1097. Comment le roy Charles s'en alla devant Saint Severe,
qui est chief ville de Gascongne. XVI.
Cf. Monst., t. VII, ch. cclxvi.
1098. Comment, pendant le tempz que le roy de France
estoit oudit voyage de Tartas, les Anglois misrent le siège
devant la ville de Couches*. XVII.
Le temps pendant que le roy de France estoit oudit
voyage de Tartas, les Anglois de Norlbmandie s'assam-
blerent en très grant nombre , soubz la conduite du
conte de Sombreset, du seigneur de Thalbotli , et aul-
cuns autres capittaines : si s'en allèrent assegier la ville
de Couches, où ceulz de dedens monstrerent très grant
resistence. Neantmoins, elle fut moult aprocliié et du-
rement assaillie et batue d'engiens, et telement con-
strainte que, cbascun jour, les assegiés faisoient grant
double d'estre prins d'assault. Pourquoy ilz envoierent
secrètement devers le comte de Dunois, bastard d'Or-
lyens, et messire Pierre de Bressay, seigneur de la Va-
renne \ lesquels avoient la charge , de par le roy de
1 . Ce chapitre est encore une restitution à faire à Monstrelet, et doit
suivre le chapitre cclxvi de l'édition Buchon, Voy. le Mss., déjà cité,
n° 8346, fol. ccxxxi recto.
2. Pierre de Bré/é, seigneur de La Varenne , sénéchal de Normandie
en 1437. Tué le 17 juillet 1465 à la bataille de Montlhéry (Anselme ,
VIII, 271). Il passait « pour estre gentil chevalier, honnorai.le et le plus
324 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1442]
France, atout certain nombre de gens d'armes, pour
garder la frontière alencontre des Anglois sur les
marches des pays de Charlrain et du Maine, leur si-
gnifiant le dangier en quoy ils estoient, et requérant
secours et ayde, à quoy les deux capitlaines respon-
dirent (ju'ilz en feroient leur povoir. Mais quant ilz
eurent assamblé toutcequ'ilz peurentfiner de gens, ilz
trouvèrent que pas n'estoient assez puissans pour lever
le dit siège : neantmoins , pour baillier empescliement
aux assegans, allèrent logier devant Gallardon, où ilz
livrèrent ung très cruel et pesant assault; mais les
Anglois quy dedens estoient y résistèrent très vaillam-
ment et rebouterent les François' quy les assailloient,
à grant perte et dommage de leurs gens. Et, entretant,
le conte de Sombreset et ceulz de sa compaignie firent
traitié avec les assegiés qu'ilz s'en yroient saulfz leurs
corpz et biens , en rendant ycelle ville de Couches ;
et ne les eust recheuz ledit conte de Sombreset sinon
à vouUenté , n'eust esté en intencion d'aller com-
batre les dis François quy estoient devant Guail-
lardon, se ilz le voulioient atendre. Mais les François
qui furent aulcunement advertis de la dite rendition
de Couches, et de la venue des Anglois leurs annemis,
traitèrent hastivement avec ceulz de Guaillardon et,
par moyen qu'ilz leur donnèrent certaine somme de
pecune , s'en départirent et livrèrent la ville ausdis
François qui devant eulz estoient, lesquelz y misrent
plaisant et gracieux parleur que l'on sceust nulle part , sage et grand
entrepreneur, et gouvernoit du royaume et des princes de France la
plus grande partie (Olivier de La Marche, 407).
1. Notre manuscrit porte Anglois, erreur évidente que nous aurions
cru devoir faire disparaître, quand bien même nous n'aurions pas eu
pour autoriser ce changement la leçon du Ms. n" Mil, fonds Sorbonne.
[1442] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE VI, xvii. 325
bonne garnison, puis se relrayrent à Chartres et autres
bonnes villes du pays de leur garde. De la({iicle ren-
dition de Guaillardon furent le conte de Somhreset
et le seigneur de ïhalboth moult couroucliiés ; mais
autre chose n'en peurent avoir : si s'en retournèrent à
Rouen et autres lieux de l'obéissance des Anglois.
En cesmesmes jours, ou environ, fut prins messire
Jehan de Gapangnes ', capittaine de Dourdan, par
aulcuns de ses gens quy le trahirent et livrèrent auz
Anglois, qui de sa prinse furent moult joyeulz; car
depuis, pour sa raenchon, il paya grant finance. Et, en
ce mesmes tempz, y eut une grant destrousse faite par
les François, qui s'estoient assamblez assez prez de
Granville, non pas loingz d'Evreux% où ilz trouvèrent
les Anglois à leur advantage; si ferirent dessus : mais,
avant qu'ilz lespeussent mettre en desroy, y eut mainte
belle apartise d'armes faite, mainte prinse et mainte
rescousse. Mais, finablement, par la puissance des Fran-
çois, ces Anglois furent mis à plaine descomfiture^,
desquelz y eut mors sur la place environ xn'^", et plu-
sieurs prisonniers : et, de la partye des François, y mo-
1. Jean de Gapane était picard [Histoire de Charles Tll, 3i5). Il
faisait partie des cent gentilshommes de la maison dn roi dès 1471, et
l'était encore en 1483 (Bibl. imp., Mss., Fonds Gaignières, n° 533).
2. « A deux lieues de Èvreux )> (Ms. n° 834G, fol. ccxxxi).
3. a En laquelle destrousse furent mors, de la partie des susdits Frau-
choix, Jelian de Bressay, Meidon de La Fontaine, avecq aulcuns aullres.
Nientmains , par la vaillance et diligence de Floquet , qui estoit l'un de
leurs chiefz, furent les dessusdits.Englés tous rués jus et destroussés, des-
confis et mors en la plache environ de xi à xii"* : et si rn y heubt plui-
seurs qui furent détenus prisonniers. Item, en clie mcysmc temps, l'em-
pereur d'Alemaigne, acompaignié de pluiseurs grans et nobles segneurs,
et moult grand nombre de gens, s'en vint en la cité de Besencbon, ouqiiel
lieu ala devers luy, en moult noble et bel a])pareil, le duc Phelipc de
Bourgongne » (Ms, n" 8346, fol. ccxxxi, recto et verso).
326 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1442]
rurent Jehan de Bressay * et Meridon de la Fontaine,
avecq autres environ de vi à vu". Si estoit capittaine
des François, en ceste besongne, ung nommé Floquet'.
1099. Comment les Anglois allèrent assegier la ville de
Diepe en Northmandie ^ . XVIII.
En ce tempz aussi, mil quatre cens xlii, les Anglois
s'assamblerent jusques au nombre de vin" comba-
tans, lesquelz s'en vindrent devant la ville de Dyepe;
et là , sur une montaigne assez advantaigeuse\ firent
fermer et asseir une très forte Bastille , laquele ilz avi-
ronnerent de porfondz fossez : si la pourveyrent lar-
gement de vivres, artillerie et toutes manières de ba-
billemens nécessaires à leur emprinse. Et quant la
dite Bastille fut achevée et du tout bien pourveue, ilz
ordonnèrent pour la garde et deffense d'ycelle de
quatre à v" combatans de bonne estoffe, dont estoit
capittaine ung appelé messire Guillame Poito % cheva-
i . « Uii escuyer et capitaine desdits François, nommé Jean de Bresay,
du pays d'Anjou, y mourut , qui estoit un vaillant escuyer, dont ce fut
très grand dommage » (Berry, -419).
2. Robert de Flocques , dit Flocquet , seigneur de Flocques et d'Au-
vrechier. Mort le 7 décembre 14G1 ^Mémoires delà Société des Anti-
(juaires de Normandie^ t. V, 403). « Environ ce temps aussi (1461), un
capitaine des gens d'armes, moult renommé en fait de guerre, très
vaillant et liardy chevalier, nommé Flocquet, capitaine d'Evreux, mou-
rut à l'âge de cinquante ans ou environ; lequel fust moult plaint, car,
, par son subtil engin, il gagna sur les Anglois le Pont de Larche, qui fut
cause et commencliement que le roy Charles entra en Normandie , et
reconquesta tout ledit pays de Normandie » (Duclercq, XIV, 184).
3. Ce chapitre est encore pris à Monstrelet. Voir le nis. n" 8346, fol.
ccxxxi, verso.
4. « Une montagne nommée du PoUet, vers le Havre. » (J. Chartier,
12-2.)
5. William Porter était capitaine de Mante en 1419. (Holinshed , II ,
568.) Guillaume Porto , Pato ou Poictou , capitaine de Saint-Lo en
[1442] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE VI, xvii-xviii. 327
lier, et depuis vint avecques luy le seigneur de Thal-
both\ Si commencèrent à mener moult forte guerre à
ceulx estans dedens la ville de Dyepe, et assigerent ou
affusterent plusieurs gros engiens quy, comme conti-
nuelement, gectoient dedens ycelle ville ou parmy la
muraille, parquoy elle estoit moult oppressée et
traveillié , et gardoient diligamment que nulz vivres
n'y entrassent ; et si estoient très souvent les Anglois
de la Bastille ravitailliés de vivres et rafrecliis de gens.
Si avoient ceulz de la ville moult à souffrir. IVeant-
moins, Chariot Desmares \ lors principal capittaine de la
ville de Dyepe, avec lui aulcuns vaillans hommes, fai-
soient nuit et jour grant diligence adfin de résister auz
annemis, et aussi estoient souvent ravitailliés, tant
par mer comme par terre. Sy y eut maintes escarmu-
clies entre les deux partyes, où , aulcunes foys, en de-
mouroit de mors et navrez. Et dura ceste besongne assez
longuement, à scavoir jusques à l'an ensievant, que le
daulphin de France, Loys de V^allois, aisné filz du roy,
y alla atout moult grant puissance, et concquist ycelle
Bastille par force, comme cy aprez sera plusplainement
déclaré.
En cetempz s'assamblerentles François de garnisons,
1449, rendit cette place aux Français le 17 septembre de cette année.
(J. Chartier, 112, 12-2, 163.)
1. Le baslard de Thalebot. (Ms. n° 8346, fol. ccxxxi, verso.) Il ser-
vait dans l'armée d'Edouétrd IV lorsque ce prince vint en France au
mois de juin 1475 l^Mém. de J. de Uajnin, 282).
2. Charles Desmares était encore capitaine de Dieppe en 1458, ainsi
que le prouve le rôle d'une montre passée à Arques le 2 octobre de cette
année (Bibl. inip., Mss., Fonds Gnignièrcs, n" 782*, fol. 110). En 1464, il
était capitaine du chastel de Perpignan et maître d'hôtel de Louis XI
{Tables des ordonnances et estais des maisons dcsroys, rcynes de France^ etc.
Bibl. imp., Ms3., n° 2340, fol. 743-744).
328 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1442-43]
sur les marches de Northmandie, comme de Beauvaix,
d'Evreux , de Couches et autres, allèrent courre vers
Graville et aulcunes forteresses de là environ , tenans
le party des Âuglois. Si rencontrèrent l'un l'autre, et y
eut très dure besongne , où morurent , du costé des
Anglois, bien nf^; et, des François, y morurent Jehan
de Bressay et Meridon de la Fontaine , qui estoient
deux vaillans hommes , avec aulcuns autres compai-
gnons en assez grant nombre ; et enfin se départirent,
qu'on n'en sceut à quy donner la victore^
1100. Comment le roy de France faisoit grant apareil pour
aller en Northmandie, et secourir ceulz de Dyepe. XIX.
Cf. Monst., t. VII, ch. ccLxvin.
1101. Comment le Daulpliin de France alla secourir ceulz
de Dyepe , et comment ses gens couroient les pays du
ducde Bourgoigne^. XX.
En ce meismes tempz, le roy Charles de France or-
donna Loys, son filz aisné, daulphindeVyennois, atout
bonne puissance de gens de guerre, pour aller secourir
ceulz de la ville de Dyepe ^ quy jà, assez longue espace,
1 . Ce dernier paragraphe se trouve aussi dans le manuscrit n" 8346 ;
mais il y est biffé. C'est, sans doute , par ce qu'il n'est qu'une répétition
fort abrégée de ce que Monstrelet avait raconté plus en détail dans son
précédent cbapitre.
2. Ce chapitre, qui manque à toutes les éditions de Monstrelet, appar-
tient à ce chroniqueur (V. le ms. n° 8346, fol. ccxxxv, verso), et doit
prendre place après le cclxxii" de l'édition de M. Buchon. Il est dit
dans ce 272° cbapitre que le dauphin faisait un mandement pour aller
au secours de la ville de Dieppe a duquel cy après est faite plus ample
mention. » C'est dans le présent chapitre, omis par ses copistes et qui
bii est emprunté parWavrIn, que Monstrelet faisaitla mention annoncée.
3. a La deuxiesme sepmaine d'aoust (mil quatre cens quarante trois),
ledit dalphin fut devant Dieppe » (Journal d'un Bourgeois de Paris).
[1443] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE VI, xvni-xx. 329
avoient esté paravant traveilliés et oppressez des An-
glois de la Bastille, où, comme vous avez oy cy dessus,
s'estoient devant eulz amaisnagiés pour les grever,
ainsi qu'ilz faisoient de tout leur povoir : pt)urqiioy
lesdis de Dyepe avaient jà mainteffois mandé audit
roy de France leur estât , priant d'estre secourus ,
comme ilz furent. Et si les fist souvent le roy, ce tempz
durant, plusieurs fois rafrescliir de vivres , d'artillerie
et de gens. Or doncques le daulpbin, pour adcomplir
l'ordonnance et commandement du roy son père , il
se tyra atout grant nombre de gens d'armes vers Paris :
si l'acompaignoient le conte de Danois, le seigneur
de Gaucourt \ le seigneur de Scisacq ', le seigneur de
Pressigny^ et moult d'autres capiltaines en grant nom-
bre. Et lors, luy aprocbant Paris, manda il venir à Com-
piegne devers luy plusieurs de ce pays, et de la marcbe
d'environ : entre lesquelz y fut mandé Loys de Luxem-
bourg, comte de Saint Pol *, qui y vint grandement
\. Raoul, seigneur de Gaucourt , grand-maître de France en 1436.
Mort dès le 21 juin 1462 (Anselme, VIII, 366).
2. Amaury, seigneur d'Estissac, nommé sénéchal de Salntonge le
24. septembre 1442 (Bibl. imp.,' Mss., fonds Galgnures , n» 771, folio
104), était, dès le 3 mai 14ol , conseiller et chambellan du dauphin
(Bibl. imp., Mss., fonds Gaignîèref, n" 773, fol. iJ2o).
3. Bertrand de Beauvau, seigneur de Precigny, chevalier, était cham-
bellan du roi en 1441 (Bibl. imp., Mss.,/o/i^.- Galgnicres, n" 771, fol.
lOb). Voici son épitaphe :
« Cy gist noble et puissant seigneur, messire Bertrand de Beauvau,
chevaher, baron de Précigné en Tonraine, de SiUe le Guillaume et de
Briancon, etc., conseiller et chambellan du roy nostre sire, et président
de ses'comptes, grand conservateur de son domaine, aussi conseiller du
roy de Sicille, duc d'Anjou, et capitaine de son château d'Angers, lequel
a fait faire et édifier tout de neuf ks maisons, cloaistres, et reparer 1 e-
glise de céans, et trespassa à Angers le treiitiesme jour du mois de sep-
tembre, l'an de grâce 1474 » (Jean Ilirtt, p. 383-384).
4. Louis de Luxembourg, comte de Saint-Paul, depuis connétable de
330 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1443]
adcompagnié de plusieurs grans seigneurs, chevalliers
et escuiiers, tous gens bien uzagiés de guerre, tant de
Beauvaisis , comme de Santers et de Vermendois. Sy
y vint aussy le seigneur de Coramarsy \ avec lui son
nepveu, le sire de Hangiers'.
Lors le dauphin et son armée venus audit lieu de
Compiengne , il fist tyrer ses gens vers la ville et cité
d'Amiens , et luy , par Moyencout , alla gésir à
Channe , dont estoit capittaine ung gentil homme,
nommé Gauwain Quieret^ Puis de Channe on se
tyra vers x\bbeville, où monseigneur le daulphin, ses
seigneurs et tous leurs gens s'assamblerent tout en
une compaignie. Si povoient estre en nombre en-
viron ini™ combattans , tous gens esleuz , bien en
point et de bonne estoffe, qui tous furent conduitz
par le dit daulphin en chief, et les seigneurs et ca-
pittaines de sa compaignie, dessus nommez, jusques
devant la ville de Dyepe , oii ilz se logèrent en très
bon convenant ; à scavoir, aulcuns es faubours de la
ville, et autres es villages prochains.
France. Marié : 1° à Jeanne de Bar; 2° à Marie de Savoie. Décapité le
19 décembre 1473 (Anselme, III, 726).
1. Robert de Sarrebruche , seigneur de Commercy, vivait encore le
30 mars 1460 (Anselme, VIII, 535).
2. Jean de Hangest, in* du nom, seigneur de Genlis, mort en février
4483. Sa mère était Marie de Sarrebruche, sœur de Robert (Anselme,
VI, 746).
3. Gauwin Quieret, seigneur de Drueul, chevalier, était de Picardie;
il assistait en 1443 au siège de Luxembourg (Olivier de La Marche, 402).
Mort à Abbeville a environ la fin de mars (1461, v. s.), lequel cheval-
lier, en son temps, on avoit tenu pour ung des hardis et vaillans che-
valliers de son corps qui fust es pays du duc de Bourgogne ne en Fran-
che, et par plusieurs fois l'avoit monstre; et combien qu'il ne fust point
des plus riches du pays, sy avoit-il asses par raison ; et estoit aimé de
tous gens de bien, car il n'estoit point convoiteux ; et fust moult plaint »
(Duclercq, XIV, 196).
[1443J CINQUIÈME PARTIE, LIVRE VI, xx. 331
Lendemain que monseigneur Loys de Vailois, daul-
pbin de France, fut venu illec prez de Dyepe, il fist
sommer aux Anglois de la Bastille qu'ilz se \ cuisissent
d'illec partir, et eulz en aller saulvement de corpz, et
emportant partye de leurs baglmes ; à quoy les Anglois
ne volrent entendre ne eulz nullement condescendre :
ains firent responce et dirent qu'ilz se deffenderoient
jusques à la mort. Laquelle chose venue à la cognois-
sance du dit daulpliin, il assembla prestement son con-
seil pour avoir advis et délibération quel chose estoit
sur ce bon à faire : auquel concistore fut en la fm con-
clud (toutes choses quy, en ce cas, faisoient à examiner
souffissamment debatues) que on les assauldroit dedens
briefz jours, et mesmement le plutost que on porroit
avoir préparé ses besongnes à ce , et fait les habille-
mens de guerre convenables audit assault. Comme
doncques il en avoit esté délibéré et conclud en fut
fait; car, la nuit Nostre Dame my aoust, environ dix
heures du matin , aprez que le daulphin eut fait dres-
chier plusieurs queues de vin sur le bout, et ycelles
habandonner à ses gens pour eulz refectionner , il
fist bondir les trompettes pour aller sommierement à
l'assault, quy se commença dur, pesant et merveilleux,
horrible et criminel ; lequel dura environ trois heures.
Si y eut maintes belles appartises d'armes faites des
deux partyes, quy estoient belles à veoir à ceulz à quy
il ne touciioit, fors de les recorder. Moult francement
et vaillamment s'y portèrent les assailians, et pareille-
ment se deffendirent ceulz de dedens moult vigoreu-
sement; car, sans doubte, ycelle Bastille estoit moult
forte et bienpourveue degrosengiens, et de toute ma-
nière d'artillerie et autres habillemens de guerre à def-
332 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1443]
fense apartenans ; dont ilz se aydoient vaillamment :
et , avec ce, y avoit en dehors de bien parfondz
fossez , où il convenoit les assaillans descendre par
eschelles et remonter par force contremont le bol-
lewert.
Touteffois , non obstant la bonne deffense et la
grant resistence, ne quelconcque dilligence que feissent
yceulz Anglois, les François montèrent amont et les
concquisrentde force, jà faussent ilz de quatre à chincq
cens combatans , desquelz furent mors trois cens ou
audessus ; et le demourant , tant navrez comme hai-
tiés, furent prins et détenus prisonniers. Et de lapartve
du daulphin en y morurenl , tant présentement audit
assault, comme depuis des navereures, environ qua-
rante : duquel nombre furent Anthoine de Mouy,
Jehan de Herselaines^, le bastard de Noyelle^, et autres
gentilz hommes. Et les deux capittaines de la Bastille,
c'est à scavoir messire Guillamme de Poito et le bas-
tard de Thalboth , furent tous deux prisonniers : mais
ledit de Poito se rendy au daulphin , jasoit ce que le
conte de Saint Pol, qui moult vaillamment et pruden-
tement s'estoit porté et contenu en ceste besongne ,
le dcist avoir premiers prins ; de quoy il ne fist aulcune
demande ou question, pour l'amour du daulphin, au-
quel il vouUoit complaire. Sy emporta l'honneur du
dit assault , comme on disait communément , le sei-
1. Jean de Harcelance faisait la guerre en 1-418; il fut un de ceux qui
tuèrent Jacques de Harcourt en 1423 (Monstrelet, IV, 1 49 ; V, 52).
2. Le bâtard de Noyelles figure comme archer dans une montre
passée au Pont-Sainle-Maxence , le 29 août 1410, sous la conduite de
messire du Bos, chevalier banneret (Bibl. imp., Mss., Montres de 1358
à liiQ, fonds VilUvieille, t. IV. Cabinet des titres).
[1443] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE VI, XX. 333
gneur de Mouy, appelé messire Loys de Secourt ', de
la part des François.
A la journée de cest assault furent adoubez cîieval-
liers nouveaulz , ledit comte de Saint Pol , Jehan Dan-
giers \ Jehan de Thorote % Anthoine de Bornoville \
Jacotin de Bectin \ Jehan de Cresecques \ Phelippe
Dinchy \ Regnault de Houlcourt , Guy Quieret ', Gau-
wain Quieret, Regnault la Personne, George de Croix \
1. Louis de Soyecourt, chevalier, seigneur de Mouy, conseiller et
clianibellan du roi, bailli de Vermandois et gouverneur de Compiègne,
vivait encore en septembre 1469. Sa veuve recevait « 250 liv. pour moi-
tié de 500 liv. pour demye année, sur la fin de laquelle il trespassa. »
[Extrait des 8* et 9° comptes de Mathieu Beauvarlet, receveur des finances
pour l'année finie en septembre 1469 et 1470. Bibl. imp., Mss., fonds Gai-
gnières,n° 772*, p. 470, 508).
2. Jean de Hangest.
3. Jean de Torote, châtelain de Torote, seigneur d'Aillebaudieres,
de Loisy et de Mondétour, fils de Gautier de Torote qui contestoit en
1424 les terres de Sorel et de Sorelette (Anselme, II, 153).
4. Antoine, seigneur de Bournonville. Mort en 1480 (Anselme, V,
828.)
5. Jacotin de Bethune (ms. n" 8346, fol. ccxxxvi, verso). Il était en
garnison dans la ville de Ham en 1439 (Monstrelet, VII, 50).
6. Jean de Cresecques figure, en qualité d'écuyer, dans la montre pas-
sée à Beauvais le 31 août 1417, et conduite par Charles de Lens , che-
valier banneret (Bibl. imp., Mss., Montres de 1358 à 1439,/ort^5 T'ille-
vieille, t. IV, au 6 septembre. Cabinet des titres).
7. Philippe d'Inchy ou d'Auxi : Philippe à'Achy retenoit encore la
qualité de chevalier es lettres des évéché et comté de Beauvais en 1454
(Louvet, I, 16).
8. Guy Quieret, seigneur de Coulonvilliers , eut de longs différents
en 1451, 54 et 59 avec son frère Gauvain, au sujet d'une transaction
passée entre eux (Anselme, VII, 746-747).
9. Georges de la Croix, seigneur de Baussel ou Blaissel (Jean Char-
tier, lo9). Il figure, en quahté d'écuyer, dans la montre du seigneur de
Salanove, écuyer, banneret, passée à Beauvais le 31 août 1417. (Bibl.
imp., Mss., Montres de 1358à 1439, fonds Fillevieille,t. IV, au 6 septem-
bre). Fait prisonnier par les Anglais en 1430, il fut rendu à la liberté
presque aussitôt (Monstrelet., V, 266-267).
334 CROWICQUES D'ENGLETERRE. [1443]
Regnaiilt de Sains*, Hues de Mailly% Estour de Stou-
teville ^, Charles de Flavy *, Raoul de Flavy , Jacques
des Fresnes ^, Despert d'Ostevre , Rouge du Fay ,
Charles du Fay, Jehan de Sains, de Cambresis, et aul-
cuns autres.
Aprez ceste besongne ainsi adcomplye , le daulphin
se fistdeschaussier et alla nudz piedz jusques à l'église
Saint Jacques de Dyepe, où il remercya très humble-
ment Dieu, son créateur, et le benoit baron Saint Jac-
ques, de la bonne fortune qu'il avoit illec eue alen-
contre de ses adversaires les Anglois, et ce fait se loga
1. Regnaud de Sains figure, en qualité d'archer, dans une montre pas-
sée au Pont-Sainte-Maxence le 29 août 1410, sous la conduite du sei-
gneur de Neuville (Bibl. impér. , Mss. , Montres de 1358 à 1439, fonds
Villevieîlle , t. IV). Il assistait en 1430 au siège de Compiègne et y fut
fait prisonnier par les Anglais (Monstr., V, 322). Lorsqu'on traita de la
paix d'Arras, en 1435, chaque puissance intéressée envoya ses délégués
dans cette ville ; Regnaud de Sains fut du nombre des seigneurs hollan-
dais qui s'y rendirent au nom du duc de Bourgogne (Jean Chartier, 74).
Il était seigneur dHerbeval (Haudiquier, Généalogie du Chastelei).
2. Hue ou Luc de Mailly, seigneur de Lorsignol et de Bouillencourt
(Anselme, VIII, 632). ce Hue de Mailly, seigneur de Boulliencourt, hardi
et vaillant chevallier, qui tousjours avoit tenu la partie de Bourgogne,
fut fait capitaine de Compiègne en 1465 (Duclercq, XV, 4). Était capitaine
de Montdidier : «. en décembre 1466, la ville lui fesait présenter viii los
de vin s. (Note communiquée par M. le baron de Melicocq). Hue de Mailly
vivait encore en 1468 (De Barante , Uist. des ducs de Bourgogne , édition
de M. Gachard, II, 705).
3. Hector d'Estouteville, seigneur de Beaumont (Anselme, VIII, 100),
était fils du seigneur de Torcy. « A cet assaut, dit Jean Chartier (125),
furent faits chevaliers le comte de Saint-Pol , Hector de Touteville , fils
au seigneur de Torcy, Charles de Flavy, Renaud de Flavy, Jean de Con-
seques et plusieurs autres. •
4. Charles de Flavy, chevalier, était capitaine de la tour de Choisy en
janvier 1459 (Bibl. imp., Mss. du Gange, Suppl. fr., n" 122o<i, fol. 280).
5. Un seigneur de Fresne était au nombre des hollandais qui se ren-
dirent à Arras, comme délégués du duc de Bourgogne, pour traiter de
la paix en 1435 (Jean Chartier, 74).
[1443] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE VI, xx. 335
en la ville de Dyepe et habandoniia tost aprez ladite
Bastille à brusler. Sy y fut le feu boullé. En oultre,
quant le daulpbin eut séjourné en la ville de Dyepe
par Tespace de cliincq jours , et qu'il eut ordonné
comment ceulz de la ville se auroient desoremais à
conduire , il s'en party et retourna à Abbeville , atout
son armée, où il fut des habitans de la ville reclieu
moult bonnourablement et joyeusement : et aulcuns
peu de jours aprez s'en party, puis cbevaulclia par
Amiens jusques à Compiegne, et puis s'en alla au Clias-
teler, où le comte de Saint Pol le festoia grandement,
et y séjourna aulcuns jours ; puis s'en retourna à Com-
piegne. Et ce tempz pendant, ses gens couroient très
souvent ou terroy d'Artois et es villes et pays du duc
Pbelippe de Bourgoigne ; auquel dommagier le dit
daulpbin estoit assez enclin , principalement pour la
cause* de Montagu ^ que avoit fait faire Jeban de
i. Destrousse, clans le ms. n" 432, Fonds Sorhonne.
2. Le comte cl'Etampes a se tira audit lieu de Saint Quentin , devers
Laon, pour aller passer assez près de la comté de Rethel ; mais quand il
fut vers Montaigu, si comme il fut dit et rapporté que Dimenche de
Court, le Roucin, et aucuns autres capitaines des gens du roi , estoient
logés à Montaigu et audit lieu de Sissonne, lesquels nagueres avoient esté
au pays de Retlielois, où ils avoient fait de grans et merveilleux domma-
ges, pour lesquels le dit comte d'Estampes estoit très mal content d'eux ;
car avecque ce, un petit par avant, icelui Dimenche de Court avoit esté
destroussé en Bourgogne et avoit promis de non lui plus loger sur les
pays de Bourgogne, ni sur ceux du parti , si leur manda et fit savoir
qu'ils se retrahissent hors de son chemin, et qu'il se vouloit aller loger
audit lieu de Montagu, ce que point ne vouloient faire, pourquoi entre
icelles parties s'esmurent aucunes rigueurs. Et fut ordonné que ledit
comte d'Estampes et son conseil leur courroit sus, et ainsi fut fait.
« Si furent la plus grande partie desdits François du tout destroussés et
tous leurs biens, tant chevaux comme autres bagnes, prins et ravis par les
Picards,... pour lesquelles destrousses le roi ni son fils ne furent point
bien contents » (Monstrelet, VII, 218-219).
336 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [\kkZ-kk]
Bourgoigne, conte d'Estampes \ dommagier, et aussi
emprins sur les gens dudit daulphin, comme il apert
plus amplement en la déduction des Cronicques de
France. Pour ausqueles choses obvier furent envoyez
devers le daulphin, audit lieu de Compiegne, de par
le duc de Bourgoigne, l'evesque de Verdun ^ et le sei-
gneur de Ternant% ausquelz le daulpbin promist qu'il
feroit cesser ses gens de plus fourragier les pays dudit
duc. Mais neantmoins, pour cette promesse, ilz cessè-
rent assez petit, ains continuèrent en y faisant de grans
maulz et dommages * : dont il despleut au bon duc, qui
bastivement, pour ceste cause, adfin de y pourveoir,
manda venir vers luy ledit Jeban de Bourgoigne ,
son nepveu , comte d'Estampes , auquel il fist exprès
commandement , que prestement il assamblast gens
d'armes pour aler alencontre d'yceulz pillars, et tele-
ment pourveoir à leurs mallefices, que ce feust exemple
à tous autres.
Pendant le tempz que ces cboses estoient en ce party,
le roy Cbarles de France, quy desja estoit advertis que
1. Jean, fils du comte de Nevers, devint comte d'Étampes en 1434
(Monstrelet, VI, m). Mort le 25 septembre 1491 (Anselme, I, 252).
2. Guillaume Fillastre, évêque de Verdun, de 1437 à 1449. Céda son
ëvêclié à Louis de Haraucourt, en 1449, pour prendre possession de celui
de Tournay. Mort le 22 août 1473 [Gall. christ., XIII, col. J 233-1235).
3. Voy. ci-dessus, p. 244, note 2.
4. Après ces mots, le manuscrit n° 8346 (f. ccxxxvn,r°), continue ainsi:
« Et meysmement cheux de la garnison d'Eu alerent pillierles faulzbourcz
de la cité de Cambray et le moustier de Nostre Dame de Cantimpré, et,
à leur retour, prinrent le chastel de Herussart, emprcs Beauqiiesne, ap-
pertenant à messire Jehan de Fosseux, et le pillierent du tout. Pour les-
quelles entreprinses ceulx desdils pays estoient bien grand doubte , pour
che que la plus grand partie des nobles estoient aies , comme dict est,
avoecq le conte d'Estampes devers le duc de Bourgogne. Ouquel temps
le roy remanda son filz le daulfîn. »
[1444] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE VI, xx. 337
le duc de Bourgoigne faisoit grant assaniblee de gens
de guerre pour courir sus à ceulz du daulpliiii , son
filz, non voeillant nullement la paix d'Arras eslre em-
frainte, manda hastivement à son dit fil/ et au/ gens
d'armes qu'ilz se tyrassent devers lui en Tliouraine, oii
lors il estoit. Si y alla le dauphin prestement devers
le roy son père, où il fust grandement festoie en la ville
de Tours , tant de son dit père comme des seigneurs,
et du commun , pour sa nouvelle victore '. Et luy
1. Ici, dans le Ms. 8346 (fol. ccxxxvn, recto et verso), se trouve le
passage suivant, omis par Wavrin , et qui manque également à toutes
les éditions de Monstrelet : « Et tantost après luy fut baillié en charge
d'aler après Sallesar qui emmenoit grand foison de gens d'armes vers
Ghienne, sans le congié du roy. Et luy fut ordonné de le ramener ou du
mains luy oster ses gens. Si le poursievy moult rademcnt et le racon-
sievy devers Auvergne. Et fist tant que la plus grand partie des gens
d'armes que ledit Sallezar avoit avoecq luy se mirent avoecq ledit daul-
fin : lequel de plus en plus fist très grosse assemblée, et se tira dcvei's les
pays du conte d'Armignach ; lequel il avoit en charge de prendre , et le
faire prisonnier de par le roy son père. Et pour che que ycelui conte
d'Armignach se tenoit de sa personne en l'Isle de Jourdain, envoia le
daulfîn aulcuns de ses capitainnes, atout foison de gens d'armes, logier es
faulzbours et autour d'ycelle ville. Et leur ordonna et commanda qu'ilz
gardassent bien que ledict conte ne se departesist de là. Et brief ensievant
vint là en personne. Au devant duquel ycelui conte d'Armignach y.-si
pour aler au devant de luy. Le quel daulfîn dessus dict le fist prisonnier
de par le roy, dont il fut moult esmervillié ; mais pour lors ne le peut
amender. Et, avoec che, fut prinse sa femme et aulcuns de ses cnfans, et
fut ycelle ville de l'Isle Jourdain, en la plus grand partie, toute courue et
pillié, et y furent trouvés biens innumerables et à très grand habon-
dauce, et de très riches et précieux jovaulx : et, avoecq che, funnt mises
en la main du roi pluiseurs aultres de ses villes et forteresses principaulz.
Et fut la cause de sa prise pour che que ycelui conte avoit fait pluiseurs
desobeyssances au roy, et qu'il avoit traictié de maryer une sienne lille
qu'il avoit au roy Henri d'Engleterre. Et furent les lettres des traictiés
dessus dicts trouvés en aulcuns de ses coffres. Et, avoecq che, avoit fait
morir le marescbal de France, ch'est assavoir le segneur de Sevcrach, à
la grande desplaisance du roy son segneur. Et quand le roy, qui de long
temps avoit esté adverti des besongnes dessus dictes, et que j)our ycelles
, 22
338 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1444]
fut tantost baillé autre charge, de laquele je me passe
quant à présent ; car je voeil, selon ma première in-
tencion, terminer et baillier fin à mon présent v* vo-
avoit envoyé devers luy sollempnelle ambassade, pourluy remonstrer les
besongnes dessus dictes, luy signifiant la dessus dicte desobeyssance qu'il
avoit faite et faisoit chacun jour à son souverain segneur, il avoit res-
pondu que, se le roy luy baillolt aucun empesclieraent en nulles de ses
signoui'ies ou faisoit baillier , il se alieroit à tel qui bien luy alderoit à
garder contre toute sa puissance. »
Monstrelet indique à peine ce voyage du dauphin (VII, 231) : a Au
commencement de cet an, le dauphin de Viennois, premier fils du roi,
retourna devers son père , qui estoit à Tours en Touraine ; et avoit
ledit dauphin esté moult grand espace de temps au pays de Languedoc,
tant -ponvle fait du comte d' Armagnac, comme pour autres affaires. »
Qu'est-ce que le fait du comte d'Armagnac, sur lequel Monstrelet n'en-
tre, ici, dans aucun détail? Un fait, évidemment, dont il a parlé précé-
demment, celui dont nous venons d'emprunter le récit au Ms. 8346.
Évidemment aussi, ce récit et le chapitre dans lequel il est enclavé ap-
partiennent à Monstrelet.
En suivant pas à pas cet historien pour comparer ses chroniques à
celles de Wavrin, nous avons eu de fréquentes occasions de lui restituer
des passages importants omis par ses copistes. Pour compléter en quel-
que sorte son œuvre, nous mettrons ici le passage par lequel elle se ter-
mine dans notre excellent manuscrit. L'édition Buchon finit (VII, 241)
par cette phrase, dont le sens, qui paraît fini, n'est pourtant que suspendu :
e En traitant toutes les besognes dessusdites, furent faites plusieurs
ouvertures aussi pour traiter le mariage du dessusdit roy d'Angleterre
avec la fille du roi René de Sicile, duc d'Anjou, de Bar et de Lorraine,
lequel depuis fut parfait et confirmé. Comme, ajoute notre manuscrit,
chj après sera declairié en mon tiers livre : et quant au regard des conserva-
leurs pour V entretenement des trêves dessus dictes, y furent commis de par
le roy de France * . »
Vient ensuite ce dernier chapitre : .
« S'ensievent aulcunes exortacions moralles qui sont et pueent estre
moult prouffitables à veoir et oyr aux rois , prmches et grans seigneurs
qui ont signouries à conduire et gouverner, »
* Cette phrase en caractères italiques se trouve dans l'imprimé de mdciii. Mon-
strelet a-t-11 commencé ce tiers livre ? Celui qui a été fait par ses continuateurs
commence justement par les fiançailles de Marguerite d'Anjou avec le roi d'Angle-
terre.
[1444] CmQUIÈME PARTIE, LIVRE VI, xx. 339
lume : mais au \f sequent, Dieu devant, je parsievray
ma matière, autant que oportunité me durera, selon la
fourme encommencié. Et y sera entée, quasy au com-
« Le premier point si est que les rois, prinches et grans seigneurs ne
doibvent nulluy opprimer par leur puissanche, sy non en terme de jus-
tice. Hz doibvent justement jugier entre l'omme et leur prouchaiu, sans
avoir acception de personne. Ils doibvent estre deffendeurs, ch'està dire
que ilz doibvent deffeudre les estrangiers, les orplienins et les femmes
vefves. Hz doibvent restraindre et deffendre tous larecliins. Hz doibvent
pugnir tous adultères. Hz ne doibvent point eslever les niques et par-
vers. Hz ne doibvent point nourir jangleurs ne batelleurs, ne gens qui
sont de orde vie. Hz doibvent périr et destruire les mah aix. Ils doibvent
de leurs aumosnes nourir les povres. Hz ne doibvent soustcnlr murdricrs
ne hommecides. Hz doibvent soustenir et deffendre les églises. Hz doib-
vent moult regarder, es gouvernemens et signouries de leurs pays, de y
constituer hommes justes et de bonne vie ayans bonne conscience. Hz
doibvent avoir consilliers anciens, saiges et attrcmpés, souffisans pour sca-
voir discerner le bien du mal, et bien congnoissans. Hz ne doibvent point
entendre ne eulz arrester aux dispersions ou dispertisions d'encanteurs,
devins, sorchiers, ne telles samblables gens. Hz doibvent différer et dissi-
muler leur yre et fureur contre cheulz qui sont soubz eulx. Hz doibvent
deffendre leur pays justement contre leurs adversaires. Hz ne se doib-
vent point, pour prospérité qu'ilz ayent, eslever enleurcoragc. Hz doibvent
souffrir et soustenir paciamment toutes les adversités qui leur viennent
Ils se doibvent du tout fier en Dieu et y avoir conCdence. Hz doibvent
avoir ferme foy catholique en leur Créateur. Hz ne doibvent point souf-
frir mal faire à leurs enfans, ne à cheulz qui sont subjectz et soubz eulz,
mais les doibvent ensegnier et endoctriner. Hz doibvent certaines heures
vacquier et eulx arrester à devoclon. Hz ne doibvent point, devant heure
convenable, gouster viande ne prendre leur réfection. Et ceux qui usent
et voelent user des ensaignements dessus dictz font avoir grand prospé-
rité ou pays qu'ilz ont en gouvernement, et eulx meysme, en la fin, ac-
quièrent la gloire céleste.
c Explicitle second volume de Enguerrant de Monstrelet. »
Qu'il nous soit permis, encore, de faire une dernière restitution à ces
Chroniques ; et, cette fois, elle profitera au manuscrit aiusi qu'à l'imprimé.
M. Dacier, qui, comme on l'a déjà vu (page 320), indique une lacune
dans le texte de Monstrelet, en signale une autre en même temps : « J'ai
remarqué, dit-il (Préface, p. 23), une omission, mais qui ne saurait ^tre
:540 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [144i]
mencement, une notable incidence qui en ce temps
advint en sarrazine terre; laquele, à mon samblant,
debvra grandement plaire à tous, pour recréer les es-
attribuée qu'aux copistes; je les soupçonne de nous avoir fait perdre
une partie considérable d'un chapitre du second livre. Ce chapitre est
intitulé : a Comment le duc d'Orléans retourna de France devers le duc
« de Bourgogne*. » Le commencement est employé à décrire l'entrevue
des deux princes dans la ville d'Hesdin en 1442. Ils y convinrent de s^as-
Sf.mbler incessamment à J^evers, avec plusieurs grands princes et seigneurs du
royaume de France, et au bout de huit jours ils se séparent; l'un prend
la route de Paris pour se i-endre à Blois, l'autre part pour la Bourgogne,
Ce récit contient une vingtaine de lignes , et tout de suite on lit : a En-
« suit la copie des instrumcns envoyés au roi Charles de France par les
« seigneurs qui s'étoient assemblés à Nevers, et les réponses faites à icelles
« par ceux de son grand conseil. » Ce titre est suivi des remontrances
qu'il annonce et de la réponse que le roi fît aux ambassadeurs chargés de
les lui présenter. Or, conçoit-on que Monstrelet n'ait rien dit du sujet
de l'assemblée ; qu'il n'ait nommé aucun des seigneurs qui s'y trouvè-
rent ; et qu'après avoir désigné Nevers comme lieu de rendez-vous , il
ait passé sans préparation aux remontrances qui y furent arrêtées ? s
M, Dacier supposait avec juste raison une lacune en cet endroit; mais
elle ne faisait pas perdre ?i«« partie considérable du chapitre. C'est même de
son peu d'étendue que vint, sans doute, l'omission qu'en a faite aussi
le copiste du manuscrit 8346. Voici ce passage, tel que le donne le hé-
l'aut Berry dans sa chronique intitulée : Le Recouvrement de Normandie et
dUine partie de Guyenne **. Cette chronique est une copie abrégée de
Monstrelet, ce que ne cherche nullement à dissimuler le plagiaire. Comme
on retrouve dans cette compilation tous les chapitres inédits restitués par
nous à l'imprimé des chroniques de Monstrelet, nous admettons sans hési-
ter son addition comme appartenant à ce dernier. Après les derniers mots
du chapitre cclxii, on lit ce qui suit dans le texte de Berry : a Ung pou
de tamps après, se vanrent assambler en la ville de Nevers les ducz de
Bourgongne, d'Orleens et de Bretaigne, et avec eulx aucuns aultres
grans seigneurs, pour reraonstrer au roy certains articles touchans !e bien
commun de son royalme. Lesquelz articles, mis par escript, furent bail-
liés à aucuns ambassadeurs que, pour celle cause, ils envolèrent devers le
roy, qui, pour lors, se tenoit à Amboise. Lesquelz ambassadeurs venus
devers le roy, luy baillèrent par escript les articles, adfîn de les veoir en
* Voy. cliap. cnxri.
** Bibl. iiup., ins. i)675' fol. 224, verso.
[1444] CINQUIÈME PARTIE, UYRE VI, xx. 341
periîz, comme je ne la sache estre récitée en quelque
autre volume '.
Et atant prent fin ce VI' livre et, par conséquent, le V volume de
ces Cronicques d'Engleterre.
«on conseil et de avoir sur tout rcsponse pour le référera leurs niaistrcs.
Desquelz articles, et des responses sur ce faictes par le roy, la substance
ensieult. Premièrement, etc. » A suivre aux chapitres ccLxni et cclxiv
de l'imprimé.
\. Cette curieuse expédition en Morée n'est, en effet, racontée par au-
cun autre chroniqueur. Elle est seulement indiquée par quelques-uns ,
dont nous citerons les passages en temps et lieu.
FIN DU TOME PREMIF.R.
TYPOGRAPHIE DE CH. LAHURE ET C'^
Imprimeurs du Sënat et de la Cour de Cassation
rue de Vaugirard, 9
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